Abigaël Martini - Thomas Azuélos - Editions Carabas

30 novembre 2006 0 commentaire
  • Thomas Azuélos sait aussi dessiner en noir et blanc, la preuve dans ce nouvel album en solo. Du polar qui sent bon la bouillabaisse.

Thomas Azuélos nous avait déjà enchantés avec son travail en couleur sur Télémaque et Akhénaton, tous deux sur des scénarios de David Calvo. Cette fois-ci, il nous propose un récit réalisé tout seul comme un grand (enfin, avec un coup de main de Claude Signoret et Mathilde Chèvre pour le scénario et les dialogues).
Son sens si particulier de la couleur laisse ici place à une maîtrise du noir et blanc où l’équilibre entre l’ombre et la lumière fait le pendant à une intrigue où les poncifs du polar sont allègrement renversés.

Abigaël Martini - Thomas Azuélos - Editions Carabas

Abigaël Martini est commissaire stagiaire à Paris, et aussi fille de juge. Son premier jour de stage commence avec un accident sur la rocade, qui lui fait assister à la mort d’un homme, qui lui confie une photo, qui l’amène à aller chercher quelqu’un du côté de Marseille, qui se révèle ne pas être celui que l’on croyait, d’ailleurs Abigaël ne croit plus rien... si ce n’est qu’elle est tombée sur une drôle d’affaire bien embrouillée.

Le rythme de cette histoire de 120 pages n’est pas trépidant, bien au contraire. Nulle poursuite en voiture, nulle chasse à l’homme, nulle analyse d’ADN pour confondre le tueur alors qu’il s’apprête à fondre sur sa proie. Non, rien de tout cela. Abigaël est du genre opiniâtre et calme. Plutôt Columbo que Starsky & Hutch, quoi. Tout cela servi par un graphisme où l’auteur croque de vraies, bonnes tronches, tout en lorgnant aussi bien du côté d’Edmond Baudoin que de celui de José Muñoz. Il y a pire comme association.

On se prend d’affection pour cette jeune femme à l’air de Sainte Nitouche qui ne s’en laisse finalement pas compter. On se prend même à rêver que l’auteur nous la fera un jour de nouveau rencontrer. Mais vu la variété de ses projets de BD jusqu’à présent, on peut en douter. Souhaitons donc à Thomas Azuélos de continuer pendant longtemps à nous surprendre ainsi.

(par François Peneaud)

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