AAARG ! n°2 : du vent dans les voiles

13 janvier 2014 0
  • Avec cette superbe couverture de Riff Reb's, le deuxième numéro de la revue AAARG! garde le cap tout en hissant la grand voile vers de nouveaux continents.

Non, il n’y a pas d’histoires maritimes ou de pirates dans ce numéro. Elles auraient pourtant toute leur place dans une revue qui cultive les récits considérés appartenir à des genres mineurs. Pas de publicité mensongère non plus, car cette couverture alléchante annonce le copieux dossier consacré à Riff Reb’s, qui est revenu sur le devant de la scène fin 2012 avec Le loup des mers. Point d’embruns donc dans ce deuxième volume de AAARG ! mais des gangs latino-américains avec ElDiablo et Julien Loïs, de la révolution mexicaine déjantée avec Pierre Place, de l’anticipation godzillesque avec B-Gnet, du zombie pénitentiaire avec Caritte et Katthou, du mauvais esprit de Noël avec Laetitia Coryn, de la magouille de avec Witko, du Alzeihemer grandeur nature avec Ozanam et Kieran, et même quelques bonnes tranches de poilade avec Bouzard et Mo/Cdm. Pour ce qui est du corrosif, on peut faire confiance aux Paf et Hencule de Goupil Acnéique et Abraham Kadabra, à Eric Salch, au Grotesk d’Olivier Texier et dans une moindre mesure, à Dominique Hennebaut.

Les nouveaux territoires abordés dans ce deuxième numéro ont une couleur pleine de sensibilité. Starsky et Sourdrille (au dessin fascinant) la jouent Six cent soixante-seize apparitions de Killoffer (mais avec un budget plus serré). Starsky et Rica d’un côté, Bourdic et Douay de l’autre, tâtent de la poésie. Quant à Ethan Rilly, il nous une petite visite mélancolique à Montréal.
Et puis dans ce numéro, il y a même du cul. Mais oui. Du cul potache avec Cha, qui révèlera aux hommes un fantasme féminin assez inattendu (attention, ne cherchez pas à reproduire la figure proposée sans vous être au préalable échauffés). Du cul honteux et drôle avec l’inénarrable Dav Guedin, dont les souvenirs sexuels ont un reflet doré.

A noter également les trois nouvelles publiées (une belle originalité pour une revue de bande dessinée), qui ne sont pas les pages les moins intéressantes du volume, loin de là. Et puis les dossiers consacrés à Riff Reb’s, Raymond Carver et Matthias Lehmann, au film Cannibal Holocaust... N’en jetez plus. Arrivé au bout des 162 pages, dont la variété de styles, de ton et de formats est toujours bienvenue, on comprend qu’on en a eu pour son argent, qu’on a pu faire de belles découvertes, et qu’il ne faudra attendre que deux mois pour avoir une nouvelle dose.

AAARG !, 14,90 €, sur le site ou en librairie.

AAARG ! n°2 : du vent dans les voiles

(par Thierry Lemaire)

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