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Allison Reber : " L’avenir tend sans doute vers une BD mondialisée..."

  • À l’occasion de la sortie de sa nouvelle formule, BoDoï fait peau neuve, une occasion toute trouvée pour faire le point avec Allison Reber, responsable de la rédaction.

Allison Reber : " L'avenir tend sans doute vers une BD mondialisée..."C’est donc à la fin du mois que paraît la nouvelle formule du magazine, pouvez-vous nous en dire plus ?

Dans cette nouvelle formule, nous réaffirmons la mission que s’est fixée BoDoï : explorer la bande dessinée. Le nouveau BoDoï est placé sous le signe de la diversité. Tout en continuant à interviewer les grands auteurs classiques, nous souhaitons aller à la rencontre de nouveaux talents et de nouveaux graphismes. Cette variété s’exprimera aussi bien dans les articles que dans les prépublications. Nous publierons désormais une histoire complète à la place d’un des albums prépubliés. Ce format court permettra d’exposer des graphismes différents de ceux des 48 pages couleurs que nous publions habituellement. Explorer la bande dessinée, c’est aussi guider le lecteur dans la production actuelle, plus que foisonnante. Nous avons donc augmenté le nombre de critiques d’albums, au nombre de 32.

Une nouvelle maquette, plus aérée.
(C) BoDoï

Cette nouvelle formule entérine les changements que nous avions apportés ces derniers mois. Le magazine comprend désormais des strips, une rubrique sur la bande dessinée à travers le monde, et plus de repères pour les lecteurs (par exemple des introductions à l’univers de chaque auteur avant leur interview).

Allison Reber, responsable de la rédaction. Derrière elle, le nouveau logo du journal.
Photo : DR (C) BoDoï

Cela fait plusieurs mois que vous annonciez des changements notamment sur le blog du journal, la décision était-elle difficile à prendre ?

Non, car la nouvelle formule s’inscrit dans la continuité de l’ancienne. Elle vise à garder les qualités de l’ancien BoDoï et à en ajouter de nouvelles. Nous avons voulu prendre le temps de penser et réaliser ces changements.

Quelles nouveautés envisagez-vous pour cette formule ?

Elles sont nombreuses. La mise en page a été repensée pour être plus graphique, plus aérée et plus dynamique. De nouvelles rubriques viennent alimenter le journal : des portraits, une sélection sur la production asiatique, un point sur le web. Il y aura plus d’articles et plus de variété. Les critiques seront plus nombreuses et plus fournies. Enfin, chaque numéro comprendra une histoire complète.

La nouvelle formule en vente à partir du 19 janvier

Comment choisissez vous les récits que vous pré-publiez ?

Par coup de cœur principalement. Nous épluchons le programme des éditeurs plusieurs mois à l’avance. Ces derniers nous envoient les premières pages de l’album (qui est en train d’être réalisé) et son synopsis. Parmi ces propositions, nous choisissons celle que nous préférons. Et attendons le verdict : l’auteur pourra-t-il réaliser l’album en temps et en heure ? L’éditeur accepte-t-il de nous en vendre les droits ? Suspense !

Depuis 1997, année de votre premier numéro, le monde de la BD s’est considérablement transformé, quels sont selon vous les changements significatifs ?

Coup double en janvier avec un Hors Série consacré à Angoulême

Avec l’augmentation de la production BD, le lecteur ne sait plus où donner de la tête. L’offre s’est extrêmement diversifiée et enrichie entre ces deux extrêmes que son un album expérimental et une BD commerciale. C’est pour cela que nous voulons servir de guide. Dans ce secteur, le manga s’est taillé une place importante : il happe les jeunes lecteurs et séduit les trentenaires biberonnés aux dessins animés japonais. Nous avons donc voulu mettre en avant une sélection Asie, qui pioche ce qu’il a de plus intéressant, ou de plus beau dans la production. Enfin, toute la nouvelle génération d’auteurs – qui ont percé grâce à des éditeurs comme L’Association – est désormais installée. Elle a amené de nouveaux lecteurs qui n’étaient pas habitués à lire des BD. Ces auteurs devenus des classiques étaient peu traités dans l’ancien BoDoï, nous leur accordons désormais la place qui leur revient. Voilà pour le passé. L’avenir tend sans doute vers une BD mondialisée, qui marie styles, genres et traditions de pays très différents. BoDoï propose donc chaque mois un petit tour d’horizon de ce qui se fait ailleurs. Et Internet commence déjà à changer la donne. Notre magazine s’est donc donné pour mission d’explorer ses tendances.

Des échecs, des regrets au cours de ces années ?

Nouvelle équipe, nouvelle formule, nous sommes uniquement tournés vers l’avenir !

Votre plus belle réussite, en dehors de… cette nouvelle formule ?

Le hors série qui accompagne cette nouvelle formule ! Consacré aux Grands Prix d’Angoulême, il dresse le portrait de 38 grands auteurs de la bande dessinée, à travers une biographie, une interview et un extrait de l’œuvre de chacun. Il retrace une page de l’histoire du neuvième art. Conçu en partenariat avec le festival d’Angoulême, ce numéro pourra servir de référence aux bédéphiles.

La BD du monde entier : Une nouvelle rubrique de BoDoï
(c) BoDoï

La surproduction éditoriale de ces dernières années (plus de 4000 titres cette année selon Gilles Ratier) ne facilite pas toujours le choix, ni le repérage des bons livres. Comment vous situez-vous dans ce contexte ?

Dix ans et cent numéros plus tard, l’aventure continue...

Nous cherchons le talent ! En lisant le plus possible (un des avantages du métier !) et en demandant à nos collaborateurs (une dizaine de journalistes travaillent pour BoDoï) de le faire aussi. Toutes ces paires d’yeux fixées sur la production BD tentent d’en repérer le meilleur. Nous nous laissons aussi la possibilité d’épingler un album raté, et de revenir sur ceux qui nous auraient échappés.

La presse BD connaît bien des difficultés face à la concurrence des autres médias. Comment favoriser la vie des revues ?

Des améliorations sont à faire concernant les Messageries de la presse – qui répartissent les magazines dans les kiosques. Il faudrait que les kiosquiers puissent obtenir plus facilement et rapidement une revue qu’on ne leur a pas livrée et que les lecteurs réclament. De notre côté, nous avons amélioré la qualité du magazine : papier plus épais, couverture vernie, graphisme léché. BoDoï traite de l’actualité de la bande dessinée à travers des interviews, des portraits, des visites d’atelier et des prépublications qui ne se périment pas. BoDoï se collectionne.

BoDoï en 2018, ce sera quoi ?

Une multinationale bien sûr ! On plaisante…

Propos recueillis par Patrice Gentilhomme

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Allison Reber - Photo : D. Pasamonik.

 
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6 Messages :
  • Une couverture qui ressemble à du Télérama. Austère.
    Une ligne éditoriale qui se dirige vers les "nouveaux graphismes"...
    Adieu Bo-Doï. On te regrettera...

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    • Répondu le 18 janvier 2008 à  13:37 :

      "On te regrettera..."

      Pas moi ! Depuis quand les mots "nouveau", "graphisme" et "Télérama" sont-ils péjoratifs ?

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  • Nous nous laissons aussi la possibilité d’épingler un album raté

    Voilà au moins un point qui différencie ce nouveau BODOÏ des précédents : ils avaient maintes fois expliqué, dans le courrier des lecteurs, qu’ils préféraient NE PAS parler d’une BD qui ne leur plaisait pas plutôt que de l’enfoncer par une critique ou une "note" assassine.

    Les envolées critiques acides autant que lyriques font-elles partie de la demande du nouveau lectorat ? ;-)

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  • Une évolution qui plaîra à d’autres ! Moi, par exemple, je vais me mettre à acheter "Bo-Doï" si telle est sa nouvelle formule.

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  • exemple de "jusque-boutisme" : Bodoï change de formule, et Madame Reber de chemise dans l’interview... :o) ,une intégrité,une ligne éditoriale qui impose le respect !^^

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  • On a là un exemple parfait de ce vers quoi la BD va.

    Pourtant la recette semblait bonne.

    Une formule qui emprunte à l’air du temps.Une "bobologie"revendiquée-et affichée- Une fausse ouverture puisque c’est toujours le même genre de BD qui est mise en avant ou tout au moins en valeur.Une vision plutôt floue de la part de la rédaction de ce qui constitue le monde (et l’art) de la BD.Une pensée unique distillée par une rédaction où tout le monde pense pareil(le circuit fermé donc)sans contrepoint de vue différent pour rééquilibrer l’ensemble et favoriser la remise en question.Des efforts pour coller au plus près de la doxa imposée par les revues "qui comptent".Une hausse de prix inconsidérée qui ne tiens pas compte de la conjoncture.Un souci de faire luxe qui se veut positionnant mais qui devient excluant.Le désir affiché de s’adresser au collectionneur plutôt qu’au lecteur....

    9 MOIS PLUS TARD,C’EST LE NAUFRAGE !!!Il était pourtant prévisible....C’est pas grave les amis:allons-y gaiement !!!

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