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Angoulême 2008 : les petits éditeurs séparés des gros.

  • De retour au centre d’Angoulême, le Festival a dévoilé son implantation. Les gros éditeurs sont au Champ de Mars et les petits sur la Place New York, un peu comme dans les années 80.

Ces dernières années, sous les chapiteaux du Festival d’Angoulême, les stands des petits éditeurs ou des indépendants avoisinaient généralement ceux des mastodontes de l’édition. Lors de ses pérégrinations dans les « bulles », les amateurs étaient confrontés à toute la diversité de la bande dessinée, dans toutes les expressions de sa richesse. Un lecteur de science-fiction, par exemple, pouvait découvrir, au fil de ses trajets entre Delcourt et Soleil, les livres d’un auteur indépendant en étant attiré par une jolie dédicace ou par une superbe couverture. Un Edmond Baudoin, par exemple, pouvait séduire ce lecteur par son trait épais et son style poétique autant que par la gentillesse de son accueil. Une Vanyda pouvait l’accrocher le badaud grâce à son graphisme proche du manga. Les derniers livres de ces auteurs, des exemples parmi d’autres, sont publiés chez 6 Pieds sous Terre ou à La Boîte à Bulles.

Mais cette année, le FIBD a décidé de revoir sa politique pour les emplacements des éditeurs en revenant à une situation qui était celle des années 80 : Les maisons d’édition Mainstream (Dupuis, Dargaud, Casterman, Soleil, etc) seront regroupées sur un Champ de Mars fraichement rénové. Un nouvel espace baptisé « Le Monde des bulles ».

Tandis que les autres, « les indépendants » et les petits labels, iront rejoindre une bulle située à la Place New York, près de l’hôtel de Ville. Le Festival a décidé de baptiser cet endroit par un nouveau nom, plus évocateur : « Le nouveau Monde ». Curieux. Comme si Soleil ou Delcourt faisaient partie de l’ancien...

Dans un communiqué, le FIBD explique que ce changement de nom a été créé dans le but d’« incarner l’identité de la structure ainsi créée, de l’inscrire dans le nouveau courant propre aux maisons d’édition présentes et dans la politique éditoriale du Festival et aussi de la tourner vers le « grand public » ». On y retrouvera les éditions Joker, Ego comme X, Café Creed, BoDoï, Gallimard, La Boîte à Bulles, çà et là, Denoël, les Requins Marteaux, l’Association, etc. Un ensemble pas forcément cohérent.

Cette décision passe mal du côté de certaines structures éditoriales ainsi reléguées parmi les petits. Elles craignent de se retrouver loin du public attiré par le « Champ de Mars ». Entre les deux pôles, pourtant, l’espace Mangas, les expositions et les spectacles situés au Théâtre d’Angoulême et dans la cour de l’Hôtel de Ville au milieu de laquelle se trouvera implanté un pavillon chinois, devraient pourtant susciter le trafic.

Qui seront les gagnants de cette stratégie ? Verdict après le festival.

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photo en médaillon : (c) Nicolas Anspach

Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême
Du 24 au 27 janvier 2008
Réservation et renseignement sur le site du Festival

 
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7 Messages :
  • Gallimard petit éditeur... c’est drôle, non ?
    Si on voulait pousser la logique jusqu’au bout, puisque Bayou fait partie du "Nouveau Monde", il faudrait aussi y mettre Shampooing et Poisson Pilote...
    Les choses sont devenues plus complexes que la définition archaïque : les petits d’un côté et les gros de l’autre...

    f*

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 23 décembre 2007 à  11:34 :

      Fabrice Parme tient absolument à passer pour l’abruti des forums. Tout le monde a très bien compris que Gallimard était un grand éditeur mais un petit éditeur de BD. Pas lui.

      Tout le monde a très bien compris qu’on avait, d’un côté, les gros entrepreneurs de la bande dessinée (dont les éditeurs de M. Parme, Delcourt, le plus gros producteur de 2007 et Dargaud. M. Parme sait donc de quoi on parle) et, de l’autre côté, des artisans de l’édition. M. Parme, lui, ne l’a pas compris.

      Le propos -mesuré- de Nicolas Anspach tient parfaitement la route et répond à des interrogations de la part des petits éditeurs qui se sont adressés à nous.

      On a parfaitement le droit de lire de travers, comme M. Parme, ce que l’on écrit. Sauf qu’il semble dans son cas mener une sorte de guérilla personnelle, si l’on en juge les nombreux posts dénigrants signés f*. Pourquoi ? Allez savoir... Nous n’en savons rien.

      Toujours est-il qu’on ne laissera pas M. Parme polluer indéfiniment nos forums surtout quand ses interventions font, comme c’est souvent le cas ces derniers temps, dans le dénigrement systématique. Nous considérons en effet que cela n’intéresse pas nos lecteurs.

      Sauf à lire de sa part des arguments constructifs et intelligents, M. Parme ne doit pas oublier qu’il n’est pas ici chez lui.

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      • Répondu le 23 décembre 2007 à  13:52 :

        Tous les ans, certaines personnes travaillant pour le festival passent voir les éditeurs afin de leurs demander comment celui-ci s’est déroulé et si nous avons des remarques à formuler sur l’organisation en général. Tous les ans, nous leurs répétons que la "mixité" des stands entre éditeurs de toute taille nous semble la meilleure solution. A ce titre l’édition 2006 qui, du fait des travaux entrepris au Champ de mars, avait parfaitement comblé ce souhait (à part pour l’espace fanzine, relégué dans un no man’s land montagneux par manque de place). Cette édition 2006 voyait par exemple dans la même allée, les stands de : Lombard, 6 pieds sous terre, Carabas, toute une kyrielle de petits éditeurs, puis Dupuis etc... Le bilan que nous avions pu en tirer est que bon nombre de petits éditeurs avaient eu une excellente visibilité (dixit certains commentaires de festivaliers qui pour la première fois "nous voyaient durant le festival".
        La configuration 2008 prend donc exactement le chemin inverse et base sa répartition géographique sur un critère d’age (?) et de poids éditorial. Peut-être ceci réponds t-il à des doléances elles aussi classées par age et poids éditorial ? Quoi qu’il en soit, ce type de géographie n’aura pas de sens constructif si le ticket d’entrée au festival n’englobe pas dans toutes ses formules l’entrée aux 2 grands espaces principaux, à minima. Sinon, à quoi rimerait cette répartition ?
        L’éventuel seul point positif étant de ne pas jouxter le rocambolesque espace Soleil dont le bruit et la fureur aux allures de Macumba club casse les oreilles à tout le monde (ce que l’édition 2006 avait parfaitement intégrée). Piètre consolation.

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        • Répondu par LO le 23 décembre 2007 à  22:54 :

          POur la clareté des débats, il serait bon de savoir quel éditeur s’exprime ci-dessus...

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          • Répondu par Nicolas Anspach le 23 décembre 2007 à  23:43 :

            Et pourquoi ? Ce texte est censé, et reflète différents échanges de mails que nous avons eus avec des éditeurs…

            D’ailleurs, vous-même, ne mettez pas en doute que ce message a été rédigé par un éditeur. Pour plus de clarté dans les débats, mon cher LO, puis-je me permettre de vous demander qui vous êtes ??? Qui se cache derrière ce pseudonyme ?
            Bien à vous,

            Nicolas Anspach

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        • Répondu par Icecool le 24 décembre 2007 à  09:30 :

          Pour ma part, et grand habitué du Festival, je conçois parfaitement que "petits" et "grands" soient à la fois séparés et regroupés dans les deux plus grandes structures du futur salon (auxquelles évidemment le billet d’entrée donne droit, ainsi qu’à l’espace des objets dérivés...) : pour le grand public, les choses seront plus claires, et il est bien évident que les petits éditeurs ne proposent pas non plus le même "contenu" (plus difficile et souvent plus adulte donc). L’édition 2006 avait eu son charme, mais la grande "visibilité" des éditeurs ne s’expliqua t’elle pas aussi par des bulles vidées de 20 % du public à cause d’intempéries neigeuses exceptionnelles ? Le festivalier "moyen" (ni petit ni grand...) fera donc consciencieusement le tour des différents espaces (expos comprises ?) mais il y aurait autant de monde chez les espaces associatifs, sur le forum Bodoi, aux produits dérivés dans l’espace manga et chez Dargaud que ça se saurait, visibilité ou pas, c’est aussi ça la salon !

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      • Répondu par Smiley_Bone le 24 décembre 2007 à  10:18 :

        Bon j’ai fait une fausse manip qui m’a fait envoyé le message avant de l’avoir terminé.

        Ce que je voulais aussi ajouter (outre le problème de la distribution pas équivalente chez un Gallimard ou un Six Pieds sous terre, d’ailleurs curieux que quelqu’un qui se plait à lutter contre les déséquilibres, s’abstient toutjours de le faire dans les cas les plus flagrants) c’est que oui le terme Nouveau ce justifie dans le sens que quand même les petits éditeurs axent beaucoup plus leur politique sur l’innovation et la découverte que les gros qui axent avant tout leur politique sur la gestion de grandes franchises, et ce serait encore plus le cas si les petits éditeurs n’existaient pas pour leur défricher de l’espace. La logique n’est pas la même, donc on pourra toujours, et je sais que vous le ferez avec un plaisir non dissimulé, me citer x exceptions, mais la tendance est là oui, et encore plus à l’heure du tout marketing, nous ne sommes plus dans les années 70.

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