Angoulême 2011 : une sélection affirmée !

22 novembre 2010 29 commentaires
  • Moins complaisant que d’habitude, le jury a choisi de valoriser des titres avant de penser aux maisons d’éditions. Cela nous donne la possibilité d’analyser les programmes éditoriaux actuels, par le spectre de cette sélection.

N’en déplaisent à certains, Angoulême demeure le plus gros festival de bande dessinée, et à ce titre, ses sélections d’albums sont toujours attendues, même si les éditeurs s’en défient. Avec 86 albums, répartis en sélection officielle, jeunesse et patrimoine, on atteint néanmoins un nombre important, mais représentant toujours une faible proportion au regard des sorties annuelles croissantes.

Inutile de souligner que la sélection officielle s’attarde une fois sur les bandes dessinées plus expérimentales (que cela soit sur les sujets ou les modes de narration), souvent à contresens du populaire. Le festival désire ainsi continuer à valoriser un certain genre de lecture, en marge de ce qu’on pourra trouver en grande surface. C’est bien entendu légitime de soutenir ainsi la création, mais l’effet pervers de ces sélections est de creuser chaque année le fossé avec la masse populaire, réelle consommatrice d’albums. Ainsi, si l’événement est toujours relativement couvert par les médias, c’est loin d’être le cas pour les résultats !

Angoulême 2011 : une sélection affirmée !
Baru, Grand Prix 2010 et président 2011
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Moins consensuelle pour des choix plus affirmés !

Parmi les sélections précédentes, on pouvait repérer au moins un album de chaque éditeur repris dans la sélection. Comme un effort réalisé pour le festival en remerciant de leur présence, cet accord tacite avait pourtant de quoi étonner, car de réelles piquettes se retrouvaient parfois au milieu d’excellents crus. Ce parti-pris semble avoir été oublié cette année car, dans les sélections, pas mal d’éditeurs n’y sont pas repris. Cela ne sous-entend bien entendu pas que les non-sélectionnés de cette année ont profité de complaisances précédentes, mais cela valorise d’autant plus la place de ceux qui y sont présents.

Dans les absents, et sans cela dénigre leur travail d’édition, on dénombre Denoël, Asuka, Akiléos, Paquet, Warum, des Ronds dans l’Ô, Panini, Emmanuel Proust, etc. Notons encore l’absence de Bamboo, un éditeur qui monte assurément, mais qui ne semble pas avoir attiré le regard du jury en sélection officielle, mais surtout en jeunesse, ce qui semble plus étonnant.

Cela veut-il dire que ces éditeurs n’ont pas convaincu le jury avec leur travail cette année ? Certes non, mais cette sélection imprime un choix assumé de mettre en avant les albums qui les ont réellement enthousiasmés, avec toute la subjectivité que cela comporte. Néanmoins, cette sélection qui s’éloigne de L’Ecole des fans légitime plus le jury face aux années précédentes. Pourvu que ça dure !

Baru dévoilant l’affiche : Sur un mur de tags, un quatuor au graphisme inspiré du réalisme soviétique où l’on reconnaît les "pères fondateurs" de la BD franco-belge selon Baru : Franquin, Hergé, Goscinny, Pratt...
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Glénat et Dargaud sortent du lot

En faisant l’impasse sur l’album de chaque label, la sélection met inévitablement en avant certains éditeurs par rapport à d’autres, en choisissant davantage de leurs albums. C’est donc l’occasion de réaliser un petit recensement, sûrement réducteur, car l’art ne se mesure pas, mais intéressant aux vues des efforts éditoriaux de certaines maisons.

Ainsi que nous le faisions encore remarquer l’année dernière, Glénat semblait habitué à se contenter de deux (voire trois) sélection chaque année ! La tendance s’inverse, car en y réunissant les albums Vents d’Ouest et Drugstore, l’éditeur grenoblois place onze albums dans ces sélections. Cette répartition est assez uniforme, que cela soit en jeunesse, en sélection officielle ou en patrimoine, mais également avec des albums plus populaires comme l’excellent Il était une fois en France, dont ce n’est pas la première sélection, mais également des albums issus de leur collection plus aventureuse, 1000 feuilles, avec Blaise, ou tout simplement le très beau le Bleu est une couleur chaude, déjà bien remarqué.

Même constat chez Dargaud, avec neuf albums fort bien répartis, signe d’un effort constant dans toutes les directions, avec toujours une bonne présence de Poisson pilote. Delcourt se place également bien avec six titres, boostés par leur excellent travail sur les comics ces dernières années. Bilan plus mitigé pour Casterman, heureusement sauvée par un excellent Mazzuchelli et leur innovante collection KSTЯ.

Petite soupe à la grimace pour le reste des éditeurs du groupe Média-Participations : malgré l’excellent programme éditorial innovant du Lombard, ils ne placent ‘que’ deux albums parmi cette sélection de 86 titres ! Aire Libre semblant en perte de vitesse, Dupuis est sauvée par son niveau constant en jeunesse, avec le dernier Spirou et Seuls, habitué à cette sélection, mais aussi le très beau travail de l’intégrale Jerry Spring en noir et blanc ainsi que la collaboration de Trondheim et Bonhomme.

Un palmarès officiel consensuel où, comme d’habitude, ne figurent pas les blockbusters commerciaux. La programmation tente de compenser cette carence.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Des résultats encourageants

Pas de miracle pour Soleil, dont le catalogue ultra-populaire ne convainc toujours pas le jury, mais qui tire son épingle du jeu grâce à ses labels Métamorphose, Noctambule et Quadrants, tandis que Futuropolis place deux bons albums, maintenant un bon niveau dans la sélection. Même résultat pour l’Association, avec trois albums sélectionnés, comme en 2010, mais contre cinq titres en 2009 ! Pourtant, ces trois sélections permettent-elles d’invalider la déliquescence évoquée de l’Asso ? Les festivaliers jugeront.

Parmi les ‘petites’ maisons d’édition, on notera l’excellent résultat de Cornélius avec quatre titres sélectionnés, poursuivant un travail de qualité. Sarbacane s’en tire également fort bien avec trois titres, tandis que Gallimard totalise quatre albums, en cumul avec Bayou.

Atrabile est également récompensé de son travail éditorial par deux sélections, ce qui n’avait plus été le cas depuis quelques années. Plus étonnant mais tout aussi valorisant, Desinge/Hugo & Cie atteint ce même niveau. Une nouvelle volonté d’ouvrir le regard des lecteurs vers des maisons aux titres détonants.

Quelques auteurs remarqués

Enfin, n’oublions bien entendu pas les auteurs soulignés par la sélection :

-  Fabien Nury dont trois albums sont en lice dans la sélection officielle. Il assure donc sa place de scénariste montant, aussi remarquable que remarqué.

-  Fabien Vehlmann est gratifié du même résultat, mais sans se contenter de la sélection jeunesse, car il joue la carte de l’éclectisme dans sa collaboration avec Gwen de Bonneval.

-  Puis, deux titres pour Anouk Ricard, seule auteure à avoir deux albums dessinés, mais également scénarisés.

Sans être réellement surprenants, les choix du jury sont donc interpellants dans leur direction convergente. Moins de laisser-aller afin privilégier la qualité à leurs yeux, et d’ouvrir le regard des lecteurs, sans oublier une part de populaire, plus soulignée dans la sélection jeunesse.

Quant aux résultats, les paris sont ouverts, mais faire partie des sélectionnés est déjà une belle récompense. Reste à savoir qui sortira réellement du lot ?

La sélection officielle :

-  Anna et Froga tome 4 : Top niveau, par Anouk Ricard (Sarbacane)

-  L’Art et le sang, par Benoît Preteseille (Cornélius)

-  Arzak, l’Arpenteur, par Moebius (Glénat & Moebius Productions)

-  Asterios Polyp, par David Mazzucchelli (Casterman)

-  Bambou, le petit cerf qui mange tous ses amis, par Gaëlle Alméras (Diantre)

-  Belleville story 1, par Vincent Perriot et Arnaud Malherbe (Dargaud)

-  Blaise Opus 2, par Dimitri Planchon (Glénat)

-  Le Bleu est une couleur chaude, par Julie Maroh (Glénat)

-  Body World, par Dash Shaw (Dargaud)

-  Cadavre exquis, par Pénélope Bagieu (Bayou)

-  Château de sable, par Frederik Peeters et Pierre Oscar Lévy (Atrabile)

-  La chenille, par Suehiro Maruo & Edogawa Rampo (le Lézard noir)

-  Chronographie, par Dominique Goblet et Nikita Fossoul, (l’Association)

-  Cinq mille kilomètres par seconde, par Manuele Fior (Atrabile)

-  Coney Island Baby, par Nine Antico (l’Association)

-  De briques et de sang, par David François & Régis Hautière (KSTЯ)

-  Les Derniers Jours d’Ellis Cutting, par Thomas Vieille chez (Bayou)

-  Les Derniers Jours d’un immortel, par Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann (Futuropolis)

-  L’Exilé du Kalevala, par Ville Ranta (Çà et là)

-  Le fils de l’ours père, par Nicolas Presl (The Hoochie Coochie)

-  Fritz Haber tome 3, par David Vandermeulen (Delcourt)

-  Gauguin, par Li-An (Vents d’Ouest)

-  Gaza 1956, En marge de l’histoire, par Joe Sacco (Futuropolis)

-  Girls Don’t Cry, par Nine Antico (Glénat)

-  L’Homme qui se laissait pousser la barbe, par Olivier Schrauwen, (Actes Sud/L’An 2)

-  Il était une fois en France tome 4, par Sylvain Vallée & Fabien Nury (Glénat)

-  Incognito tome 1, par Sean Phillips & Ed Brubaker (Delcourt)

-  Le Jour du marché, par James Sturm (Delcourt)

-  L, par Benoît Jacques (l’Association)

-  Las Rosas, par Anthony Pastor (Actes Sud/L’An 2)

-  Lo, par Lucie Durbiano (Bayou)

-  Logicomix, par Apostolos Doxiadis, Christos Papadimitriou, Alecos Papadatos & Annie Di Donna (Vuibert)

-  Lutte Majeure, par Borris et Céka (KSTЯ)

-  Manabé Shima, par Florent Chavouet (Éditions Philippe Piquier)

-  La marche du crabe tome 1, par Arthur de Pins, (Noctambule)

-  Mélo Biélo, par Besseron & Felder (Desinge/Hugo & Cie)

-  Meti, par Aapo Rapi (Rackham)

-  La mort de Staline tome 1, Thierry Robin & Fabien Nury, (Dargaud)

-  Les Noceurs, par Brecht Evens (Actes Sud BD)

-  Omni-Visibilis, par Matthieu Bonhomme & Lewis Trondheim Dupuis

-  L’Or et le sang tome 2, par Fabien Bedouel, Merwan Chabane, Maurin Defrance & Fabien Nury (12bis)

-  La Parenthèse, par Élodie Durand (Delcourt)

-  Parker tome 1, par Darwyn Cooke & Richard Stark (Dargaud)

-  Pluto, par Naoki Urasawa d’après Osamu Tezuka, (Kana)

-  Pour l’Empire tome 2, par Merwan Chabane & Bastien Vivès (Dargaud)

-  Quai d’Orsay tome 1, par Christophe Blain & Abel Lanzac (Dargaud)

-  Santa Riviera, par Mancuso, Morvandiau & Arnal (Les Requins Marteaux)

-  Le Sens de la vis tome 2, par Manu Larcenet & Jean-Yves Ferri (Les Rêveurs)

-  Stéphane Clément, chroniques d’un voyageur tome 12, par Ceppi (Le Lombard)

-  Le Syndrome de Warhol, par David Cren & Renaud Cerqueux (Desinge/Hugo & Cie)

-  Toute la poussière du chemin, par Jaime Martin & Wander Antunes (Dupuis)

-  ToXic, par Charles Burns (Cornélius)

-  Trois Christs, par Denis Bajram, Valérie Mangin & Fabrice Neaud (Quadrants)

-  Trop n’est pas assez, par Ulli Lust (Çà et là)

-  Walking Dead tome 12, par Charlie Adlard & Robert Kirkman (Delcourt)

-  War Songs, par Ivan Brun (Drugstore)

-  Wilson, par Daniel Clowes (Cornélius)

-  The Zumbies,par Julien CDM & Lindingre (Fluide Glacial)

La sélection jeunesse :

-  Akissi tome 1, par Mathieu Sapin & Marguerite Abouet (Gallimard)

-  Les Aventures du jeune Jules Verne tome 1, par Pedro Rodriguez & Jorge Garcia (Glénat)

-  Basile et Melba tome 3, par Mathilde Domecq (Glénat)

-  Bestioles, par Ohm & Hubert (Dargaud)

-  Chambres noires tome 1, par Yomgui Dumont & Olivier Bleys (Vents d’Ouest)

-  Les Chronokids tome 3, par Stan, Vince & Zep (Glénat)

-  Cœur de papier tome 1, par Giovanni Rigano & Bruno Enna (Soleil)

-  Cruelle Joëlle, par Davide Cali & Ninie (Sarbacane)

-  Détective Conan tome 62, par Gosho Aoyama (Kana)

-  Ernest et Rebecca tome 3, par Antonello Dalena & Guillaume Bianco (Le Lombard)

-  Hôtel étrange, par Florian Ferrier & Katherine (Sarbacane)

-  Game Over tome 5, par Midam & Adam (Mad Fabrik)

-  Maïa tome 1, par Colonel Moutarde & Brigitte Luciani (Dargaud)

-  Naruto tome 50, par Masashi Kishimoto (Kana)

-  Patti et les fourmis, par Anouk Ricard (Gallimard)

-  Petit Pierrot, par Alberto Varanda (Soleil)

-  Prunelle, la fille du cyclope, par Cédric Kernel & Vicky Portail-Kernel (Ankama)

-  Le rêve du papillon tome 1, Luo Yin & Richard Marazano (Dargaud)

-  Seuls tome 5, Bruno Gazzotti & Fabien Vehlmann (Dupuis)

-  Spirou et Fantasio tome 51, Yoann & Fabien Vehlmann (Dupuis)

La sélection patrimoine :

-  Ashita No Joe, par Asao Takamori & Tetsuya Chiba (Glénat)

-  Bab El Mandeb, par Micheluzzi (Mosquito)

-  La fille du bureau de tabac, par Masahiko Matsumoto, (Cambourakis)

-  High Society, par Dave Sim (Vertige Graphic)

-  Jerry Spring, l’intégrale noir et blanc 1, par Jijé (Dupuis)

-  Necron tome 7, par Magnus (Cornélius)

-  Sabu et Ichi tome 1, par Shotaro Ishimonori (Kana)

-  Terry et les pirates (1934-36), par Milton Caniff (BDArtiste)

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême - Du 27 au 31 janvier 2011

 
Participez à la discussion
29 Messages :
  • Angoulême 2011 : une sélection affirmée !
    22 novembre 2010 10:50, par Fred Poullet

    "Puis, deux titres pour Anouk Ricard, seule auteure à avoir deux albums dessinés, mais également scénarisés."... vous oubliez Nine Antico qui a elle, aussi, deux albums dans la sélection, un chez Glénat et un à l’Association, il est remarquable que le jury de présélection ai mis en avant le travail d’un auteur qui sache jouer du mainstream à l’indépendant... apprécions.

    Répondre à ce message

  • Angoulême 2011 : une sélection affirmée !
    22 novembre 2010 11:26, par Pacome

    Coquille titre première photo : Brau => Baru

    Répondre à ce message

  • Nine Antico (hélas...)
    22 novembre 2010 12:12, par Kamil P

    Vous faites une petite erreur. Il n’y a pas qu’Anouk Ricard qui soit nominée deux fois, c’est que la cas de Nine Antico avec "Girls Don’t Cry"(Glénat) et "Conney Island Baby"(l’Asso)...

    Répondre à ce message

  • Angoulême 2011 : une sélection affirmée !
    22 novembre 2010 18:24, par Oncle Francois

    Beaucoup de traductions de mangas et de comics cette année. Mais bien évidemment, pas le moindre livre de Van Hamme, de Cauvin, de Bourgeon, Hermann, et des autres véritables Grands Maîtres du genre. A vue de nez, il doit bien y avoir une quarantaine de premiers albums. Les organisateurs savent-ils que la BD existe depuis bientôt 80 ans, si l’on prend en compte le premier Tintin comme point de départ ? Qu’en est il des auteurs des revues Tintin, Spirou, Vaillant et Pilote qui ont contribué à faire de la BD un Art ? J’apprècie la présence d’une superbe Intégrale Jerry Spring dans cette sélection, ainsi que le magnifique Terry et les Pirates, et les deux livres de Monsieur Vehlman. Mais ces livres ne suffisent pas à faire de cette liste de livres récents et modernes une véritable vitrine de la BD de qualité qui se vend et comble de plaisir lectrices et lecteurs de tout âge. Il fallait le dire, je viens de le faire, maintenant je vais devoir prendre une tisane pour me calmer ! Combien y a t’il de séries populaires dans cette triste liste ? Par "populaire", je ne dis pas "qui se vend en hypermarchés" ou "qui flatte les instincts les plus vulgaires de ses clients, comme le font les magazines people, les émissions voyeuristes de télé-réalité pour ados ou de sport". Non, je veux juste dire "qui se vend depuis longtemps sur la durée avec un succès grandissant, et qui a un public de plusieurs dizaines de milliers de lecteurs", le résultat d’une carrière d’au moins vingt ans dans ce milieu où l’on prefere encenser le premier album d’un débutant, plutôt que ceux des auteurs majeurs qui ont fait de la BD un art-zack ! arf arf !°)

    Répondre à ce message

    • Répondu par max le 23 novembre 2010 à  06:39 :

      Je suis d’accord avec vous et sans être "réa", des pans entiers de la bd sont écartés automatiquement par le festival, pour les prix mais pas pour remplir les bulles... Imaginons un festival où les auteurs invités ne représentent que le style de bd sélectionnées et vous verrez que les allées seraient bien vides. Beaucoup d’auteurs de bds "mainstream", ou qui ne font pas parti du cercle que tout le monde connait dans le milieu, en ont ras le bol d’être pris pour des imbéciles par ce système ridicule...

      Répondre à ce message

      • Répondu le 23 novembre 2010 à  12:15 :

        Bien vides ?!!! C’est à se demander si vous avez déjà circulé pendant le festival dans les espaces indés ou fanzines ? Ailleurs, il y a énormément de monde certes mais on trouve quoi à part des gens qui font la queue par dizaines devant tel ou tel auteur que tout le monde connait déjà ? Qu’est-ce que ça a de si dérangeant que d’essayer de découvrir des auteurs qui n’ont pas déjà les faveurs du grand public ? Et pourquoi Angoulême ne serait-il pas un bon endroit pour ça ?

        Répondre à ce message

        • Répondu par Oncle Francois le 23 novembre 2010 à  18:27 :

          Pour essayer de découvrir des auteurs qui n’ont pas déjà les faveurs du grand public, il y a déjà toute une presse bobo très complaisante à leur égard : Les Incrots, Teknik-arzak, Télédrama, le Monstre et L’aberration, notamment.

          Donc Angoulême n’est pas forcément un bon endroit pour ça, car ce puissant festival attire plus de 150 000 visiteurs, et vous n’allez quand même pas essayer de me faire croire qu’ils sont tous amateurs de BD d’art et d’essai.

          En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’un puissant éditeur belge a longtemps boycotté ce fessetival, sans doute par lassitude de n’avoir pas d’albums au palmarés. Et pourtant dieu sait que son catalogue regorge de chefs d’oeuvre ! Et je ne parle pas du sentiment de frustration que peuvent ressentir les vraies vedettes ! Il aura quand même fallu un Prix Spécial du Millénaire pour que Uderzo (systématiquement oublié jusque-là) obtienne enfin un trophée

          Répondre à ce message

          • Répondu le 23 novembre 2010 à  19:00 :

            il y a déjà toute une presse bobo très complaisante à leur égard : Les Incrots, Teknik-arzak, Télédrama

            Allons, un peu de sèrieux . Vous accordez à la presse parisienne une influence qu’elle n’a pas.
            C’est en fait vos goûts personnels que vous voulez voir validés dans ce palmarès. Et c’est en cela anecdotique.

            Répondre à ce message

          • Répondu le 24 novembre 2010 à  10:58 :

            et vous n’allez quand même pas essayer de me faire croire qu’ils sont tous amateurs de BD d’art et d’essai

            Ou avez-vous lu que j’ai dit ça ?? Je dis juste que pendant que des milliers de gens attendent des heures devant des machins comme XIII ou Spirou, pas mal d’autres profitent de leur temps pour découvrir - avec gourmandise - des trucs qui ne ressemblent à rien de ce qu’ils connaissent...et c’est aussi pour ça qu’ils viennent.

            Le plaisir de découvrir un auteur, une narration différente, qui vous laisse penser que décidément en bande dessinée tout est toujours possible, ça vous dit quelque chose ?

            Répondre à ce message

    • Répondu le 23 novembre 2010 à  08:51 :

      Les organisateurs savent-ils que la BD existe depuis bientôt 80 ans, si l’on prend en compte le premier Tintin comme point de départ ?

      Et si on prenait Saint-Ogan comme point de départ ? Ou Caran d’Ache ? Ou Töpffer ? Ou Windsor McKay ? Voire Gus Bofa ? Ou le Savant Cosinus de Christophe ? Et les Pieds Nickelés ?
      La bande dessinée n’a pas attendu Hergé, contrairement a une idée reçue de plus en plus véhiculée. Et elle ne s’est pas arrêtée avec lui. A ce train-là, faisons remonter la naissance du cinéma à 1914, avec la naissance de Charlot.

      Répondre à ce message

      • Répondu par max le 23 novembre 2010 à  12:25 :

        On a surtout l’impression que, pour les membres du jury, la bd a commencée en 2005...

        Répondre à ce message

    • Répondu par Pic le 23 novembre 2010 à  09:45 :

      Oncle F., par curiosité, pourriez-vous nous donner ce qui pourrait-être votre sélection (une 15-zaine de titres ?)

      Merci

      Répondre à ce message

    • Répondu par Dominique le 23 novembre 2010 à  11:31 :

      Ridicule. Les "fauves" du festival d’Angoulême ne sont pas des légions d’honneur attribuées pour service rendu à la bande dessinée, ils ne récompensent pas l’oeuvre de toute une vie mais des albums parus dans l’année. Franchement, quels albums de Van Hamme, de Bourgeon ou d’Hermann, parus en 2010 mériteraient de figurer dans cette sélection ?

      De plus, pour répondre à la question "Combien y a t’il de séries populaires dans cette triste liste ?", de nombreux albums (pas forcément des séries, seules les séries ont droit de cité à vos yeux ?) de cette sélection ont reçu un très bon accueil public (critique et commercial). Citons par exemple : Quai d’Orsay, Game-over, Spirou, Il était une fois en France, Walking Dead, Seuls, Logocomix, Naruto, Pluto...

      Répondre à ce message

  • Angoulême 2011 : une sélection affirmée !
    22 novembre 2010 21:12, par ThomasP

    hum certains choix me laissent perplexe...pourquoi avoir mis en lice l’integrale de Jerry spring, car meme si Jijé est un maitre incontesté et incontestable, on ne peut pas dire que cet album soit vraiment une nouveauté.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Oncle Francois le 22 novembre 2010 à  22:40 :

      Pourquoi ? Voyons voir, réflechissons (c’est toujours un amusement, même à 64 ans !°)... Et si les gens qui établissent cette liste avaient eu le remords d’occulter totalement la BD francobelge du XXème siècle ? Et si l’un d’entre eux avait dit ; "j’ai vu récemment un gros livre plutôt bien maquetté, avec des BD de prés de soixante ans, toujours magnifique. Et si pour ne pas avoir l’air de zozos totaux, on le mettait dans la liste ? Ainsi, nous aurions l’air érudit et cultivé.". Je dis cela, il s’agit juste d’une hypothèse, d’une supposition ou d’un espoir, je ne fais évidemment pas partie de ce petit comité qui s’amuse à attribuer des prix d’honneur.

      Répondre à ce message

      • Répondu le 23 novembre 2010 à  09:41 :

        C’est quand même hallucinant cet exemple ! Pour vous, le summum de la culture et de l’érudition consisterait plus - semble-t-il- à choisir Jerry Spring plutôt que... le dernier Schrauwen par exemple ? C’est le monde l’envers !
        En plus le Jijé est placé dans la catégorie "patrimoine"...c’est quand même une place honnête non ?

        Répondre à ce message

        • Répondu le 23 novembre 2010 à  13:19 :

          A ce train-là, le prochain Goncourt est pour Jules Verne et Philippe de Broca fera une razzia aux prochains césars avec "le magnifique".

          Répondre à ce message

        • Répondu par Oncle Francois le 23 novembre 2010 à  18:42 :

          Oui, bien d’accord avec vous, il s’agit d’un bel exemple (mais isolé) du patrimoine glorieux de la BD francobelge de la seconde partie du XXème siècle. Une reconnaissance bien tardive, mais mieux vaut tard que jamais ou que trop tôt hélas, comme disent ces dames !°). Faut-il être mort et entérré pour obtenir la consécration ? Cette Intégrale n’est pas une simple compilation, puisque les albums de Jijé étaient publiés en couleurs. Le papier a été remarquablement choisi, et il y a une belle et longue introduction. Mais où sont Will, Roba, Tillieux, Peyo et Franquin ? Et Bourgeon et Hermann, seront-ils un jour primés ? Sans parler de messieurs Cauvin, Van Hamme et Dufaux ! On parle de plus en plus de repentirs des auteurs de BD quand on voit qu’ils ont parfois modifié leurs cases en cours de route. Mais où sont les repentirs des membres du jury qui ont commis tant d’oublis par le passé ?

          Répondre à ce message

          • Répondu le 24 novembre 2010 à  08:42 :

            Oui, bien d’accord avec vous

            A qui parlez-vous ? Je ne vois pas trop avec qui vous êtes d’accord. A part avec vous-même.

            Répondre à ce message

            • Répondu par Oncle Francois le 24 novembre 2010 à  18:22 :

              Je suis bien d’accord avec vous quand vous écrivez :"En plus le Jijé est placé dans la catégorie "patrimoine"...c’est quand même une place honnête non ?". Vous n’aviez pas compris ? Quant à Monsieur Schrauwen, je suppose que vous faites allusion à un album pas encore sorti...

              Répondre à ce message

              • Répondu le 25 novembre 2010 à  14:27 :

                Ah la la , vous n’êtes décidément pas curieux...non seulement l’album est sorti, ( ou alors celui que j’ai acheté était un exemplaire unique qui n’attendait que moi ) mais en plus il rassemble des histoires qu’on avait déjà pu lire dans des revues étrangères..ah ah ah. mon Dieu, des revues étrangères...beurk...

                Répondre à ce message

    • Répondu par Maë l R. le 22 novembre 2010 à  22:43 :

      C’est justement pour ça qu’il se retrouve dans la sélection Patrimoine.

      Répondre à ce message

  • Jamais vu sélectionné pour Angoulême un album de
    Dumontheuil... Pourquoi ?
    (et bien d’autres qui font des choses peu communes)

    Répondre à ce message

    • Répondu par pseudonyme le 23 novembre 2010 à  14:58 :

      Dumontheuil a gagné Angoulême avec "Qui a tué l’Idiot".

      Répondre à ce message

    • Répondu par Suricat le 23 novembre 2010 à  15:32 :

      eh bien, même si comme vous je regrette que cet auteur ne soit pas plus ou mieux récompensé pour son talent, il a déjà été plusieurs fois dans la sélection :
      Meilleur album à Angoulême en 1995 et Big Foot 3 dans la sélection 2009
      je ne suis peut-être pas très précise, mais je voulais corriger votre remarque.
      Je lui souhaite en tous les cas d’être un jour bien mieux connu du public !

      Répondre à ce message

  • Angoulême 2011 : une sélection affirmée !
    23 novembre 2010 19:30, par fab38

    Bonjour,

    Angouleme, peut etre le plus gros festival, mais depuis des années ne représente plus rien, plus la BD. La crise enfin arrive à grand pas, et c’est tant mieux. A part les grandes séries, qui vendent un peu moins, pas de renouveau, le reflet de notre société, du marketing, du non professionel, beaucoup d’albums qui ne devraient pas voir le jour, c’est désolant. Encore pour 2011, des prix qui ne feront pas date. Plus de créations, plus de surprises, le calme plat. Tout cela alimenté par des journalistes, des revues qui n’ont plus aucuns sens critiques....

    Bon angouleme

    Répondre à ce message

    • Répondu le 23 novembre 2010 à  20:05 :

      Vous êtes bien aigri mon pauvre fab38, à croire que vous n’avez pas réussi à vous faire une place dans ce métier justement (manque de talent ? de chance ? de niak ? de copains bien placés ?).

      Qui êtes-vous pour décider que tel ou tel album "ne devrait pas voir le jour", sur quelle base ? D’excellents livres ne trouvent pas leur public, est-ce que pour autant ils ne devraient pas exister ? Comment le savoir à l’avance alors que des albums ratés sont des succès.

      Répondre à ce message

      • Répondu par fab38 le 24 novembre 2010 à  19:40 :

        Bonsoir,
        Je ne rentrerais dans aucune polémique, mais point un je suis pas votre pauvre fab, point deux je signe mon commentaire, point trois, je ne suis pas aigri, réaliste 30 ans de métier... 2 crises BD. Et vous, un auteur certainement, j’en connais des tas qui vendent des planches avant que l’album soit sorti, et oui, il faut bien vivre, et oui depuis peu je me permets de dire que la moitié des albums ne devraient pas voir le jour, dessins maladroits, scénario d’une médiocrité..., mais bon c’est mon avis, il ne vous plait pas,ok mais recpectez cette prise de position. Et SVP présentez vous.

        Répondre à ce message

  • Angoulême 2011 : une sélection affirmée !
    25 novembre 2010 20:23, par hankey

    pas d’album de Sfar sélectionné !??!!

    Répondre à ce message