Angoulême 2019 : découvrez l’exposition Futuropolis "Canal historique"

21 janvier 2019 0 commentaire
  • En 1972, trois jeunes Normands fraîchement diplômés rachètent une librairie : Futuropolis. Le lieu deviendra ensuite rapidement un rendez-vous pour les amateurs de bande dessinée en tous genres, et en 1974, ces Pieds Nickelés de la librairie se lancent dans l’édition. L’éditeur Futuropolis était né...

Cette année, Futuropolis s’offre une grande exposition lors du 46e festival d’Angoulême, un évènement qui revient sur l’histoire mouvementée de l’éditeur de 1972 à 1994.

C’est en effet en 1994 qu’Étienne Robial, le dernier des trois fondateurs de la maison d’édition quitta le navire pour rejoindre celui de Canal +. Avant lui, ses deux comparses la dessinatrice Florence Cestac et le libraire Denis Ozanne avaient fait de même. Ici s’achève la première grande période de l’éditeur, qui a été cédé à Gallimard en 1988.

Soyons clairs : cette expo ne s’intéresse qu’au « Futuropolis "canal historique" », pas au Futuropolis actuel, filiale du groupe Gallimard que Jean-Christophe Menu se complaisait naguère à surnommer "Fauxturopolis". Pourtant, si cette équipe actuelle, aujourd’hui cornaquée par l’excellent Sébastien Gnaedig et composée d’éditeurs de talent comme Claude Gendrot et Alain David, n’existait pas, mettant en lumière des auteurs comme Davodeau, Gibrat, Lepage ou Kris, ce label serait aujourd’hui un astre mort.

Angoulême 2019 : découvrez l'exposition Futuropolis "Canal historique"
Tardi, l’un des auteurs phares de Futuropolis.
© Futuropolis

L’exposition, Futuropolis 1972-1994, aux avant-gardes de la bande dessinée débute donc par la librairie où tout a commencé, revient sur tout le travail éditorial de Robial qui chercha à créer, en contemporain des équipes de Métal Hurlant et d’ (A Suivvre), ses compagnons de route (Robial conçut la maquette de ces deux magazines [1]), une bande dessinée d’auteur ; tout en constituant sa propre force de distribution et de distribution de ses ouvrages.

Si l’« avant-garde » dont se réclame l’exposition consiste à désigner un groupe qui s’oppose aux académismes ambiants, on peut dire que Futuropolis en fait partie, contribuant à faire sortir de l’ornière une bande dessinée française alors nettement dominée par une bande dessinée belge, laquelle avait fait des séries au format standard (les fameux "48cc" honnis par JC Menu...) l’étalon du succès.

Il n’est pas inutile cependant de distinguer l’éditeur Futuropolis, éclectique, foutraque et souvent inspiré, de son action de diffuseur qui permit à une réelle avant-garde (Métal Hurlant, L’Écho des Savanes, le groupe Bazooka...), mais aussi à quelques éditeurs belges (Deligne, Magic Strip...), d’émerger au cours des années 1970-1980.

Une bibliothèque sera mise à la disposition où le public pourra consulter une large sélection de "livres de bande dessinée" édités par Futuropolis. Ils pourront être feuilletés sur place.

Les auteurs au cœur de ce catalogue au firmament des années 1980, auront un espace qui leur sera logiquement dédié. On y retrouvera ses artistes emblématiques tels que Tardi, le groupe Bazooka, le Hollandais Joost Swarte ou encore le facétieux Edmond Baudoin.

Des planches et des exemplaires originaux, des extraits de reportages télévisés et de nombreux autres documents seront présentés qui permettront de s’immerger dans l’histoire de l’éditeur parisien.

L’exposition sera donc lancée lors du FIBD d’Angoulême et prendra fin le 19 mai prochain. Ce qui vous laisse donc largement le temps d’aller l’explorer, même si vous ne pouvez être présent à l’événement charentais qui démarre dès mercredi.

(par Vincent SAVI)

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’’Futuropolis 1972-1994, aux avant-gardes de la bande dessinée’’ du 24 janvier au 19 mai 2019, musée de la bande dessinée, Angoulême.

[1On lui doit aussi la charte graphique du Musée de la BD d’Angoulême.

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