Alberto Breccia, le maître de la bande dessinée argentine à Toulouse

30 octobre 2018 0 commentaire
  • 2018 marque les vingt-cinq ans de la disparition d'Alberto Breccia et 2019 celle de son centenaire. À cette occasion la médiathèque José Cabanis à Toulouse lui consacre une exposition de petite taille mais de grande qualité.
Alberto Breccia, le maître de la bande dessinée argentine à Toulouse
L’autoportrait dessiné avec une lame de rasoir - une ouverture choc

L’exposition s’ouvre sur un autoportrait et quatre planches emblématiques qui balaient la production variée du dessinateur argentin, du noir et blanc à la couleur, de l’autoportrait à la quasi-abstraction.

Les influences de Breccia sont rappelées par un panorama de la bande dessinée argentine, des prémices à nos jours (avec bien sûr l’incontournable Mafalda de Quino). Ses travaux sont abordés à travers de grandes thématiques : l’ironie et le grotesque, l’image réinventée, les adaptations littéraires, l’œuvre engagée... Un documentaire vidéo avec une interview de l’artiste clôt l’exposition.

El hombre del perfil izquierdo blanco - vers l’abstraction

Les planches originales présentées frappent par leur force et leur diversité. Travail à l’acrylique, dessin effectué au rasoir, collages, peintures, Breccia a poussé la recherche formelle à ses limites. Les planches exposées vont du réalisme (Mort Cinder) au fantastique (Cthulhu) et à la science-fiction (L’Éternaute), jusqu’à des planches stylisées à l’extrême, frisant l’abstraction comme dans El hombre del perfil izquierdo blanco.

Breccia, comme son comparse Hugo Pratt ou son élève José Muñoz, est célèbre pour son travail sur le noir et blanc, dans Mort Cinder par exemple, ou pour l’adaptation des récits de Lovecraft (Les Mythes de Cthulhu) dont plusieurs planches sont exposées.

Là où la marée monte et se retire - pure poésie
Détail de "Dracula"

Présentées en regard des originaux, les versions imprimées dans les magazines de l’époque ne soutiennent pas la comparaison. Les reproductions aplatissent tristement le graphisme et ne rendent pas justice à la virtuosité de l’artiste argentin. Les planches originales ressortent d’autant plus et permettent d’apprécier la diversité des techniques employées.

Adaptation du Petit Chaperon rouge

Cette exposition est aussi l’occasion de découvrir l’admirable travail en couleur de Breccia. Son dessin tend vers l’expressionnisme dans Dracula, Dracul, Vlad, Blah, dont on ne se lasse pas de contempler les brillantes planches à l’acrylique. Dans sa version satirique des Contes des frères Grimm, l’auteur joue avec brio des collages et des effets de relief, créant une œuvre bigarrée, surprenante et percutante.

Cette remarquable exposition -gratuite, qui plus est- est visible jusqu’au 20 janvier 2019. Des visites guidées et une journée consacrée à la BD d’Amérique latine sont organisées du 16 au 18 novembre, en lien avec le festival BD de Colomiers dont nous vous reparlerons prochainement, un rendez-vous à ne pas manquer.

Alberto Breccia - © Latino Imparato

(par Lise LAMARCHE)

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Exposition Petites et grandes histoires argentines : Alberto Breccia le maître de la bande dessinée.
Du 12 octobre 2018 au 20 janvier 2019.
Entrée libre et gratuite.

Médiathèque José Cabanis
1, allée Jacques Chaban-Delmas
31500 Toulouse

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