Angoulême 2021 : Un "triumvirat" pour la nouvelle direction artistique du Festival

18 juin 2020 27 commentaires
  • Évidemment que l'on peut succéder à Stéphane Beaujean, l'ancien directeur artistique du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême parti prendre la direction éditoriale des éditions Dupuis. Mais pour cela, il faut être trois. À l'annonce de son départ, la question restait pendante : qui pour lui succéder?

L’édition 2021 sera un enjeu pour le FIBD. Il s’agit de prouver que le 9e art s’est relevé de la crise du coronavirus et, d’autre part, de démontrer qu’il y a aussi un "après" Stéphane Beaujean, l’ancien directeur artistique parti diriger l’éditorial des éditions Dupuis après avoir orchestré la direction artistique du FIBD depuis 2016 [1]. Sous son impulsion, l’événement avait atteint des sommets tant en termes de succès que de renommée. Sacré trou d’air !

Angoulême 2021 : Un "triumvirat" pour la nouvelle direction artistique du Festival
Franck Bondoux, directeur délégué du FIBD.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Franck Bondoux qui en a vu d’autres et qui a toujours été un peu irrité par la personnalisation opérée autour de son directeur artistique, insistant sur ce qui procède d’un "travail d’équipe", retrouve un peu le schéma de jeu de 2016, lorsqu’il nomma un trio à la direction artistique du FIBD. Mais très vite, le charismatique Stéphane Beaujean avait éclipsé les deux autres.

Le nom de ces nouveaux "triumvirs" : Sonia Déchamps pour la bande dessinée jeunesse, Fréderic Felder pour le domaine francophone, et Stéphane Ferrand pour le domaine asiatique.

Ce n’est pas un mauvais choix : Sonia Déchamps, journaliste culturelle (Europe 1, France Culture, Le Mouv’), anime depuis longtemps les rencontres publiques à Angoulême et ailleurs ; Frédéric Felder est une des têtes pensantes des Requins Marteaux et la BD populaire comme la BD indépendante n’ont aucun secret pour lui ; Stéphane Ferrand enfin, est convenablement capé : éditeur dans le groupe Milan, puis éditeur du département Manga chez Glénat, il était aussi le récent fondateur du label Vega (Groupe Steinkis).

Frédéric Felder alias Franky Baloney, Stéphane Ferrand et Sonia Déchamps, le nouveau "triumvirat" de la programmation artistique du FIBD
Photos : DR - D. Pasamonik - L’Agence BD - Mission BD : Capture d’écran.

Cette répartition est bien pensée, car l’une des raisons qui avaient poussé Beaujean à changer de voie était précisément le rocher de Sisyphe que représentait la gestion quotidienne du festival entier. En répartissant les tâches, l’organisation du festival s’évite de potentiels burn-out et s’assure que chaque pôle soit géré par un véritable expert du domaine.

Pour citer le communiqué de presse dont le boulot est de baratiner son journaliste, le festival fait « le parti-pris de l’intelligence collective. » C’est d’autant mieux vu qu’elle est issue de trois intelligences individuelles qui n’ont plus rien à prouver.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

[1Période à laquelle il faut ajouter trois ans si l’on compte les années où il œuvrait aux côtés de Benoît Mouchart

 
Participez à la discussion
27 Messages :
  • Une grande partie de la bd populaire, mainstream et grand public va encore être mise de côté et ostracisée, comme c’est le cas au salon BD de Colomiers depuis que les Requins Marteaux ont fait le ménage. Ca sera la même chose à Angoulême, comme c’est le cas depuis déjà de nombreuses années. Il est intéressant de noter que le contre courant alternatif prend les rênes des institutions, et devient donc par là-même institutionnel. Quel sera le discours et la position d’un auteur underground, directeur artistique francophone d’un salon aussi important qu’Angoulême, vis à vis des "Majors" de l’édition ? Comment un acteur de la contre-culture va-t’il mettre en avant TOUTE la production francophone ? Va-t’il sectoriser, diviser ou rassembler ? La réponse en janvier, ou avant...

    Répondre à ce message

    • Répondu par RDevelder le 18 juin à  08:54 :

      Vous ne devez pas aller souvent à Angoulême pour dire ça, ou ne pas du tout vous intéresser aux expositions et animations du festival, car c’est la bd populaire, mainstream et grand public qui est la plus représentée.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Max.F le 18 juin à  12:39 :

        J’y vais tous les ans. On ne doit pas fréquenter les mêmes endroits, ni lire les mêmes sélections des bds "indispensables" ou la bd de genre rafle tous les prix, et est sacrément mise en avant, la preuve avec cette nomination à la tête de la bd francophone.

        Répondre à ce message

        • Répondu par RDevelder le 18 juin à  13:39 :

          Alors vous êtes de mauvaise foi.

          Répondre à ce message

          • Répondu par Max.F le 18 juin à  16:09 :

            Vous plaisantez ? Avez-vous vu le palmarès de cette année par exemple, où sont les bds dîtes mainstream ?

            Répondre à ce message

          • Répondu par Henri Khanan le 18 juin à  17:51 :

            Un peu de progrès dans les expos, maintenant la liste des albums nominés, et surtout celle des primés dénote une certaine préférence, celle des lecteurs de Télérama, le Monde et Libé, les Inrocks et Technik art. Si l’on veut être récompensé, il vaut mieux éviter l’humour à gros nez et les séries d’action-aventure de type réaliste, 48 pages cartonnées !

            Répondre à ce message

            • Répondu le 18 juin à  18:40 :

              Les expos populaires sont là pour faire venir les gens, comme les auteurs qui dedicacent à tour de bras des bds qui se vendent, pendant que beaucoup d’autres s’autocongratulent et se gargarisent de leur bon goût sur le dos de ces auteurs qui font vivre les autres, et qui passent pour des imbéciles. Toujours absents dans les listes, les récompenses et les soirées chics. Espérons qu’ils se réveillent un jour.

              Répondre à ce message

              • Répondu par kyle william le 18 juin à  21:14 :

                Ce n’est pas si binaire, Les auteurs qui vendent des albums à tour de bras sont déjà récompensés par le succès public. Ce sont les auteurs du ventre mou du métier qui sont les grands oubliés, ceux qui constituent la grande majorité. Ni gros vendeurs, ni grands talents.

                Répondre à ce message

                • Répondu le 19 juin à  07:19 :

                  En ce moment, une grande majorité d’auteurs vendent entre 3 et 12 000 albums, ce ventre mou d’auteurs "sans grands talents", comme vous dîtes, sont aussi ceux qui sont souvent au travail dans les bulles pendant que l’élite talentueuse de la profession se pâme dans les fauteuils du Mercure. Cette majorité silencieuse prend les coups, des éditeurs, des critiques, des salons de ce type qui ne mettent en avant qu’une frange de la profession. C’est aussi ce ventre mou d’auteurs "sans talents" qui fait vivre les éditeurs. Les très gros vendeurs coûtent chers, très chers. L’amortissement de leurs avances, ou de leurs fixes est très élevé. Ce ventre-mou, souvent en avance sur droits à 100 % rapporte moins, mais plus vite, et surtout ce nombre élevé de gains fait tourner la trésorerie d’un éditeur, sans avoir à gérer les caprices de stars. C’est marche ou crève. Tout le système repose là-dessus, par ce ventre mou, par ces auteurs "sans talents".

                  Répondre à ce message

                  • Répondu par kyle william le 19 juin à  10:41 :

                    C’est bien résumé et exact.

                    Répondre à ce message

                  • Répondu par Michel Dartay le 20 juin à  17:02 :

                    Entre 3000 et 12 000 ? Vous êtes bien généreux ! D’après les derniers rapports Ratier, les ventes moyennes par album tournaient plutôt autour des 3000 exemplaires. Aujourd’hui, vendre 10 000 exemplaires est déjà un gage de réussite !!

                    Répondre à ce message

  • Ces commentaires sont lamentables. Toujours le même cliché, "s’il y en a qui ne vendent pas, c’est parce qu’ils n’ont pas de talent", c’est déjà une stupidité en soi, mais ça laisse entendre que "ceux qui vendent ont du talent" ce qui est loin d’être toujours vrai, ils n’ont parfois que le talent de vendre.

    Répondre à ce message

    • Répondu par kyle william le 19 juin à  19:35 :

      Ce n’est pas du tout ce qui a été dit.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Richard (Teljem) le 20 juin à  15:25 :

        C’est exactement ce que vous avez dit "kyle william le 18 juin à 21:14 :Ce sont les auteurs du ventre mou du métier qui sont les grands oubliés, ceux qui constituent la grande majorité. Ni gros vendeurs, ni grands talents."

        Répondre à ce message

        • Répondu par kyle william le 20 juin à  16:53 :

          C’est ce que j’ai dit, mais ça ne veut pas dire « les auteurs qui ne vendent pas n’ont pas de talent ». Je ne sais pas où vous êtes allé chercher ça.

          Répondre à ce message

          • Répondu par Richard (Teljem) le 20 juin à  18:52 :

            Vous n’avez pas lu le message qui suit le vôtre ? "une grande majorité d’auteurs vendent entre 3 et 12 000 albums, ce ventre mou d’auteurs "sans grands talents", comme vous dîtes"

            Répondre à ce message

            • Répondu par kyle william le 20 juin à  20:05 :

              Je ne suis responsable que de mes messages. Je décrivais en effet le ventre mou qui constitue la majorité des auteurs. Pas suffisamment de talent pour obtenir les faveurs de la critique ou des prix dans les festivals, pas suffisamment de ventes pour toucher le grand public, ils sont les oubliés. Mais il n’y a pas forcément de lien de cause à effet entre le talent et les ventes. Loin de là.

              Répondre à ce message

              • Répondu par Richard (Teljem) le 20 juin à  21:20 :

                Vous êtes égocentrique, mon message (Ces commentaires sont lamentables) visait l’ensemble des commentaires, ne vous prenez pas pour le centre du monde.

                Et par ailleurs assumez vos raccourcis oiseux.

                Répondre à ce message

                • Répondu par kyle william le 21 juin à  07:20 :

                  Je ne vous ai pas insulté, moi. Vous aviez compris de travers, ça peut arriver. En l’occurrence, je prenais la défense de ce fameux « ventre mou ».

                  Répondre à ce message

                  • Répondu le 21 juin à  10:36 :

                    Tout dépend de ce qu’on entend par "talents". Il y a des auteurs qui sont de médiocres dessinateurs et/ou de médiocres scénaristes mais qui savent très bien se médiatiser et s’imposer et imposer leur règle du jeu au plus grand nombre. Parfois parce qu’ils proposent quelque chose de différent. Parfois parce qu’ils sont de grandes gueules avec un discours qui dépasse la qualité de leur travail. Et puis, il y a aussi des auteurs très pointus qui font des livres excellents mais qui ne peuvent pas plaire à un large public ou ne veulent pas plaire. Tous les auteurs ne font pas non plus le concours de celui qui produira le plus de livres dans une vie. Tous els auteurs n’ont pas envie de collectionner les prix et les médailles. Le nombre d’exemplaires vendus ne détermine pas toujours qu’un tel à plus un grand talent qu’un autre. Etc.
                    "ni grands talents" ne veut rien dire.

                    Répondre à ce message

                    • Répondu par kyle william le 21 juin à  14:16 :

                      Absolument. Tous les talents méritent une certaine reconnaissance, qu’elle soit critique ou commerciale. Et chacun espère l’obtenir. Parvenir à exister et à durer dans ce métier est déjà une belle chose.

                      Répondre à ce message

                      • Répondu par Henri Khanan le 21 juin à  18:39 :

                        Le succès commercial n’a rien à voir avec le talent.
                        D’abord les oeuvres trop "modernes" déconcertent le client éventuel.
                        De plus, ces bouquins sont parfois édités par de petits labels, sans budget publicitaire (l’Asso, Cornélius, Rackham). Services de presse réduits au maximum, ces éditeurs jouent plus la carte de la cote d’amour avec certains medias fidèles et branchés . Mais cela ne permet pas d’avoir une diffusion importante, alors évidemment le nombre d’exemplaires vendus s’en ressent. Bah, les grands éditeurs y repèrent les talents !!

                        Répondre à ce message

                        • Répondu le 22 juin à  06:34 :

                          "Le succès commercial n’a rien à voir avec le talent."
                          Je suis d’accord avec vous, le succès commercial de Réné Goscinny n’a rien à voir avec le talent mais tout à voir avec le génie.

                          Répondre à ce message

                          • Répondu par Henri Khanan le 22 juin à  16:41 :

                            Si vous voulez, mais n’oubliez pas que les nouveaux albums d’Astérix se vendent bien plus que du vivant de René Goscinny !

                            Répondre à ce message

                            • Répondu le 22 juin à  17:54 :

                              Mais sans Goscinny et Uderzo, pas de succès commercial actuel possible. Ils on planté des arbres et les nouveaux albums en récoltent les fruits.

                              Répondre à ce message

  • « Sonia Déchamps pour la bande dessinée jeunesse, Fréderic Felder pour le domaine francophone, et Stéphane Ferrand pour le domaine asiatique. »

    Francophone et asiatique... Un monde entier, quoi.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 25 juin à  16:50 :

      Un monde entier vu depuis Angoulême, la capitale mondiale de la bande dessinée !

      Répondre à ce message