André-Paul Duchâteau, Gentleman Conteur - par Patrick Gaumer - Lombard

6 juin 2005 0 commentaire
  • [Un héros qui a cinquante ans->2442] (et septante albums à son actif), cela se fête. Un scénariste qui a quatre fois vingt ans, également ! Les éditions du Lombard ont donc publié une très intéressante monographie sur {{André-Paul Duchâteau}}, réalisée par {{Patrick Gaumer}}, l'encyclopédiste de la bande dessinée. Y est retracée à travers 200 pages la carrière riche et fascinante d'un « gentleman conteur ».

En mars dernier, Patrick Gaumer nous parlait du scénariste de Ric Hochet avec les mots suivants : « À chaque fois que je vois cet homme de quatre-vingts ans, j’ai l’impression d’avoir en face de moi un éternel jeune homme. Il a un tel enthousiasme qu’il est difficile de porter un autre regard sur lui ». En lisant cette monographie, on aura sans nul doute la même impression que l’auteur du Larousse de la BD ! Duchâteau s’est livré à son confident avec une totale décontraction, n’hésitant pas à parler de sujets difficiles, voire parfois douloureux.

Même s’il est avant tout connu par les bédéphiles pour le personnage de Ric Hochet, André-Paul Duchâteau a multiplié les collaborations avec des auteurs tout aussi prestigieux que Vance, Rosinski, Follet, Denayer, Swysen, Mittéï, Kas, Géri, etc. Et n’oublions surtout pas son complice et ami de toujours, Tibet, pour qui il a scénarisé septante aventures de Ric Hochet, mais aussi quelques Chick Bill. Patrick Gaumer, minutieux, aborde également les collaborations épisodiques et parfois non créditées (comme par exemple celle sur Michel Vaillant).

André-Paul Duchâteau, Gentleman Conteur - par Patrick Gaumer - Lombard
André-Paul Duchâteau

La bande dessinée constitue cependant une partie de son œuvre. Duchâteau est avant tout un brillant écrivain de roman policier et a rédigé son premier livre à quinze ans et demi. Ce roman, Meurtre pour Meurtre, avait fait l’objet d’une préface de Stanislas-André Steeman (l’auteur de L’Assassin habite au 21 qui ironisait sur ce jeune écrivain "qui s’est ajouté un deuxième prénom pour se faire un nom". Ce roman reçut par la suite de nombreux prix. Tout au long de sa vie, le « gentleman conteur » n’a jamais totalement délaissé ses premières amours. Il a publié de nombreux livres. Citons entre autres Tout ou Rien, La Mort est du Voyage, de 5 à 7 avec la Mort, La 139e Victime et plus récemment le Masque de Cire (qui lui inspira le scénario du diptyque Terreur, avec Follet, au Lombard).

La vie de Duchâteau est parsemée de rencontres. Songeons à l’écrivain Stanislas-André Steeman déjà cité (et son fils Stéphane), à Raymond Leblanc bien sûr, mais aussi à l’étonnant Marcel Basberg, le fondateur des éditions La Boétie. Duchâteau y travailla durant quelques mois en réécrivant des traductions -très bancales- de romans russes (de Dostoïevsky, notamment). On y découvre égelement son escapade africaine dans l’ancien Congo belge où il rencontre un certain... Joseph Mobutu.Il aborde également dans cette monographie sa collaboration au groupe Rossel (propriétaire du journal Le Soir) et notamment sa fonction de rédacteur en chef du Journal de Tintin...

Au travers de ces pages, on perçoit qu’André-Paul Duchâteau a eu plusieurs vies en une seule. Ce livre qui réjouira plus tard Thelma et Matéo, les petits-enfants de ce brillant scénariste, est une mine d’or pour les amateurs curieux de connaître l’ambiance des milieux littéraires et artistiques belges de l’après-guerre, que ce soient ceux du journalisme, de la radio, de la télévision, de l’édition et bien entendu de la bande dessinée, toutes activités qui ont composé le quotidien d’un personnage hors normes.

(par Nicolas Anspach)

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