André-Paul Duchâteau : « J’adore la tension qui accompagne l’écriture ! »

25 décembre 2010 1
  • 2011 sera une année charnière pour André-Paul Duchâteau ! Il fêtera dans quelques jours un double anniversaire : ses 70 ans d’écriture (excusez du peu !) et ses 60 ans de publication aux éditions du Lombard. Alors que vient de paraître l'aventure de "Ric Hochet : À la Poursuite du Griffon d’Or", inachevée à cause du décès de Tibet, André-Paul Duchâteau prépare la continuité de la série. Au passage, il rend un dernier hommage à Tibet.

Il évoque avec nous ce dernier album un peu particulier et quelques aspects de sa carrière. L’auteur de Meurtre Pour Meurtre, un récit policier qu’il a écrit à l’âge de 15 ans en 1941, vient de boucler un nouveau roman qui paraîtra sans doute l’année prochaine.


André-Paul Duchâteau : « J'adore la tension qui accompagne l'écriture ! »
Le T78 de Ric Hochet ne sera pas le dernier de la série.

Que représente pour vous « À la Poursuite du Griffon d’Or », ce 78e album de Ric Hochet ?

La publication de cet album a été un moment extrêmement émouvant ! Tibet et moi-même avons animé ce personnage pendant plus de cinquante ans. Et notre amitié date de plus longtemps encore. Je n’aurais jamais imaginé qu’un album de Ric Hochet resterait inachevé. Cet album resserre encore plus les liens que nous avions ensemble.

Les lecteurs de la série pourront découvrir la manière de travailler de Tibet, au jour le jour, puisque vous publiez cette œuvre dans l’état auquel il nous l’a laissé …

Oui. C’est un album qui est intéressant au point de vue documentaire. Il dévoile les extraordinaires crayonnés de Tibet, où il indique les décors et dessine avec méticulosité les personnages. Et puis, nous pouvons voir des pages qu’il a mises à l’encre, d’une manière précise et claire ! J’ai rédigé un texte pour résumer la fin de l’intrigue de cette histoire afin que le lecteur ne reste pas sur sa faim. Il en connaîtra l’issue en refermant cet album. Il était difficile, pour la famille de Tibet, de demander à un autre dessinateur d’achever l’album. Je l’ai bien compris.

Dans la dernière case dessinée par Tibet, Ric Hochet a le front grave alors qu’il porte un téléphone mobile à son oreille. Une case symbolique...

Absolument ! Tout ceci n’est bien entendu pas volontaire ! Mais cela témoigne de l’émotion qui accompagné la réalisation de cet album, et qui nous reporte à l’événement incroyablement triste qui a frappé mon ami Tibet il y a maintenant bientôt un an !

L’album inachevé par Tibet reprend ses story-boards pour le découpage de la planche
Étude pour la planche 4. (c) Tibet, Duchâteau & Le Lombard.

Entre 1955 et 2010, vous avez publié 78 albums de Ric Hochet avec une régularité étonnante. Quel a été votre secret ?

Il y a plusieurs raisons. Nous étions amis avant même de collaborer ensemble. Nous connaissions bien le travail de l’autre. J’ai toujours apprécié ses dessins, et lui mes histoires policières. Nous avons eu très vite envie de travailler ensemble pour concrétiser cette amitié. Ric Hochet est véritablement issu d’un acte d’amitié ! Nous n’avons jamais éprouvé de lassitude grâce à cela ! Tibet était mon premier lecteur et j’ai toujours été curieux de savoir ce qu’il pensait d’un nouveau synopsis. J’avais sans cesse envie de l’épater, de l’étonner. … Pour autant que je pouvais encore y arriver après 78 albums ! C’est pour cette raison que nous avons gardé ce rythme soutenu, sans fatigue en publiant un album tous les huit mois.

Quels sont vos albums préférés de Ric Hochet ?

Les albums qui ont une couleur, une teinte fantastique, que nous avons réalisés ensemble durant les années 1970. C’était également ceux que Tibet affectionnait le plus. Je songe particulièrement au Spectre de la nuit ou L’Ennemi à travers les siècles. J’apprécie également Le Monstre de Noirville, qui est un album semi-fantastique. J’aimais beaucoup partir d’une situation classique du fantastique et de malaxer l’intrigue pour arriver à son contre-pied. Le public, et Tibet, exigeaient qu’après avoir été confronté à des faits stupéfiants dans l’intrigue, Ric Hochet trouve une solution cartésienne et logique à l’énigme. Il n’était pas question de terminer une histoire sur un fait inexpliqué.

Certains albums me rappellent des souvenirs extraordinaires, comme par exemple Rapt sur le France. Nous avions fait une mini-croisière sur ce paquebot. Peu de temps avant de réaliser cette aventure de Ric Hochet, nous avons visité le France alors qu’il était en cale sèche au Havre. C’était un immense hôtel d’une dizaine d’étages. Nous avons eu beaucoup de plaisir à visiter les pièces qui étaient inaccessibles au public. Savez-vous que le France avait une cellule de rétention à son bord ? En cas de bagarre ou de rébellion, on pouvait y enfermer les personnes remuantes. Il y avait aussi les bassins de natation qui étaient vidés tous les soirs, et sur lesquels on posait un filet de sécurité pour éviter les accidents avec les passagers qui voulaient profiter de la piscine pour un bain de minuit. Ce paquebot était un véritable village, un monde, en soi !

Planche 4 du tome 78 de Ric Hochet
(c) Tibet, Duchâteau & Le Lombard

2011 marque un anniversaire particulier : vos 70 ans d’écriture, puisqu’en 1940, vous avez publié vos premières nouvelles dans une revue appelée « Le Jury ». Cette année-là a également été marquée par la publication de votre premier roman policier, « Meurtre Pour Meurtre ».

… Ah ! Oui, sans doute. Cela me rajeunit (Rires). En tout cas, je m’amuse toujours de la même manière qu’à mes débuts. J’ai gardé le plaisir d’écrire et de lire. Je suis venu à l’écriture, par la lecture. Je préfère la lecture par-dessus tout. Jamais un autre art ne remplacera la lecture. J’ai été entraîné, très tôt, dans un désir d’imitation. J’ai voulu très tôt, reproduire en mieux, ou d’une manière différente, des idées ou des concepts. Encore aujourd’hui, cette envie d’écrire reste très vive, intacte. J’ai aussi besoin d’une certaine tension. Celles que je ressens quand je recherche une idée en tournant en rond dans mon bureau, ou quand j’ai un sujet encore balbutiant et que je ne sais pas s’il va aboutir. Tout cet aspect nerveux dans la création, cette attente, me passionne. Encore aujourd’hui, je suis persuadé que tout peut encore arriver ! Je n’ai aucune lassitude et je ne suis pas blasé par l’écriture ou la lecture.
Je ne suis pas seulement passionné par les écrivains qui ont bercé ma jeunesse. Je les relis bien sûr, mais j’aime les auteurs modernes. Je lis également beaucoup de biographies et notamment les journaux d’écrivains

"Les Spectres de la nuit", une des histoires préférées d’A.P. Duchâteau

Dans la monographie écrite en collaboration avec Patrick Gaumer, vous confiez que vous aviez en permanence des idées d’histoires qui ne demandaient qu’à aboutir…

Effectivement ! J’ai souvent eu la surprise de retrouver des débuts d’intrigue dans ma mémoire ou dans les notes que j’ai prise au fil de ma vie. Il n’y a pas si longtemps, j’ai réalisé des romans sur base de notes prises quand j’avais quinze ans ! J’ai la chance d’avoir encore une bonne mémoire et des idées qui reviennent régulièrement à mon esprit. Et j’en trouve encore de nouvelles !

Vous avez rencontré Tibet dans les bureaux de Tenas et Rali.

Oui. J’avais fait la connaissance de Tenas en 1945 et par après de Rali. Je leur ai écrit des histoires, et ils m’ont permis d’être engagé à l’IMIFI, la plus grande imprimerie de Bruxelles qui était située Rue du Houblon à Bruxelles. J’y avais été nommé directeur commercial. On m’avait chargé de m’occuper d’un hebdomadaire qui était imprimé là-bas, Story. Ainsi que de Mickey Magazine que l’on venait de lancer sur le marché belge. Bien entendu, j’ai rédigé des histoires pour ces différents supports. J’ai écrit pour Tenas et Rali, la première histoire de Mickey et de Donald qui se passait en Europe, Les Mystères de la Tour Eiffel ! C’était passionnant. C’est à cette époque que j’ai rencontré Tibet. Il apprenait le métier auprès de ces deux dessinateurs. Nous avons rapidement fraternisé tous les deux. Comme nous étions tous les deux joueurs, nous nous amusions ensemble après notre travail. Nous allions faire une partie de billard, de ping-pong, où alors nous faisions appel à notre imagination pour assouvir notre esprit de compétition en inventant des jeux stupides… comme par exemple lancer une pièce le plus près possible d’un repère… Nous nous amusions beaucoup ensemble.

De cette amitié est née l’envie de collaborer. Nous avons publié différentes histoires à gauche et à droite, puis Ric Hochet est né… Tibet était déjà spécialisé dans les calembours, et a trouvé le nom de notre personnage. Au début, j’étais sceptique par ce qu’il me proposait. Puis j’ai accepté, puis je me suis dit que deux personnages que j’appréciais portaient un nom qui ne volait pas très haut. Je pense à Tintin et Rouletabille. C’est comme cela que, en jouant, nous avons décidé de travailler ensemble. C’est une promesse que nous avons tenue très longtemps, jusqu’au début de cette année.

Ce roman a été écrit en 1940 par A.-P. Duchâteau
Il a été republié à la fin des années ’90 par Mémor.

Vous fêterez également vos soixante ans de publication aux éditions du Lombard en 2011. Cette maison d’édition vous avait commandé, à Tibet et vous-même, une histoire de treize planches destinée, De Avonturen van Koenraad, à être placée dans Ons Volkske, une spin-off néerlandophone du Journal de Tintin.

Effectivement. C’était une époque où les scénaristes n’étaient pas crédités. Tibet était déjà un collaborateur émérite de la maison d’édition avec ses Chick Bill. En créant Ric Hochet, nous avons décidé de signer dès le départ cette série de nos deux noms. Comme vous le savez, j’ai publié de nombreux livres au Lombard et j’ai assumé les postes de rédacteur en chef de Tintin et, par après, de directeur littéraire de cette maison.

L’écriture est-elle une mécanique ?

J’écris presque chaque jour. Je crois au fameux axiome qui conseille aux scénaristes et aux écrivains de ne jamais passer un jour sans écrire une ligne ! C’est extrêmement passionnant d’être devant une feuille et de se sentir concerné par un sujet. Mais c’est la même chose pour les dessinateurs. Ceux qui partent pendant trois ou quatre semaines en vacances sans leurs planches auront énormément de difficultés à reprendre le rythme. Pour ma part, je n’aime pas être coupé de ce rythme ! J’ai la chance d’être scénariste et écrivain, je peux partir et écrire mes idées ou des séquences de mes histoires sur un coin de feuille. Encore aujourd’hui, je garde le goût du mystère et du jeu. Depuis dix ans, je réalise une énigme d’une page qui est publiée chaque semaine par le journal français Télé 7 jeux ! Je suis dans une position de recherche permanente. J’essaie de dénicher constamment des sujets pour cette rubrique, pour des romans ou pour Ric Hochet, que nous avons publiés à un rythme très soutenu d’un album tous les huit mois.

Quels sont les scénaristes que vous admirez le plus ?

J’ai beaucoup admiré Edgar P. Jacobs, le créateur de Blake & Mortimer. Actuellement, j’apprécie beaucoup Jean Van Hamme. Mais je vais vous faire une confidence : n’étant pas un scénariste humoristique, mon plaisir de lecture, en bande dessinée, va surtout vers les gagmen et les scénaristes humoristiques. Je citerai mon ami Bob De Groot qui est un gagman remarquable ! Et bien sûr, l’étonnant André Franquin. J’ai toujours été attiré par l’humoristique. C’est peut-être un aspect de mon caractère que l’on ne connaît pas beaucoup. J’apprécie énormément P.G. Wodehouse, un auteur anglais, qui a créé un maître d’hôtel anglais qui s’appelle Jeeves. Ces livres reflètent le merveilleux humour anglais, que j’apprécie le plus !

Un autre récit apprécié par Duchâteau.

Auriez-vous été tenté par écrire des histoires humoristiques ?

Pas vraiment ! Mais j’aurais aimé écrire des pièces de théâtre alliant l’humour et policier. J’en ai écrite une. Mais elle ne devait pas correspondre au critère du genre, puisqu’elle n’a pas encore été représentée.

Il y aura-t-il un nouvel album de Ric Hochet ?

Oui. C’était la volonté de Tibet, et c’est celle de sa famille ! Nous sommes actuellement en pourparlers. Le prochain scénario est déjà écrit et découpé. Deux auteurs sont pressentis pour le dessiner. Mais c’est encore un peu tôt pour vous en parler.

Par contre, je peux vous dévoiler que la prochaine aventure se déroulerait dans les années 1960 et 1970, à l’époque des grandes aventures fantastiques de Ric Hochet. Comme je vous le disais, c’était une période que nous apprécions particulièrement, et nous souhaitons y revenir. Ric Hochet réapparaîtrait à cette époque, en compagnie d’un nouveau personnage. Celui-ci reviendra probablement dans la prochaine aventure de Ric Hochet. Il y aura bien entendu les ingrédients habituels de la série… et la fameuse Porsche jaune !

Ric Hochet portera-t-il le même veston ? Tibet a du s’amuser tout au long de sa carrière à dessiner ces fins traits qui lui donne un aspect particulier ?

Bien sûr. J’ai d’ailleurs une anecdote à vous raconter. Lorsqu’il me téléphonait, j’entendais souvent un léger bruit de fond, comme de petits grattements. Les premières fois, je lui demandais ce qu’il fabriquait : il me répondait qu’il réalisait les traits sur le veston de notre journaliste-détective (Rires).

Souhaitez-vous que la série vous survive ?

Pourquoi pas ? C’est ma série principale. Je ne vois pas d’inconvénient à ce que Ric Hochet continue ses aventures, d’autant plus que c’était le désir de Tibet. Je suis certain que ma fille, Sylvie, et Nicole, l’épouse de Tibet, s’occuperont très bien de l’avenir de Ric Hochet en supervisant les différents aspects qui seront liés aux nouvelles aventures. Mais pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Nous avons suffisamment de pain sur la planche... à dessin !

Quels sont vos projets ?

Je viens de terminer un roman policier, basé sur une histoire réelle : le célèbre vol des bijoux de la Comtesse de Flandres en 1893. Le commissaire Courtois, qui enquête sur cette affaire, a une double face et ressemble un peu à Arsène Lupin ! Voilà un projet qui a mis du temps à se concrétiser. J’ai eu cette idée il y a une dizaine d’années et je viens seulement d’écrire le roman. J’espère qu’il trouvera un éditeur, en France ou en Belgique.

Christian Denayer nous a raconté que vous étiez le scénariste le plus consensuel, le plus apte au compromis avec lequel il ait travaillé …

Je suis pour la liberté ! J’accepte de tenir compte des suggestions des dessinateurs. Mais ce qui m’importe le plus, c’est de scinder les rôles. Tibet a très bien accepté que j’étais la personne qui inventait le synopsis et écrivait le découpage. Il reprenait l’histoire à cette étape, avec une vision de metteur en scène. J’ai toujours eu envie de le surprendre dans mon travail, et l’inverse était également vrai ! Mais, au fil des décennies, nous nous connaissions tellement bien que l’on ne se surprenait plus beaucoup (Rires). En écrivant un nouvel album, je m’imaginais la manière dont il le dessinerait ! Et lui, habitué à mes astuces, identifiait souvent le coupable…

Pour qu’une collaboration soit réussie, il faut qu’elle soit basée sur une réelle amitié. Je n’ai pas eu beaucoup d’expériences difficiles avec un dessinateur. Quand j’en ai rencontré une, d’un commun accord, nous mettions fin à la collaboration. Cela m’a permis de travailler pendant longtemps avec des amis tels que Tibet, Christian Denayer, Daniel Hulet, Bernard Swysen ou René Follet.

Comment caractérisez-vous René Follet ?

C’est un très grand illustrateur, mais aussi un auteur de BD. Chacune de ses cases est un petit tableau. Il pousse la perfection à un point qui est rarement égalé. C’est sans doute l’un des dessinateurs que j’admire le plus. René n’aime pas tellement communiquer par téléphone. Je lui téléphonais régulièrement lorsque nous travaillions ensemble et il me répondait en écrivant de longues lettres. J’appréciais ces lettres écrites dans un style qui m’évoquait les grands épistoliers du XIXe siècle. Chaque mot y était pesé…

André-Paul Duchâteau et son biographe Patrick Gaumer en septembre 2010, au Festival BD de Saint-Gilles.
(c) Nicolas Anspach

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.


André-Paul Duchâteau, c’est aussi :

Une autre interview :

- André-Paul Duchâteau : "Ric Hochet est un homme pressé !" (Octobre 2008)

Une interview de son biographe :

- Patrick Gaumer : "André-Paul Duchâteau a eu mille et une vies dans une seule" (Avril 2005)

Des actualités :
- L’émouvant album inachevé de Ric Hochet (Novembre 2010)
- Saint-Gilles couronne André-Paul Duchâteau (Septembre 2010)
- Décès de Tibet, l’auteur de « Chick Bill » et de « Ric Hochet » (Janvier 2010)
- Ric Hochet : cinquante ans d’aventures ! (Mai 2005)

Des chroniques :
- André-Paul Duchâteau, Gentleman Conteur (par Patrick Gaumer.
- Ric Hochet Intégrale 1
- Ric Hochet T66, T68, T69, T73, T75, T76
- Terreur T1 & T2

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Photographies : (c) Nicolas Anspach
Illustrations (c) Tibet & Duchâteau - Le Lombard.

 
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1 Message :
  • Quelle classe ! Quelle énergie ! Quelle gentillesse et surtout quel amour de l’écriture !!! Voilà un créateur qui est, et reste, un magnifique exemple d’une certaine conception de la belle littérature policière et de l’amour du travail bien fait au service de ses chers lecteurs. Dans l’époque troublée et sans repère que nous traversons, la présence d’André-Paul est comme un phare toujours lumineux et bon à suivre. Je lui souhaite de poursuivre encore longtemps son travail d’écriture et les aventures de Ric Hochet.
    Puissions-nous, dans notre travail et nos contacts, mettre la barre aussi haut que notre "Gentleman conteur" et suivre son très bel exemple ? Merci Capitaine !

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