Annie Zoo - Par Morvan et Nemiri - Delcourt

10 juin 2009 0
  • Après un premier coup d'essai réussi, le duo d'auteurs récidive dans la bande dessinée jeunesse avec beaucoup de fantaisie et de personnalité.

Annie est une petite fille très timide. Ou très peureuse, allez savoir. On ne sait d’ailleurs pas d’où cela lui vient. Peut-être est-ce lié à sa tata Chantal, pas belle et qui crie trop fort lorsqu’elle parle. Toujours est-il que toute chose lui semblant inhabituelle faisait pleurer Annie et qu’il n’y avait que ses peluches pour la rassurer. Jusqu’à ce qu’elle se découvre un pouvoir amusant. Enfin, dans un premier temps plutôt.

Les deux auteurs de Je suis morte avaient déjà tenté l’expérience de l’album jeunesse avec Hyper l’hippo. Comme pour celui-ci, les animaux ont également un rôle dans Annie Zoo et l’on y retrouve une thématique un peu similaire. Mais je n’en dirai pas plus sur ces points-là pour ne pas gâcher la surprise.

Annie Zoo - Par Morvan et Nemiri - Delcourt
L’école, une des nombreuses peurs d’Annie
© 2009 Guy Delcourt Productions / Morvan / Nemiri

Jean David Morvan signe un joli récit simple et fantaisiste, menant à une petite morale ni déplacée, ni pompeuse. Au travers du regard de la fillette, le lecteur trouvera dans ces 32 pages -vite lues- une poésie pas toujours tendre à l’image de la vie réelle et de certains adultes.

Grâce au talent de Nicolas Nemiri, Annie Zoo s’offre un univers très graphique. Son trait vif, spontané, aux couleurs brutes, fait une nouvelle fois des merveilles. Le dessinateur maîtrise parfaitement son approche visuelle très personnelle aux influences que l’on devine tout aussi diverses, et l’on se surprend régulièrement à s’attarder longuement sur une de ses cases, fasciné par sa beauté et son apparente simplicité. Toutefois aux antipodes du dessin jeunesse auquel nous sommes habitués, le style de Nemiri peut constituer malgré lui le seul défaut de l’album. En effet, ce parti-pris graphique plutôt radical risque peut-être de rebuter ou perturber les très jeunes lecteurs.

Mais cela peut aussi bien servir d’excuse aux adultes pour lire cet album la conscience tranquille...

(par Baptiste Gilleron)

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