Angoulême 2017 : un palmarès sans scandale

29 janvier 2017 23 commentaires
  • Après le scandale de la cérémonie 2016 avec ses "faux fauve", son humour incontrôlé et quelquefois vulgaire, son amateurisme et son soupçon de parfum machiste, le FIBD était attendu au tournant. Il s'est acquitté cette année d'une cérémonie sans faute. Quant au palmarès, il est dans la droite ligne de la doxa angoumoisine.

Après la prestation édifiante de l’année dernière, les festivaliers accrédités à la cérémonie des Fauves étaient arrivés avec un mélange de curiosité et d’appréhension. Mais était-ce la conséquence des réactions enflammées de 2016 ou de l’annonce de la ministre cette semaine de sa volonté de placer une tutelle sur la gouvernance du festival, la soirée s’est présentée d’une façon humble et rythmée qui tranchait nettement avec celle de l’année dernière.

Angoulême 2017 : un palmarès sans scandale
Stéphane Beaujean et la présidente du jury, la créatrice britannique Posy Simmonds

Elle commença comme d’habitude avec l’hommage aux auteurs disparus cette année, notamment via la projection de deux vidéos culturo-humoristique de la Coccinelle de Gotlib, Stéphane Beaujean, le nouveau directeur artistique du FIBD imposa une atmosphère respectueuse et un tempo fluide sans temps mort.

Il a notamment exprimé sa reconnaissance au Grand Prix de l’année précédente, qui a aidé le FIBD à panser ses plaies : « Merci à Hermann, qui a été extrêmement bienveillant et passionné : Il a nous toujours accueilli avec beaucoup de chaleur, et cela a été vrai plaisir de travailler avec lui, notamment grâce à de passionnantes conversations. Et il passe maintenant le relais à Cosey, ce qui nous augure d’amoureuses contemplations du ciel du haut des cimes suisses. »

En contrepied des « faux-fauves » de l’année dernière, le directeur artistique a eu une pensée pour tous les sélectionnés qui allaient repartir de cette cérémonie sans récompense : « Cela nous attriste de savoir qu’une majorité repartira déçu, car on ne fait pas ce travail pour rendre les autres tristes. Et même si nous pensons récompenser les meilleurs albums de cette année, dites-vous qu’il ne s’agit que d’un choix subjectif qui couronne en théorie les meilleurs albums, mais c’est l’œuvre du consensus d’un jury au sein d’une sélection singulière. Votre infortune compte beaucoup dans la noblesse de cette sélection et de cette cérémonie. » Une première !

Le ton de la remise des prix n’a pourtant pas du tout été morne, notamment grâce à l’intervention de l’humoriste Nora Hamzawi, membre du jury. Elle a d’entrée prévenu l’assistance : « Je ne me risquerais pas à faire de l’humour aujourd’hui : le niveau de l’année dernière était très élevé, et je ne voudrais pas risquer de faire moins bien ! » Grands rires dans la salle.

Et l’humoriste d’enchaîner en dévoilant quelques coulisses du fonctionnement du jury, du point de vue de la non-professionnelle de la bande dessinée qu’elle est : « Pour légitimer ma présence au sein du jury, on m’a expliqué qu’ils désiraient non des experts du milieu, mais au contraire, des amateurs justement non pointus. Le genre de phrase que tu ne sais pas trop comment tu dois le prendre. Un peu comme si vous étiez délégué de classe alors que vous êtes nul en cours. Et je dois avouer que j’avais beaucoup fantasmé sur les délibérations des prix pour le FIBD : "Cela doit fumer, picoler, discuter politique et actualité !", me suis-je dit. Et c’est vrai que cela picole beaucoup ! En tout cas, merci à tous, car vous m’avez sauvé du vieux complexe. En effet, lorsque je rentrais à la bibliothèque de mon école, j’étais accueillie par un « Ah, Mlle Hamzawi, vous recherchez sans doute un livre avec des images ?" me lançait en m’humiliant par une dame du CDI[[Centre de Documentation et d’Information.], qui sentait l’encens et la clope froide. Et grâce à vous, je suis heureuse que vous m’ayez fait découvrir la lecture avec des livres intelligents, et avec des images ! »

La touche d’humour de Nora Hamzawi, membre du jury.

Comme annoncé précédemment, voici la liste des lauréats :

- Fauve de la BD alternative : Biscoto, Le journal plus fort que costaud, édité par Association Biscoto éditions (fondé par Julie Staebler & Suzanne Arhex)

Jean-Christophe Menu est venu rendre, selon lui, « un double prix » : « Je voudrais attribuer un prix officieux au jury du Prix de la BD alternative, car la délibération est une des rares réunions qui aboutit toujours à un consensus : aucun membre du jury n’est frustré depuis une quinzaine d’année. Une exception pérenne pour tout ce qui peut se dérouler à Angoulême… Normalement, nous alternons des récompenses pour des initiatives française et internationale, car nous recevons des projets des quatre coins du monde. Et cette année, nous voulons saluer un concurrent régulier, qui participe à la compétition depuis trois-quatre ans, et qui s’adresse à la jeunesse : Biscoto »

Les deux actuelles co-édictrice de Biscoto, Julie Staebler & Catherine Staebler sont montées recevoir leur prix en expliquant leur démarche : « Biscoto est un journal mensuel qu’on publie depuis quatre ans : nous défendons une presse culottée, audacieuse et alternative, qui place l’accent sur l’image. Nous voulons éduquer des lecteurs curieux, avec un sens critique pour l’avenir. Et nous partageons bien entendu ce prix avec la centaine d’auteurs qui ont contribué à Biscoto depuis ces quatre années. Pour ceux qui s’intéressent à notre engagement éditorial et humain, nous fixons rendez-vous dans notre 50e numéro qui paraîtra prochainement. »

- Fauve du prix public Cultura : L’Homme qui tua Lucky Luke, de Matthieu Bonhomme (Lucky Comics)

Pour rappel, ce prix est élu par le public au sein d’une sélection de douze titres choisis par les libraires de Cultura. Notons tout de même une participation en déclin, car si 20.000 personnes avaient voté en 2016, Jean Luc Trottener représentant de l’enseigne a cette année annoncé « Plus de 15.000 votants »... Un effet "primaires" ?

Voici ce que nous écrivions précédemment concernant cette interprétation du mythique héros créé par Morris : « En fin connaisseur du médium bande dessinée, Bonhomme a su habilement varier les ambiances pour livrer un récit qui se lit d’une traite. Après un début lugubre, l’alternance de moments intimes et de partage, ou de séquences non dénuées d’humour donne une belle cohérence au récit, permettant à toutes ces allusions et références de prendre le pas sur une intrigue un peu moins convaincante. Le lecteur ne s’y trompe pas, notamment dans une superbe séquence finale qui fait la part belle à la psychologie de l’homme qui tire plus que son ombre. »

Matthieu Bonhomme, Prix du public Cultura pour "L’Homme qui tua Lucky Luke" (Dargaud). Un Lucky Luke bien vivant !

Déjà titulaire du prix des lycéens de Poitou-Charentes, Matthieu Bonhomme est venu recevoir ce second prix, habillé par hasard de la même couleur du fauve. Outre les remerciements d’usage, l’auteur a noté que le western est un genre parfois nommé, mais pas souvent primé. « J’ai donc une pensée pour deux auteurs : Christian Rossi & Christophe Blain que je considère respectivement un peu comme mon père et mon frère en bande dessinée. »

- Fauve Polar SNCF : L’Été Diabolik, d’Alexandre Clérisse & Thierry Smolderen (Dargaud)

Tristan Martine avait attiré notre attention sur cet hommage aux années Sixties, et au menaçant Diabolik : « Cet « Été Diabolik », servi par Smolderen & Clérisse louvoie entre rêve et réalité, entre acide et espionnage. L’avalanche de références aurait pu faire craindre un récit trop sage, trop hermétique ou versant trop dans le pastiche. Il n’en est rien ! Ce récit graphique, construit sur des faux-semblants, louvoyant intelligemment entre roman d’initiation, polar et histoire d’espionnage, ferait assurément un très bon film. En attendant, on en prend plein les yeux, tout en savourant son plaisir ! Un petit bijou graphique à recommander chaudement ! »

Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse reçoivent le Fauve Polar SNCF pour "L’Été Diabolik" (Dargaud)

- Fauve du patrimoine : Le Club des divorcés, Tome 2 par Kazuo Kamimura (Kana)

Investi dans son rôle, Stéphane Beaujean a rappelé que ce prix récompense une œuvre publiée il y a plus de vingt ans, et dont le travail éditorial permet de de redécouvrir une œuvre de qualité.

"Le Club des divorcés", Tome 2 par Kazuo Kamimura (Kana)

Et c’est Christel Hoolans de (Kana) qui est venu le chercher : « Je suis très contente de recevoir ce prix, car cela fait dix ans qu’on édite Kamimura, dans l’indifférence presque totale [Pas celle d’ActuaBD...NDLR]. Son œuvre est pourtant une leçon d’élégance et d’épure. Et son style reste intemporel car on m’a encore demandé des dizaines de fois d’organiser une dédicace avec l’auteur, alors qu’il est décédé depuis des dizaines d’années [NDLR : 1986]. Je tiens à remercier sa fille pour le travail de classement et d’archivage des œuvres de son père, ce qui aide beaucoup les éditeurs. Enfin, je tiens remercier Stéphane Beaujean, car il est le commissaire de l’exposition proposée cette année. En effet, nous n’avons reçu que des compliments sur cette expo qui a réuni plus de 150 originaux, ce qui est très rare dans le domaine du manga. »

Citons encore Florian Rubis, dont nous vous conseillons la lecture de l’article concernant cette superbe exposition consacrée à Kamimura : « La relance de l’intérêt pour l’artiste japonais doit beaucoup à la persévérance éditoriale démontrée à son sujet par la collection Sensei de Kana. La proximité de l’éditeur avec sa fille et principal ayant droit a contribué à la profusion de presque 150 originaux présentés à Angoulême. Le legs prolifique d’un grand maître trop tôt disparu tel Kazuo Kamimura trouve un bel écrin dans le musée des Beaux-Arts d’Angoulême. Les amateurs de bande dessinée japonaise le savent bien : en ce domaine, l’occasion se présente rarement d’admirer des originaux - surtout autant ! Festivaliers, précipitez-vous sur la possibilité ainsi offerte ! Pour les apprécier, les Angoumoisins auront, eux, jusqu’au 15 mars 2017. »

-  Fauve d’Angoulême - Prix Révélation : Mauvaises filles par Ancco (Cornélius)

Le prix Révélation s’adresse à un auteur qui a réalisé trois livres maximum. Et d’après le jury, le choix d’Ancco a fait très rapidement fait l’unanimité.

Nous avions déjà eu l’occasion de découvrir le travail cette jeune autrice lors de l’exposition réalisée par le centre culturel coréen de Bruxelles dans le cadre de la Fête de la BD de Bruxelles 2016 : « Je désire apporter une vision autobiographique, mais sans exagération. Mon travail se porte également sur l’odeur. Je veux faire "sentir" des éléments au lecteur, au sens olfactif [du terme]. »

La jeune Coréenne s’est présentée sur scène, très émue : « Je n’arrive pas à croire que je sois là aujourd’hui. Je pensais que j’étais une personne bizarre, car j’habitais toute seule et je passais mon temps à dessiner. Grâce à ma venue à Angoulême, je me suis rendu compte qu’il y a avait beaucoup de gens bizarres comme moi : c’est donc cela, la bande dessinée ? »

Ancco, Prix Révélation 2017 avec son éditeur Jean-Louis Gauthey (Cornélius)

- Fauve d’Angoulême - Prix de la série : Chiisakobe, tome 4 par Minetaro Mochizuki (Le Lézard Noir)

Chiisakobe, tome 4 - Minetaro Mochizuki (Le Lézard noir)

Aurélien Pigeat nous parlait avec passion de cette série de Minetaro Mochizuki : « [Le] design [de Chiisakobe] semble tout droit sorti de La Famille Tenenbaum de Wes Anderson : entre la barbe, les lunettes de soleil et le bandeau, on colle au plus près du Richie incarné par Luke Wilson dans le film, et on attend le grand moment où on devrait enfin découvrir le visage du héros. Ce choix, et l’emprunt lui-même, créent immédiatement un décalage burlesque savoureux qui permet d’en partie désamorcer des situations délicates et de tempérer le pathos par une forme de légèreté savamment dosée. Tout ceci permet de déployer des trésors d’intelligence et de tendresse, comme on en découvre peu dans le manga. Avec un tel titre, le Lézard Noir propose indéniablement l’une des références de l’année à destination d’un public adulte. »

L’éditeur est monté sur scène pour recueillir la récompense : « Il est gênant de recevoir un prix pour l’auteur. Surtout qu’il n’est pas là cette année, car il était présent l’année dernière et m’avait exprimé sa déception de ne pas avoir ramené de prix alors qu’il était déjà sélectionné. Il s’excusait de cet échec... ». Une belle leçon d’humilité.

-  Fauve d’Angoulême - Prix Spécial du jury : Ce qu’il faut de terre à l’homme, par Martin Veyron (Dargaud)

« Cette fable est rondement menée par Martin Veyron, expliquait Tristan Martine, Qui l’agrémente de son sens de l’humour, de la dérision, mettant en scène de nombreuses situations cocasses. Cela rend son propos malgré tout très léger, vivant et très agréable à lire. Son dessin est toujours d’une rare élégance, tout en rondeur, son découpage rend l’ensemble d’une lisibilité exemplaire, extrêmement rythmé et fluide, et les couleurs sont simplement magnifiques et nous plongent avec délice dans une Russie du XIXe siècle très bien peinte. Un conte philosophique très réussi ! »

Martin Veyron, ancien Grand Prix d’Angoulême, reçoit le Prix Spécial du jury pour "Ce qu’il faut de terre à l’homme" (Dargaud). "Je partage ce prix avec Léon Tolstoï. Je l’ai pompé un peu quand même" a-t-il expliqué.

- Fauve d’or - Prix du meilleur album : Paysage après la bataille par Philippe de Pierpont & Éric Lambé, (Actes Sud BD/Frémok)

Posy Simmonds, la présidente britannique du jury, est montée personnellement sur scène pour remettre ce prix, alliant classe, humour et décontraction : « C’est un honneur d’être présidente du jury en dépit de l’affaire du Brexit ! Le niveau global était très élevé, et nous avons besoin de la force créative de la bande dessinée dans cette période difficile. »

Notre collaborateur Frédéric Hojlo n’avait pas manqué de souligner les attraits indiscutables de cet album : « Alors que le livre fait plus de 400 pages, les auteurs ont employé une économie de moyens. Économie du trait d’abord : certaines cases sont d’un minimalisme qui s’approche de l’abstraction. Aucun élément inutile ne vient distraire de l’essentiel. Économie des couleurs également : une bichromie aux tons sépia (lavis et brou de noix !) n’empêche pas quelques fulgurances. Économie de paroles enfin : de nombreux passages sont muets, les sentiments n’ayant ici nul besoin d’être explicités. Mais la parole s’avère finalement libératrice et salutaire. »

Très émus, Philippe de Pierpont et Eric Lambé, Fauve d’Or 2017 pour "Paysage après la bataille" (Actes Sud / Frémok)

« Le travail sur la forme permet dans ce livre de suggérer les émotions, sans jamais les souligner lourdement. À l’horizontalité du paysage s’oppose la verticalité des arbres. À la noirceur du moral de Fany s’oppose la blancheur de la neige qui envahit peu à peu les pages. Aux détails réalistes s’opposent des passages oniriques à la fois freudiens et cauchemardesques. La répétition des motifs minéraux et organiques sème le trouble et rappelle la douleur morale accablante qui écrase cette mère comme orpheline de son enfant. Comment vivre, ou au moins survivre, après une épreuve dont il semble impossible de se remettre ? Les auteurs ne proposent aucune solution. Ce n’est pas leur propos. Ils suggèrent simplement qu’il peut être possible de continuer avec cette déchirure, même s’il faut admettre que certaines choses ne seront plus jamais comme avant. »

Bouleversés, les auteurs se renvoyaient leur émotion, cherchant leurs mots : « Je suis aussi scénariste, expliquait Éric Lambé, Mais ici, je n’ai rien fait au niveau des dialogues, car ils sont rares dans cette histoire, mais mon dessin s’investissait complètement dans son accomplissement »

« Cela fait vingt ans qu’on travaille ensemble sur quatre livres, expliquait Philippe de Pierpont. Et dès le début, nous nous sommes dits que nous pourrions travailler ensemble, mais que nous ne serions jamais amis. Et finalement, nous nous sommes trouvés, et au-delà ! »

« Merci pour ta confiance renouvelée, a terminé Éric Lambé. Et le peu de paroles dont on n’a besoin pour exprimer des sentiments forts. Merci à nos éditeurs de nous avoir laissé porter notre exigence jusqu’au bout ! » Des éditeurs parmi lesquels Frémok, qui fête ses 20 ans cette année, et qui s’est associé pour ce livre à un autre éditeur-défricheur : Actes Sud.

C"est donc avec cette émouvante conclusion que se clôt une cérémonie sobre mais classe, placée sous le signe de la consensus, et qui a fait la part belle à Dargaud, Lucky Comics et Kana, son label manga.

Tous les lauréats du FIBD 2017

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Sur le même sujet, lire également Les "Faux-Fauves" d’Angoulême 2016, malgré le "Mea Culpa" de son auteur, suscitent colère et sarcasmes

Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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23 Messages :
  • Angoulême 2017 : un palmarès sans scandale
    29 janvier 2017 19:49, par max

    Ok, super, mais quels sont les critères d’un tel choix ? Meilleur album de l’année, mais par rapport à qui ? Dans quel style ? Pourquoi ? Dans le style alternatif, peut-être, mais un tel prix peut-il s’exonérer d’être une synthèse de ce qui se fait de mieux dans tous les styles ? Donc le fauve d’Or serait le meilleur album toutes catégories ? Heroïc Fantasy, humour, réalisme, essai, autobiographie, etc. Et pourquoi ? Juste par subjectivité ? Snobisme ? Besoin de montrer que le jury a su saisir la substantifique moelle d’un livre ? Les enjeux sont trop importants pour s’appuyer sur une subjectivité qui n’existe pas d’ailleurs. Que les jurés soient plus clairs. Leur choix est leur façon de se mettre en avant, sans tenir compte d’une quelconque objectivité du médium qu’ils jugent.

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    • Répondu par Sergio Salma le 29 janvier 2017 à  21:04 :

      mais pour des histoires de gros sous bien sûr. Comme monsieur Plume Occulte et d’autres le soutiennent, ce prix et tous les autres c’est com-mer-cial .

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    • Répondu le 29 janvier 2017 à  22:05 :

      Ce livre n’est même pas présent à la Fnac (en revanche le prix Fnac, l’été diabolique il y en a plein).

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    • Répondu par Pierre le 30 janvier 2017 à  00:27 :

      C’est le principe d’un prix...
      C’est pareil pour les Césars, le Goncourt, les Grammy Awards et plein d’autres.
      Sa légitimité ne dépend que de celle que vous voulez bien lui donner !

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    • Répondu par JDMorvan le 30 janvier 2017 à  00:52 :

      Vous l’avez lu ?

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      • Répondu par max le 30 janvier 2017 à  08:37 :

        M. Morvan, pouvez-vous nous donner vos critères de sélection, hors subjectivité ?

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        • Répondu par Guerlain le 30 janvier 2017 à  13:21 :

          si les résultats ne confirment pas vos attentes, toutes subjectives, c’est qu’ils ne se basent pas sur des réalités objectives. Intéressant concept.
          Un jury n’est que la somme des sensibilités de ses membres. Un jury est subjectif, par nature.
          Juger un livre objectivement, c’est presque insultant pour le livre et l’auteur parce que c’est faire fi de tout ce qui ne relève pas d’une application de techniques. La sincérité n’est pas objective. La beauté n’est pas objective. L’émotion n’est pas objective.
          L’art n’est pas objectif.

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          • Répondu par max le 30 janvier 2017 à  16:52 :

            Je suis bien d’accord, d’où l’absurdité d’une quelconque évaluation d’une production artistique diverse et variée, qui n’est vue que par le prisme des critères d’évaluations à la Télérama par quelques membres d’un jury qui n’en demandait pas tant.

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  • Angoulême 2017 : un palmarès sans scandale
    29 janvier 2017 21:39, par La plume occulte

    Une cérémonie,magnifique exercice d’autopromotion pour le FIBD,c’est parfait.Avec autopromo dans l’autopromo de Menu,bravo,c’est à ça qu’on reconnaît les vrais artistes ,surtout undergrounds.

    Il reste maintenant à faire une cérémonie,et avant une sélection ,qui font la promotion de la BD.

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    • Répondu par Zot ! le 30 janvier 2017 à  10:32 :

      le digne successeur du livre de Richard McGuire.... On comprends que Gallimard et Actes-Sud aient besoin d’entretenir leur image (de "découvreur de talent"), mais les libraires vont ils se précipiter pour acheter ce gros livre ??? Il est vrai qu’ils peuvent renvoyer les invendus, mais le port reste tout de même facturé !!

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      • Répondu par Guerlain le 31 janvier 2017 à  12:21 :

        les ventes repésentent le seul indicateur de qualité ?
        il ne s’agit pas d’un disque d’or. Et si on applique le raisonnement aux victoires de la musique, voius rejoignez sans doute ceux qui s’émeuvent de la non-nomination de M Pokora.

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  • Le prix Angoulême largement mérité
    30 janvier 2017 17:28, par Matthieu Wojovski

    " Paysage après la Bataille " de Philippe de Pierpont & Eric Lambé reste pour moi largement au-dessus de la liste des livres en compétition cette année, tout comme Richard McGuire en 2016 avec " Ici ". Ces deux livres respectifs montrent bien un Jury non corrompu par la mouvance molle de ce que les grandes enseignes veulent nous faire ingurgiter.
    Et de montrer qu’il existe de belles maisons d’édition non commerciales comme Le Frémok qui soigne son Catalogue avec des auteurs de qualité. Grand amateur de BD, je n’ai pas attendu le prix d’Angoulême pour acquérir ce livre et bien d’autres. Enfin, un bon livre reste un livre lu.

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  • Angoulême 2017 : un palmarès sans scandale
    31 janvier 2017 10:27, par Julien

    Pas de scandale ?! Rien que l’intro de la cérémonie pour rendre hommage aux disparus " nous nous sommes hélas trop croisé dans le cimetière" ! MAIS QUELLE BOURDE MONUMENTALE ! Même pas aux Oscars, aux Césars ... ou autre cérémonie avec "hommage aux morts" on ne dit une telle phrase ! Pas de scandale ?
    Nora Hamzawi a fait de son mieux pour faire la foule. Les gens dans la salle étaient inertes, voir trop internationale, ne comprenant pas ou peu le français. Il fallait vraiment qu’ils se forcent pour applaudir , peut-être couvert par une musique Jazz bien pourrie des chaumières .
    Après je dis qu’il faut revoir ces Fauves et en donner PLUS ! Voir autant que les Will Eisner Awards, abandonner cette idée de jury et donner le vote aux auteurs, aux libraires. Pas plus.
    Pourquoi la BD jeunesse jusqu’à 7 ans n’est pas récompensée par exemple ? Récompenser Les série en continue et finie ! Récompenser les coloristes, la meilleure couverture etc ... ?!
    Surtout, abandonner cette idée du Grand Prix ! Il y a un gâchis monumental. Créons un HALL Of Fame ! Un jury en sélectionne une dizaine, et on en fait voter pour 5 par l’Académie des Grands Prix.

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    • Répondu par Guerlain le 31 janvier 2017 à  12:19 :

      S’insiprer des Eisner Awards ? Pourquoi pas, cette formule p^résente l’avantage d’élargir le champ des récompenses pour mieux embrasser toutes les tendances de la bande dessinée anglo-saxonne. Par contre, cela implique une multiplication des prix, ce qui ne rend le palamrès lisible hors cénacle. La liste des prix selon la fiche wikipedia (peut-être pas 100% complète, mais qui donne une bonne idée) :
      Meilleur numéro ou meilleur one-shot
      Meilleure histoire courte
      Meilleure histoire à suivre
      Meilleure série en noir et blanc
      Meilleure série
      Meilleure mini-série
      Meilleure nouvelle série
      Meilleure publication pour petits lecteurs
      Meilleure publication pour enfants
      Meilleure publication pour adolescents
      Meilleure anthologie
      Meilleure bande dessinée en ligne
      Meilleur travail inspiré de la réalité
      Meilleur album
      Meilleur recueil
      Meilleur recueil ou projet patrimonial
      Meilleure publication humoristique
      Meilleure édition américaine d’une œuvre internationale
      Meilleure adaptation
      Meilleur recueil de comic-strips
      Meilleur scénariste
      Meilleur auteur
      Meilleur auteur humoristique
      Meilleur dessinateur/encreur ou meilleure équipe dessinateur/encreur
      Meilleur encreur
      Meilleur artiste de couverture
      Meilleure colorisation
      Meilleur lettrage
      Meilleur peintre ou artiste multimédias
      Meilleur responsable éditorial
      Talent méritant une plus grande reconnaissance
      Meilleur périodique ou travail journalistique consacré à la bande dessinée
      Meilleur livre consacré à la bande dessinée
      Meilleur travail académique
      Meilleure maquette
      Meilleur produit dérivé (Best Comics-Related Product/Item)

      le parti-pris d’Angoulême c’est de donner un coup de projecteur sur peu de titres, quitte à paraître élitiste, et de servir de vitrine à l’extérieur. Quoique ces dernières années, les prix remis à Come Prima, l’arabe du Futur ou Quay d’Orsay mettaient aussi en avant une bande dessinée plus classique et populaire... Dans les faits, je ne pense pas que les accusations d’élitisme permanente soient justifiées. Cela dépend des années et des jurys.
      Les Eisner Awards me donnent plutôt l’impression d’une profession qui s’auto-congratule. C’est aussi important. les catégories sont plus "techniques" et j’ignore s’il y a un effet "Eisner Awards" hors du monde de la bande dessinée.
      Quant à un pendant du Hall of Fame, ce serait en effet une excellente chose.

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      • Répondu par Julien le 31 janvier 2017 à  17:20 :

        Les césars, les oscars ... un vote de la PROFESSION ! Idem pour Cannes et la Palme d’Or.. La Profession ( avec une ou deux personnes "hors cinéma" dans le jury pour faire plaisir mais avec un poids d’influence proche de zéro )
        Alors laissons le 9ième Art s’auto-congratuler, avec aussi le vote des libraires "gros" et "indépendants " et "spécialisés". ça le fait je dis !

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      • Répondu le 5 février 2017 à  12:16 :

        Du point de vue des grands médias (qui s’en foutent) et du grand public (qui a besoin d’infos claires), une telle avalanche de prix, c’est le meilleur moyen de n’en voir vraiment aucun.

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  • Angoulême 2017 : un palmarès sans scandale
    31 janvier 2017 18:40, par La plume occulte

    Oyez,oyez,braves gens,après deux décennies à flatter l’orthodoxie bourgeoise dans le sens du"Moi,je"-suivez mon regard- nous voilà sauvés,la BD fait un virage à angle droit vers la gauche:Jean-Luc Mélenchon candidat à la présidentielle française se pique,après son passage au FIBD , de donner des conseils de lecture d’albums BD,heu pardon de livres de bande dessinée (à partir de la 30 eme minute)https://www.youtube.com/watch?v=6HG7IsmGD38&feature=youtu.be
    Bien sûr ,positionnement oblige(il a évité de justesse le dérapage fatal en ne prononçant pas le clivant et connoté terme roman graphique),le candidat gauchiste se penche sur la situation économique déplorable des auteurs,fait la leçon.Bien sûr encore,en bon homme de gauche ,on ne se refait pas,il ne peut s’empêcher-déjà !- de s’endetter sans se soucier des lendemains.

    Mais,mais,oui mais....holà trahison :Mélenchon le gauchiste revendiqué n’a en fait que des goûts BD de bourgeois !!Aarrgh !

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  • Angoulême 2017 : un palmarès sans scandale
    5 février 2017 19:28, par La plume occulte

    Oyez,oyez,braves gens,après son fructueux passage au FIBD 2017 où il lui a été suggéré des choses ,Jean-Luc Mélenchon le candidat à la prochaine présidentielle française a décidé d’adopter une idée ,forcément révolutionnaire et qu’il présente ici pour la première fois,qui intéressera les auteurs de BD,un juste retour (à partir de la 30:25 minute pour la culture en général et plus précisément la 36 eme minute pour la BD) : https://www.youtube.com/watch?v=EPqDtPpNkWc.

    Cette idée révolutionnaire qui s’appuie sur la parole du grand Victor Hugo et à l’intitulé prometteur :" socialiser le domaine public de la création " propose ,entre autres,de sucrer les droits d’auteurs des ayants droit à la mort du ou des créateurs de l’oeuvre originale pour verser le magot dans un pot commun, qui servirait à financer la création et les retraites.Vaste programme.Le pot de terre contre le pot de fer ? L’angélisme tapageur de la gauche face au cynisme carnassier de la droite ?
    Qui vaincra ?

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    • Répondu par Zot ! le 5 février 2017 à  21:48 :

      Qu’en pensent la veuve d’Hergé, la fille de Goscinny et de Franquin, les enfants de Peyo, et tous les autres ?

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    • Répondu le 5 février 2017 à  22:58 :

      Ce n’est pas très compliqué à mettre en place, et ce ne serait que justice face aux éditeurs qui refusent de payer les charges sociales, retraites, chômage des auteurs qu’ils exploitent.

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