Angoulême 2008 : Franck Bondoux (Délégué Général du FIBD) : « On a encore besoin de conforter nos fondamentaux »

27 octobre 2007 0
  • Mardi dernier, les dirigeants du Festival International de la bande dessinée d’Angoulême présentaient à la presse leurs deux nouveaux sponsors : La FNAC et la SNCF. Rencontre avec le Délégué Général du Festival.

A la fin de cette conférence de presse, on vous sent rassuré, et même ambitieux...

Rassuré ? Non par nature. Je pense que le monde appartient aux insatisfaits et j’en fais partie. Aujourd’hui, ce partenariat apporte une certaine stabilité à la manifestation mais on a encore un certain nombre de challenges dans le sens de la stabilité, notamment dans la mise en place de conventions triennales avec les institutions dont la contribution est aujourd’hui majeure pour le Festival. Il est essentiel de ne pas descendre une marche pour en gravir une autre. Donc, on n’est pas totalement rassurés. On a encore besoin de conforter nos fondamentaux. Ambitieux ? Oui, on a envie de l’être. Le chemin parcouru par le Festival depuis 35 ans nous commande de l’être. Mais être ambitieux ne signifie pas que nous perdons la tête et que nous ne gardons pas les pieds sur terre. Effectivement, il y avec ces deux partenaires, la FNAC et la SNCF une capacité accrue pour promouvoir la bande dessinée et même les bandes dessinées. C’est évident qu’avec la puissance de ces deux entreprises, nous devons être dans la capacité de faire mieux. C’est dans ce sens là que l’on doit prendre en compte le mot « ambitieux ».

Angoulême 2008 : Franck Bondoux (Délégué Général du FIBD) : « On a encore besoin de conforter nos fondamentaux »
Franck Bondoux entre ses deux nouveaux sponsors, Denis Olivennes, PDG de la FNAC, et Guillaume Pepy, Directeur Général de la SNCF
Photo : L’Agence BD

L’aller-retour du Festival Montauzier/Centre-ville, vous n’en êtes finalement pas responsables. C’était à chaque fois les éditeurs qui exigeaient cela ?

Il y a un point fondamental à proclamer : depuis que je suis arrivé à la direction opérationnelle de ce festival, il y a une certaine osmose entre le festival et l’univers de la bande dessinée avec, au premier rang , les créateurs et évidemment, au premier rang bis, les éditeurs. Tout cela n’est pas le fait d’un diktat des éditeurs. On a aujourd’hui une relation saine ensemble, un vrai dialogue. On essaie de voir ce qui est le mieux pour la manifestation et ce qui est bon pour les éditeurs. C’est comme cela que nous devons être en symbiose. Les déplacements du Festival relèvent d’abord des aménagements urbains de la ville qui l’année dernière était encore en travaux et la réintégration est due au fait que, constat partagé, ce qui fait l’âme de cette manifestation, c’est la chaleur d’une vieille ville, un parcours en grande partie piétonnier dans ce que nous projetons de faire demain et la modernité d’un évènement au coeur duquel on trouve la bande dessinée. Je n’oppose pas les éditeurs au Festival. Au contraire, je tente de les rapprocher. C’est en tout cas comme cela que je vois ma mission.

José Munoz et Jean Giraud/Moebius lors de la conférence de presse
photo : (c) L’Agence BD

Les évolutions de structure autour du CNBDI et du Musée qui vont fusionner dans une seule entité, une EPCC, nous donnent l’impression d’aller aussi dans le bon sens...

Je n’ai pas énormément d’informations à date sur cette EPCC. Je pense que nous serons amenés à parler dans les prochaines semaines.

Comment recevez-vous la nomination de Gilles Ciment à la tête de cette structure ?

C’est une bonne chose puisque nous avons là un interlocuteur extrêmement crédible et dont on connaît la compétence et dont on sait qu’il sera très attentif à notre politique. On vit sans préjugés et on appelle de toutes nos forces des synergies que l’on espère plus grandes que celles que l’on a pu avoir dans le passé en se débarrassant de toute querelle de personnes et, a priori, les dialogues que nous avons déjà pu avoir à ce sujet nous incitent à être optimistes.

A cette conférence de presse, nous n’avons pas vu de partenaire institutionnel, comme la mairie d’Angoulême ?

Nous supposons qu’ils avaient d’autres occupations importantes. C’est vrai que j’aurais préféré qu’ils soient à nos côtés aujourd’hui. Je pense que cela aurait été important, d’abord au niveau de la représentation vis-à-vis de nos nouveaux partenaires, mais aussi pour montrer qu’ils sont conscients des enjeux qui sont les nôtres. Si un évènement est ancré quelque part à un moment donné, il est évident aussi qu’il a des enjeux qui sont aujourd’hui nationaux et internationaux. Et cela, toutes les institutions qui nous soutiennent sur le plan régional, au sens large du terme, le comprennent.

On sent vos partenaires très engagés.

Ils sont effectivement très engagés à nos côtés. Je pense qu’ils le sont parce que le fait pour eux de de se rapprocher d’un Festival s’inscrit dans un projet plus global, voire même dans une identité d’entreprise puisqu’ils sont mobilisés à des degrés différents autour de la thématique de la lecture.

Propos recueillis le mardi 23 octobre 2007

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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