Arale - Par Tristan Roulot et Denis Rodier - Dargaud

22 août 2018 0 commentaire
  • Un récit uchronique fantastique, dans une Russie tsariste en guerre dans les années 1930, avec un Raspoutine machiavélique aux manettes.

Il est assez fréquent que l’on se dise, à la lecture de l’énième tome d’une série, que les auteurs auraient pu réduire la voilure, condenser leur propos, ce qui nous aurait fait gagner quelques heures et euros, en arrêtant de délayer leur propos pour rallonger la sauce de manière superficielle.

Il est en revanche plus rare que l’on se dise l’inverse. C’est pourtant ce qui se produit en découvrant Arale, album scénarisé par Tristan Roulot, qui a notamment travaillé sur Hedge Fund et dessiné par Denis Rodier, qui a une longue expérience dans le comics, ayant notamment encré Superman ou réalisé de nombreuses couvertures pour Marvel, et qui a aussi publié L’Ordre des dragons.

Arale - Par Tristan Roulot et Denis Rodier - Dargaud

Il s’agit ici d’un récit d’uchronie fantastique. La révolution bolchévique d’octobre 1917 a échoué : Lénine et ses camarades ont été pendus, et plusieurs nations, dont les États-Unis et la Chine, ont profité de ce climat de guerre civile pour envahir plusieurs régions de la Russie tsariste, notamment la Sibérie et l’Ukraine. Nous sommes en 1934, et le tsar immortel continue de diriger les combats contre l’ennemi, après avoir échappé une troisième fois à un attentat.

Mais ceci est la version officielle, en réalité, il est mort à chaque attentat, la magie noire de Raspoutine ayant permis de le ramener à chaque fois à la vie, en conservant sin corps et en implantant l’esprit d’un proche du tsar dans celui-ci.

Le dessin est efficace : l’ambiance très picturale créé un théâtre infernal, crépusculaire, où les morts des guerres passées hantent Arale, une zone intermédiaire, un entre-monde dantesque. Cela tient énormément aux couleurs de Bruno Tatti, qui sublime le trait et nous plonge dans cet univers d’horreur. Malheureusement, le scénario, déçoit. En 64 pages sont condensés trop d’évènements, trop de pistes sont lancées : on a l’impression d’avoir entre les mains un digest de trois ou quatre albums, et ce one-shot ne peut pas aller au bout des multiples fils narratifs qu’il esquisse à peine. C’est dommage, car il y avait là matière à une contre-histoire pleine de souffle !

(par Tristan MARTINE)

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