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Angoulême 2022 : les dangers de l’entre-soi

Par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 22 mars 2022                      Lien  
Voilà, c’est fini, le 49e Festival International de la BD d'Angoulême vient de s’achever. En dépit de circonstances difficiles, notamment le report de deux mois pour cause de Covid, la programmation (expositions, rencontres, concerts de dessins…) s’est avérée d’une grande qualité. Bravo aux organisateurs ! Globalement, on retrouve les orientations -certains diront : les travers- du FIBD : une place conséquente consacrée à la production alternative, une féminisation à marche forcée des jurys et des prix, une mondialisation affirmée, et une thématique qui ressort dans le palmarès : la Résistance, en phase avec l’actualité héroïque des citoyens ukrainiens qui subissent la guerre. Ce qui n’empêche pas, pour le festival comme pour le reste, un manque de visibilité quant aux perspectives d’avenir, alors que le 50e anniversaire de l'événement angoumoisin se profile à l’horizon.

Bon, la fréquentation est en baisse, selon les premières estimations, de 25%, ce qui est normal pour un festival décalé qui a écopé la défection de grands éditeurs comme Glénat ou Urban par exemple. L’avantage est que cela a permis d’avoir des allées moins encombrées lors des visites. Si l’on sent que la Manga City en était réduit aux acquêts en raison de l’absence d’invités japonais, des efforts avaient été faits par les éditeurs « mainstream » du Monde des Bulles.

Angoulême 2022 : les dangers de l'entre-soi
Photo ; D. Pasamonik (L’Agence BD)

Le Grand Prix, accordé, on le sait, à Julie Doucet, a eu sa cérémonie au théâtre, scène nationale, au lieu de l’Alpha où l’événement a lieu d’habitude. Cela a été l’occasion d’un concert de dessins organisé en ouverture avec la participation d’une douzaine d’artistes de dix nationalités différentes et du pianiste franco-ukrainien virtuose, Dimitri Naïditch. Est-ce pour cela que les environs étaient exagérément blindés de policiers ? Il semble que la préfète d’Angoulême a cru que son théâtre subirait le même sort que celui de Marioupol…

En ouverture, un concert de dessins par une douzaine d’artistes de dix nationalités différentes avec le pianiste soliste franco-ukrainien Dimitri Naïditc.
Photos : Jérôme Blachon

La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qui avait snobé quelques mois plus tôt le Festival BD Boum, alors qu’elle était présente à ce moment-là à Blois, est venue faire son tour au pas de charge, négligeant Manga City, alors que le manga représente 55% du marché de la BD en France et qu’il a fat le succès de son Passe Culture. On pardonnera à une vieille lectrice du Journal de Mickey et de Pilote qui aurait, si on en croit La Charente Libre, 1600 BD dans sa bibliothèque et qui assimile le Président du Sénat, Gérard Larcher, à Obélix…

Les créatrices et le Canada à l’honneur

Nos amis canadiens ont pu faire le brâme du Caribou (leur « cocorico » local) avec leur premier Grand Prix de la Ville d’Angoulême accordé à Julie Doucet pour l’ensemble de sa carrière, avec Mégantic, un train dans la nuit de Anne-Marie Saint-Cerny & Christian Quesnel (Ed. Ecosociété) pour l’Eco-Fauve Raja, et le Fauve de l’Audace pour Un Visage Familier de Michael DeForge (Ed. Atrabile), tandis que le timonier du Festival de BD du Québec, Thomas Louis Côté, a reçu des mains de la ministre de la Culture l’insigne de Chevalier des Arts et des lettres.

De Chris Ware à Julie Doucet, le trophée reste aux Amériques
Photo : Jérôme Blachon.

Ce qui frappe, c’est une meilleure présence des femmes dans le palmarès. Outre le Grand Prix déjà évoqué (rappelons que les trois finalistes étaient des femmes, événement unique dans l’histoire du festival), la présence des autrices progressent dans les résultats : 7 sur 18 auteurs récompensés. Dans le Off du Off, le Prix « Couilles au cul » du courage artistique a été remis à une autrice marocaine, Zainab Fasiki, dont on entendra encore parler. Les héroïnes (rappelons-nous le fameux « critère de Bechdel ») ne sont pas en reste non plus. C’est une satisfaction.

Zainab Fasiki reçoit le Prix "Couilles au cul" dans le Off of Off d’Angoulême
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Des prix et des sponsors

Nous avons apprécié, vraiment, les cérémonies courtes, bien ponctuées, sauf quand il s’est agi de faire parler les sponsors, pardon les « partenaires ». Mais où vont-ils chercher leurs représentants, ceux-là ? Entre la SNCF qui félicite son équipe de comm en direct (rien à secouer, franchement), Michel Field de France TV qui faisait l’animateur à la place des animateurs sur le mode Jacques Martin (de la TV) avec ses jury-téléspectateurs, pour nous dire qu’il y avait un match de rugby à la TV à 21h et qu’on ferait mieux de se casser, non sans faire preuve d’érudition en mentionnant la BD Les Rugbymen, une série à succès dont il avait oublié le nom de l’éditeur (Bamboo), et madame Raja, la patronne du leader français de l’emballage carton qui nous tient un laïus lancinant d’un quart d’heure pour ne pas nous dire la seule chose qui nous intéressait : bon sang, mais qui a remplacé le jury démissionnaire du Prix Éco-Fauve et quel a été le critère de choix pour les quatre titres restants sur les six initiaux ?

Le tandem canadien de l’Eco-Fauve
Photo ; D. Pasamonik (L’Agence BD)

Reste ce palmarès. Oh, ne critiquons pas les titres retenus outre mesure : la plupart d’entre eux sont des bons choix qui ont été mêmes pour quelques-uns, nos coups de cœur, mais… pas de comics, pas de mangas (sauf un malheureux prix des traducteurs), pas de grands éditeurs cette année, à l’exception du Fauve des Lycéens à Dargaud, du Prix de la série à Dupuis, un patrimoine à Casterman, et d’un Prix Jeunesse à Glénat sur 83 nominations… des récompenses qui tiennent du colifichet. Delcourt absent, lui qui a longtemps occupé le palmarès, et Futuropolis, et Gallimard, et Rue de Sèvres qui repartent bredouilles... L’option Indé est depuis longtemps celle du Festival, mais là, cela semble s’être radicalisé. Le Figaro parle d’un « palmarès élitiste » (Le Figaro !).

La bande dessinée, la fameuse « BD » de jadis et de naguère est morte, pourrait-on en conclure : vivent LES bandes dessinées !

Du coup, Le Festival du Livre, l’événement du Syndicat National de l’Edition qui remplace Livre-Paris après la rupture entre SNE et son opérateur Reed, qui doit avoir lieu au Palais Éphémère du Grand Palais du 22 au 24 avril 2022, ne laisse pas de place de son côté aux labels alternatifs. Un autre genre d’entre-soi….

À Japan Expo, au contraire, on annonce des mutations pour s’adapter aux nouvelles configurations de la BD d’aujourd’hui. Toujours en pointe, ceux-là...

Positivons !

Enfin, il semble bien que cette édition ait fait repartir une vague de Covid dans le monde de la BD : bon nombre d’auteurs sont revenus positifs de l’équipée angoumoisine, mais aussi des journalistes, y compris dans la rédaction d’ActuaBD.com (nous étions dix sur le festival).

Rien de grave jusqu’ici, des symptômes proches du gros rhume. Mais voilà bien un premier effet concret du danger de l’entre-soi…

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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27 Messages :
  • Petite coquille, Un Visage Familier de Michael DeForge est chez Atrabile pas l’Association.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 23 mars à  07:12 :

      Effectivement, c’est corrigé. Merci.

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  • Angoulême 2022 : les dangers de l’entre-soi
    22 mars 23:41, par Auteur en action

    tandis que le timonier du Festival de BD du Québec, Thomas Louis Côté, a reçu des mains de la ministre de la Culture l’insigne de Chevalier des Arts et des lettres.

    Madame la ministre voulait donc à tout prix éviter de croiser un auteur... Est-ce l’enterrement du rapport Racine sans couronne ni cérémonie dont elle ne voulait pas entendre parler, ou est-ce dû à la défection du SNE de la table des négociations face aux auteurs rue de Valois* ?

    *L’accord interprofessionnel en vue de l’amélioration des rémunérations des auteurs était censé être signé par les parties en présence de Madame Bachelot, le SNE s’est finalement dérobé au dernier moment. 9 mois de négociation foutus en l’air par le Syndicat national de l’Édition et un camouflet pour Mme Bachelot en personne. Aucun respect non-plus pour les représentants d’auteurs qui, rappelons-le, ne sont pas payés pour ce travail syndical et leur présence pendant les longues réunions de négociation (contrairement à toutes les autres personnes en présence).

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    • Répondu le 23 mars à  07:18 :

      Ou peut-être qu’elle évite de choper la covid pour ne pas être hospitalisée une deuxième fois.

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  • A force de se regarder le nombril, la bd hexagonale va finir par se recroqueviller sur elle même.

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    • Répondu le 24 mars à  09:24 :

      La Grand Prix est canadienne. Le Fauve d’Or est brésilien. En quoi la BD hexagonale se regarde le nombril ?

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  • "et madame Raja, la patronne du leader français de l’emballage carton qui nous tient un laïus lancinant d’un quart d’heure pour ne pas nous dire la seule chose qui nous intéressait : bon sang, mais qui a remplacé le jury démissionnaire du Prix Éco-Fauve" ?

    Hallucinante chape de plomb. Le festival fait comme s’il ne s’était rien passé. Nous comptons sur les fins limiers d’ActuaBD pour éclaircir ce mystère !

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  • Angoulême 2022 : les dangers de l’entre-soi
    23 mars 13:05, par Laurent Colonnier

    Dans la vidéo on apprend que la petite Roselyne Bachelot lisait les histoires de l’oncle Paul dans le journal de Mickey... ce devait être Paul Winkler alors et non pas Paul Dupuis.
    On lui prépare décidément bien mal ses fiches au ministère...

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  • Ecoute, jolie Marcia aurait très bien pu être édité par Dargaud, par exemple, ou Delcourt. Cela aurait-il rendu le palmarès moins élitiste ? On sait bien aujourd’hui que la frontière est poreuse entre les éditeurs "installés" et les éditeurs "indépendants". Bon, voilà, Marcello Quintanilha est édité chez Ça et là et comme l’a très bien dit quelqu’un sur un autre forum, son livre pourrait toucher de nombreux lecteurs en quête d’un thriller tendu, haletant.

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    • Répondu le 23 mars à  17:50 :

      Oui bon, c’est pas non plus le Thriller le plus original de l’année. Des reportages TV sur les favelas ce n’est ce qui manque dans Zone Interdite. En lisant l’album j’avais une impression de déjà vu.

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  • Merci pour cet article que je partage.

    Je lis beaucoup de bds franco belge et comics. J’avoue que je ne comprends pas la sélection et le résultat des votes. Et chaque année c’est pareil...

    Pour le grand prix c’est pareil, pourquoi P Bagieu ne l’a pas reçu. Je ne connais pas la gagnante de cette année et j’apprends qu’elle ne produit plus depuis 20 ans...

    Enfin, je trouve qu’il y a trop de jurys cela me pose un problème de lisibilité d’ensemble et sur le sens de certains prix...

    C’est bien de récompenser des titres ou auteurs peu visibles, mais pourquoi les gros succès ou éditeurs ne sont pas reconnus...cela me fait penser aux césars qui récompensent rarement les comédie grand public.

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    • Répondu par Alex le 25 mars à  18:54 :

      Bonjour,
      Il y a ici, si je puis me permettre, méconnaissance du système de remise du grand prix : ce sont tous les auteurs et autrices enregistré.e.s qui votent pour celui-ci. J’ignore combien de personnes cela représente, mais on peut raisonnablement penser que c’est beaucoup.
      Vous ne connaissez pas Julie Doucet, pas de problème. Vous avez maintenant la chance de pouvoir découvrir une oeuvre immense et je vous envie pour cela (sincèrement).
      Néanmoins, vous ne pouvez juger de la valeur de ce choix en mettant sur le même plan votre ignorance (et je dis cela sans la connotation péjorative du terme) et la connaissance d’un panel d’auteurs et d’autrices plus que représentatifs de la profession.
      Parce qu’il n’y a pas (loin s’en faut) que des auteurs indés, parmi les votants.
      Le grand prix est, de fait, le prix le plus démocratique du festival d’Angoulême. Certes, le vote n’est ouvert qu’à une population très ciblée (celles et ceux qui font la BD) mais à Athènes, tout le monde n’avait pas le droit de vote, et on appelait quand même cela la démocratie.
      Par ailleurs, le fait qu’elle n’ait rien produit depuis un moment n’a rien à voir avec la nature du prix. Il s’agit de son importance dans l’histoire du médium, du point de vue de ses pairs. Lorsque Corben a été élu, on aurait pu faire des critiques similaires.
      Sur les autres prix, c’est un autre débat qui se traite avec d’autres arguments.

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      • Répondu le 26 mars à  17:29 :

        « Son importance dans l’histoire du médium »

        Elle me semble plus qu’anecdotique. C’est une inconnue pour la plupart des auteurs et des lecteurs.

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        • Répondu par Alex le 27 mars à  08:04 :

          Mais comment les auteurs/autrices peuvent-ils à la fois voter pour quelqu’un et ne pas connaître son travail ? Naviguent-ils dans le monde quantique ?
          Faut-il le rappeler ? La connaissance de la bande dessinée des auteurs diffère de celle des lecteurs. On ne saurait les confondre (seul un lecteur peu au fait des mondes du livre pourrait s’y risquer).
          Italo Calvino a admirablement défini la différence entre ceux qui font les livres et ceux qui les reçoivent, dans son chef-d’oeuvre, Si par une nuit d’hiver un voyageur... je vous y renvoie.
          On ne peut, par ailleurs, fonder un raisonnement constructif sur des impressions personnelles. Je l’ai dit, il n’y a pas de honte à ne pas connaître le travail de Julie Doucet, n’en faisons pas une affaire personnelle. C’est toujours une chance de pouvoir élargir ses connaissances, au lieu de se retrancher dans des certitudes non étayées.

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          • Répondu le 27 mars à  19:19 :

            Je répète : « son importance dans l’histoire du médium ».

            En quoi a-t-elle marqué l’histoire de la bande dessinée ?

            et évitez de noyer le poisson avec vos commentaires flous et moralisateurs.

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            • Répondu par Alex le 28 mars à  08:01 :

              Un peu de cordialité dans votre ton je vous prie, est-ce que je vous traite de troll arrogant, moi ?
              Disons que tous les auteurs de l’Association se revendiquent de son influence. Et par ricochet toutes celles et ceux qui ont été marqué par l’Association (ce qui, à voir les collections lancées par les maisons d’édition industrielles depuis le début des années 2000, dépasse largement le cadre des auteurs "indés" et "confidentiels" que vous ne semblez pas porter dans votre coeur).
              Elle a été une pionnière (très respectée, les votes en témoignent) dans le courant autobiographique et autofictionnel et la recherche d’une écriture plus proche de l’individu. Et que l’on aime ce type de bande dessinée ou pas, on ne peut nier l’importance qu’il a pris depuis 30 ans, même indirectement. Je ne serais d’ailleurs pas surpris que Catherine Meurisse et Pénélope Bagieu, ses co-finalistes, la citent comme autrice d’une oeuvre de qualité et importante.
              Voilà, il me semble avoir répondu clairement à votre question, sans détour. Pour le reste, vous pouvez faire vos recherches tout seul. Je dois maintenant retourner finir des livres (à la fois chez les indés et les majors, le monde est toujours plus complexe qu’on le dit) pour la joie de lecteurs curieux et ouverts, et j’ai déjà passé trop de temps ici à faire de la pédagogie.
              Il me restera quand même une interrogation de tout ceci : pour quelle raison votre premier réflexe est-il de démolir une oeuvre que vous ne connaissez pas, avant même d’aller voir ce que c’est ? Pourquoi ne pas commencer par aller la feuilleter en librairie ? En quoi ce prix met-il votre individualité de lecteur en péril ?

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              • Répondu le 28 mars à  15:11 :

                Je ne dis pas que je n’aime pas ou que j’aime.
                Vous ne répondez pas à ma question. Vous vous contentez d’affirmer quelle à eu une influence sur un petit nombre d’auteur. Mais aucune argumentation articulée. Vous vous contentez de rester à la surface des choses, dans le flou. Vos seuls arguments sont d’autorité. Degré zéro de l’analyse et de la critique.

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                • Répondu le 29 mars à  20:29 :

                  Trop de mauvaise foi dans votre dernière réaction. Le monsieur a pris la peine de vous expliquer cordialement qui est Julie Doucet et pourquoi elle semble importante pour lui et pour ceux et celles qui ont voté pour elle. A vous, à nous, maintenant s’ouvrir un de ses livres pour vous, et nous, faire une opinion.

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                • Répondu le 29 mars à  21:16 :

                  Il faut aussi bien comprendre une chose, qui peut expliquer le résultat de ce vote. Il doit y avoir quelque chose comme 1500 votants. Par contre, il y a des milliers d’auteurs en activité, voire bien davantage si on ajoute les anciens et les auteurs du monde entier. Par conséquent, le vote de quelques dizaines de participants seulement peut suffire à propulser un nom vers le podium. Ceci peut expliquer par exemple l’irruption de Julie Doucet dans le trio final, alors qu’elle n’avait pas publié de BD depuis des années, mais s’est rappelé au bon souvenir de ces consoeurs et confrères en publiant à nouveau un livre cette année. Ceci peut aussi expliquer les résultats des années précédentes, qui avaient surpris certains, notamment Rumiko Takahashi, Richard Corben ou précédemment Daniel Goossens, autant d’auteurs peu médiatisés mais fort respectés dans la profession.
                  Au second tour, on peut également envisager qu’il s’est produit cette année (et l’année précédente) un effet un brin pervers d’élimination des deux favorites (Pénélope Bagieu et Catherine Meurisse) que beaucoup dans le métier jugent un peu trop médiatisées, phénomène dont souffrent probablement aussi les très exposés Joan Sfar, Christophe Blain ou Riad Sattouf. Julie Doucet a probablement bénéficié de ce phénomène, mais ça n’enlève rien à son grand mérite et à son importance dans l’histoire de la BD « underground ». Pour ma part, c’est cette dimension un peu « ball-trap » de ce scrutin de deuxième tour qui fait que je m’abstiens d’y participer. Alors qu’il me fait plaisir, au premier tour, de rendre hommage à des artistes qui le méritent largement, et ne gagneront probablement jamais, encore que les victoires tardives mais très méritées de Munoz, Cosey et Hermann prouvent qu’il ne faut jamais désespérer.

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                  • Répondu le 30 mars à  05:32 :

                    1 / Vous pouvez supposer ce que vous voulez du scrutin. Personne ne connaît le détail des chiffres puisque le FIBD ne veut pas les communiquer. Ni combien de votants, ni quel pourcentage elle a obtenu aux deux tours. C’est opaque.
                    2 / Il suffit d’affirmer "son importance dans l’histoire de la bande dessinée" sans ne rien démontre. C’est dit, ça fait autorité et surtout ça évite d’expliquer en quoi elle est si importante. C’est brumeux.

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                    • Répondu le 30 mars à  07:15 :

                      On ne va quand même pas faire à votre place le travail consistant à vous doter d’un peu de culture générale. Lisez de la BD ! Consultez les pages Wikipedia consacrées à Robert Crumb, à Gilbert Shelton, à Art Spiegelman, à l’histoire de la BD underground nord-américaine et vous en saurez un peu plus sur Julie Doucet, son ascendance et son influence.

                      Répondre à ce message

                      • Répondu le 30 mars à  08:49 :

                        Julie Doucet n’a ni eu l’influence de Shelton, Crumb ou Spirgelman. Vous plaisantez ?

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                      • Répondu le 30 mars à  08:55 :

                        Si je dis que l’influence de Julie Doucet est mineure dans l’histoire de la bande dessinée, vous en concluez que j’ai peu de culture générale. C’est simpliste, non ?

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                        • Répondu le 30 mars à  09:06 :

                          1. Je n’ai jamais dit que Julie Doucet avait eu une influence du même niveau que celle de Crumb ou Spiegelman. J’ai seulement évoqué son nom parmi ceux d’autres artistes de l’underground américain. 2. Si vous êtes persuadé que l’influence de Doucet est mineure, pourquoi nous demandez-vous de vous prouver le contraire, laissant entendre au passage que vous n’avez pas la culture pour en juger ? Si vous avez assez de culture pour vous estimer capable de juger que son influence est mineure, c’est parfait, bravo à vous d’avoir de la culture et des opinions. J’ai les miennes et je ne perdrai pas davantage de temps à essayer de vous faire changer d’avis. Bonne journée.

                          Répondre à ce message

                          • Répondu le 31 mars à  15:31 :

                            Il faut être clair, à part Sfar et Satrapi, largement surmédiatisé, la production de L’Association n’est pas très connu du public et Doucet encore moins.

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  • Angoulême 2022 : les dangers de l’entre-soi
    30 mars 12:15, par Frédéric HOJLO

    Bonjour,
    Si je peux me permettre, à propos de Julie Doucet, vous trouverez quelques éléments d’informations ici :
    https://www.actuabd.com/Julie-Doucet-Grand-Prix-d-Angouleme-2022-une-recompense-pas-si-paradoxale

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