Arbos Anima : le retour de Kachou Hashimoto

9 août 2016 0 commentaire
  • Après "Cagaster", Kachou Hashimoto revient avec une nouvelle série qui fait la part belle, une fois encore, à l'environnement dans lequel évolue les personnages. Mais cette fois, il n'est pas question d'insectes menaçants et de monde post-apocalyptique, mais d'une chasse aux plantes rares dans l'Asie du Sud-Est au XIXe siècle.

La faune et la flore à l’état naturel, in situ, voilà qui est nouveau, pour Noah, lui qui attendait cela depuis tellement longtemps. Car le garçon fut jusque-là élevé dans une serre, au sens propre, parmi fleurs et essences exotiques qu’il a appris à connaître sur le bout des ongles. Et l’on attend à présent qu’il mette à profit ses talents particuliers en la matière, en devenant chasseur de plantes, parcourant le monde à la recherche des espèces les plus rares que s’arrachent de riches collectionneurs européens, et en particulier anglais.

L’idée de base d’Arbos Anima s’impose comme alléchante, et originale, ne serait-ce que par la place que le titre accorde aux plantes, abordées à la fois sous un angle renseigné (les spécificités de chacune font partie intégrante de l’intrigue) et grand public (des connaissances distillées à travers une véritable aventure). Autre élément intéressant : l’ancrage historique et géographique du titre. L’Asie du Sud-Est, et l’impact des Empires qui dominent alors cette région, nourrissent directement la trame et proposent pour le moment des développements étonnants et sympathiques. Histoire, écologie, relation aux autres et au monde dans lequel nous vivons forment ainsi la toile de fond du propos raconté.

Arbos Anima : le retour de Kachou Hashimoto
Une mission confiée au héros et à son garde du corps : retrouver une plante perdue
ARBOS ANIMA © 2015 Kachou HASHIMOTO / TOKUMA SHOTEN

Arbos Anima demeure toutefois dans les limites du genre dans lequel il s’inscrit : un récit d’aventure de type shonen, destiné à un public plutôt jeune, et développé dans un registre et selon des codes beaucoup plus légers que le précédent titre de Kachou Hashimoto, Cagaster, qui lui, assez sombre, tirait clairement vers le seinen. Le héros possède donc un pouvoir fantastique et se trouve accompagné par un protagoniste qui remplit le rôle du guerrier surdoué, car les combats occupent une part cruciale dans la résolution des différentes affaires que doit résoudre Noah.

On aurait pu avoir une série s’approchant de l’excellent Altaïr, mais on demeure finalement dans quelque chose de beaucoup plus balisé et pour l’heure moins ambitieux au niveau de l’action. Reste que les lecteurs de Kachou Hashimoto auront plaisir à retrouver l’univers de la mangaka, indéniablement identifiable.

La réminiscence originelle, le pouvoir de Noah, qui lui permet de communiquer avec les plantes
ARBOS ANIMA © 2015 Kachou HASHIMOTO / TOKUMA SHOTEN

Plusieurs personnages, par leur caractérisation graphique ou morale, font ainsi directement écho aux héros de Cagaster. Mais c’est surtout l’attention portée aux interactions de ces derniers avec leur environnement qui frappe et fait le pont entre les deux œuvres de Kachou Hashimoto. Le cadre devient le cœur du récit et le héros se distingue par sa capacité à dialoguer intimement avec lui : voilà ce qui structure tout autant Arbos Anima que Cagaster. Et la tâche s’avère plus subtile et complexe en fin de compte dans Arbos Anima.

En outre, le dessin de la mangaka demeure une valeur sûre : ce premier volume offre quelques planches superbes, notamment du côté des doubles-pages. Et ne boudons pas notre plaisir : on est assez heureux de voir Kachou Hashimoto continuer son bonhomme de chemin et être à présent publiée selon des canaux plus classiques, comme celui de la prépublication au Japon, elle qui avait été découverte par un éditeur français, Glénat, qui fait très logiquement le choix de suivre son auteure.

Page de titre, avec un joli jeu de mot de la traductrice pour ce premier chapitre
ARBOS ANIMA © 2015 Kachou HASHIMOTO / TOKUMA SHOTEN

(par Aurélien Pigeat)

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Arbos Anima T1. Par Kachou Hashimoto. Traduction Karine Rupp-Stanko. Glénat, collection Shonen. Sortie le 6 juillet 2016. 196 pages. 6,90 euros.

Lire le premier chapitre en ligne

Au sujet de Kachou Hashimoto, lire
- la présentation de sa précédente série, Cagaster
- la chronique du sixième et dernier tome de Cagaster

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