50 ans de Stripschrift

15 août 2018 0 commentaire
  • Cela a été d’abord un fanzine, puis un prozine, puis un magazine. Le nom vous écorche peut-être l’œil (pas de panique : ça veut dire « cahier de la bande dessinée » en néerlandais), mais c’est aujourd’hui une référence : le plus ancien organe d’information sur la bande dessinée encore en activité en Europe et peut-être dans le monde.

50 ans de StripschriftLa revue Stripschrift est publiée en Hollande et la collection de ses 454 numéros constitue mieux qu’une source précieuse de documentation pour tous les chercheurs de la BD : une histoire de la BD européenne et mondiale.

Comme le raconte l’éditorial d’un numéro même pas anniversaire, il y a au départ une association : Het Stripschap fondée le 10 octobre 1967. D’aucuns y virent un nom à connotation sexuelle (rapport au striptease, mais « stripverhalen » signifie « bande dessinée » dans la langue de Vondel). Tous ignoraient qu’elle œuvrerait cinquante ans plus tard et que Jaco Groot, présent dans le groupe de fondateurs, deviendrait le patron de la maison d’édition De Harmonie, l’une des plus importantes de la bande dessinée hollandaise.

La revue arriva quelques semaines plus tard, en février 1968. Cela fait donc 50 ans qu’elle est publiée cette année, dont les 16 dernières de façon indépendante. ActuaBD, à côté, fait office de jeunot : 21 ans cette année.

Le N°1 de Stripschift
Merci à philippe Caprt et à La Crypte tonique (Bruxelles)

Il y eut des hauts et des bas dans la publication de Stripschrift et des fréquences de publication aléatoires, mais quand même, la revue passa le cap des 50 printemps avec un contenu d’une probante qualité si l’on peut en juger de celle de son récent numéro dirigé par Arco Van Os et Rick Sanders.

Stripschrift a réalisé bon nombre d’interviews inédites en française de Goscinny, Morris, Franquin...

Au sommaire, une longue interview d’Enrico Marini truffée de dessins inédits, avec un focus sur la carte blanche qui lui a été confiée pour dessiner Batman. Un article sur un dessinateur de talent : Vandersteen,… Prénom ? Wilbert  ! Ce Hollandais, auteur de plus d’une centaine de livres pour enfants, a été lauréat du 7e Prix… Willy Vandersteen, doté d’une gratification de 5000€ pour sa bande dessinée Zon. Une récompense justifiée pour un dessinateur inventif et élégant qui n’a connu qu’une seule publication en Français dans la collection Kramiek (groupe Paquet) : Ayak et Boris & autres histoires, un album inspiré par Serge Prokofiev.

Stripschrift est depuis longtemps un observateur avisé de la BD franco-belge

On suit toujours avec intérêt les publications néerlandophones chroniquées par le journal ( rubrique Bovendien) et les différents échos de la scène BD hollandaise comme la mise en vente de la fabuleuse collection de Hans Matla, le « stripgourou » batave, l’éditeur du guide de référence de la bande dessinée hollandaise, une collection dont la mise à prix serait de 1,8 million d’euros. Nous vous en reparlerons sûrement.

Bon anniversaire, chers collègues !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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