Alien : Cendres (Dust to Dust) - Par Gabriel Hardman - Vestron

7 septembre 2020 0 commentaire
  • L'Apocalypse. Il ne s'agit pas ici de la fin des temps, mais cela y ressemble pour les habitants de la colonie Trono, basée sur la planète LV-871. Au milieu des flammes, des cendres et de bêtes féroces, une mère et son enfant font tout pour quitter cette maudite planète avant qu'ils ne redeviennent poussière... Découvrez un récit palpitant et effrayant signé par le talentueux Gabriel Hardman.

Violemment tiré de son sommeil au beau milieu de la nuit, le jeune Maxon ne fait que troquer un cauchemar contre un autre. Dans un cadre digne d’une apocalypse divine, la colonie minière où il vivait avec sa mère est en train de partir en fumée, les survivants traqués, démembrés ou fécondés par de répugnantes créatures visqueuses, sorte d’hybrides bio-mécaniques à l’apparence phallique. Maxon et sa mère, avec l’aide d’autres survivants, vont se lancer dans une course contre la montre sans espoir pour quitter la planète.

Écrite et dessinée par le talentueux Gabriel Hardman (Invisible Republic, Green Lantern : Earth-One...), la mini-série Aliens : Cendres ou Dust to Dust en version originale est une véritable pépite qui permet de replonger une fois encore au cœur de l’horreur viscérale de l’univers Alien.

Alien : Cendres (Dust to Dust) - Par Gabriel Hardman - Vestron
"Ma maman m’a toujours dit que les monstres n’existent pas, les vrais monstres... Mais y’en a..."

Dès le début du récit, l’auteur nous fait partager le point de vue du jeune Maxon, que l’on va suivre jusqu’au dénouement final. Ni flashback, ni flashforward, ni point de vue extérieur, nous vivons le récit exactement comme ses protagonistes et comme eux, l’auteur ne nous laissant aucun répit. Nous sommes immergés dès les premières cases dans cette fuite en avant haletante et cauchemardesque. Une histoire très dynamique qui se lit certainement mieux d’une traite, comme un passage à travers un tunnel sombre que de manière épisodique.

On pourrait éventuellement reprocher un manque de caractérisation des personnages sur lesquels le récit ne s’arrête quasiment jamais, à l’exception du Maxon, perdu au milieu de toutes ces horreurs à qui l’on demande tantôt de se comporter en adulte, tantôt d’être un enfant. Mais la narration est assez prenante pour que l’absence d’épaisseur des personnages ne soit pas un obstacle à la lecture.

Il y a d’ailleurs une véritable symbiose entre le dessin et l’écriture, tant le trait énergique de l’auteur nous pousse à poursuivre la lecture sans s’arrêter. La mise en page dynamique laisse peu de place à la respiration, à l’exception de quelques scènes plus calmes où le cadrage et les cases apparaissent plutôt structurées, tandis que l’essentiel du récit est mis en page de manière syncopée. Les cases n’y sont plus forcément carrées ou rectangulaire et s’entrechoquent parfois, elles sont aussi bousculées que nos personnages. Même les rares pleines pages où l’on pourrait s’arrêter pour admirer le trait de Gabriel Hardman, ou souffler un peu, servent à mettre en avant des moments horrifiques ou des situations glauques.

Tous les ingrédients d’un bon Alien sont présents -mais n’en dévoilons pas trop - et l’auteur montre qu’il maîtrise la mythologie des xénomorphes. Les thématiques de la saga, bien que survolées, apparaissent tout de même, notamment le rapport à la maternité, développé d’une manière assez intéressante et nouvelle. Fait assez rare pour être souligné, Hardman se permet une scène horrifique avec un Chestburster - premier stade d’évolution de l’alien -, alors qu’habituellement cette forme de l’alien s’enfuit aussitôt après avoir perforé la poitrine de son hôte, même nouvellement né : l’alien n’est pas là pour s’amuser...

Il certains réveils dont on se passerait bien...

À l’heure où Sir Ridley Scott essaye artificiellement de s’approprier la paternité d’une saga qui ne lui appartient pas au travers de films bancals où la créature se retrouve démythifiée à force d’explications, il est bon de profiter d’une œuvre qui ne s’embarrasse de tant de questionnements pour aller droit au but. C’est finalement lorsqu’on s’intéresse le moins à elle et qu’elle est la plus mystérieuse que la créature imaginée par le brillant artiste Suisse H.R. Giger prend réellement corps.

Pourtant, Gabriel Hardman nous laisse avec quelques interrogations ouvertes : qui sont nos personnages ? Quelle est cette planète ? Même les xénomorphes adoptent des comportements que nous n’avons encore jamais vus et qui posent certaines questions. L’artiste laisse cependant planer le mystère, à l’image du premier film de la saga - pourtant signé Ridley Scott - qui posait énormément de questions sans y répondre et laissait planer une aura de mystère sur son intrigue.

Nous pouvons remercier l’éditeur Vestron, qui détient les droits de publication de la créature depuis quelque temps de nous apporter ce récit en France. Même si les droits de la saga Alien - tout comme ceux de Predator - iront dès 2021 chez Panini Comics. En effet, suite au rachat de la Fox par Disney, les droits cinématographiques des deux plus célèbres monstres du 7e Art appartiennent désormais à la firme aux grandes oreilles, il était donc logique que Marvel, filiale du groupe de Burbank, récupère les droits en bande dessinée, comme ce fut le cas pour Star Wars il y a quelques années.

Sombre, haletant, violent, glauque, dynamique et cauchemardesque, Aliens : Cendres est une excellente lecture qui nous donnerait plutôt envie de retourner dormir pour cauchemarder à des choses moins effrayantes...

Voir en ligne : Aliens : Cendres sur le site des éditions Vestron

(par Vincent SAVI)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Aliens : Cendres (Dust to Dust) - Gabriel Hardman (scénario et dessin) - Rain Beredo (couleur) - Fred Wetta (adaptation) - souple - 104 pages - couleurs - Vestron - 14,95€ - sortie le 27 juin 2019

Contenu VO : Aliens : Dust to Dust #1-4 (2018), publié par Dark Horse Comics.

Illustrations : © Dark Horse Comics / Vestron

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