Angoulême 2020 : Qui sera le Grand Prix ?

12 janvier 2020 9 commentaires
  • SUSPENSE. Après la surprise de l’année dernière qui vit la consécration de la mangaka Rumiko Takahashi coiffant au poteau l’Américain Chris Ware et le Français Emmanuel Guibert, qui cette année va sortir du chapeau et qui seront les trois challengers finaux ? La réponse au bout de deux étapes.

Qui vote ? « Tous les auteurs et autrices édité-e-s en langue française, quelle que soit leur nationalité. » Il suffit que leur éditeur français mette leur email dans la liste. « Si des auteurs sont oubliés c’est donc l’entière responsabilité de leurs éditeurs » nous dit-on du côté du Festival...

Ce sont, nous dit-on, un peu plus de 1500 auteurs qui votent. Stéphane Beaujean, le directeur artistique du FIBD, en dénombrait 1635 en 2019.

Qui désigne les votants ? Les éditeurs. Chaque éditeur de BD (ils sont près de 300 en France) peut soumettre au FIBD la liste de ces « grands électeurs » sensés représenter la profession.

Angoulême 2020 : Qui sera le Grand Prix ?
La Britannique Posy Simmonds, pour célébrer le Brexit ?
Photo : Florian Rubis

Le vote a lieu en deux tours sur un site dédié. Pour y accéder il faut avoir eu le blanc-seing de son éditeur. Le 1er tour a lieu du 7 au 12 janvier 2020. Il consiste à choisir trois noms suggérés par l’ensemble des votants. Le FIBD comptabilise ces noms et transmet officiellement les trois noms arrivés en tête avant le 15 janvier 2020. Le second tour a lieu du 15 au 20 janvier 2020. Il désigne, toujours arithmétiquement, celui de ces trois noms qui sera le Grand Prix.

Pénélope Bagieu, autrice féministe
Photo : Chloe Vollmer - Dargaud

Ces dernières années, après quelques prix consensuels : Katsuhiro Otomo (2015), Hermann (2016), Cosey (2017), sont arrivés les Prix-surprise : Richard Corben (2018), un auteur semblant ressurgir de Tales of the Crypt et surtout la mangaka japonaise Rumiko Takahashi (2019). Elle était la seconde femme à être élue Grand Prix après Florence Cestac (2000), Claire Bretécher ayant reçu le Prix du 10e anniversaire aux côtés du Grand Prix Jean-Claude Forest en 1983. La cause des femmes commençait timidement.

Trois continents représentés

L’année dernière, nous le constations, le trio de tête était constitué d’un Français, d’une Japonaise et d’un Américain. Reverra-t-on cette année Emmanuel Guibert et Chris Ware  ? Il y a des chances, surtout pour l’Américain. Il est probable que l’effet de l’action menée à l’encontre du Festival d’Angoulême en 2016 continue de faire son effet cette année, les noms de l’Anglaise Posy Simmonds ou de Pénélope Bagieu circulent dans les forums. Donc les paris restent ouverts.

Gzergorz Rosinski, un Grand Prix polonais ?
Photo : Piotr Rosinski.
Carlos Gimenez, précurseur de l’autobiographie.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Mais pourquoi ne pas ouvrir à d’autres nations ? L’année dernière, nous suggérions l’élection d’un Grand Prix polonais : Grzegorz Rosinski.

« C’est un grand auteur classique qui n’est ni français, ni belge, ni japonais, ni américain mais qui a fait souffler de l’Est un vent nouveau et dont le style renvoie aux classiques canadien Hal Foster ou américain Alex Raymond, écrivions-nous alors. Après tout, les Catholiques ont élu un pape polonais. Pourquoi la bande dessinée n’aurait-elle pas elle aussi un ressortissant du pays de Sa Sainteté ? » Au moment où la bande dessinée polonaise fête son 100e anniversaire, cela aurait de la gueule.

En 2018, nous évoquions « l’évidence Andreas », un Allemand ayant fait carrière en Belgique et en France. « Sans concession, soulignions-nous alors, son travail trouverait dans son accession au Grand Prix une juste reconnaissance et distinguerait pour la première fois un Allemand dans ce palmarès de référence. »

Notre collaborateur Laurent Melikian nous suggère l’Espagnol Carlos Gimenez : « Il est un des pionniers de la bande dessinée sociale et historique, de l’autobiographie, de la mémoire de la BD en BD, il sait émouvoir et faire rire, c’est un grand du 9e art européen, nous dit-il. Carlos Gimenez, Président ! »

D’ici quatre jours, nous saurons qui seront les trois finalistes.

Andreas, l’expérimentateur
Photo : Le Lombard

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA BD D’ANGOULÊME 2020
Du 30 janvier au 2 février 2020.

 
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9 Messages :
  • Angoulême 2020 : Qui sera le Grand Prix ?
    12 janvier 16:39, par Un auteur

    Vous auriez dû écrire "Qui peut voter ?" plutôt que "Qui vote ?"
    Tous les auteurs ne votent pas. ils ont le droit de voter mais n’ont pas nécessairement envie de participer à cette élection.

    Le métier d’un auteur n’est pas d’établir une échelle de valeur des auteurs. C’est le travail de la critique et des historiens. Il me semblerait plus légitime que Didier Pasamonik puisse voter que moi-même.

    Je suis auteur. Tous les ans, on m’envoie des mails pour me demander de voter. Je réponds que je souhaite être rayé de la liste des votants mais tous les ans, on me redemande de voter.
    Je dois voter pour qui ? Moi ? Une amie ou un amie ? Mon auteur préféré qui est un autre que moi ?
    Mon métier est de faire des livres, pas de lire et classer ceux des autres.
    Pire, je ne peux pas être juge et partie. Que je sache, en Grande-Bretagne, la reine n’a pas le droit de vote. C’est aux chambres et au peuple de décider.
    On demande à des auteurs de voter mais aps à des éditeurs. Les auteurs ne sont pas plus légitimes que les éditeurs à décider de qui mérite ce prix. Si l’auteur et l’éditeur sont rois, alors, c’est à la critique, aux historiens et au public de voter. Quel public ? Celui qui a acheté son billet pour aller à ce festival. Le FIBD est une manifestation commerciale qui bénéficie d’aides publiques mais n’est pas une institution publique avec parution des résultats de cette élection au Journal officiel.

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  • Angoulême 2020 : Qui sera le Grand Prix ?
    12 janvier 19:02, par Henry

    La liste de ceux qui n’ont pas eu le Grand Prix est aussi impressionnante que celle de ceux qui l’ont eu. Encore que je ne sais pas de quel cote il faut etre, celui de Franquin et Pratt ou celui de Herge et Goscinny ?

    Je ne suis qu’un simple lecteur mais je continue a etre surpris qu’un auteur majeur de la BD mondiale comme Milo Manara continue a etre ignore a ce point. Faudra-t-il attendre qu’il soit mort pour regretter qu’il ne l’ai pas eu ?

    Tout cela ne fait que conforter l’idee generale lue dans differents forums que tout ca, c’est copinage et compagnie.

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    • Répondu par Richard (Teljem) le 12 janvier à  21:43 :

      tout ca, c’est copinage et compagnie

      Je n’ai pas l’impression que Rumiko Takahashi, Chris Ware ou Corben soient copains avec les votants franco-belges, c’est pourtant eux qu’ils plébiscitent...

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  • Je ne vois pas trop ce que vient faire bagieu dans cette sélection. Elle est encore loin d’avoir la carrière des autres prétendants.

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  • Angoulême 2020 : Qui sera le Grand Prix ?
    14 janvier 18:14, par Julien

    Si Pénélope Baggieu est en lice pour le Grand Prix , j’arrête officiellement de dessiner !
    mais je dis HALTE au Grand Prix ! Arrêtons. Imitons les Will Eisner Awards avec un HALL OF FAME ! On en nomme 4 d’office sans aucun vote, et 4 autres sous réserve d’un vote.
    Le Grand Prix ne sert pas à grand chose. Il ne fait aucun tour des médias comme le Goncourt, en gros il ne fait rien pendant une grosse année.
    Vive le HALL OF FAME ! Et on peut aussi créer une forme de INKPOT Award pou récompenser la personne qui a oeuvré pour le 9ième art au plus large du dessin à la TV , au cinéma, support multimédia, internet .. !
    Stop au Grand Prix qui a apporte son lot inutile de polémiques.

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    • Répondu par Auteur le 15 janvier à  06:30 :

      Oui, ne faisons rien de français, copions tout sur les américains, c’est tellement mieux l’Amérique... Moi j’ai nommé Pénélope Bagieu parmi les trois, d’abord parce que c’est une excellente autrice, et ensuite parce que ça fait râler tous les rageux.

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      • Répondu le 15 janvier à  07:01 :

        Pénélope Bagieu récompensée en 2019 par une Eisner Award. Vous aussi vous copiez les américains.

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      • Répondu le 16 janvier à  11:07 :

        Avec un tel raisonnement, autant avoir un jury ce sera plus légitime et plus intéressant.

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  • L’atelier de Gzergorz Rosinski est une tuerie.

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