Angoulême 2021 - Marché des Droits : le FIBD saisit l’opportunité numérique

26 janvier 2021 0
  • À la marge de la grande messe charentaise, le Marché des droits est un lieu feutré où se côtoient les acteurs de l’édition internationale de bande dessinée. Mais contrairement à la plupart des rendez-vous du FIBD, celui-ci se maintient en janvier et lève même la tête grâce au distanciel. Inauguration demain en grande pompe.

« Difficile d’imaginer que des professionnels du monde entier pourront se déplacer en juin, » confie Marie Fabbri, responsable du Marché des Droits du FIBD ou plutôt « Rights and Licensing Market » dans sa version internationale. Ainsi quand la plupart des actions grand public du FIBD, migrent exceptionnellement du 24 au 27 juin prochain, « les Droits » -comme on appelle communément ce chapiteau à la lisère du Champs de Mars- se tiendront bien en janvier via des rencontres en distanciel les 27, 28 et 29 janvier, mais aussi dans une certaine forme durant 5 mois. On vous explique comment.

Mais d’abord, c’est quoi « Les Droits » d’Angoulême ? Un lieu ouvert aux seuls professionnels où représentants des éditeurs, vendeurs et acheteurs de droits de reproduction se rencontrent. Par exemple, si plusieurs auteurs francophones ont été sélectionnés pour les Eisner awards de San Diego, c’est que certains contacts ont été établis entre éditeurs européens et américains sur un marché tel que celui d’Angoulême. Ainsi, des maisons comme Bamboo qui n’occupent quasiment jamais de stands de dédicace sous la « bulle » grand public du Champ de Mars sont des adeptes du marché des droits où leur stand voisine celui de confrères italiens, chinois, américains, chiliens, … Tandis que l’espace vit au rythme d’une petite scène où la bédéphilie s’affirme dans sa dimension transcontinentale.

Angoulême 2021 - Marché des Droits : le FIBD saisit l'opportunité numérique
© DR

« Le marché des droits a pris une réelle importance qui s’est consolidée en une dizaine d’années avec une organisation toujours plus professionnelle, constate Nicolas Grivel agent littéraire indépendant.Il représente une autre temporalité par rapport à la Foire du livre jeunesse de Bologne, fin mars et la Foire du livre de Francfort, en octobre. Un peu comme dans le domaine de la mode avec les collections printemps / été, ces trois rendez-vous nous permettent de voir les tendances. La particularité d’Angoulême est sa convivialité avec pour grande force de pouvoir rencontrer par hasard des interlocuteurs de pays aux productions moins connues comme la Turquie ou l’Égypte. »

Première action spectaculaire en période de distanciation : le Marché des droits se dote d’une plateforme en ligne ouverte gratuitement à tous les éditeurs afin de proposer les droits d’adaptation de leurs titres aussi bien en langues étrangères, qu’en audiovisuel. Lorsque nous avons rencontré Marie Fabbri, 48 heures avant l’ouverture de cette plateforme, elle comptait déjà un référencement conséquent : « des éditeurs de trente pays ont mis en ligne plus de cent catalogues. Au total les droits de milliers de titres vont être représentés dans notre base de données », se félicite la responsable.

Autre agent littéraire indépendant adepte du rendez-vous, Sylvain Coissard apparaît convaincu : «  L’outil semble ergonomique, les recherches sont faciles mieux conçu que d’autres plateformes de ce type que nous avons expérimentées ces derniers mois mois passés, je pense que c’est un bon boulot, ergonomique et facile. J’espère qu’il y aura du flux et de l’activité ». Ce méta-catalogue de la bande dessinée internationale restera accessible jusqu’au 27 juin, il pourrait devenir indispensable pour la profession.

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Avec des institutions partenaires incontournables comme le CNL (Centre national du livre) et le BIEF (Bureau international de l’édition française), une série de wébinaires seront diffusés sur la toile pendant ces trois jours. Parmi eux, la conférence inaugurale en anglais, mercredi 27 à 14h00 proposera un état du marché de la bande dessinée sur quatre territoires : Chine (Hong-Kong), France, Canada et États-Unis. ActuaBD y est associé à l’animation de ce débat.
Par ailleurs, de nombreux professionnels ne manqueront pas le rendez-vous de Jeudi à 14h00 pour un Bilan annuel du marché français avec l’institution de sondage GfK. Gageons que les chiffres annoncés seront repris dans toute la presse et nous vous le ferons vivre quasiment en direct. Enfin vendredi à 11h00 an anglais, avec le programme de l’Union européenne, Creative Europe, il sera question de la diffusion de la bande dessinée numérique en Europe.

De quoi maintenir l’attention sur le rendez-vous jusqu’à l’année prochaine. On l’espère. « Un des lieux incontournables du Marché des droits dit Nicolas Grivel, c’est son café, là où on s’informe le mieux, où de simples échanges entre éditeurs débouchent sur des projets d’ampleur, où les choses se débloquent  » Ce ne sera pas cette année qu’on discutera autour d’un gobelet, un regret que modère Sylvain Coissard : « Comme tout le monde, je suis un peu frustré de pas pouvoir rencontrer des gens à Angoulême, mais il n’empêche que même avec la formule distancielle, j’ai beaucoup de rendez-vous en visio. Rien qu’aujourd’hui [le lundi 25 janvier, NDLR] j’en ai eu sept et notamment avec des gens qui n’y viennent pas forcément. Ce n’est pas autant que lors du festival mais ce n’est pas loin quand même. Cela permet de garder le contact avec les éditeurs étrangers, faire le point avec eux et comprendre leurs problématiques. Il y a une certaine dynamique. Comme en France, la vie ne s’est pas arrêtée et notamment la BD a l’air de plutôt bien s’en sortir… »

Voir en ligne : S’inscrire au Marché des Droits

(par Laurent Melikian)

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