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Angoulême se pare aux couleurs d’Albert Uderzo

  • À un an de la disparition du grand artiste, à l'instigation de son épouse et de sa fille, la ville d’Angoulême, lieu saint par excellence de la bande dessinée franco-belge, a tenu à rendre hommage à l’illustre Albert Uderzo, dessinateur des aventures d’Astérix. Plusieurs hommages offriront différentes facettes de son immense héritage dans la cité charentaise qui le distingua (un peu tardivement...) d'un "Grand Prix du millénaire" en 1999.

Ce mercredi 7 juillet 2021, à l’occasion d’une conférence de presse donnée à l’Hôtel de Ville par Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, nous avons pu en savoir plus sur la nature de l’hommage rendu au dessinateur parti en mars. En étroite collaboration avec Ada & Sylvie Uderzo, il s’agira ni plus ni moins que de trois installations dédiées à son génie créatif :

Angoulême se pare aux couleurs d'Albert Uderzo  Un nouveau « mur BD » de 200 m², situé au 10 boulevard Louis Pasteur, sera consacré à « Uderzo dans son cosmos  ». Conçu par François Boucq, il sera réalisé par l’entreprise locale SL Moon Art & Décoration pour un coût total de 120 000 €. Un éclairage spécial permettra de le mettre constamment en valeur ;

Le mur en hommage à Uderzo conçu par François Boucq
Photo : Mairie d’Angoulême

- Un menhir, offert à la ville par la famille d’Uderzo et bardé de dialogues et phylactères empruntés à ses personnages. Taillé en pierre charentaise de Vilhonneur, le bloc de près de 6,50m de hauteur et de 22,5 tonnes sera réalisé par François Desforges et prendra place sur le parvis de la gare face à l’obélisque de René Goscinny ;

- Enfin, un projet pédagogique autour de l’œuvre d’Uderzo et de ses personnages sera proposé chaque année à une classe de l’École Uderzo, et une nouvelle œuvre sera conçue à l’issue de ce travail et reproduite sur l’un des murs de l’école. La Cité de la BD et l’École d’Art de Grand Angoulême feront partie du projet.

Face à la Gare d’Angoulême, en vis à vis de l’Obélisque de Goscinny, un Menhir d’Uderzo sera son pendant. Deux civislisations s’affrontent...
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Ces hommages multiples de la part des Angoumoisins qui, dans La Charente Libre avaient élu Uderzo "Grand Prix des Grands Prix d’Angoulême" en 2013,
suivent ceux adressés à son complice et ami René Goscinny, dont une rue d’Angoulême porte le nom (elle prolonge la rue Hergé) et dont une fresque murale peinte en hommage à Goscinny, imaginée par l’autrice Catel et également réalisée par les muralistes Moon et Mick en septembre et octobre 2020.]], montrent à quel point le dessinateur du Gaulois moustachu manque énormément au 9e art européen.

En 2017, le Festival avait organisé une grande exposition qui avait valu à Uderzo un sacré bain de foule.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

L’année, de toute façon, est marquée au sceau d’Uderzo : avec la grande exposition au Musée Maillol d’abord et surtout un nouvel Astérix en octobre ensuite, « Astérix et le Griffon », par des auteurs directement adoubés par le "Maître de l’école de Passy".

En ce moment à Paris, la grande exposition Uderzo au Musée Maillol.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

(par Auxence DELION)

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46 Messages :
  • Encore Astérix. Encore un héros du passé revisité à n’en plus finir. La BD n’avance pas. C’est pour ça aussi qu’elle n’est toujours pas reconnue comme une discipline importante. Elle vit sur ses acquis. Elle disparaîtra probablement avec la génération des boomers.

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    • Répondu le 9 juillet à  21:43 :

      Tabula rasa, c’est du latin. Ils sont fous ses romains !
      Ce sont dans les vieilles marmite qu’ont fait les meilleures potions magiques.
      Un peu de mémoire ne vous fera pas de mal !

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    • Répondu par lorentzo.B le 9 juillet à  23:04 :

      "(..)à son génie créatif". OK. Mais qu’on consacre aussi un mur à Goscinny alors..!

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      • Répondu par machin chose le 11 juillet à  20:25 :

        Il existe déjà, toujours à Angoulême, et exécuté par les mêmes artistes ! Hommage aux carrières de Goscinny ET Uderzo !
        https://www.actuabd.com/IMG/jpg/ce-mur-peint-goscinny.jpg

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 12 juillet à  06:27 :

          Le dessin est de Catel, autrice du "Roman des Goscinny" (Grasset).

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        • Répondu par lorentzo.B le 12 juillet à  08:56 :

          Ah, très bien, je ne savais pas (’faut dire que je ne vais plus à la grande Mecque d’Angoulême depuis très longtemps).. Astérix est indissociable de ses deux géniteurs, j’aurais préféré que la série s’arrête (comme Tintin) plutôt que de tirer sur la corde et noyer, galvauder les grands albums dans tout ce surplus (L. Luke, Boule et Bill... ) même si j’apprécie l’exercice de style de la vision d’un héros par un autre auteur (Blutch, Bravo, Bonhomme..). Une oeuvre, c’est une oeuvre ! Enfin, ce n’est que mon humble avis.. Pourvu que Gaston..

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    • Répondu par Milles Sabords le 10 juillet à  05:12 :

      C’est vrai qu’un personnage de BD dont le parc d’attraction à son éfigie totalise plus de 2 millions de visiteurs par an, c’est dépassé. J’ai même entendu dire qu’un obscur réalisateur, un certain Canet, l’a adapté en film. Pire, il y aurait même des Youtubeurs dans ce film... Je cois aussi avoir entendu dire que Tintin va être adapté en 3D par les américains, sûrement une fake news... Non, vraiment, tous ces personnages du passé, la BD va disparaître, c’est sûr.

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    • Répondu par Riton les Gamelles le 10 juillet à  06:30 :

      Bonjour cher Anonyme.
      Est-ce que Zola a été oublié lors de la disparition de ses contemporains ? Est-ce que Victor Hugo n’existe plus dans la littérature ? Uderzo et Goscinny resteront, tout comme eux, dans l’histoire de la bande dessinée. Je partage un peu votre point de vue lorsque vous dites qu’il n’était pas vraiment nécessaire de prolonger les aventures d’Astérix, sinon que de faire tourner le tiroir-caisse. Mais reconnaissez tout de même que les travaux d’Uderzo et de Goscinny méritent un hommage.

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      • Répondu le 10 juillet à  16:24 :

        La bande dessinée franco-belge meurt de ne pas savoir créer de nouveaux personnages. Elle ne s’adresse plus qu’aux vieux nostalgiques.

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        • Répondu le 11 juillet à  09:55 :

          Créez-les ces nouveaux personnages fédérateurs qui s’adresseront à toutes les générations !

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          • Répondu par kyle william le 11 juillet à  10:52 :

            On les crée. On a tous essayé, mais si ça ne marche pas dès le tome 1, les éditeurs arrêtent la série et vous fichent dehors sans même sortir le tome 2. Les temps ont changé, les éditeurs appartiennent à de grands groupes et les actionnaires veulent une rentabilité immédiate.

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            • Répondu par Onomatopée le 12 juillet à  10:05 :

              Si le public savait le nombre de projets franco-belge refusés par les éditeurs, il hallucinerait. Pourtant, ce ne sont pas des novices qui proposent tous ces projets, bien au contraire ! Seulement voilà, un fossé de plus en plus grand s’est créer entre auteurs et éditeurs, les premiers reprochant aux seconds leur navigation à vue, les seconds rétorquant aux premiers de s’occuper de leurs affaires. Je désespère de voir de plus en plus de collègues avoir un mal fou à faire passer un projet...

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              • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 14 juillet à  07:36 :

                Si le public savait

                Formule complotiste. Le savoir-faire de l’éditeur c’est de connaître son marché. Il doit faire des choix, quitte à se tromper.

                Seulement voilà, un fossé de plus en plus grand s’est créer entre auteurs et éditeurs, les premiers reprochant aux seconds leur navigation à vue, les seconds rétorquant aux premiers de s’occuper de leurs affaires.

                Vous personnalisez le débat. Je veux bien mais il faut pourtant bien admettre que l’équation, pour les éditeurs, n’est pas facile à résoudre : pression des mangas sur le marché, un produit pas cher et bien soutenu par les écrans, acteurs numériques surpuissants et des concurrents souvent très créatifs. Et si vous vous éditiez vous-même en publiant vos petits camarades ? Avec votre clairvoyance, cela devrait être facile, non ?

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        • Répondu le 12 juillet à  10:12 :

          Pas du tout, il y a des tas de jeunes (j’en fait parti) qui lisent du franco-belge et qui aimeraient qu’on lance de nouvelles séries. Faut peut-être que les éditeurs se réveillent.

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          • Répondu le 12 juillet à  13:04 :

            Les éditeurs n’ont plus la patience d’installer de nouvelles séries ni de nouveaux personnages. Ils veulent que ça marche tout de suite.

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          • Répondu le 12 juillet à  14:12 :

            C’est vrai qu’avec le très faible nombre d’albums publiés par an, les éditeurs dorment. Quoi qu’il en coûte, il faudrait au moins qu’ils en sortent le triple, au moins !

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            • Répondu le 13 juillet à  05:42 :

              Les éditeurs inondent le marché de romans-graphiques en tous genres. Il n’y a presque plus de nouvelles séries franco-belge !

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              • Répondu par Sergio Salma le 13 juillet à  10:35 :

                C’est pas possible . Vous êtes un robot . Ou alors un logiciel de réponse automatique-troll . Pour dire de telles conneries. Contre-verités ,conneries mais surtout preuves . Preuves d’une méconnaissance sidérale. Il vous suffirait pourtant de faire l’inventaire disons de fin 2019 des 5500-6000 nouveautés. Et puis vous irez confronter vos conneries avec les râleurs d’en face. Ceux qui disent qu’il n’y en a que pour les séries anciennes. Les amateurs -détesteurs BD c’est comme les 0’Timmins et les O’Hara. Bêtes mais bêtes.

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                • Répondu le 13 juillet à  13:06 :

                  Vous l’insultez, vous le traitez de robot qui dit des conneries, mais il décrit un phénomène réel, et attesté par le rapport récent du CNL. Vous vous réfugiez derrière l’offre pléthorique pour croire que la BD reste un monde riche et varié dans lequel toute proposition est encore possible. C’est inexact. Si on considère la BD comme un métier qui doit être rémunéré, et si dans ce cas, on exclut les éditeurs indépendants qui ne paient pas leurs auteurs, l’offre proposée est déjà considérablement moins riche. Et chez les gros éditeurs, ceux qui permettent de se professionnaliser, les phénomènes décrits plus hauts dominent : accent mis sur le prolongement des vieilles séries, importation massive de mangas, développement accru de la BD du réel et du roman graphique sous forme de one-shot, certes une innovation intéressante, mais avec un prix de vente élevé, et un prix de revient minime (paiement des auteurs au forfait), très faible investissement sur de nouvelles séries et la création de nouveaux personnages. Les éditeurs sont prêts pour la moitié du 21e siècle, mais la fidélisation de nouveaux auteurs et la création de nouveaux personnages et contenus franco-belges ou même européens y jouera peu de place.

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                  • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 13 juillet à  13:49 :

                    1/ Dire que les gens disent des conneries, ce n’est pas les insulter. Il y a un principe de réalité qui s’impose : une connerie est une connerie. Et M. Salma a raison de les pointer du doigt.
                    2/ Vous intervenez cent fois par jour pour répandre vos thèses déclinistes qui sont absolument sans fondement. Avancer le rapport (bancal) du CNL (nous en reparlerons) avec un sujet qui n’a rien à voir (en gros : la prétendue surproduction) avec la choucroute ne vous rend pas plus convaincant. Vos arguments tournent en boucle, vous êtes sourd à toute assertion qui ne serait pas vôtre. Je comprends que M. Salma soit énervé.
                    3/ Que la situation soit difficile pour les auteurs, c’est une évidence ; pour la plupart des éditeurs aussi. Même pour les gros : leurs concurrents sont désormais Google, Amazon, Alibaba... qui ont une puissance de feu bien plus impressionnante que l’ensemble des éditeurs français et belges réunis. Et vous, comme eux, n’y peuvent pas grand chose, sinon d’essayer des trucs.
                    En même temps, il y a une réflexion entière à mener sur la filière : où mène-t-on la création, de l’école à la publication dans le contexte actuel ? Le fameux rapport Racine ne répond pas à cette question.
                    En résumé, vos propos de prophète Philippulus annonçant la fin du monde de la BD sont aussi absurdes que d’affirmer qu’il n’y aura jamais de mangas (40% du marché français) ou des webtoons dessinés par des auteurs francophones, alors que c’est déjà une réalité.

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                    • Répondu le 13 juillet à  14:24 :

                      Pardon de réagir une fois encore. Ce ne sont pas des propos de prophète de malheur, c’est la réalité des perspectives du métier telle que décrite par le rapport du CNL, telle que vécue par la grande majorité des auteurs, telle que confirmée par de nombreux acteurs des maisons d’édition, en particulier les éditeurs eux-mêmes de plus en plus souvent externalisés (donc plus précaires mais plus libres de s’exprimer sur les tendances de leurs maisons), et telle que décrite par les AAA. Si vous souhaitez faire un article détaillé et critique sur les conclusions du rapport du CNL, je le lirai avec grand intérêt. Je ne demande moi-même qu’à être rassuré sur ces grandes tendances, et j’aimerais pouvoir ensuite être moins alarmiste sur la précarisation des auteurs et l’effacement programmé de la BD franco-belge.

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                      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 14 juillet à  07:04 :

                        Pardon de réagir une fois encore. Ce ne sont pas des propos de prophète de malheur, c’est la réalité des perspectives du métier telle que décrite par le rapport du CNL, telle que vécue par la grande majorité des auteurs, telle que confirmée par de nombreux acteurs des maisons d’édition, en particulier les éditeurs eux-mêmes de plus en plus souvent externalisés (donc plus précaires mais plus libres de s’exprimer sur les tendances de leurs maisons), et telle que décrite par les AAA.

                        Assertions sans fondement. Ce n’est pas ce que dit le rapport du CNL, qui du reste est critiquable, nous en reparlerons ; ce n’est pas ce qui est vécu par la majorité des auteurs, vous n’avez rien pour étayer vos dires ; ni les acteurs des maisons d"édition, là encore, vous n’avez rien. Les AAA sont une machine de revendication, en aucun cas une donnée objective. Venez avec des faits concrets, on les publiera. Mais vos litanies en boucle, c’est usant à la fin.

                        Si vous souhaitez faire un article détaillé et critique sur les conclusions du rapport du CNL, je le lirai avec grand intérêt.

                        Merci de votre intérêt. N’oubliez pas que les journalistes d’ActuaBD sont des bénévoles, donc payés moins que vous.

                        Je ne demande moi-même qu’à être rassuré sur ces grandes tendances, et j’aimerais pouvoir ensuite être moins alarmiste sur la précarisation des auteurs et l’effacement programmé de la BD franco-belge.

                        Plutôt que chercher à se rassurer, il faut trouver des solutions. La grande donnée objective de l’évolution de la BD ces dernières années est que les jeunes préfèrent acheter des mangas à 6€ que des albums à 15€ et des romans graphiques à 20€. Cela vous surprend ? Moi pas. Et le switch qui se fait sur les écrans (Webtoons) opère dans le même mouvement (lecture à moins de 5€, voire gratuite).

                        Les éditeurs tentent de répondre à cette évolution, mais les structures en place (diffusion, distribution, dépendance numérique, etc.) sont victimes de la "création destructrice" dont parle Schumpeter. La réalité économique n’est jamais rassurante. Dans l’avenir, la BD sera différente de celle d’aujourd’hui, comme celle d’aujourd’hui diffère de celle de 1920 ou de 1950.

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                    • Répondu le 13 juillet à  14:26 :

                      C’est vous Mr Pasamonik, journaliste spécialiste de la BD, qui parlez de "prétendue surproduction" ?

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                      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 14 juillet à  07:11 :

                        Depuis trente ans que cette locution est utilisée, je la conteste. L’économie ne se mesure pas au nombre de produits proposés à un marché (plus il y en a, plus c’est sain, mieux il est adapté pour orienter sa production vers les secteurs profitables), mais à la progression de ce marché (gagne-t-il du public ?), à la marge qu’elle génère directement (le livre) ou indirectement (exploitations transmédias). Donc oui, je l’affirme, ce terme de surproduction est absurde.Les acteurs qui ne s’adaptent pas au marché en tapant toujours sur le même clou disparaissent rapidement.

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                    • Répondu par kyle william le 13 juillet à  14:29 :

                      Donc si vous suit, Mr Pasamonik, l’avenir pour les auteurs européens serait de dessiner du manga ou des webtoons ? Et vous trouvez ça rassurant ?

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                      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 14 juillet à  07:20 :

                        Encore une fois, nous ne sommes pas là pour vous rassurer. L’évolution du monde n’a rien de rassurante. Nous essayons de comprendre. Les mangas, c’est 40% du marché en volume et sans doute 80% de la lecture des moins de 15 ans. Les webtoons font leur entrée sur le marché avec des acteurs puissants comme Naver-Webtoon ou Kakao (ils pèsent aussi lourds que nos Delcourt, Glénat et média-participations). Donc oui, il faut observer la manœuvre, comprendre ce qui fait leur succès (le prix sans doute, le format adapté à la grande distribution, des sujets plus conformes aux attentes des jeunes, etc...) et y répondre d’une manière ou d’une autre, tant du côté des auteurs que des éditeurs.

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                    • Répondu le 13 juillet à  15:51 :

                      On est plusieurs ici à être inquiets et pessimistes, et désolés de voir nos amis auteurs tirer la langue et ne jamais pouvoir se payer des vacances et vivre comme s’ils avaient un métier honorable. On n’est pas qu’un seul comme Sergio Salma et Didier Pasamonik le suggèrent.

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                      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 14 juillet à  07:25 :

                        C’est une scélératesse que de prétendre que nous suggérons cela. Le sujet n’est pas de payer vos vacances mais de voir comment, par la créativité, nous pouvons répondre à cette situation. Vos propos déclinistes ne sont pas créatifs. Ils appellent à un protectionnisme inadapté. La dernière fois que la loi en France a accompagné une mesure protectionniste en faveur des auteurs, c’est la loi de censure pour la protection de la jeunesse de 1949, conçue sous vichy et donc très "révolution nationale’. Personnellement, je ne veux pas cela.

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                    • Répondu le 14 juillet à  06:43 :

                      "En même temps, il y a une réflexion entière à mener sur la filière : où mène-t-on la création, de l’école à la publication dans le contexte actuel ? Le fameux rapport Racine ne répond pas à cette question."

                      Voilà une question intéressante !
                      Et oui, le rapport Racine n’y répond pas comme il ne répond pas à tout un tas de problèmes. Il est plein d’angles morts mais beaucoup d’auteurs l’ont pris pour les nouvelles Tables de la Loi alors que ce n’est qu’une thèse qui mérite des antithèses et une synthèse. Si on le confronte au récent "Panorama de la bande dessinée en France" de votre collègue Xavier Guilbert, toute une série de questions viennent à l’esprit. Il faut aussi écouter ce que les éditeurs, les libraires, les bibliothécaires, les différents lectorats et les critiques et spécialistes de la bande dessinée ont à dire. J’attends avec impatience de lire votre analyse de ce panorama.

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                  • Répondu par auteur BD le 13 juillet à  14:03 :

                    Le problème de Monsieur Salma, c’est qu’il brosse les éditeurs dans le sens du poil. Le problème, c’est que bon nombre de ses collègues sont obligés d’abandonner le métier devant les conditions catastrophiques des contrats au forfait, très bas, trop bas même. Le problème, c’est aussi cette offre surabondante qui masque la pauvreté de la création dans la BD : vous faites un one-shot, il se vend, vous avez peut-être une chance d’en faire un deuxième, il ne se vend pas, c’est la porte. Les éditeurs ne veulent plus faire de séries pour tuer définitivement le statut d’auteur et ne faire que du forfait à des stakhanovistes de la case. Il y a des auteurs qui n’arrivent même plus à boucler leur fin de mois pour pouvoir tenir les délais des contrats !

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                    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 14 juillet à  07:48 :

                      Monsieur Salma a sans doute des problèmes comme tout le monde, mais il n’a pas à "brosser" les éditeurs, sa carrière et son talent lui suffisent. Il semble que c’est plutôt vous qui avez u problème à vous faire publier. Vous êtes tellement acculé que vous vous sentez obligé de faire des attaques "ad hominem".

                      Normal que les éditeurs réfléchissent, hésitent, répartissent leurs risques. Cela s’appelle la gestion. Un bon auteur fait de même avec son éditeur, c’est de bonne guerre.

                      c’est aussi cette offre surabondante qui masque la pauvreté de la création dans la BD

                      Je me suis déjà exprimé sur cette "prétendue surproduction". La croissance en nombre de titres est surtout le fait des petits éditeurs indépendants qui méritent d’exister et qui font le valeureux travail de défrichage des talents. Mais pour que les auteurs gagnent de l’argent, il leur faut une audience plus large et là les éditeurs "industriels" tiennent la partie. Et les places sont limitées. La réponse de nombreux auteurs de la nouvelle génération est de répartir leur travail sur différents métiers. Bastien Vivès ou Clément Oubrerie viennent de l’animation, Sfar, Sattouf et Sapin font du cinéma, comme d’autres, à des places moins prestigieuses qu’eux. C’est la réalité de la création d’aujourd’hui.

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                      • Répondu par auteur BD le 14 juillet à  09:11 :

                        Je m’en sors pas trop mal, ne vous inquiétez pas pour moi. Salma fait dans le raccourci complaisant. Vous citez toujours les mêmes auteurs, comme tout le monde d’ailleurs. Ils ne sont pas représentatifs de la masse. Faire croire que la surproduction ne nuit pas au métier et que les auteurs sont multi-cartes, ce n’est pas de la gestion, c’est le travail de sape de l’édition depuis des décennies pour contrer toutes velléités contractuelles. Les "gros éditeurs" défrichent aussi des talents.

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                      • Répondu le 14 juillet à  10:15 :

                        Je comprends très bien que M. Pasamonik ne veuille pas que les intervenants du site basculent dans le déclinisme et le pessimisme, mais ce faisant, il commet plusieurs erreurs, et surtout il colle trop au point de vue des forces puissantes en présence, en l’occurrence les éditeurs, les institutions et les festivals. Et il semble être moins en contact avec le point de vue et la vie de tous les jours des acteurs les plus importants du métier, les auteurs et les lecteurs.
                        - il est fou de nier la réalité de la surproduction quand on la compare aux données concernant le pouvoir d’achat des lecteurs et la baisse constante de la part consacrée à la culture dans ce pouvoir d’achat. Même si vous avez raison de noter justement ce qui vient concurrencer cette part consacrée à la culture : forfaits de téléphone, abonnements à des plateformes etc. En effet le livre et la lecture sont menacés avant tout par l’avancée des acteurs numériques.
                        - il est encore plus inconscient d’attribuer la surproduction à la présence des éditeurs indépendants qui inonderaient le marché. Rien n’est plus faux. La surproduction a démarré avant l’arrivée des indépendants dans les années 90. Elle n’a cessé d’augmenter à mesure que les gros éditeurs se constituaient en groupes de plus en plus puissants. Pourquoi ? Parce qu’elle est source de profit, malgré le pilonnage des exemplaires invendus qui concerne plus de 2 livres parus sur 3. Un exemple ? Delcourt publie 650 BD par an, Cornélius en publie 15. Imputer la responsabilité de la surproduction aux indépendants est une vue de l’esprit. De façon générale, les indépendants ne versent quasiment pas d’a-valoirs aux auteurs. Ils jouent leur rôle de défricheurs de talents et vous avez raison de le signaler, mais pour un auteur qui souhaite se professionnaliser, ils ne font pas partie du paysage pour la simple raison qu’ils ne paient pas aux auteurs de quoi vivre.
                        - il est juste de pointer le fait que le marché de la BD est en pleine mutation et que les éditeurs sont désemparés et cherchent des solutions face à la montée de la concurrence des plateformes et du numérique. Je n’ai jamais appelé à des mesures protectionnistes ou "pétainistes" (un point Godwin pour vous) concernant la BD franco-belge, ni même à la taxation des mangas. Par contre, je constate, comme beaucoup d’auteurs sur le terrain, que la recherche de solutions des éditeurs ne se fait pas pour l’instant dans le sens d’un renforcement des créateurs, mais au contraire dans le sens d’une plus grande exploitation de leurs forces vives, ni dans le sens du développement de nouvelles créations et licences qui permettront d’envisager l’avenir. Pour faire simple, les éditeurs préfèrent pour l’ìnstant payer de moins en moins les auteurs et tirer un maximum de profit de ce qui est encore rentable, malgré le vieillissement inéluctable du lectorat, d’où la relance incessante de vieilles séries, plutôt que d’investir intelligemment dans la créativité.
                        - La solution suggérée pour les auteurs consistant à améliorer leurs conditions de vie en se diversifiant est déjà en vigueur depuis longtemps. La plupart ont un autre job pour survivre car la BD ne paye pas assez. L’exemple que vous prenez de Sfar ou Sattouf qui font du cinéma montre à quel point vous avez du mal à détacher votre regard des seuls poids lourds de la profession. Sfar et Sattouf ont fait du cinéma parce qu’ils avaient déjà beaucoup de succès dans la BD. Ce sont des cas particuliers. Par ailleurs, ils ont essuyé d’énormes échecs au cinéma. Ce n’est pas si facile.
                        - les journalistes d’Actua BD sont peut-être bénévoles mais moi aussi je prends de mon temps pour participer gratuitement à ces débats. Par ailleurs, je n’insulte personne.

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                        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 15 juillet à  09:36 :

                          il est fou de nier la réalité de la surproduction quand on la compare aux données concernant le pouvoir d’achat des lecteurs et la baisse constante de la part consacrée à la culture dans ce pouvoir d’achat. Même si vous avez raison de noter justement ce qui vient concurrencer cette part consacrée à la culture : forfaits de téléphone, abonnements à des plateformes etc. En effet le livre et la lecture sont menacés avant tout par l’avancée des acteurs numériques.

                          Vous mélangez tout. Plein de choses viennent menacer la consommation culturelle de la BD chez les jeunes : le cinéma, la mobylette, les sorties... Mais ce sont d’autres consommations culturelles. Personnellement, je ne fais pas de différence entre le livre et l’écran.
                          En ce qui concerne la "surproduction", combien y a-t-il d’éditeurs ? 300-350 selon Ratier. Combien de gros éditeurs ? 5-6, disons moins d’une dizaine. Qui publient entre 100 et 600 livres par an. Le reste est le fait de petits éditeurs ou d’acteurs du livre qui font quelques BD. On parle de 3000 nouveautés par an (dont 1500 mangas) et de 2000 nouvelles éditions. Au Japon, c’est entre 10 et 13 000.
                          Je ne crois pas aux livres publiés sans chance de se vendre. Je crois en revanche que cette industrie du prototypes, où l’expérimentation est abondante , comme dans le prêt à porter par exemple, a besoin d’une grande diversité de proposition pour subsister.

                          - il est encore plus inconscient d’attribuer la surproduction à la présence des éditeurs indépendants qui inonderaient le marché. Rien n’est plus faux. La surproduction a démarré avant l’arrivée des indépendants dans les années 90. Elle n’a cessé d’augmenter à mesure que les gros éditeurs se constituaient en groupes de plus en plus puissants. Pourquoi ? Parce qu’elle est source de profit, malgré le pilonnage des exemplaires invendus qui concerne plus de 2 livres parus sur 3. Un exemple ? Delcourt publie 650 BD par an, Cornélius en publie 15.

                          En 1990, Delcourt était un indépendant. Il a conquis des marchés nouveaux, mieux adaptés à sa génération. Il y a 300 éditeurs et une dizaine de gros. Les petits tirent à 100-1000 ex, les gros tiennent 90% du marché à eux seuls. En nombre de titres publiés, donc en termes de production, les alternatifs sont plus nombreux mais vendent beaucoup moins. Je ne dis pas cela pour les dénigrer. Chaque BD a son public. Crumb vend moins que les Pompiers de Bamboo, et alors ? Goscinny disait déjà que si l’on devait indexer le talent au tirage, le bottin de téléphone serait un chef d’oeuvre littéraire. Cette notion de surproduction est une ineptie, voilà tout.
                          Ce qui compte, c’est la rentabilité. Celle des éditeurs comme celle des auteurs. Si elle n’est pas là, on ne survit pas.

                          Imputer la responsabilité de la surproduction aux indépendants est une vue de l’esprit.

                          Je n’ai jamais prétendu cela.

                          De façon générale, les indépendants ne versent quasiment pas d’a-valoirs aux auteurs. Ils jouent leur rôle de défricheurs de talents et vous avez raison de le signaler, mais pour un auteur qui souhaite se professionnaliser, ils ne font pas partie du paysage pour la simple raison qu’ils ne paient pas aux auteurs de quoi vivre.

                          Voilà qui est dit. Dès lors quoi ? C’est aux grands éditeurs de payer tout le monde ?

                          - il est juste de pointer le fait que le marché de la BD est en pleine mutation et que les éditeurs sont désemparés et cherchent des solutions face à la montée de la concurrence des plateformes et du numérique.

                          Les éditeurs, mais aussi les auteurs. Mais la seule réponse est l’adaptation et la créativité. Et une attention à ce que les auteurs soient respectés dans ces évolutions. Si les auteurs faisaient plus confiance à leurs syndicats, les soutenaient, leurs intérêts seraient mieux défendus.

                          Je n’ai jamais appelé à des mesures protectionnistes ou "pétainistes" (un point Godwin pour vous) concernant la BD franco-belge

                          Ce n’est pas un point Godwinn, c’est un fait. La Loi de 1949 a été conçue sous Vichy.

                          Par contre, je constate, comme beaucoup d’auteurs sur le terrain, que la recherche de solutions des éditeurs ne se fait pas pour l’instant dans le sens d’un renforcement des créateurs, mais au contraire dans le sens d’une plus grande exploitation de leurs forces vives, ni dans le sens du développement de nouvelles créations et licences qui permettront d’envisager l’avenir. Pour faire simple, les éditeurs préfèrent pour l’ìnstant payer de moins en moins les auteurs et tirer un maximum de profit de ce qui est encore rentable, malgré le vieillissement inéluctable du lectorat, d’où la relance incessante de vieilles séries, plutôt que d’investir intelligemment dans la créativité.

                          Je suis sûr que vous ne croyez même pas à ce que vous dites. La plupart des éditeurs tentent des choses créatives, sinon ils mourraient en moins de cinq ans. Évidemment, ils sont opportunistes et préservent leurs marges, notamment en achetant des licences. Normal, l’édition est une entreprise. Maintenant, c’est aux auteurs à se défendre. Ils l’ont fait par le passé : Pilote, Métal Hurlant, L’Echo des Savanes, Fluide Glacial, L’Association, Bamboo, Ankama... sont le fait d’auteurs.

                          La solution suggérée pour les auteurs consistant à améliorer leurs conditions de vie en se diversifiant est déjà en vigueur depuis longtemps. La plupart ont un autre job pour survivre car la BD ne paye pas assez

                          Oui, car il y a bien plus d’auteurs aujourd’hui qu’hier. Vous y pensez, parfois ? Surproduction, disiez-vous ?

                          L’exemple que vous prenez de Sfar ou Sattouf qui font du cinéma montre à quel point vous avez du mal à détacher votre regard des seuls poids lourds de la profession. Sfar et Sattouf ont fait du cinéma parce qu’ils avaient déjà beaucoup de succès dans la BD. Ce sont des cas particuliers.

                          Non, ils ont accompagné et continuent d’accompagner l’édition indépendante (L’Association, Allary...), ils ont juste répartis leurs oeufs dans d’autres paniers. Ce sont des auteurs transmédias, comme avant eux Lauzier, Bilal ou Sokal.
                          Comme Tot ou Vivès de nos jours.

                          Par ailleurs, ils ont essuyé d’énormes échecs au cinéma. Ce n’est pas si facile.

                          Vous réussissez à tout les coups vous ?

                          « les journalistes d’Actua BD sont peut-être bénévoles mais moi aussi je prends de mon temps pour participer gratuitement à ces débats. Par ailleurs, je n’insulte personne. »

                          Mais oui, pauvre chou. Et nous on est payés pour vous répondre sans doute. Vous nous insultez, là ;)

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                          • Répondu le 15 juillet à  10:31 :

                            Je ne retire pas un mot de mon message précédent et d’ailleurs vous ne le critiquez qu’à la marge. Le constat est à peu près le même. La nuance est que vous faites à mon avis une grande confiance aux gros acteurs du secteur pour tirer la filière de la crise et que vous continuez à penser que la surproduction n’est pas un problème. Moi je pense que ce modèle est condamné, qu’il pénalise à court-terme les lecteurs et les auteurs, et accessoirement la survie d’une exception culturelle européenne. Mais ça c’est moins grave, je ne suis pas nationaliste. Je préfère lire un bon manga qu’un mauvais francophone. Vous dites que c’est aux auteurs de s’organiser pour survivre et vous avez raison. Un peu de soutien lorsqu’ils osent se fédérer et demander légitimement un arbitrage de l’Etat ne fait pas de mal. Il faut donner la parole à tous les acteurs.

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                          • Répondu par kyle william le 15 juillet à  10:54 :

                            Non encore une fois, on n’insulte personne. Le débat est plutôt de très bonne tenue. Messieurs Salma et Pasamonik devraient s’en réjouir au lieu de se moquer des avis (légèrement) différents. Les auteurs devraient se prendre en main et créer leur propres structures ? Oui pourquoi pas. Dans l’expérience que j’ai eu, ça n’est pas toujours la garantie d’une meilleure rémunération. Même les indépendants les plus connus n’ont pas les moyens de verser des a-valoirs suffisants. À Fluide Glacial, les augmentations ont été obtenues après le rachat par Flammarion, suite à un mouvement social. Je ne sais pas si Ankama paye correctement ses auteurs. Quelqu’un a des infos ? Et je suis curieux de savoir ce que va donner l’initiative de Lisa Mandel.

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                            • Répondu par Onomatopée le 15 juillet à  17:22 :

                              Pour apporter de l’eau à votre moulin Kyle, je pense que l’expérience de Lisa Mandel risque de tourner court. En discutant avec Laurel sur un festival, elle en est revenue de son expérience solo avec financement participatif, même si elle ne regrette rien. Mais tout le monde n’a pas la communauté de Laurel, ni son énergie pour avoir poussé aussi loin son auto-édition. Lisa va se heurter à un problème de taille ; la diffusion/distribution. Pour connaître des auto-édités, même si on a un nom, ça ne veut pas dire que l’on va vendre des camions d’albums par festivals. Certaines fois, on ne vend que trois - six albums de tout un week-end. Même dans mon cas, avec un gros éditeur derrière moi, je ne dédicace pas toujours autant que prévu. Tout dépend du festival, de la météo, de l’humeur du public, d’autres évènements dans la région en même temps, et même des auteurs très très connus, ont faillis finir fanny sur certains festivals. L’auto-édition pour en vivre, c’est encore pire qu’avoir un éditeur. D’après certains collègues, Ankama est entrain de changer, pas pour le bon, tout comme Bamboo. Le problème de Bamboo c’est qu’il n’ont pas de série phare avec un bon dessin réaliste.

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    • Répondu par vincent le 11 juillet à  19:54 :

      Belle réflexion digne de la plus grande bêtise !

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      • Répondu par Sergio Salma le 14 juillet à  17:20 :

        Cher Auteur BD , une connerie est une connerie c’est vrai. Didier Pasamonik , merci de prendre ma défense . Ah OK ? je brosse les éditeurs dans le sens du poil. Alors ça c’est bizarre cette impression que pour moi tout roule. Je vous laisse à vos assertions débiles si ça vous amuse.

        En fait c’est une tragi-comédie. Je m’intéresse au domaine artistique en tant qu’auditeur, lecteur, spectateur depuis pas mal de temps et jamais je n’ai imaginé que ce monde était un univers facile. J’ai même depuis le début cette impression qu’il y a une violence particulière . Mais vouloir y entrer c’est accepter cette violence.

        Et puis, folie, avec mes maigres capacités, je me suis dit que je pouvais peut-être faire auteur de BD. Et ce fut possible . Il y a eu des super trous, des énormes difficultés ,faut s’accrocher les copains. Alors je comprends pas votre assertion " je frotte qui ? quoi ? quel poil ?" . C’est pas vous pour les conneries mais là vous en ajoutez une. Pardon de m’énerver je me Colonniérise haha. Bon. C’est sain aussi .

        Ha ! le "métier " d’auteur est difficile ?! ça alors !!! Ah ? il devient plus difficile ?! ça alors quelle surprise !

        La presse BD n’est plus dans ses 30 glorieuses , allez 40. C’est incroyable ! Paupérisation ?! Mais paupérisation de quoi ? de qui ? Oui c’est l’enfer pour la plupart. Mais vous avez la débile prétention de penser que c’est récent. Avez-vous lu Le duel Tintin-Spirou ? ( Luc Pire éditions, Hugues Dayez ) Qu’y apprend-t-on ? Que faire de la bande dessinée dans cette période rêvée c’était pas que comique. ( on met l’âge d’or un peu partout mais disons que ça correspond à environ 1950-1970 non ? aïe pas sur la tête) C’était une lutte perpétuelle contre le temps et contre l’insuccès. Pour ceux qui oeuvraient dans cette partie ( qui était loin d’être la seule et loin être majoritaire) des revues historiques Tintin Spirou, ajoutons Pif , il s’agissait de travailler sans relâche. Ils allaient de l’une à l’autre revue, essayer des choses.. Stars et pas stars y ont laissé leur santé souvent. Pression pour les uns et les autres, juste une pression différente mais au bout la douleur. Puis il y avait une grande quantité d’auteurs pour l’autre versant, Lug, Samedi-jeunesse , beaucoup de titres. C’était quoi être auteur dans les années 60 ? Renseignez-vous.
        Et qu’on ne vienne pas avec cette idée qu’on était salarié, pigiste et que c’était la belle vie. Il suffit de parler avec ces auteurs s’ils sont encore parmi nous pour voir que c’était galère. Et je dis pas qu’il faut accepter la galère actuelle parce qu’il y avait la galère avant aussi mais ça permet au moins de pas voir ressurgir le monde merveilleux des c’était-mieux-avantistes, la plaie en dialectique.

        Ils me font marrer les déclinistes parce qu’ils ne pensent qu’avec le prisme de leur petite existence( en gros des quadras, quasi quinquas ). Qu’ils soient lecteurs , candidats-auteurs ou auteurs, leur monde a commencé vers 1990. Alors oui, ils ont pu avoir l’impression que.
        Ben en fait non , il y a un trompe-l’oeil. Car à cette époque conjonction , il restait des revues, il y avait une santé éditoriale et en même temps un appétit de lecture( un engouement même à l’échelle européenne, plein d’albums étaient traduits en espagnol, en italien, en allemand...) qui a pu donner la sensation que faire ce métier était possible. Il ne s’est jamais agi d’un métier ! C’est un métier quand on rencontre un demi-succès. On ne fait pas ce métier sans avoir du succès. C’est la règle. Ou alors on s’escrime entre 10 ou 20 ans à rechercher ce succès puis ayant fait le tout des éditeurs , ben on est un peu sur la touche. On sera moins payés parce que l’éditeur qui vous signe connaît votre valeur bref ça peut effectivement être une descente aux enfers. On n’est pas payé à l’ancienneté dans ces domaines.
        Faut faire fonctionnaire sinon.

        Auteur BD se débrouille mais voudrait que tous ceux et toutes celles qui envisagent de faire ce travail, gagnent de l’argent et aient une vie "normale". Mais ça n’a jamais été le cas et c’est encore moins le cas aujourd’hui. Parce que les mangas, parce que internet, parce que la culture XXIè siècle, parce que plein de raisons . ...soudain je me fatigue moi-même .C’est tellement con de parler à des gens qui n’y comprennent rien.

        Les chaînes de télévision, les grands groupes, les états eux-mêmes s’adaptent dans la douleur... Et ...dans ce chaos humain, y a des gars , des utopistes qui pensent que la BD va mal, que y a pas assez de bd franco-belge, et horreur ! trop de romans graphiques vite faits rentables pour les éditeurs picsou et attendez ils ont un truc à dire : le lectorat vieillit ! Le scoop d’enfer.

        Y a donc des gens qui écrivent ( évidemment anonymement ) qui prennent le temps et la peine d’écrire , de lancer leur opinion au monde dans ce contexte politique et philosophique, ils ne peuvent plus rester sans réagir, ils ont tout compris, ils ont la révélation, ils se mobilisent et courageusement , forts de leur indignation, ils écrivent à ActuaBD pour dire que.... la sculpture Astérix a Angoulême serait le symbole de la fin des temps.

        Ah oui ajoutons aussi que les jeunes ne lisent plus, que le cinéma est mort, que le feu brûle et l’eau ça mouille.

        Maintenant qu’ils ont tels des Assange deuxième génération lancé leur cri d’alerte, leur cri d’alarme, tous et toutes vont comprendre qu’il est grand temps de changer de vie, qu’il faut maintenant prendre des mesures et ils vont...eux ils vont faire...euh, en fait rien.

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        • Répondu par auteur le 15 juillet à  07:27 :

          Belle saillie ! Mais enfoncer des portes ouvertes n’éclaire pas les problèmes ! Je connais par cœur Chronologie d’une œuvre, et déjà à l’époque d’Hergé, sans son opiniâtreté, Tintin ne serait pas devenu ce qu’il est aujourd’hui. Les éditeurs ont toujours été des marchands de papier, on le sait tout ça, et ils se sont toujours trouvés des excuses ; aujourd’hui c’est "internet" et les "mangas". Maintenant, faut que ça change et ils ont les solutions.

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        • Répondu le 15 juillet à  08:37 :

          Un si long message pour dire qu’en fait vous êtes d’accord avec ceux que vous attaquez. Vous n’avez simplement pas envie d’entendre dire que la situation des auteurs est de plus en plus difficile. Vous ajoutez une seule nuance : c’était déjà très dur avant, l’âge d’or n’a jamais déjà existé. Mais on le savait déjà, figurez-vous. Ça n’empêche pas d’être combattif. On peut vouloir se battre pour améliorer une situation qu’on décrit et qu’on dénonce, on a le droit d’espérer des améliorations. Mais pour ça il faut bien analyser la réalité. Ça ne veut pas dire qu’on est décliniste ou nostalgique d’époques qui n’ont pas existé. Nier la réalité comme le font certains journalistes du site, railler ceux qui la décrivent comme vous le faites vous, c’est simplement le refus de toute politique. C’est de l’abstentionnisme. Je préfère me révolter encore, même si ça vous fait marrer, et je préfère l’action.

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          • Répondu par Sergio Salma le 15 juillet à  10:46 :

            Un dernier message et puis je vais faire une promenade. Il ya un scandale dans le milieu oui, c’est la nullité de l’Etat. Le social est une zone absolument négligée et prouve le mépris des institutions. Là, je tire mon chapeau à tous ceux qui essayent de faire bouger les choses.

            Même si se fier aux politiques ...

            Je suis les évolutions dramatiques quelles qu’elles soient et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. EVIDEMMENT que ça devient tragique , le décrochage massif est en train de se faire. Je vois autour de moi les auteurs et autrices tirer la langue, ou simplement arrêter.

            Sauf que c’est inéluctable ... quand un individu veut faire un métier et qu’après 10 ans il gagne 4000 euros par an, il doit se remettre en question non ? c’est cette fameuse violence évoquée.

            J’ai jamais prétendu, malhonnête réflexion de votre part que vous ne saviez pas l’évidence et que ça me réjouissait . Plusieurs fois , une personne plus raisonnable que moi aurait raccroché les gants. Mais bon, si l’autre pense que je brosse les éditeurs , je dois pas avoir acheté la bonne brosse.

            Mais il y a ce truc romantique qui flotte qui voudrait faire croire à plein de gens que ça pourrait aller mieux. Je pense pas du tout ,collectivement c’est même impossible et on le constate chaque jour. Mais chaque individu peut tout reprendre à zéro, réfléchir à son travail et aux possibilités éditoriales. Et croyez-moi, je peux en même temps vous dire que c’est la merde et en même temps vous dire que c’est possible ( faut bosser beaucoup). Trouver des idées, frapper à la bonne porte, rencontrer la bonne collaboration... Oui l’éditeur comme le coloriste ou le scénariste c’est une association vitale.

            Bon, maintenant, me reprocher d’enfoncer des portes ouvertes, je suis surpris. C’est un peu le principe-même de la discussion mon pote. Tout ce que tu dis, je le sais je te méprise. C’est le jeu. La discussion est un sport, la conversation en réalité. Mais si chaque fois qu’on échange le point de vue et un subtil nouvel éclairage, vous bottez en touche pour dire que ça vous convainc pas, ça aussi c’est un principe de la dialectique et malhonnête ; Comme la mauvaise foi sans doute que vous devez voir chez chacun de vos interlocuteurs.

            Je terminerai par une chose : j’espère que dans mes 1000 mots il y en a 7 ou 8 qui vous sortiront de votre fainéantise intellectuelle. Je peux avouer que de mon côté deux ou trois mots de votre triste texte m’ont fait réfléchir. Soyez content, vous m’avez encore appris des choses sur la morosité et la bêtise.

            Et sinon pour Angoulême, proposer un obélisque et un menhir ( parce que c’est le sujet de la publication haha) en hommage aux carrières fantastiques de Goscinny et Uderzo c’est très joli. Carrière.... pierre...mais siiii... pfff ! faut tout vous dire.

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            • Répondu le 15 juillet à  11:56 :

              À propos d’Angoulême, j’ai lu ce matin que "The French Dispatch" le nouveau film du génial Wes Anderson avait été tourné là-bas. Et Angoulême a été rebaptisée Ennui-sur-Blasé. HAHAHA ! Ça lui va comme un gant à la capitale moniale du microcosme de la BD. HAHAHA !

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          • Répondu par Sergio Salma le 15 juillet à  12:24 :

            Oui c’est sûr, la révolte c’est cool. Mais comme pour mon abstentionnisme ça change rien non plus. Mobilisez-vous mieux, efficacement. Courage. En fait, changez de vie ! Hou ! non trop difficile, vous préférez aller vous révolter sur Facebook ou sur ActuaBD . haha. Vous êtes drôle en fait. Vous choisissez d’être révolté. Tout est dit.

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            • Répondu par ubuesque le 16 juillet à  13:24 :

              Disons les chose comme elles sont... le choix des projets BD ressemble à de l’orpaillage : on balance un tas d’albums par mois, on tamise, et on voit ce qu’il reste de pépites au fond. Aujourd’hui, même si vous faites plus de 10000 ventes par album, les éditeurs ne prendront pas vos nouveaux projets. Les éditeurs ne peuvent pas d’un côté se lamenter du chiffre de vente en baisse, qui plafonnent aux alentours des 3000 par nouveauté, et de l’autre, refuser ceux qui vendent. C’est pour cette raison que personne ne se rend compte du cynisme abyssal qui règne dans la BD. Il est évident que pour les éditeurs, les ventes importent peu et que leur discours n’est pas clair sur le fond. Bien sûr, on va me rétorquer que les éditeurs choisissent qui ils veulent. Mais avant de donner sa chance à un premier album, il serait déjà préférable de consolider son chiffre d’affaire avec des auteurs qui vendent, pour justement, permettre de financer des premiers albums. D’ailleurs, Marc Wasterlain passe par les éditions du Tiroirs pour son prochain album, qui elles-mêmes passent par Ulule pour le financement. C’est dire la bêtise crasse du microcosme de la BD, il n’y a pas si longtemps, un auteur de la trempe de Wasterlain aurait trouvé dix éditeurs prêts à le publier !

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      • Répondu par lorentzo.B le 14 juillet à  22:06 :

        Ben dis donc, c’est convivial le milieu de la BD. Moi qui croyais, quand j’étais gamin, que ça se passait comme dans les albums de Gaston ..

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