Achille Talon a su rester simple - Par Fabcaro et S. Carrère - Dargaud

22 décembre 2015 1 commentaire
  • Un nouvel Achille Talon marqué de l’empreinte de Fabcaro. Un très bon cru, à la hauteur des cuvées d’antan.

2015, année Fabcaro ? Le dessinateur rafle prix sur prix ces dernières semaines pour son album Zai zai zai zai. Il est l’auteur du moment, celui dont on parle et qui fait consensus. Hé bien, le nouvel album d’Achille Talon permet de rajouter de l’eau à ce moulin de louanges.

Achille Talon a su rester simple - Par Fabcaro et S. Carrère - Dargaud

Après la mort de Greg, la série-phare du dessinateur belge fut reprise par différents auteurs, pour les tomes 43 à 48 (1998-2009). Globalement, l’ensemble était très décevant et l’on s’était habitué à redouter la sortie d’un nouvel opus. En 2014, Dargaud décida de redonner un nouveau souffle à la série sous le titre Les Impétueuses Tribulations d’Achille Talon, en confiant la série à Fabcaro, donc, au scénario, et au très habile Serge Carrère au dessin. Le deuxième album de ce duo sort actuellement, et le moins que l’on puisse dire, c’est que Greg ne doit cette fois-ci pas se retourner dans sa tombe, car l’album est bon !

Le dessin de Serge Carrère est extrêmement dynamique, et sait respecter l’héritage graphique de Greg sans pour autant tomber dans le pastiche ou la copie servile. Il place le personnage dans un environnement contemporain, et joue habilement du décalage entre l’univers habituel du héros, un univers fleurant bon les années 1970, et la France d’aujourd’hui, avec ses décors urbains et ses objets techniques contemporains. Seule la couverture laisse fortement à désirer…

Le scénario joue également de ce décalage. De manière générale, il est très réussi, et Dieu sait s’il est difficile d’écrire les textes d’un Achille Talon quand on a été précédé par un dialoguiste de génie comme l’était Greg ! Bien sûr, quelques planches sont moins réussies que d’autres, mais dans l’ensemble le ton savoureux, l’amour du verbe, les différents degrés des calembours utilisés, sont très bien rendus.

Fabcaro, plus encore que ne le faisait Greg, s’amuse d’une mise en abyme du personnage, jouant à la fois de la situation professionnelle de Talon, travaillant dans le milieu de la bande dessinée, mais aussi du lecteur, et le héros s’amuse à se mettre en scène, à s’adresser au lecteur, à jouer sur sa case, son texte, ses bulles. Le tout est souvent très inventif.

Bref, le grand Chichille est bel et bien de retour, et trouvera toute sa place sous vos beaux sapins !

(par Tristan MARTINE)

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