All you need is love t. 1, Une hirondelle ne fait pas le printemps, scénario et dessin : Christopher, Panini Comics

6 mai 2004 0
  • Isabelle a une fille, des copines, un ex-mari, un frère, une mère, des soupirants, un nouveau job et beaucoup de soucis... Dur, dur d'être une trentenaire !
    Malgré son titre, Christopher nous livre une comédie tendre sans trop de cafard!

Avec All you need is love, Christopher signe une chronique à la Monsieur Jean et parle du quotidien des jeunes adultes d’aujourd’hui. Isabelle est présentatrice-télé. Son nouveau boulot, c’est Miss Météo. On ne peut pas précisément appeler ça être au zénith, mais il faut bien faire vivre la petite, payer le loyer et s’occuper de sa mère. Côté amour, le temps n’est pas au beau fixe. Son universitaire d’ex-mari sort avec ses étudiantes et oublie de payer la pension. Quant aux autres, c’est à croire qu’elle est invisible pour les hommes, à moins que notre héroïne elle-même ne soit un peu aveugle. Reste la famille, mais ça, n’en parlons pas ! Depuis la mort du père d’Isabelle, sa mère est devenue un vrai fardeau. Et le grand frère ? Il assume, enfin il essaie... Bref, du haut de ses trente-quarante printemps (le mystère plane encore...), Isabelle n’a pas la vie facile. Heureusement que les copines sont là pour lui remonter le moral.

Pas de grandes histoires dans cet album de Christopher, rien que des petites choses de tous les jours. C’est d’ailleurs par l’éphéméride qu’il traite son sujet. Une date, une fête à souhaiter et l’état du ciel introduisent chacune des vingt et une saynètes qui nous racontent le printemps d’Isabelle.

Cette dimension réaliste et quotidienne apporte beaucoup de tendresse à l’album, même si on peut regretter que certaines situations soit moins bien exploitées que d’autres. La scène d’ouverture, par exemple, place les personnages certes, mais est peut-être un peu longue, peut-être trop riche d’informations... D’autres manquent peut-être un peu de rythme ou d’originalité. Par moment, on se s’interroge aussi sur les âges que Christopher veut donner à ses personnages. Bien sûr celui de l’héroïne reste secret et difficile à déterminer : certains hésitent, 33, 35, 37 ??? Mais dans tous les cas, elle en paraît graphiquement presque dix de moins. Et Lucile, sa fille, dix, douze ? Et bien non, nous apprendrons qu’elle n’en a que cinq !

Bref, Christopher travaille vite (trois mois seulement pour la réalisation de cet album nous disait-il), et parfois on a l’impression que ça se voit. Pourtant ce brouillage des âges est délibéré. En effet, quand Christopher « regarde les femmes autour de [lui], [il] n’arrive pas à leur donner un âge. » (cf. L’interview de Christopher)

Pour son premier album chez Panini, l’auteur des Filles (chez Carabas) nous fait quand même passer un bon moment, et sourire à ces situations cocasses ou émouvantes que nous avons tous vécues. N’évoquons que deux scènes : la classique discussion sur les « bons » moyens de drague, qui est interrompue par la désertion des éléments masculins de l’assemblée lors du passage d’une Barbie sur talons aiguille ; ou le sourire amusé et complice du grand frère quand Isabelle donne incidemment son numéro de téléphone à son médecin.

(par Martin Grillard)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?