Après les États-Unis, Le Weekly Shonen Jump part à la conquête du reste du monde anglophone

10 juillet 2013 3 commentaires
  • La version digitale anglophone du plus important magazine de prépublication de manga du Japon, déjà présent aux États-Unis, ajoute désormais le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ainsi que l'Afrique du Sud à sa sphère d'influence. Bientôt la France?

C’était une épine dans le pied des grands éditeurs de manga japonais : comment faire pour toucher le public étranger, d’abord américain, dont l’appétit pour les titres shonen était avéré et qui se trouvait affecté par le succès phénoménal des plateformes illégales de scantrad du type One Manga ?

Après l’échec des versions papier, et outre la répression nécessaire mais surtout symbolique contre les sites de scantrad, il a fallu à ces éditeurs se pencher sérieusement sur la question de cette demande. Certains impératifs se sont rapidement imposés : il fallait proposer une offre chapitre par chapitre, simultanément avec le Japon pour les séries les plus lues, et dans un format digital puisque ces nouveaux supports ont la préférence des "digital natives"...

Avec l’arrêt de la version papier du magazine américain dérivé du Weekly Shonen Jump japonais, Viz Media, filiale internationale de Shueisha et Shogakukan, lance une version numérique au début de 2012. Il vise alors la simultanéité avec la prépublication japonaise, avec pour conséquence la publication massive aux États-Unis des shonens les plus populaires du Jump pour "rattraper" la publication japonaise.

Cette simultanéité a été atteinte au début de cette année : à présent, chaque lundi paraît en version digitale la version anglophone, comme elle paraît chaque le même jour au Japon dans sa version papier.

Mais désormais, dès de ce mois de juillet, cette possibilité est offerte à d’autres pays de langue anglaise : Le Royaume-Uni bien sûr, mais aussi l’Irlande, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud. Avec des prix variant d’un pays à l’autre : de 1.99 £ pour le Royaume-Uni à 4.19 NZD pour la Nouvelle-Zélande.

Après les États-Unis, Le Weekly Shonen Jump part à la conquête du reste du monde anglophone
© Viz Media

Cette version n’est pas in extenso une reproduction de l’hebdomadaire japonais. N’y sont présents que les gros succès de Shueisha, qu’ils proviennent du Weekly Shonen Jump ou d’un autre magazine de la gamme.

On trouve bien évidemment One Piece, Naruto, Bleach, Toriko et même Nisekoi qui arrivera chez nous à la rentrée. Mais on peut également découvrir Blue Exorcist publié dans le mensuel Jump Square ou encore One Punch-Man, le web manga phare de Shueisha, étendard de la revue en ligne Tonari no Young Jump, dessiné par Yusuke Murata à qui l’on doit notamment Eyeshield 21.

Certains événements importants, comme la publication cet été de titres d’Akira Toriyama dans la version originale du Weekly Shonen Jump, seront également instantanément déclinés dans la version anglophone.

© Viz Media

Cette nouvelle donne appelle plusieurs réflexions.

La première est que ce mouvement vers le numérique avait été notamment initié par Hyoe Narita, ancien Vice-Président Exécutif de Viz Media US, aujourd’hui Président de Viz Media Europe. Est-ce à dire qu’à terme, une version européenne dans la langue des marchés majeurs du manga en Europe, verra le jour, notamment en France ?

La seconde concerne la question du scantrad. Maintenant que l’offre est présente, du moins sur les principaux marchés anglophone les éditeurs ont certainement davantage les coudées franches pour mettre en cause le piratage de leurs œuvres.

Mais il est important de considérer que la simultanéité ne résout pas le problème. En effet, les chapitres de One Piece et consorts sortent en version pirate sur Internet, traduites dans de multiples langues, le mercredi - voire parfois le mardi comme cette semaine - qui précède le lundi de la sortie du magazine dans les points de vente au Japon.

Sans parler du fait que le lectorat visé ne semble pas encore disposé à se tourner vers des offres légales payantes. En France, un récent sondage effectué sur un site spécialisé, Mangasanctuary interrogeait ses lecteurs : à la question " - Êtes-vous prêt à acheter des BD/comics/mangas numériques", seulement 4% des plus de 1000 votants ont répondu "- oui".

Le casse-tête reste entier.

© Viz Media

Voir en ligne : http://shonenjump.viz.com./

(par Aurélien Pigeat)

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3 Messages :
  • Le grand Akira Toriyama prix du quarantième anniversaire du festival d’Angoulême ,que d’aucuns réduisent au simple club Dorothée alors qu’il est un des auteurs -voire l’auteur,messieurs les membres de l’académie des grands prix-qui a eu la plus grande influence sur toute la BD mondiale ces 25/30 dernières années ;Akira Toriyama donc,qui va aussi présenter trois nouvelles séries pour les quarante -cinq ans de la revue Weekly Shonen Jump dès ce mois de juillet ,aurait contracté une allergie à l’encre.Ennuyeux.

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    • Répondu par Oncle Francois le 15 juillet 2013 à  12:06 :

      Si c’est vrai (on dirait du bayday-lique, ami occulte), cela serait un cas de maladie professionnelle. Ennuyeux comme vous dites, mais il a sans doute un large studio derrière lui, et il pourra se contenter d’en surveiller la bonne exécution du travail (respect de la norme graphique, etc)

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  • Avec 5 jours d’avance, sur une parution de nature hebdomadaire, les scantrads bénéficient d’un avantage qu’il me semble assez insoluble à résoudre pour le moment…

    Ce problème pourra peut-être être résolu lorsque la prépublication passera tout en numérique, mais d’ici là ça ressemble à un labyrinthe sans sortie…

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