Antoine Sèvres - T2 : Aux Portes de l’enfer - Rullier & Lapo - Les Humanoïdes Associés

20 juillet 2006 0 commentaire
  • L'Inquisiteur itinérant revient pour une deuxième enquête, dans laquelle les secrets d'une jeune religieuse décédée font trembler l'équilibre de pouvoir d'un petit village.

Antoine Sèvres regrettera-t-il d’avoir essayé de traverser de nuit une forêt des Causses ? Sa chute dans une crevasse l’amène à découvrir le squelette d’une jeune cistercienne - les paysans qui le secourent le lendemain matin lui apprennent que sœur Flavianne avait disparu un an auparavant. Antoine est bien vite persuadé qu’il ne s’agit pas d’un accident, et décide de mener l’enquête.

Le scénariste Laurent Rullier nous propose donc une nouvelle étape des pérégrinations de son moine-limier. On y trouve, comme dans le premier tome, une gallerie de personnages bien campés, qui vont d’un abbé qui consomme autre chose que le vin de messe aux sœurs du couvent de la victime, qui sont aussi accortes que bonnes jardinières - la culture du chanvre a beau être interdite par le Pape, cette plante est aussi pratique à tisser qu’utile pour calmer certaines douleurs.

Les passions très humaines de ces hommes et de ces femmes isolés du reste du monde constituent le cœur de l’intrigue de cet album, mais celle-ci nous réserve quelques surprises supplémentaires : sœur Flavianne avait un vrai talent de dessinatrice, et représentait entre autres des animaux que les villageois pensaient être imaginaires. L’effet du chanvre ? Mais le chanvre ne peut pas faire rêver à des rhinocéros, animaux que très peu de gens avaient vus à l’époque...

Alessio Lapo collabore avec le scénariste pour la deuxième fois, et continue à croquer de belle manière tout ce petit monde. Ses villageois ont des têtes de gens à la vie dure, et même le personnage principal n’a rien d’un jeune premier.

Encore plus que dans le premier tome, la tendance à préférer la justice à la loi est une caractéristique d’Antoine Sèvres, personnage à mille lieues des idées que l’on se fait des inquisiteurs. Il est très agréable de découvrir dans les pages de cette série des protagonistes qui font de leur mieux avec les contraintes de leur temps, mais qui n’oublient pas de vivre, ensemble et parfois contre la bonne morale.
Ce n’est que l’un des multiples charmes de cette série intelligente.

(par François Peneaud)

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