Amato - Par A. Samama & D. Lapière - Futuropolis

13 mai 2009 7 commentaires
  • Huis clos sensuel, Amato de Aude Samama et Denis Lapière, explore une veine picturale de la bande dessinée. En adaptant très librement un texte de Stevenson, les auteurs réussissent un album oppressant sur la fascination littéraire et amoureuse.

Val d’Aosta, début du vingtième siècle. Après une cure aussi longue qu’inutile pour lutter contre une maladie chronique, une jeune femme de bonne famille, est envoyée dans les montagnes, prendre le bon air des sommets. Dans cette petite residenza à peine occupée, déambulant de pièces en pièces, Hélène va découvrir des textes sublimes griffonnés sur des cahiers.
Fascinée par ces textes et la beauté d’une toile accrochée au mur de sa chambre, elle est envahie par un désir profond d’en connaître l’origine. Mais cette fascination va la mener vers des endroits plus obscurs de la residenza et de l’histoire de la famille qui l’habite…

Avec pour résultat cette sensation de livre éclairé à la bougie, Samama et Lapière atteignent un juste équilibre entre des cases épaisses et une narration fluide. Pour atteindre cet équilibre, les auteurs font preuve d’une grande économie de moyens sur le texte, en n’écrivant pas un mot de trop, et le découpage, avec un nombre de cases par page minime. Le léger flou créé par la technique de peinture d’Aude Samama contribue à ajouter à cette histoire un parfum de mystère.

Amato est un numéro d’équilibriste fort réussi que l’on pourrait certainement mettre en regard avec la noirceur des contes d’Edgar Allan Poe.

Amato - Par A. Samama & D. Lapière - Futuropolis
Un extrait de "Amato"
© Samama - Lapière - Futuropolis

(par Morgan Di Salvia)

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7 Messages :
  • L’histoire, les textes, l’ambiance sont très séduisants... Mais perso, le dessin me rebute. Je trouve que le style choisi ne sert pas bien l’histoire, inadapté et qu’il n’est pas abouti. C’est dommage, mais c’est qu’un avis.

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    • Répondu le 14 mai 2009 à  15:41 :

      Ils ont voulu se la jouer Hop Frog à la Christophe Blain, mais sans le talent immense de Christophe Blain, malheureusement.

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      • Répondu par isabelle merlet le 14 mai 2009 à  23:18 :

        " Ils veulent se la jouer à la Blain..." Cette vérité qui glisse comme un pet sur une toile cirée est non seulement une connerie mais elle est une connerie anomyme, ce qui en dit long sur le talent de son auteur.
        Non, Lapière et Samama n’ont pas besoin de prendre modèle sur Blain pour raconter une histoire, ils ont leur voie et leur écriture, bien à eux, qui n’imitent personne. Que vous déceliez derrière ces images l’empreinte de Blain prouve que vous n’y connaissez rien.
        Mais d’où parlez-vous ? De quel perchoir ?Le génie de la critique infuse en vous depuis quand ? Voilà des questions qui mériteraient réponses.

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        • Répondu par FdeLO le 15 mai 2009 à  09:21 :

          " Cette vérité qui glisse comme un pet sur une toile cirée (...) "
          Ahahah !! je connaissais pas l’expression mais j’avoue qu’elle est bien choisie.
          Sans être experte du style de C. Blain, je vois pas lieu à comparer ; c’est pas la même technique, ni la même patte. Mais bon... si monsieur Anonyme a des arguments, on peut en discuter calmement, non ?
          Heu...un p’tit café ? ;-)

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        • Répondu par Marie Moinard le 15 mai 2009 à  11:28 :

          En effet Isabelle, je pense également que Aude a un talent considérable et les années à venir lui donneront raison. Elle a cette faculté à faire passer les émotions sur un visage, dans un regard qui lui est propre. J’ai été profondément émue en voyant une case représentant un visage féminin pour un de ses travaux réalisés pur Nocturne (désolée pour le titre qui me reviendra plus tard). Son trait exprime l’intérieur, elle peint ce que pense le personnage. Pour moi, Aude est unique et Denis Lapière ne s’y est pas trompé. je n’ai pas lu Amato mais j’ai pu le feuilleter et je suis surprise de lire le nom de Blain associé au sien ! Il n’y a vraiment aucun rapport, ni de style ni d’utilisation de la matière, encore moins des tonalités. Autant l’un a un trait vif et nerveux, autant l’autre s’exprime de façon posée. Autant l’un travaille au trait, aux volumes fait d’épaisseur de couleur ou de travail de hachures, autant l’autre peint en aplats... Non, je ne comprends pas cette comparaison.

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          • Répondu le 15 mai 2009 à  17:14 :

            Lisez Hop Frog, vous comprendrez, bien que la comparaison soit vraiment pas gentille pour Blain.

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  • Beaucoup de remplissage avec effet de matière qui masque difficilement la pauvreté (et les carences) du dessin et deux gros pavés de texte indigestes, le niveau zéro de l’adaptation littéraire. Typiquement le genre de produit qui me fait fuir.

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