America’s Got Powers T1 – par J. Ross & B. Hitch – Panini Comics

12 mai 2015 3 commentaires
  • Un album qui observe le mythe du super-héros sous un nouvel angle en dépeignant les abus d’une société qui tente de les canaliser. Inquiétant et intéressant, même si l’on attend le tome 2 pour vérifier si l’essai est transformé...

Suite à l’apparition d’un cristal dans le ciel de San Francisco, toute une génération de bébés de la région furent dotés de pouvoirs extraordinaires... 17 ans plus tard, les autorités ont trouvé une solution particulièrement autoritaire pour gérer ces adolescents. Parqués, étudiés et contrôlés, leur sort est peu enviable. En effet, s’ils veulent améliorer leur qualité de vie, une seule solution s’offre à eux : participer à un jeu de télé-réalité, genre Hunger Games, où une poignée d’entre eux s’affrontent sans merci pour intégrer la super équipe « Génération Pouvoirs ».

L’émission est un succès planétaire sans précédent et encourage naturellement à une montée de la violence à chaque nouvelle saison. Cet équilibre précaire risque de voler en éclat avec Tomy Watts, le seul à n’avoir manifesté encore aucun pouvoir, pour le moment…

Jonathan Ross pose ici les bases d’un récit très prometteur où l’on peut facilement imaginer les différentes directions passionnantes qui s’offrent à lui. Le problème, c’est que ce tome n’a pas vraiment le temps de commencer à les explorer. Il fait plutôt office de présentation. On y découvre principalement la situation et les différents personnages : les vertueux, les salauds, les faibles ou les rebelles. Lorsque l’intrigue esquisse ses prémices, la dernière page n’est plus très loin...

America's Got Powers T1 – par J. Ross & B. Hitch – Panini Comics

Du côté du graphisme, le très en vogue Bryan Hitch (dessinateur attitré de l’événement Marvel 2013 "Age of Ultron") propose une nouvelle fois des planches qui ne plaisent guère dans lesquelles il multiplie les erreurs de perspective et de proportion. Il a, par exemple, beaucoup de mal à dessiner les mains et les pieds de ses personnages.

L’approche réflexive sur notre société de consommation et sa soif de divertissements à tout prix constitue une prise de position intéressante, mais elle ne saurait se faire au prix d’une approche spectaculaire en contradiction avec le discours qu’elle prétend défendre.

(par Mathieu Drouot)

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