Adrien Floch : "Certaines histoires nécessitent une parution rapide"

4 janvier 2008 3 commentaires
  • Le cycle des Naufragés d'Ythaq est entré dans le cercle des séries à succès des éditions Soleil. Avec cinq albums publiés en un peu plus de deux ans, Adrien Floch ne chôme pas. Entre deux planches, le discret dessinateur a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions.

Comment est née votre collaboration avec Christophe Arleston ?

J’ai commencé à travailler pour Lanfeust Mag et à l’époque Christophe développait plusieurs scénarios. Ayant apprécié mon travail sur une histoire courte, il m’a tout simplement proposé de collaborer avec lui et de dessiner Les Naufragés d’Ythaq.

Était-ce facile de se détacher de la série Lanfeust de Troy ?

Quand j’ai démarré, j’étais bien sûr un lecteur de Lanfeust. Mais je n’en ai pas tenu compte car Ythaq ne fait pas partie du monde de Troy. Les référentiels communs sont donc le scénariste et le genre, l’Héroïc Fantasy. Une des forces d’Arleston, c’est la relation entre les personnages. C’est un ingrédient qu’il utilise sur toutes ses séries. Par rapport à Lanfeust ou les Trolls, Ythaq est plus SF et il n’y a pas le même degré d’humour. Donc, c’est bien différent !

Cinq albums en moins de trois ans, c’est beaucoup, non ?

Scénariste, dessinateur, coloristes et éditeur, nous sommes une équipe très dynamique. Certaines histoires se prêtent à la rapidité, notamment celles qui vont de pair comme le tome 4 et le tome 5. Dans un cas pareil, je dessine les deux dans la même lancée. Cette année, deux albums sont publiés mais l’année prochaine il ne devrait y en avoir qu’un seul.

Adrien Floch : "Certaines histoires nécessitent une parution rapide"

À quel rythme dessinez-vous ?

Cela dépend des planches, mais en moyenne, cela varie entre un et quatre jours par planche. Mais attention : le fait d’aller vite engendre le risque de bâcler l’album. N’oublions pas que la véritable héroïne c’est Ythaq, la planète. Il ne faut donc pas négliger les décors. Je fais donc attention à mettre des détails, à m’investir toujours autant sur les costumes des personnages, les expressions et, encore plus important, dans la mise en scène. Ce sont des paramètres dont il faut tenir compte. Mais nous avons cette exigence de qualité et n’hésitons pas à refaire certaines choses au besoin, quitte à décaler la sortie de l’album.

C’est une histoire sans fin ?

Pour l’instant, la série est prévue en 9 tomes et nous savons exactement où nous allons. Je reçois les pages au fur et à mesure que je dessine, mais je sais à chaque fois comment l’album se termine. Ce qui me permet de découvrir l’histoire tout en connaissant la fin !

La série connaît un vif succès. Cela crée-t-il une pression ?

Slhoka, ma précédente série, marchait bien, mais ce n’était pas comparable avec Ythaq. Avec Arleston au scénario, c’est évident que cela donne plus de chances à la série. Mais le succès reste toujours étonnant et mystérieux. Nos lecteurs sont exigeants et ont raison de l’être. La seule pression, c’est de publier un album de qualité.

Vos interviews sont assez rares, pourquoi ?

Depuis le démarrage de la série, j’ai consacré beaucoup de mon temps à mon travail. J’ai aussi envie de passer du temps avec ma petite famille. D’où mon peu de présence en festival, en dédicace et auprès des médias.

La contact avec le public vous plaît-il ?

Les gens qui se déplacent en festival ne sont pas forcément représentatifs de l’ensemble de vos lecteurs. Par contre, ils sont passionnés et possèdent souvent un regard plutôt aiguisé ce qui leur permet de parfois formuler de bonnes critiques. Il m’arrive de tenir compte des remarques ! Je me souviens de deux ados qui m’avaient demandé si c’était bien moi qui avait réalisé une certaine planche car ils ne reconnaissaient pas mon trait habituel. Je n’avais pas refait cette page dont je n’étais pas satisfait. Ces lecteurs l’ont tout de suite vu !

À quelle étape prenez-vous le plus de plaisir ?

C’est quand je dessine des pin-up et le fait de les mettre dans des situations cocasses ! Avec Ythaq, je suis bien fourni et c’est donc très agréable. Pour moi, le plus fastidieux, c’est de dessiner l’environnement. Par exemple, lorsque je dois revenir à la SF après plusieurs pages de Fantasy. Quitter un espace de liberté pour retracer des traits à la règle et créer un contexte technologique de SF, c’est parfois laborieux.

D’autres projets ou envies ?

Certains lecteurs me demandent "à quand le prochain Slhoka ?". Mais actuellement, je n’ai pas le temps !

(par Laurent Boileau)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire les chroniques des tomes 1, 3, 4 et 5

Photo © L. Boileau
Illustrations © Soleil/Arleston/Floch

 
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3 Messages :
  • Le probleme avec Arleston c’est que quand il met la main sur un bon dessinateur, ce dernier lache tous ses projets en cours et apres plus rien ne suit.
    on attend toujours le 4eme et dernier tome des feux d’askell de Mourier.
    Christophe s’il te plait pense aux lecteurs frustrés et pas qu’a laligne éditoriale et commerciale de ton éditeur.

    Yves

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    • Répondu le 11 janvier 2008 à  11:27 :

      "pense aux lecteurs frustrés"
      Je pourrai faire du mauvais esprit mais... :)

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      • Répondu par fanoual le 12 janvier 2008 à  12:12 :

        C’est vrai qu’on est frustré , celà fait quelques années que j’attends la suite de slhoka et me dire qu’il n’y aura probablement pas de suite ou un ultime tome baclé m’irrite un peu.Je trouve celà irrespectueux pour les lecteurs.
        Petit avertissement breton : "a trop se disperser on se perd".
        stephane

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