À 60 ans, les Schtroumpfs s’intéressent aux filles

25 février 2017 8 commentaires
  • Est-ce l’effet du scandale du Grand Prix d’Angoulême ? Les éditions du Lombard lancent en mars prochain une série dérivée des Schtroumpfs dont les personnages centraux seront des filles, ou plus exactement des Schtroumpfettes. Les interrogations sur le genre et par conséquent la sexualité des Schtroumpfs demeurent…

Ce n’est évidemment pas l’effet Angoulême qui est à l’œuvre ici, mais plutôt l’effet Hollywood. Car le 5 avril prochain sort en France le nouveau film des Schtroumpfs : Les Schtroumpfs et le village perdu, le troisième long métrage film de Sony Pictures basé sur l’univers des personnages de Peyo.

On sait que ceux-ci ont été créés le 28 octobre 1958. Ils constituaient au départ des personnages secondaires de la série Johan et Pirlouit prenant très vite pris leur indépendance au travers de mini-récits (1959) puis d’albums (1963). Ce personnage unique (c’est le même dessin de base qui sert à tous les Schtroumpfs) est du pain bénit pour un animateur de dessin animé. Les adaptations cinématographiques arrivent d’ailleurs très tôt au début produites par les studios TVA, une filiale de Dupuis (cinq épisodes dès 1961), puis par Belvision (le long métrage La Flûte à six schtroumpfs en 1975), enfin Hanna Barbera en 1981 qui transforment les « Smurfs » en succès mondial dont les effets se font ressentir encore aujourd’hui puisque, en juillet 2011, le premier long métrage des Schtroumpfs en « live » a réalisé un des plus beaux scores d’audience de cette année-là, rivalisant avec les plus gros blockbusters d’Hollywood

À 60 ans, les Schtroumpfs s'intéressent aux filles
Le film sort le 5 avril 2017.

Un secret éventé

Ce troisième film repose sur un secret, « le mieux gardé de toute l’histoire des Schtroumpfs » : celui d’un autre village de lutins bleus perdus au fin fond de la forêt du Pays Maudit. Graphiquement, le film revient aux fondamentaux : nous sommes dans la Full Animation à cette différence près que l’on a conservé l’aspect 3D. Le réalisateur et scénariste américain Kelly Asbury, à qui l’on devait Shrek 2 ou encore La Belle et la Bête, a réalisé un film rythmé, malin, inventif où les dialogues percutent.

Alors cette histoire des filles ? Depuis que Bleeding Cool a fait fuiter l’affaire (« Single Smurfette No More »), on connaît une partie du secret : les Schtroumpfs découvrent un autre village schtroumpf dans la forêt. Et en même temps qu’ils découvrent qu’ils ne sont plus seuls dans l’univers, le mystère de l’éternel féminin, horresco referens, va leur être révélé ! Comment ? On ne va pas spoiler le film, on vous en a déjà trop dit.

Cependant, la publication le 24 mars prochain, d’un album tiré de l’argument du film, dévoile cependant le pot aux roses : « Les Schtroumpfs viennent de découvrir l’existence d’une nouvelle communauté de Schtroumpfs. Au travers de nouvelles aventures, ils vont découvrir la surprenante identité de ces nouveaux amis. Ils auront beaucoup à apprendre de ceux-ci, ainsi que de l’univers étrange et fantastique dans lequel ils vivent  ». Le titre de cette nouvelle série ? « Le Village des filles » et la couverture ne laisse aucun doute sur la nature de ces « nouveaux amis » : la Schtroumpfette est désormais l’avenir du Schtroumpf.

...et l’album, au Lombard, le 24 mars 2017.

Peyo tournait autour du sujet depuis longtemps : déjà Sassette avait été fabriqué par les P’tits Schtroumpfs dans le laboratoire du Grand Schtroumpf pour que la Schtroumpfette ne reste pas seule et un autre golem, Vexy, avait été fabriqué par Gargamel dans les dessins animés où l’on avait aussi découvert une… Mémé Schtroumpf !

Il était temps que l’on mette un peu de cohérence dans l’affaire. Avec toutes les conséquences qui en découlent : de personnages créationnistes, les schtroumpfs vont-ils se mettre à se reproduire ? Va-t-on les voir vivre en couple ?

La Révolution Schtroumpf est en marche, comme dirait Emmanuel Schtroumpf, et on n’a pas fini d’être surpris.

L’affiche américaine

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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8 Messages :
  • De la présence féminine chez les Schtroumpfs
    25 février 2017 16:23, par Marmosmurf

    Ayant la tête dans les Schtroumpfs depuis de longs mois, je me permets, cher Didier, de donner quelques précisions.
    D’abord, Sassette a été créée, non pas par le Grand Schtroumpf, mais par les P’tits Schtroumpfs, dans le laboratoire du GS, en employant la même formule qui avait permis l’apparition "maléfique" de la Schtroumpfette, et qui fut à juste titre décriée par les lectrices et les lecteurs en son temps.
    Ensuite, il existe en effet de nombreux personnages féminins dans le dessin animé co-produit par Hanna-Barbera, qui n’ont pas tous été transposés en bande dessinée, même s’il s’agit moins de Schtroumpfs que d’humains, de magiciens et de créatures magiques (Florabell, Periwinkle, Drusilla, Chlorhydris, Lianon, Dame Nature, ...).
    Enfin, l’univers des Schtroumpfs en bande dessinée eut une composante féminine plus élaborée dans les années 1990. Marc Wasterlain est l’auteur d’environ 200 scénarios de récits courts (de 4 à 8 planches) des Schtroumpfs, parus à l’origine dans le mensuel allemand Die Schlümpfe, et les humaines, les créatures surnaturelles, ainsi que les magiciennes (comme Hogatha, issue de la série animée), y faisaient acte de présence régulier, parfois, même souvent, y tenaient un rôle important.
    That’s all, smurfs,

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 25 février 2017 à  16:44 :

      Cher Christian, merci pour la précision sur la création de Sassette. Je corrige aussitôt. Par ailleurs, l’article ne parlait pas du tout de la présence des femmes dans l’univers des Schtroumpfs, c’est donc un peu hors sujet.

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      • Répondu par Marmosmurf le 25 février 2017 à  18:11 :

        Huuum, hors-sujet... ouais... si tu veux... alors, disons que je donnais ces précisions par anticipation. Une chose est sûre, la présence des filles chez les Schtroumpfs, et dans leur univers, a été boosté par le succès de la série animée. Par le fait aussi que de nombreux épisodes TV ont été écrits, ou coécrits, par des femmes scénaristes américaines.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 25 février 2017 à  18:22 :

          ET le "politically Correct" US. Ce n’est pas demain que l’on verra apparaître des Smurfeten (Femen en schtroumpf !) ;)

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  • « Les Schtroumpfs et le village des filles »

    Étrange titre. Pourquoi pas Le Village des Schtroumpettes ?
    Elles ne parlent pas schtroumpf ces Schtroumpfettes ?

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    • Répondu par Zot ! le 25 février 2017 à  22:53 :

      et voilà, après cela, il n’y a plus qu’à attendre Gastounette, et puis Sprirella (zut, F’Murr l’a déjà fait !)

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      • Répondu par Lartigau le 27 février 2017 à  13:27 :

        Et après Gastounette, évitons surtout Tintinette.
        J’espère que Moulinsart veille.

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        • Répondu le 27 février 2017 à  15:37 :

          La Schtroumpfette existe depuis 1966. Elle n’a rien à voir avec un spin-off puisque c’était le sujet d’une histoire : Une Schtroumpfette brune créée par Gargamel pour séduire les Schtroumpfs et qui se transforme en Brigitte Bardot (sex symbol de l’époque). Mais que le titre de cet album, qui est une sorte de spin-off ou d’extension de l’univers des Schtroumpfs à la sauce girly-segmentation-de-marché, ne s’intitule pas Les Schtroumpfs et le villages de Schtroumpfettes, cet pas très schtroumpf !

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