80 Jours, par Vadot et Gueret, Casterman

30 mai 2006 0 commentaire
  • Et si, alors que vous fêtez votre quatre-vingtième anniversaire, chaque jour suivant vous faisait rajeunir d'un an tous les jours...Que feriez-vous du temps qu'il vous reste?

C’est ce qui arrive à Edmond Lesage, vieillard bruxellois qui va rajeunir inexorablement. Il sera accompagné dans ce parcours par son infirmière personnelle, Juliette. Ce voyage vers sa destinée va leur permettre de mieux se connaître, de faire une mise au point sur leur vie. D’étranges liens vont se créer entre l’octogénaire provisoire et cette jeune femme lors de voyages à la Côte belge et dans le Lubéron.

Ce merveilleux conte fantastique sur le temps qui passe est créé par Olivier Guéret au scénario et Nicolas Vadot au scénario et au dessin, qui réalisent là un ouvrage singulier et original. Jeunes trentenaires, les deux auteurs décrivent avec talent et sensibilité les états d’âme d’un vieil homme qui va reprendre goût à la vie, redécouvrir la force des sentiments et se rendre compte qu’il est peut-être passé à côté de tout. Ils alternent les passages présentant la nouvelle vie d’Edmond avec des scènes plus psychanalytiques entre notre personnage et Winston Churchill, la dramaturgie mise en place s’étoffe ainsi de profondes réflexions sur la nature humaine.

Cet album original devrait en séduire plus d’un tant, sous la lourdeur supposée du sujet, affleure une légèreté dans le traitement : vastes cases ensoleillées, dialogues maîtrisés et jamais inutiles, on suit l’étonnant parcours vers la paix d’Edmond et Juliette.

Vadot illustre également avec beaucoup de sensibilité les lieux où se déroule l’action, Bruxelles a rarement été aussi belle. L’utilisation d’un trait au crayon non encré, charbonneux,est magnifié par une mise en couleurs chaude et lumineuse.

Les deux auteurs nous avaient déjà séduits avec leur précédente série, Norbert l’imaginaire, parue au Lombard. Ils confirment ici tout le bien que nous pensions d’eux en proposant un superbe récit intrigant et sensible sur le temps qui passe.

(par Erik Kempinaire)

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