A History of Violence - par Wagner & Locke - Delcourt

15 novembre 2005 0 commentaire
  • Voici, publiée en version française, {A History of Violence}, qui inspira [le film du même nom->http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=55982.html] actuellement sur les écrans (réalisé par David Cronenberg avec Viggo Mortensen et Ed Harris). Ce {graphic novel} est un récit très sombre où la violence devient brutale et inévitable. Cela fait froid dans le dos...

Dans une petite ville américaine, un restaurant est braqué par deux tueurs en cavale. Le propriétaire, Tom McKenna, se défend et tue les deux malfrats qui le menaçaient. Il devient malgré lui un héros faisant la une des journaux. Quelques jours plus tard, trois maffiosi de New York débarquent et interpellent McKenna, croyant reconnaître en lui celui qu’ils recherchent depuis 20 ans. Le paisible restaurateur est-il vraiment cet homme dont la mafia veut se venger coûte que coûte ?

Le ton est donné avec la couverture et les deux premières planches : il sera surprenant, noir et violent. Découpé en trois chapitres, l’intensité du récit va crescendo. Le début du récit (avec le meurtre des deux auto-stoppeurs) permet d’arriver "par hasard" sur le personnage de McKenna et d’installer progressivement le doute sur sa véritable identité. Le deuxième chapitre, tout aussi palpitant, nous entraîne dans les bas-fonds de Brooklyn et dans le passé du personnage principal. Le scénariste John Wagner (Judge Dredd, The Last American, Batman) nous réserve encore bien des surprises dans la troisième partie de son intrigue, montrant ainsi sa capacité à ne jamais laisser retomber la tension créée au départ.
De nombreux thèmes s’immiscent au cœur de l’histoire : vengeance, mensonge, rédemption, pardon, liens du sang... pour se lier dans cette Amérique où la loi du plus fort triomphe. Il faut survivre aux autres et à soi-même, car le passé tourmenté et enfoui finit toujours par ressurgir.

Cette atmosphère froide et violente est rehaussée par le trait nerveux de Vince Locke (qui s’est fait connaître pour son travail sur des comics de zombies, en autres avec Guy Davis). Par moments à la limite de l’esquisse, le graphisme en noir et blanc est une véritable réussite. Les multiples hachures, le découpage, l’absence de couleur, tout cela renforce suspense, tension et mal-être. Le dessinateur joue ainsi avec les nerfs du lecteur de façon très efficace.

Réalisé en 1997, A History of Violence est un thriller noir qui prend aux tripes. Il se lit d’une traite mais ne laisse pas le lecteur indemne. À découvrir absolument.

(par Laurent Boileau)

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