Angoulême 2016 : Le Festival des couacs

7 janvier 2016 29 commentaires
  • Six femmes ont été ajoutées à la liste des 30 noms désignés à l'élection du Grand Prix d'Angoulême. Retour sur un incroyable couac qui se résout par un ajustement de la part de la direction du Festival.
Angoulême 2016 : Le Festival des couacs
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(c) K. Friha

5 janvier. Un post furibard de Jessica Abel pointe la liste des préposés au Grand Prix d’Angoulême, une liste concoctée par la direction du Festival d’Angoulême, et constate qu’aucune femme ne figure dans la liste. Elle en appelle au boycott, s’appuyant sur les différentes instances réunissant les créatrices de bande dessinée. Riad Sattouf, le premier, demande à être retiré de la liste, suggérant élégamment qu’il soit remplacé par une créatrice de BD. il en propose même quelques-unes et reçoit, à ce titre, des tombereaux de louanges sur les réseaux sociaux.

Il est immédiatement suivi par neuf autre grands noms de la BD figurant dans la liste : Chris Ware, Joann Sfar, Daniel Clowes, Étienne Davodeau, Pierre Christin, Milo Manara, François Bourgeon et Christophe Blain. 10 noms sur 30. "Je soutiens le boycott contre Angoulême et je retire mon nom de ce qui désormais ne peut plus être considéré comme un honneur. Quelle débandade honteuse et ridicule" résume Daniel Clowes dans un communiqué.

L’indignation saisit les médias : Le Monde, Libération, jusqu’à BBC se font écho de cet incroyable couac à quelques semaines du festival. Personne ne remarque que dans cette liste figure encore Alan Moore qui, sur ActuaBD.com l’année dernière avait clairement signifié qu’il ne l’accepterait pas, ce prix : "J’ai décidé de ne plus accepter de prix, il ne faut pas m’en vouloir. Je préfère que ce soit donné à des gens moins conventionnels. Je ne me rends plus dans des festivals, je n’accepte plus aucune récompense. Je conçois et j’apprécie les sentiments de tous ces gens qui me choisissent, mais je ne veux assumer que ce que j’ai décidé moi-même d’entreprendre, pas ce que les autres veulent de moi.." Drôle de façon de faire.

Femmes à barbe et chienne de garde

Personne non plus ne remarque que celle qui doit être la plus embarrassée dans cette affaire est la propre directrice de la communication du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, Marie-Noëlle Bas, qui a défendu en son temps, en tant que présidente de l’association féministe Chiennes de garde, la cause même à propos de laquelle le festival est montré du doigt ici.

On a oublié aussi que ce n’est pas la première fois que le FIBD est épinglé par les féministes. Déjà en 2013, elles avaient fait irruption à la cérémonie des prix pour protester en tant que "femmes à barbe" à propos du manque de visibilité faite aux femmes dans la bande dessinée..

Cela Franck Bondoux, le patron de 9e Art +, organisateur du FIBD, s’est abstenu de le rappeler d’autant que sa défense s’entortille dans la maladresse. Ainsi déclare-t-il au Monde : "Il y a malheureusement peu de femmes dans l’histoire de la bande dessinée. C’est une réalité. Si vous allez au Louvre, vous trouverez également assez peu d’artistes féminines." Et d’expliquer, sur Canal +, avec une muflerie ingénue, que les deux femmes qui figuraient sur la liste l’année dernière avaient été retirées parce que peu de suffrages s’étaient arrêtés sur elles. Le FIBD rappelle dans un communiqué (voir ci-dessous) que le Festival "aime les femmes" puisqu’il y en a dix qui figurent dans la sélection officielle. Sur plus de 40 albums nommés...

"La polémique sur le grand prix d’Angoulême ne cesse d’enfler, écrit Benoit Peeters sur sa page Facebook. Les organisateurs se grandiraient en reconnaissant une erreur et en reprenant la procédure de vote à zéro."

Et un jour une femme... (air connu)

Sur la page Facebook de Seb Portet
(c) S. Portet

C’est ce que le Festival va finir par faire en ajoutant à sa liste la pétulante Linda Barry, pionnière de la scène Underground américaine, Julie Doucet, l’une des figures de la nouvelle BD francophone, notamment publiée à L’Association, Moto Hagio l’une des fondatrices du genre Shojo Manga (Mangas pour filles), Chantal Montellier, combattante de la cause féminine et fondatrice du Prix Artemisia, l’incontournable Marjane Satrapi et l’élégante Posy Simmonds dont la carrière est suffisamment longue et exemplaire pour justifier sa présence.

Reste à sa voir si les dix auteurs qui ont demandé d’être retirés de la liste veulent y être maintenus. A-t-on demandé leur assentiment, comme à Alan Moore ?

La mesure appelle en tout cas à l’apaisement. Immédiatement, Jean-Luc Fromental prend acte : "Merci de votre réactivité, amis du grand prix, et plus Fuck You, du coup… (malgré des explications un peu, comment dire… ?) Et pour répondre à la judicieuse remarque de Pénélope Bagieu, oui, cette année ça risque de faire un peu plan B, mais pensez à la prochaine et à toutes les suivantes, quand ce sera devenu une évidence."

Décidément, cette année encore, le Festival d’Angoulême est celui des polémiques et de couacs. Avec une femme à sa tête, il mourrait peut-être moins bête, pour emprunter une formule à une créatrice de BD.... Mais cela, cela ne risque pas d’arriver dans les dix prochaines années apparemment... Les moqueries fusent sur les réseaux sociaux.

Communiqué du FIBD : "Le Festival aime les femmes"

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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29 Messages :
  • un arrangement cosmétique suffit-il à rattraper un manque d’intentions plus profond. si rajouter une poignée de femmes à la volée pour claquer un quotas suffit à la tranquilité d’esprit des gens de la culture BD alors il faudra dire que ça va ?

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  • Les 6 femmes nommées :

    Linda Barry, Julie Doucet, Moto Hagio, Chantal Montellier, Marjane Satrapi et Posy Simmonds.

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    • Répondu le 7 janvier 2016 à  14:27 :

      Alors, dans cette liste, j’hésite, pour qui voter ? Claire Brétécner, Catherine Meurisse, Aude Picault, Anouk Ricard ?

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      • Répondu le 7 janvier 2016 à  17:01 :

        Bretecher !!! Elle a apporté énormément à la bd française. Les autres ne sont qu’en première partie de leur parcours. On a tendance à oublier que ce prix était à l’origine pour le couronnement d’une carrière et pour l’apport supposé à ce médium.... Bretecher répond à ces deux critères. Le vrai scandale n’est pas cette histoire de manque d’auteures, mais que bretecher n’ait toujours pas eu le grand prix !

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        • Répondu par JLF le 8 janvier 2016 à  01:19 :

          Désolé de vous contredire, mais certains de ces noms sont ceux d’auteures au travail depuis les années 70. Avec dans le cas de Montellier, une très grosse et très combative bibliographie. Posy Simmonds a commencé en 77 dans le Guardian avec une saga - inconnue en France mais considérable au Royaume-Uni - intitulée The Webers, avant de donner les deux chefs d’œuvre du roman graphique que l’on sait. Linda Barry et Julie Doucet sont des figures majeures du post-underground nord-américain. Je ne sais pas pour Moto Hagio, mais aucune de ces femmes ne se trouve "en première partie de parcours", loin de là. Quant à Marjane, elle a annoncé qu’elle ne ferait plus de BD. C’est très bien de militer pour Claire B. mais ça ne doit pas non plus vous faire écrire n’importe quoi. Cordialement.

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        • Répondu par PhilC le 8 janvier 2016 à  10:17 :

          Elle a eu le super grand prix du 10ème anniversaire !

          A ma connaissance aucun auteur ayant reçu un "super" grand prix n’en a reçu en plus un ordinaire annuel (Brétecher, Morris, Pratt, Uderzo, Toriyama). Que d’immenses auteurs !

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    • Répondu par PhilC le 8 janvier 2016 à  10:34 :

      Linda Barry : un seul livre publié en France

      Julie Doucet : Un fauve "Trash", je suis fan !

      Moto Hagio : un peu caricatural car c’est une auteure spécialisée dans le manga pour filles et qui malgré une oeuvre conséquente, n’a été publiée qu’une fois en France.

      Chantal Montellier : pour un fauve de l’ennui peut-être !

      Marjane Satrapi : incontournable mais petite oeuvre (en volume pas en qualité) et a renoncé à la BD depuis plusieurs année !

      Posy Simmonds : peu de publication en France mais grande auteure !

      Faites votre choix !

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  • Angoulême 2016 : Le Festival des couacs
    7 janvier 2016 12:11, par Queren

    Ce qu’aurait dû faire le festival, c’est inverser le principe l’année prochaine et ne donner une liste avec que des femmes : 30 femmes et aucun homme. Je donne des noms :

    Joëlle Savet
    Amandine
    Pénélope Bagieu
    Claire Bretécher
    Nancy Pena
    Barbara Canepa
    Coco
    Colonel Moutarde
    Chloé Cruchaudet
    Florence Dupré la Tour
    Lucie Durbiano
    Dodo
    Annie Goetzinger
    Laurence Harlé
    Kerascoët
    Magda
    Florence Magnin
    Lisa Mandel
    Valérie Mangin
    Catherine Meurisse
    Marion Montaigne
    Myriam Rak
    Chantal Montellier
    Aude Picault
    Anne Renaud
    Bastien Vives
    Anouk Ricard
    Marjane Satrapi
    Posy Simmonds
    Béatrice Tillier
    Claire Wendling

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    • Répondu par La plume occulte le 7 janvier 2016 à  14:40 :

      Bastien Vivès nommé dans une liste qui ne devrait contenir que des femmes:de toute évidence il ne nous avait pas tout dit ;on comprend mieux maintenant ces multiples tentatives infructueuses pour avoir du poil au menton ,compensées par une suave crinière de jais en bataille.
      A moins que le mâtin matois ne se soit arrangé pour se retrouver , seul,en galante et copieuse compagnie...
      On ne peut pas dire mieux que chapeau maestro.

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    • Répondu le 7 janvier 2016 à  17:05 :

      C’est gentil de vous souvenir de Laurence Harlé qui était une très bonne scénariste et une femme passionnante et passionnée, mais hélas elle nous a quitté il y a déjà quelques années. Mais, puisque vous la citez, profitons-en pour relire avidement Jonathan Cartland !

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  • Angoulême 2016 : Le Festival des couacs
    7 janvier 2016 12:35, par Bastien

    Un beau couac ? Non, un bel exemple de révisionnisme politiquement correct, typique de l’ère "réseaux sociaux".

    - Les faits : l’histoire de la BD est ce qu’elle est : une évolution essentiellement masculine, très patriarcale, via les pouvoirs (éditeurs, censure...) ou les pensées (dénigrement des lecteurs/trices et auto-dénigrement d’auteures qui pourraient, qui auraient pu), menant à un résultat évident : les auteurs-phares sont principalement des hommes (la liste corrigée n’en est que plus cruelle).

    - Les envies : on voudrait tellement qu’il y ait plus de femmes marquantes dans la BD, que celles qui le sont puissent être comparées aux 30 choisis... qu’on est prêts à tordre la réalité pour s’en persuader, à inventer une réalité imaginaire, quitte à en passer par un révisionnisme idéalisé.

    - Les réseaux sociaux : alors, une femme commence par se plaindre ouvertement de cette réalité désagréable, suivie par d’autres auteures et féministes (femmes et hommes), puis par tous les humanistes, égalitaires et suiveurs... et ainsi, les émotions priment sur la raison. Il n’est plus possible d’en revenir aux sources, sous peine de retour de bâton.

    Dès lors, il ne reste plus qu’à ajouter, dans la liste, les femmes réclamées... pour s’apercevoir que seules nos lunettes roses permettent d’y voir autant de génie que dans l’inventaire masculin (sauf pour certains fans et militants dont le jugement n’est pas très partial).

    On voudrait ne pas avoir à user de discrimination positive, à juger les auteurs sans faire mention de leur sexe... mais on voudrait aussi que la réalité soit autre, que le nombre de femmes marquantes ne soit pas encore et toujours "en voie de". Et pour cela, on cherche du patriarcat là où il n’est pas, on imagine un complot masculin en une ère où ces considérations (sauf cas particuliers) ne sont plus de mise.

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    • Répondu par pouette le 7 janvier 2016 à  13:26 :

      ça parait pourtant simple : la liste des nominés est uniquement masculine, dans une profession qui est mixte.
      Ce que constatant, une partie de la dite profession proteste et appelle au boycott (pas à l’établissement d’une liste paritaire, ou avec des quotas)

      Enfin le festival tente de se rattraper aux branches en modifiant sa liste avec des nominées, ce qui est ridicule : soit la première liste était incontestable "artistiquement" et elle devait être maintenue contre vents et marées, soit on rajoute des noms pour faire plaisir et c’est bidon - et, au passage, passablement humiliant pour les nouvelles nominées.
      L’étape suivante : que les nouvelles nominées refusent de faire partie de cette mascarade et on verra la tête piteuse du directeur du festival
       :)

      en tout cas, organisé(e), on se défend mieux que tout(e) seul(e)

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      • Répondu le 7 janvier 2016 à  14:15 :

        ...et la liste vient de passer à la trappe http://www.bdangouleme.com/934,la-p...

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      • Répondu par M le 7 janvier 2016 à  14:32 :

        Si les auteurs femmes avaient plus de talent elles seraient représentées dans la liste, mais les meilleures auteurs femmes sont moins bonnes que les meilleurs auteurs hommes, c’est un fait, et ça n’enlève rien aux qualités d’Annie Goetzinger (son scénariste Christin est dans la liste d’ailleurs) ou de Chantal Montellier (dont le dessin est plus que médiocre, on dirait du Teulé ou du Boilet), mais comment s’étonner que le collège d’auteurs préfèrent voter pour les meilleurs auteurs à leurs yeux, ceux qui ont le plus apporté. Comment pourraient-ils voter pour Marjane Satrapi qui a emprunté le dessin de David B pour illustrer son propos, certes intéressant, mais qui n’a rien de révolutionnaire. Si la règle c’est que ceux qui ont eu le moins de suffrage sont sortis de la liste, respectons-là et mettons d’autres noms à la place, mais pour leur valeur intrinsèque, pas parce que ce sont des femmes.

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        • Répondu par JLF le 8 janvier 2016 à  01:22 :

          M le Maudit ? Je comprends mieux votre aigreur.

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        • Répondu par Elle le 8 janvier 2016 à  17:43 :

          "les meilleures auteurs femmes sont moins bonnes que les meilleurs auteurs hommes" Mais mon pauvre chéri, vous en êtes resté à Annie Goetzinger et Montellier (quel ennui !) Oups, vous avez quand même lu Satrapi. Ca ne vous dérange pas trop de juger la BD faites par les femmes alors que vous n’y connaissez juste rien ??

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    • Répondu par Guerlain le 7 janvier 2016 à  14:34 :

      quelques noms qui méritent qu’on s’y arrêtent
      http://www.slate.fr/story/112377/angouleme-bd-femmes-liste
      personnellement, les noms de Bechdel, Montellier, Simmonds, Puchol, Doucet, Satrapi me semblent plus que légitimes.
      sans commencer à se demander si ces noms sont plus ou moins légitimes que ceux de la liste intitiale, on peut rappeler de se dire qu’en constituant cette liste, il y a certainement eu des débats parce que plusieurs dizaines d’uatres auteurs auraient pû prétendre à cette liste sans rougir.
      Dans les choix qui ont été posé pour arriver à une liste équilibrée, les femmes ont été exclues.
      Imaginez une liste de 30 auteurs complètement légitimes ; mais tous français. Il y aurait une bronca. Idem avec une liste qui excluerait tout auteur français. Scandale. Cette liste ne serait pas représentative. Mais quand il s’agit de l’absence de femmes, cela ne poserait pas de problème ? L’argument des organisatuers témoigne soit de mépris pour les auteurs, soit d’une incompétence crasse.
      Ce prix 2016 aura du mal à être crédible après ces conneries.

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    • Répondu par Sergio Salma le 7 janvier 2016 à  14:57 :

      haha "typique de l’ère des réseaux sociaux" . Vous oubliez ...et des sites dédiés où chacun peut donner son opinion. Voilà donc la vôtre et immédiatement invalidée par les faits. Eh oui ça va vite désormais. Vous êtes largué vous aussi.

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      • Répondu par Bastien le 7 janvier 2016 à  16:01 :

        "(...) Du révisionnisme politiquement correct... typique de notre époque", en tout cas. Des envies, plutôt que la prise en compte des faits.

        Ce n’est pas la circulation des avis que je juge, c’est la tendance à la distorsion des causes pour les rendre plus consensuelles et populaires (et je vous ai connu plus affûté qu’un "c’est celui qui dit qui est" ;) )

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        • Répondu par Nexus le 7 janvier 2016 à  17:24 :

          Peut-être aussi qu’on pourrait leur demander ce qu’elles en pensent. Peut-être qu’elles veulent être vues comme des auteurs et non comme des femmes avant tout. Qu’on les distinguent pour ce qu’elles ont fait et non parce qu’elles le font.
          Pour ce prix, à mon avis, la question est bien : Y-a-t-il une oeuvre et un parcours d’un auteur (homme ou femme, français ou étranger, noir ou blanc, petit ou grand) méritant d’être distingué spécifiquement.
          Et beaucoup d’hommes, de femmes, de noirs, de blancs, de petits, et de grands manquent dans cette liste, et d’autres ne devraient pas y être encore.
          on gagnerait en tout cas à assumer des distinctions de styles et donc d’hémisphères (asie, amerique, europe), plutôt que de genres physiques, sans rapport avec le contenu.

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          • Répondu par Elle le 8 janvier 2016 à  17:55 :

            Je suis une auteure et franchement je m’en fous du festival d’Angoulême et de cette polémique. Je trouve ça contre productif de se plaindre comme si nous les femmes on était des pauvres victimes. Brétecher a son expo à Beaubourg, c’est bien plus fort et grand. Angoulême c’est tellement médiocre quelque part, quand tu vois les Eisners Awards à côté, le salon jeunesse de Montreuil, Cannes... Quand tu lis la réponse de Franck Bondoux dans télérama, le niveau de muflerie du gars, son inculture sur la BD "féminine". Je n’ai pas besoin d’eux pour tracer ma route.

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  • Angoulême 2016 : Le Festival des couacs
    8 janvier 2016 01:04, par La plume occulte

    Quelle époque opaque.Partout se multiplient les procès d’intention qui tournent vite aux procès en sorcellerie,on sent les bûchers qui crépitent,même la volonté de rire en s’en payant une bonne tranche devient coupable.On ne peut plus rien dire,ou faire,sans être très vite suspect de tout et son contraire,rattrapé par cette multiplication des cul-bénits dans le paysage,qui s’agitent et vocifèrent .Et on est prié de suivre au garde-à-vous.

    Déjà,Franchement,exiger de mettre des femmes,juste parce que ce sont des femmes,dans une liste de présélection destinée à élire les membres les plus emblématiques d’un domaine particulier,quelle étrange ,très étrange conception du féminisme ! On aurait pu naïvement penser qu’en cette morne période où les divisions tristement s’amoncellent,partout,un peu de concorde en cette date anniversaire du 7 janvier douloureusement évocatrice aurait été pour le moins bienvenue. Surtout qu’à cette occasion les projecteurs sont braqués sur la corporation des artistes du crayon et consorts pour normalement en dresser les louanges.Las,c’est le bordel général,avec récupérations opportunes et autopromotionnelles de tous bords ,la chienlit mon capitaine, jusqu’au ridicule,avec crêpage frénétique de chignon....Pour un état de fait qui n’est peut être que conjoncturel et ponctuel,laissons-en au moins le crédit aux instances du festival-voilà que pour le coup on se retrouve à prendre le parti d’un énergumène comme Franck Bondoux !

    Joli spectacle,hystérisation à tous les étages messieurs et surtout mesdames:pathétique ;typiquement on se croirait arrivé en plein lancement du premier jour des soldes,belle image,même si le coup de pub est du tonnerre,vu qu’on en parle partout !Oui quelle image flatteuse pour le médium BD,sa crédibilité.Crédibilité dont le monde de la BD est si copieusement pourvu qu’il peut se permettre de la dilapider sans compter.On en voit déjà se taper sur le ventre et rigoler comme des poneys.
    Parité nous sermonnent les cul-bénits,même dans les cas où cet antienne ne correspond à rien de cohérent:pas grave,pour ce qui est de la finesse de l’humour affiché à cette occasion comme pour le reste ,on voit que,de la même manière,ces gentes dames n’ont rien à envier aux mecs dans le domaine de la dive connerie ;ce qui reste rassurant pour l’avenir quoi qu’il arrive.
    Mais pour rester dans la ligne des remarques pointées par l’article,personne ne semble avoir remarqué au passage que,dans le comité de sélection qui a choisi les 62 albums en compétition pour les différents prix http://www.actuabd.com/Angouleme-2016-Desormais-la ,il manque trois des acteurs primordiaux du monde de la BD,trois incontournables,dont on ne saurait se passer :à savoir un éditeur,un auteur,et surtout un lecteur ! Quand dans la composition du grand jury final il manque toujours un éditeur et un lecteur ! Discrimination outrancière doit-on dire,ni plus ni moins !Je demande donc instamment aux dix femmes dont l’incontestable talent est mis sous les projecteurs par cette présélection de se désolidariser subito presto,par le même élan de solidarité qu’elles réclament et le même sens de l’égalité,de cette mascarade ségrégationniste.Sinon alors bon quoi alors...

    Finalement la seule bonne nouvelle avec cette tempête dans un verre d’eau aux relent stalinien:c’est que si cette année ce n’est pas une femme qui est élue Grand Prix,on voit fatalement débarrouler à la cérémonie de remise du prix les Femens ,vociférentes et dépoitraillées comme de juste,féministes on ne peut plus admirables,elles,lucides et non pas dans la victimisation communautariste chronique ou la posture dandy ;Femens perspective alléchante,qui ,en plus de rebraquer efficacement les projecteurs sur le festival d’Angoulême et la BD ,risquent pour le moins de faire se précipiter à cette fête des petits Mickeys une horde de ces lecteurs honnis,fans de filles à gros lolos armées d’une épée ou d’un gros flingue,qui risquent de faire péter dans l’élan le record de la billetterie du festival.Chiche.
    Pour conclure merde aux cul-bénits ,surtout les calculateurs,et paix sur la terre aux hommes -et aux femmes- de bonne volonté.

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    • Répondu par Pirlouit le 9 janvier 2016 à  20:08 :

      C’est vrai qu’en invitées-surprise, les Femen dont certaines étaient copines de l’équipe de Charlie-hebdo, ça aurait plus de retentissement que la visite de Fleur ou de Ségo. Mais celui que j’attends le plus, c’est le fameux entartreur belge !

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      • Répondu par La plume occulte le 10 janvier 2016 à  12:58 :

        {}L’entarteur, oui bien sûr, un dieu vivant pour moi, quelle revanche pour la Belgique à Angoulême !Mais il risque d’être surbooké.

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        • Répondu par Jack Ho ! le 10 janvier 2016 à  17:07 :

          Tir groupé possible à la Cérémonie de remise des prix, où il y aura tous les organisateurs et responsables de cette sélection si pointue qu’elle en fait mal aux yeux et au derrière des lecteurs de BD normaux, ceux qui ont appris à lire avec les revues Vaillant, Spirou et Tintin, puis Pilote, Charlie-Mensuel, l’Echo, Métal, Fluide.
          J’imagine le vigile qui fouille le sac de l’entartreur : "C’est quoi, ça ?". "Ben mon casse-croute" répond-il. "C’est bon, allez y" décrète le vigile.
          Enormes retombées médiatiques possibles sur tous les journaux BD, de quoi relancer le FIBD pendant au moins cinq ans.

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          • Répondu par La plume occulte le 11 janvier 2016 à  11:21 :

            Espérons qu’il respecte une certaine parité.
            Sinon on va encore dire....

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  • Angoulême 2016 : Le Festival des couacs
    9 janvier 2016 16:30, par La plume occulte

    On connaît les vrais gagnants de toute cette pétaradante affaire,champions habituels de l’autopromo qui aujourd’hui triomphent comme jamais sur le cadavre de la fragile crédibilité du monde de la BD.Les médias,surtout féminins,en ont plein la bouche,où l’encensoir côtoie le plus expéditif des bûchers:bravo les artistes,surtout des mecs,encore un joli coup à mettre à votre actif !Votre vrai talent serait-il là ?

    Par ailleurs l’acte de contrition continu :http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/09/le-mea-culpa-du-directeur-du-festival-d-angouleme_4844492_3232.html .Par contre on attend encore que les pourfendeurs d’inégalités en tous genres ,justicie.è.r.e.s si prompts normalement à l’indignation mais peut être un peu essouflé.e.s on le comprend,se désolidarisent de cette présélection de 62 albums donc le comité de sélection,comme le grand jury final,est pour le moins biaisé avec la mise à l’écart de trois des acteurs les plus vitaux de la BD,on le répète:un éditeur,un auteur,et surtout un lecteur !
    A moins que chacun voit juste midi à sa porte,ou bien que,comme il se doit, charité bien ordonnée commence par soi-même...

    Belle mentalité.

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    • Répondu par Nexus le 11 janvier 2016 à  17:15 :

      J’ai l’impression qu’en fait c’est un double raté qui associe la stupide "faute" grossière à une émotion exacerbée par un besoin de "justice".

      - d’une part, premier raté, il n’est pas crédible d’identifier la femme comme différenciable de l’homme en terme de capacités artistiques ou intellectuelles. Donc on ne saurait réclamer un "quotas" de femmes dans cette liste sans faire preuve d’une misogynie antique. Je n’y ai vu là plutôt que confusions, et finalement, bonnes intentions mal exprimées.

      - d’autre part, second raté, il n’est pas cohérent en termes intellectuels ou artistiques de ne pas voir de femmes dans cette liste, tant sont innombrables les postulantes et également à l’international. Un raté aussi involontaire que contre-productif de gens qu’on peut accuser de beaucoup de choses (là on peut) mais pas, je pense, de misogynie.

      Alors après on est français, donc on commence par dresser des bûchers, et puis on cause, et puis on s’embrouille, et tout cela pourra néanmoins et de manière amusante ouvrir sur des idées et des évolutions à venir très positives et innovantes. Ah, ce coq qui ne chante bien que les deux pieds dans la merde....
      Donc rien que de très normal, en somme.

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