Angoulême 2014 : Tintin est mort, vive le nouveau Tintin !

2 février 2014 13 commentaires
  • Dans un double débat organisé par le FIBD, on comprend entre les lignes ce qui se prépare : une collection de "Tintin par..." sur le modèle des "Spirou par..." des éditions Dupuis. Les propos tenus à Angoulême par les hergéologues Numa Sadoul et Benoît Peeters, l'avocat du FIBD, l'éditeur de Casterman Benoît Mouchart, devant Nick Rodwell, tenaient du plaidoyer par atteindre cet objectif
Angoulême 2014 : Tintin est mort, vive le nouveau Tintin !
Quand Claude de Saint-Vincent parle de la reprise à succès de Blake & Mortimer, Nick Rodwell tend l’oreille...

Est-ce une manœuvre pour convaincre la légataire universelle de l’œuvre d’Hergé, Fanny Rodwell ou juste un teasing ? Les deux peut-être. Toutes les interventions concourraient dans ce sens (voir les extraits publiés sur la vidéo YouTube en bas de l’article).

En dispute depuis quinze ans avec Casterman, Nick Rodwell s’est maintenant réconcilié avec l’éditeur "papier" de Tintin : "on a réglé le problème en cinq minutes" dit-il. On peut donc commencer à élaborer des stratégies éditoriales, le label Moulinsart devant à terme, imagine-t-on, devenir une marque ombrelle de l’éditeur historique du reporter à la houppe, récemment repris dans le cadre du rachat de Flammarion par le groupe Gallimard.

Première étape de la manœuvre, une "petite phrase" de Nick Rodwell au quotidien Le Monde : "On aura une nouveauté en 2052, pour protéger les droits", lâchée en pleine médiatisation de la reprise d’Astérix par d’autres créateurs que Goscinny & Uderzo. Le symbole est fort : Albert Uderzo, à l’imitation d’Hergé, avait longtemps affirmé qu’il n’y aurait plus de nouvel Astérix après lui, avant de faire un revirement spectaculaire.

Était-ce une blague ? Non, explique Rodwell : "C’était mon premier entretien avec Frédéric Potet, journaliste au Monde, que je n’avais jamais rencontré. Il a posé une question que personne n’avait posée depuis des années. J’étais très étonné [...] et pour éviter de dire "non", j’ai tout suite répondu, avec un esprit extraordinaire sans doute, trouvé la bonne réponse en disant :"Oui, juste avant que cela tombe dans le domaine public". J’ai même dit une bêtise, comme souvent, et j’ai dit que ce sera en 2053, alors que ce sera en effet le 1er janvier 2054. Mais si vous posez la question de savoir à quel moment nous allons préparer cet album, je peux répondre : autour de 2048."

Numa Sadoul a fait une interview d’Hergé devenue canonique : "Tintin & moi" (Casterman, 1975)

Comme on lui fait remarquer qu’il risque de ne plus être en très bon état à cette date (Nick Rodwell aurait 102 ans), il répond avec une boutade et évacue la question qui fait comprendre qu’il ne peut pas parler à la place de son épouse, seul détenteur des droits de Tintin.

"Hergé n’a pas dit non" (Numa Sadoul)

Mais très vite, la conversation va aligner les arguments favorables pour une reprise. En mettant d’abord en cause le canon hergéen, la parole divinisée du créateur qui, dans un entretien accordé à Numa Sadoul en 1971 (Tintin et moi, 1975, page 61) dit : "Je crois que je suis le seul à pouvoir l’animer, dans le sens de donner une âme. C’est une œuvre personnelle au même titre que l’œuvre d’un peintre ou d’un romancier. ce n’est pas une industrie ! Si d’autres reprenaient "Tintin", ils le feraient peut-être mieux, peut-être moins bien. Une chose est certaine, ils le feraient autrement et, du coup, ce ne serait plus "Tintin".

De cette phrase canonique, on avait déduit qu’Hergé ne désirait pas de suite à Tintin. Mais Numa Sadoul qui tendait le micro à Hergé et qui donc peut se souvenir de l’esprit de la conversation, contrebat cet argument : "À l’époque où Hergé a dit cela [...], c’était en 1971. Il n’était pas très préoccupé par sa succession à l’époque, c’était un peu dans l’absolu, il disait qu’effectivement, à son avis, il était le seul à pouvoir animer Tintin. [...] Je vous ferais remarquer qu’il ne dit pas "non", à aucun endroit dans ce texte il ne dit "non, personne ne continuera Tintin après moi". Et d’ailleurs la question ne se posait pas en ces termes, ce qui préoccupait Hergé à l’époque, c’est qu’il avait des coloristes, des encreurs, des documentalistes, des décorateurs, tout un studio qu’il fallait faire vivre. Il le dit d’ailleurs dans mon livre, à un autre chapitre : il ne peut pas arrêter de travailler alors qu’il en aurait certainement envie, parce qu’il y avait ce studio à faire vivre. Donc, je ne sais pas si on peut utiliser cette citation pour infirmer ou affirmer qu’il ne saurait y avoir des suites éventuelles à Tintin."

Benoît Mouchart, éditeur de Casterman avec Benoît Peeters, théoricien de la BD et hergéologue patenté.

"Il y a deux corps de Tintin" (Benoît Peeters)

Le biographe d’Hergé Benoît Peeters rebondit sur l’argument et ajoute : "Cette déclaration est aussi une affirmation d’autorité de la part d’Hergé à ce moment-là. Vers la fin des années soixante, Hergé, après avoir énormément travaillé, après s’être totalement consacré au travail, dans une autre phase de sa vie, prend davantage de vacances, se passionne pour d’autres choses comme la peinture et, aux yeux de ses collaborateurs parfois, délaisse un peu trop Tintin. Et puis, certains, à commencer par Jacques Martin qui est encore aux Studios Hergé à cette époque-là, avec Bob De Moor, Roger Leloup, et quelques autres se disent : "le patron ne va pas assurer notre avenir".

Effectivement, pendant l’une de ses absences répétées, ses collaborateurs entreprennent une "planche bidon", une reprise de Tintin dessinée et assortie d’une ébauche de scénario, qui aura le don de mettre Hergé en fureur : Même s’il a eu des assistants, il s’est toujours considéré comme le seul créateur de Tintin.

Numa Sadoul, confirmant en cela une prise de position récente conclut que "si quelqu’un de talentueux voulait s’emparer de l’œuvre d’Hergé pour la continuer, cela ne me dérangerait pas du tout." Exit l’oukase canonique.

67% des votants sur le site du FIBD sont contre une suite à Tintin
Capture d’écran

Quel genre de reprise ?

Vient ensuite la question de la reprise éventuelle, chose dont on a largement débattu avec celle d’Astérix, de son "authenticité", de sa qualité artistique, de l’impression qu’auraient les lecteurs de lire un "faux Tintin"...

Benoît Peeters mobilise étonnement l’argument... monarchique ! : "De la même façon qu’il y a deux corps du roi, il y a deux corps de Tintin. [...] Le roi est mort, vive le Roi ! [...] J’ai l’impression que pour Tintin, il y a quelque chose du même ordre. Il y a une œuvre d’un auteur que nous respectons, que nous admirons et que personne n’égalera jamais. C’est l’oeuvre d’Hergé, l’œuvre personnelle. [...] Et puis, il y a eu, et je crois que l’on peut vraiment s’en réjouir, un très long délai de deuil : trente ans, trente-et-un ans bientôt depuis la disparition d’Hergé, un peu plus si l’on prend le dernier Tintin achevé, Tintin et les Picaros. [...] Un délai très suffisant pour qu’il n’y ait aucune confusion entre l’œuvre créée par Hergé et la manière qu’il pourrait y avoir de revisiter ses personnages, de revisiter ce monde sans le faire passer pour du Hergé, en acceptant que c’est un Tintin "vu par...", un Tintin d’un autre point de vue. Je dirais donc, pour aller jusqu’au bout de mon idée, qu’il y a deux corps de Tintin : le corps que l’on pourrait appeler "le corpus", l’œuvre telle qu’elle existe, et puis ce que j’appellerais, et là j’emprunte au vocabulaire de la théologie, "le corps glorieux de Tintin" : Tintin est toujours là, il est là dans sa gloire, il est là dans l’imaginaire de chacun, et chacun de nous a envie de le prolonger. Parfois, c’est hors du monde de la bande dessinée, avec Spielberg, avec Jackson demain, avec des objets, avec des études, mais pourquoi pas à travers une fiction, du moment que cette fiction se donne comme un hommage, un Tintin "vu par" et n’essaie de cloner, ni le dessin d’Hergé -et d’ailleurs quelle époque ce dessin pourrait-il cloner, comme à l’époque du Lotus bleu ou à l’époque des 7 Boules de cristal ?-, ni à la manière de raconter d’Hergé qui est liée à son temps. Comme un certain nombre de grands héros ont vécu une deuxième vie : Alice, Peter Pan et bien d’autres, Tintin pourrait se prolonger dans l’esprit des lecteurs et ce serait une forme de générosité que de laisser accéder ce "corps glorieux de Tintin" au public."

Mais Peeters fixe ses conditions : "Ce qui me dérange, au fond, c’est l’idée de faux. C’est de faire passer une œuvre tardive pour la même chose, avec la même présentation que dans la collection. Pour l’instant, dans la collection de Tintin, il y a 24 numéros.[...] Je n’imagine pas de voir un numéro 25 s’y ajouter exactement dans la même présentation en faisant croire par la couverture, par la manière de placer le lettrage et le nom de l’auteur que c’est Hergé. Quand on voit le film de Spielberg, on l’aime ou on ne l’aime pas, chacun a sa sensibilité, mais on sait que c’est autant le Tintin de Spielberg et Jackson que le Tintin d’Hergé. Il a pris quelque chose d’Hergé, il l’a amené dans un autre médium. A partir de ce moment-là, nous n’avons pas beaucoup de craintes. [...] Surtout, si un jour Tintin était ravivé, que ce soit par quelqu’un de talent et pas par un tâcheron. Il faut que ce soit un vrai auteur. Nous sommes beaucoup à admirer le travail qu’Émile Bravo a fait sur Spirou, qui est une merveille, et je pense que si c’était fait un jour dans cet esprit-là, que cela ne pourrait pas nuire et qu’il n’y aurait pas de confusion."

Vu dans les travées d’Angoulême 2014 : un cosplay de Tintin.
Très bien animée par Laurence Le Saux, journaliste de Télérama, la seconde partie de l’entretien vit intervenir l’avocat Renaud Montini et André Juillard, repreneur graphique de Blake & Mortimer

La messe est dite. Le reste du débat tournait autour des mêmes questions, la présence du patron de Média-Participations, Claude de Saint-Vincent, éditeur de Blake & Mortimer, d’André Juillard, dessinateur en titre de nos deux héros britanniques, étant là pour appuyer les arguments avec l’exemple d’une reprise réussie, en particulier commercialement et de l’avocat du FIBD, Renaud Montini qui confirma que l’ayant-droit aurait un droit moral sur ces usages, même lorsque l’œuvre sera tombée dans le Domaine public.

Le message est passé. On suppose que Nick Rodwell montrera les extraits vidéo du débat à son épouse, l’homme d’affaires anglais confirmant que cette question faisait l’objet de "nombreuses conversations à la maison". On suppose qu’une fois les réticences levées, on verra apparaître un Tintin dans pas longtemps, cette activisme médiatique de ces dernières semaines n’étant qu’une forme d’aveu.

Une vidéo sur YouTube (extraits)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos : Didier Pasamonik (L’Agence BD)

 
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13 Messages :
  • Angoulême 2014 : Tintin est mort, vive le nouveau Tintin !
    2 février 2014 21:39, par Jacques Langlois

    Très intéressant ce "concile " ...Les exégètes officiels, des plus anciens aux plus jeunes, se retrouvent en complet désintéressement - cela va sans dire...-pour conclure que finalement "nihil obstat" : au fond , Hergé n’a pas vraiment dit non (Sadoul) ; après trente ans et des, tout redevient possible (Peeters)...Merci, merci, disent en choeur la famille Gallimard, qui n’aura pas racheté Casterman en vain, et Nick Rodwell, qui se fait fort de convaincre Fanny qu’il serait dommage d’attendre 2052 ou 2053 pour refaire un petit "Tintin" .
    Bravo (c’est le cas de le dire) à tous et "bon appétit, Messieurs" !

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    • Répondu par OW le 2 février 2014 à  22:41 :

      J’attend impatiemment le Tintin que Jacques Tardi a envie de faire depuis des années, inspiré des premiers albums noir et blanc, en espérant qu’il n’est pas trop tard et que Tardi ait encore envie de le faire, qu’il ne soit pas passé à autre chose. C’est un auteur Casterman, ça facilite les choses.

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      • Répondu par Alex le 2 février 2014 à  23:19 :

        J’attend impatiemment le Tintin que Jacques Tardi a envie de faire depuis des années

        À mon avis, ne retenez pas votre respiration dans l’attente. Si un autre Tintin se doit d’être créé ce sera aux conditions des grands studios californiens. Pas "d’approximations" à la "Spirou par.." on ira d’évidences en évidences pour renforcer la marque. Dérouter le consommateur ? Absurde, cher OW !

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        • Répondu par Sergio SALMA le 3 février 2014 à  00:16 :

          Que racontez-vous, Alex ? Spielberg and co n’ont pas racheté les droits de publication ! Vous êtes fou ?! Ou vous faites le fou ?

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    • Répondu par Alex le 2 février 2014 à  23:09 :

      En même temps -je l’ai écrit ailleurs dans les commentaires- il est difficilement concevable que Spielberg/Hollywood ait tenté une opération hasardeuse sur Tintin. Sans être un blockbuster ce film s’est toutefois qualifié pour accéder à la liste de projets lucratifs à venir. Il est plus que probable à mon avis que tout cela ait été discuté en amont et sous condition avec Mr Rodwell pour la suite des aventures de Tintin au cinéma. Moi je prévois un prochain Tintin (en album) pour 2015. Oui, si tôt ! La graîne est plantée de toute façon, je vois mal un recul à partir de là. Et si je peux me tromper sur l’exactitude des délais que j’avance je ne crois pas être trop loin du futur plausible toutefois, car il va falloir faire vite pour capitaliser sur le buzz médiatique du premier film en vu d’un second probablement déjà en préparation.

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  • quand on voit ce qu’a rapporté le dernier astérix, ce serait dommage de ne pas en profiter ! c’est bien de lancer des petits jeunes !
    pfff, money, money, point barre !

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    • Répondu le 3 février 2014 à  03:19 :

      Vous dites n’importe quoi. Il n’y a jamais eu autant de p’tits jeunes sur le marché !

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      • Répondu le 4 février 2014 à  00:22 :

        Il y a une raison : les p’tits jeunes pas la peine de les payer, ils sont déjà bien contents d’être publiés, alors que les anciens sont des professionnels, leur travail demande rémunération.

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  • A l’exception de l’excellente Affaire Francis Blake, toutes les suites (ou "hommages" si vous préférez) de Blake et Mortimer sont à un degré ou à un autre de sombres daubes. Si c’est pour faire la même chose (avec à peu près les mêmes gens, de surcroît), ne vous gênez pas, messieurs. La voracité est dans la nature du squale, comment vous en vouloir ?

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    • Répondu par Rochat Rémy le 10 février 2014 à  17:28 :

      Je n’ai jamais été pour les commentaires qui ont trop souvent tendance à plonger dans le vulgaire si ce n’est la vulgarité pure et simple. Essayons tout de même de prolonger la réflexion. Tintin doit revivre, c’est un fait, et loin si possible de son sinistre gardien actuel, le démoralisateur infernal de toutes les iniatives tintinesques de bonne volonté.

      Je suis aussi d’accord avec le dernier intervenant. Si c’est pour nous faire du Septimus à la puissance deux, ou quatre ou huit, c’est parfaitement inutile. Ce qu’il faut c’est du rêve, de l’aventure, un scénario solide et jamais mis à mal par des gens qui ne comprennent pas que les choses les plus belles et les plus durables, sont souvent les plus simples.
      Merci à tous et vive le Monde de Tintin libre !

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  • Lu sur le net un projet d’adaptation de L’Étoile mystérieuse par Wes Anderson, avec Michael Cera dans le rôle de Tintin, accompagné de Kevin Spacey en Capitaine Haddock ,James Franco et Seth Rogen en Dupont et Dupond, Jeff Goldblum en Professeur Callys et Bill Murray en guest-star pour jouer le prophète Philippulus.

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  • Angoulême 2014 : Tintin est mort, vive le nouveau Tintin !
    7 avril 2014 13:39, par Prof. Tournefol

    Comme tout cela est triste, affligeant et futile ! Ou alors, qu’on commence par terminer "l’Alph-Art" car, perso, je ne suis pas convaincu qu’Hergé aurait, une fois de plus, sauvé son Tintin à la FIN de l’aventure ... ce qui serait un peu embêtant pour un reprise éventuelle ;-)

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    • Répondu par Salavin le 11 avril 2014 à  21:57 :

      Deux projets au moins semblent sur les rails :
      - Tintin et le Thermozéro : scénario complet écrit par Greg, les sept ou huit premières planches (superbes) crayonnées par Hergé, le découpage en esquisses (d’une cinquantaine de pages).
      - Tintin au Pays des Soviets colorisé - B. Mouchart a évoqué quelque part que des essais avaient été faits.

      Mais il reste un projet, tout prêt, qui n’a jamais été édité, sauf par des pirates : "Le lac aux requins" entièrement en ligne claire, dessinée par Bob de Moor. Prépublié dans "Le soir"(il me semble) l’album avait été colorisé et publié en pirate. L’album actuel est un curieux mélange de personnages dessiné en ligne claire et de décors à la gouache, repris du dessin animé. Voilà un bel inédit : les planches qui circulent sur le net sont superbes. Cela donnerait l’occasion de rééditer Bob de Moor et de lui redonner un peu la place qui fut la sienne aux Studios.

      Ensuite, il serait tout à fait envisageable de réaliser un volume "Les inachevés", comme ceux de Chaland, avec les projets non réalisés d’Hergé et qui ont été écrits dans ses carnets - carnets publiés naguère par B. Peeters dans une collection d’intégrale, si je ne m’abuse.

      En effet, si c’est pour publier un album, dessiné par Devig (par exemple), sur un scénario de Geluck, qui serait l’équivalent de "L’Onde Septimus" - par exemple une suite de "Le Temple du Soleil", ou de "On a marché sur la lune"), ce serait... une catastrophe.

      Casterman a réalisé deux suites des "Scorpions du Désert". L’album de Wazem était superbe. Le second, moins proche de Pratt. Le projet de reprise de Corto semble (fort heureusement) aux oubliettes. Les reprises de Nestor Burma sont au nombre de quatre, avec deux dessinateurs, déjà... Mais un Tintin nouveau ne se vendrait pas aussi peu qu’un Burma.

      On peut comprendre l’intérêt d’un éditeur pour un album qui serait en tête des ventes sur plusieurs semaines ou plusieurs mois... Mais... Tintin est une oeuvre bouclée. Et pourquoi Bravo, par exemple (un exemple cité par B. Peeters) aurait l’autorisation de faire un "Tintin vu par..." et pas Rodier ? Ou Swarte ?

      Et quid du Tintin publié dans le Monde dessiné par Savard ? Pourquoi ne pas l’avoir mis en vente ? Ce serait une possibilité, puisque ce fascicule a existé, édité par “Le Monde", mais repris uniquement par des auteurs de pirates !

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