Angoulême 2006 : Wolinski, un président drôle et sympathique

3 février 2006 0 commentaire
  • Il avait l'air heureux d'être là, Georges Wolinski. Pas accablé du tout, dimanche matin, à la sortie de la réunion de l'Académie des Grands Prix. Il avait pris le temps de s'asseoir à une table du Mercure pour feuilleter la dernière édition du Journal du Dimanche, tandis que Jean Giraud lui dédicaçait son dernier album.

« Ah, merde ! Ils n’ont pas passé le dessin que je voulais ! » Contrariété vite effacée pour ce maître de l’humour qui avait déclaré à 20 Minutes : « J’ai été obligé de lire plus de BD cette année. Et j’ai découvert beaucoup de talents. Je ne suis plus le défricheur d’autrefois parce que je ne suis plus rédacteur en chef. Mon appétit est celui de n’importe quel amateur à qui manque un vrai journal de BD. » [1] Il a dit aussi : « Je n’ai jamais autant aimé les femmes et la BD. Les miennes et celles des autres... ».

Angoulême 2006 : Wolinski, un président drôle et sympathique
Giraud et Wolinski
Dimanche dernier. Photo : D. Pasamonik

Dès le premier jour, il avait été visiter son expo au musée de la bande dessinée, partie intrégrante du CNBDI. En 150 originaux, Jean-Pierre Mercier, conseiller scientifique du Musée à qui Wolinski avait donné carte blanche, devait résumer 45 ans de production, au rythme d’un à deux dessins par jour... Frustrant ! Une belle carrière faite de hauts et de bas, mais surtout de pics humoristiques inoubliables. Quand on le relit, on pense à l’actualité récente : « Monsieur, dit l’un de ses personnages, je préfère savoir les prisons remplies d’innocents que les rues pleines de coupables ! »... On retrace son parcours dans les débuts d’ Hara-Kiri avec Topor, Fred et Cavanna méconnaissables sur les photos. Lors de la première visite, l’auteur s’est souvent arrêté pour se relire. Emu, il constate souvent avoir oublié tel ou tel trait d’humour portant bien pourtant sa signature. Une telle carrière, faite de milliers d’instants où l’esprit fait mouche, que de souvenirs !

Jean-Pierre Mercier (au centre)
lors du montage de l’expo. Ph/ D. Pasamonik.

Il est un peu déçu que son dernier album, une vraie BD pourtant, toute faite « à la règle », n’ait pas marché. Sans rancune et contre mauvaise fortune, bon coeur, il continue son petit bout de chemin et ne manquera pas de revenir à Angoulême, puisque telle est sa charge, désormais, d’académicien des Grands Prix.

Exposition Wolinski

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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[120 Minutes du Jeudi 26 janvier 2006, propos recueillis par Benjamin Chapon.

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