Adam et Elle, 1e partie - Par Gwen de Bonneval et Michaël Sterckeman - Glénat

31 janvier 2013 2
  • Adam est jeune citadin célibataire depuis peu. Mais il n'arrive pas à tourner la page d'une relation amoureuse au dénouement désastreux. Et au milieu des bars et des coups d'un soir, il rencontre Juliette qui ne lui demande rien. Ses sentiments se développent mais ses peurs le poussent à saborder une histoire à peine commencée.

Adam n’arrive pas à oublier Barbara. Enchaîné à cette relation, il a fini par s’y abîmer. Dorénavant célibataire, il tente de profiter de son statut de Parisien libre pour enchaîner les coups d’un soir. Mais ceux-ci ne parviennent pas à lui faire oublier ce grand amour perdu. Et il rencontre Juliette. Il se laisse prendre au jeu et essaie quelque temps d’en profiter. Mais effrayé et craintif, il cherche à détruire avant d’avoir à souffrir.

Gwen de Bonneval (Les Derniers Jours d’un Immortel, Bonneval Pacha, Messire Guillaume...) se hasarde à une incursion mentale dans la vie des ces jeunes Parisiens célibataires auto-destructeurs perdus et hésitants entre l’envie de contact, le besoin d’amour et la peur d’être blessé. En mettant en avant les cicatrices héritées de la vie, le récit décrit les hantises et les angoisses d’un jeune homme qui n’arrive pas à se servir de ses expériences passées pour se construire un avenir.

Adam et Elle, 1e partie - Par Gwen de Bonneval et Michaël Sterckeman - Glénat
Adam et Elle - Première Partie
Gwen de Bonneval et Michaël Sterckeman - Glénat ©

Au travers de ce qui pourrait passer pour un rythme quotidien, la lenteur du tempo est un frein à l’empathie ressentie envers les personnages. Ces protagonistes aux figures archétypales ne sollicitent pas l’adhésion. Le manque d’attachement qui en résulte enfreint la compréhension des contradictions et des craintes du héros. Les personnages secondaires ne semblent exister que pour accréditer la proposition d’un Adam qui a peur de vivre.

Tous, même Adam, ne sont que des faire-valoir pour soutenir la thèse que porte le scénario. Le dessin englobant, fixé dans une vision lointaine, refuse de s’approcher de l’amour et du sexe, de coller aux corps des personnages. Il ne parvient jamais à nous faire quitter la posture de simple spectateur trop extérieur pour s’emparer du récit. Impuissant à casser la distance, celui-ci se perd dans les méandres de sa démonstration.

(par Vincent GAUTHIER)

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