Après les "Voleurs d’Empires", une nouvelle collaboration entre Jamar & Dufaux

12 novembre 2003 0 commentaire
  • L'intégrale des sept albums des {Voleurs d'Empires} paraîtra aux éditions Glénat en décembre prochain. Cette histoire à la fois romanesque et fantastique a permis à Martin Jamar de se révéler comme un dessinateur dont le style mêle harmonieusement le réalisme et la caricature.

Le dessinateur le confesse : « Je suis un autodidacte. Après une licence en droit, j’avais créé avec un ami la série François Julien. Cinq albums ont été réalisés, alors que je n’avais aucune formation artistique. Mon graphisme dans les premiers albums des Voleurs d’Empires n’était pas encore maîtrisé. Je remarque, par exemple, que les personnages principaux y avaient l’air particulièrement vieux : ils ont des cernes sous les yeux. C’est un comble quand on est sensé représenter des adolescents !  ». Martin Jamar s’est plongé dernièrement dans cette période de son travail pour en sélectionner quelques croquis et des dessins inédits. Ceux-ci seront inclus à cette intégrale…

A travers ses différentes séries, Jean Dufaux a pris l’habitude de réinventer l’Histoire. La série Les Voleurs d’Empires ne déroge pas à cette règle. Dans ce récit bouleversant, des adolescents attachants voient leur quotidien chamboulé par un personnage aux contaurs aussi noirs que ses desseins : la Mort. Leur destin s’ébauche sous le règne de Napoléon III, au moment des événements de la Commune de Paris.

Distancié, le personnage de la Mort observe presque malicieusement les gesticulations des protagonistes de ce récit. Sa servante, Adélaïde Favier, n’hésite pas à s’immiscer dans la vie de ses victimes, altérant jusqu’à leur santé mentale. Il faut dire que la domestique du grand macabre a des habitudes morbides : le berceau contenant le squelette de son bébé trône dans sa chambre et offre le gîte à des rats. Cette femme démoniaque aime aussi épingler des fleurs de peau cousues à même la chair des cadavres.

Martin Jamar regarde aujourd’hui cette histoire avec un brin de nostalgie : « Je l’ai beaucoup aimé, mais je suis content d’avoir clôt le cycle. Même si l’ambiance noire et morbide était cohérente par rapport au récit, je n’avais pas envie d’emmener perpétuellement le lecteur vers quelque chose d’aussi dur. ».

Martin Jamar va refaire équipe avec Jean Dufaux. Ils viennent de terminer le premier album d’une nouvelle série, à paraître en août 2004 aux éditions Dargaud. Malgré une discrétion compréhensible, l’auteur se confie : « L’action se déroulera en 1802, à l’époque du Consulat. Cette série sera axée sur l’aventure et le suspense. L’enquête sera fort heureusement beaucoup moins sombre que ma précédente série. L’intrigue s’achèvera à la fin de chaque album, excepté pour les deux premiers qui formeront un dyptique.  »

Le dessinateur refuse d’en dire plus, mais c’est promis : nous vous en reparlerons !

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?