Angoulême 2012 : "Portugal" de Cyril Pedrosa reçoit le Fauve FNAC

29 janvier 2012 2 commentaires
  • Résultat avant l'heure, la FNAC communique déjà son essentiel décerné à un livre-événement de ces derniers mois, ainsi que [nous l'avions décrit précédemment->art12524]

Angoulême 2012 : "Portugal" de Cyril Pedrosa reçoit le Fauve FNAC
Ainsi que nous vous l’avions expliqué dans la présentation des sélections de ce trente-neuvième festival d’Angoulême, un prix a été réservé par le sponsor Fnac, puisant son lauréat parmi les 58 albums de la sélection officielle.

Portugal a donc été désigné par un jury de libraires issus de cette chaîne de magasins. Ils revendiquent ainsi leur choix : "Portugal est un récit introspectif qui explore les plis et replis existentiels d’un quotidien sans histoire, devenu sans consistance et sans saveur. Le récit aussi, d’une renaissance à travers la redécouverte d’un lieu d’enfance, noyé dans les brumes du souvenir."

Il est clair que ce pavé personnel de 260 pages couleur, un vrai pari éditorial d’Aire Libre, a autant ravi que divisé le public et les critiques. Ainsi, notre collègue David Taugis en parlait en ces termes : "Tout le talent et l’originalité [...] de Pedrosa, c’est bien d’avoir organisé son album avec soin. Plus on avance, plus la découverte des origines et du Portugal occupe l’espace du récit, de même que des personnages extraordinaires que [le narrateur] va croiser, famille ou voisins. [Et le] choix esthétique [des couleurs] ne ralentit en rien ce voyage. Ni la réflexion qui lui succède... Émotion garantie."

Portugal par Pedrosa © Dupuis 2011

Nicolas Anspach , notre ancien rédacteur-en-chef, n’avait égalemment pas tari d’éloges : "Cyril Pedrosa nous avait étonnés avec Trois Ombres. Il sort à nouveau encore l’un des livres-événements de la rentrée dans lequel il explore la question des liens familiaux, de l’identité et de la quête de ses origines lorsque l’on vient d’un pays différent où l’on parle une autre langue. Un album sensible et magistral !"

Pedrosa a reçu le "Prix de la BD du Point" des mains de Wolinski à "Quai des Bulles"
(c) Nicolas Anspach

Cyril Pedrosa nous avait lui-même expliqué que son album n’était pas autobiographique : "[Ce n’est pas une autobio,] même si j’y ai mis beaucoup d’éléments personnels. Je souhaitais que cette histoire soit une fiction afin de conserver une liberté d’écriture. L’autobiographie a une contrainte de taille : la vérité. Je ne voulais pas en être prisonnier. Il m’était dès lors plus simple de construire une fiction dans laquelle j’intégrerais des éléments personnels. Je n’avais ainsi plus de crainte de trahir quelqu’un ou de déformer les événements."

Après Trois ombres qui avait déjà été récompensé à Angoulême en 2008, et Autobio qui avait été fort remarqué, Cyril Pedrosa prouve à nouveau qu’il est un merveilleux raconteur d’histoires, capable de varier les genres, et de multiplier les thématiques. Sa sensibilité et son honnêteté à nous livrer un regard authentique lui permettent de toucher encore le public avec Portugal !

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander Portugal chez Amazon. Ou peut-être à la FNAC ?

Cyril Pedrosa sur ActuaBD, ce sont des chroniques de
- Portugal
- Auto Bio T1 & T2.
- Brigade Fantôme T1
Et des interviews :
- Avec Trois ombres, je voulais me confronter à la crainte de perdre un enfant (Octobre 2007)
- Le sujet de l’environnement est très contemporain. Cela n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui (Avril 2009)
- « L’autobiographie a une contrainte de taille : la vérité ! » (Décembre 2011)

Photos (c) Nicolas Anspach

 
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2 Messages :
  • Tant mieux pour lui, mais c’est quand même très ennuyeux cette BD.

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    • Répondu par Charlito le 29 janvier 2012 à  18:56 :

      Dessin superbe, de belles audaces graphiques (transparences), découpage aéré et dynamique pour de l’introspection, par contre couleurs critiquables, soit saturées, soit trop sombres pour les ambiances nocturnes, noyant le dessin. Et puis des longueurs de narration, long comme un aller à Lisbonne par les départementales... Comme quoi les meilleures intentions ne révêlent pas les meilleurs sentiments.

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