Atlantid T1 - Par Hinedori Yamaji - Kana

18 février 2016 0
  • Dans le Londres de Jack l'éventreur, une bande de gamins des rues se trouve embarquée dans un conflit entre une menaçante puissance occulte et les services secrets de la Reine. Tout cela sur un fond mêlant mythe de l'Atlantide et utopie mécaniste propre à la révolution industrielle.

Voilà un shonen - manga pour jeunes garçons - d’action qui fait l’effort de poser un cadre et un background plutôt originaux et intéressants, bien que s’inscrivant dans une certaine mode récente. Steampunk et Angleterre victorienne ont en effet le vent en poupe, comment le montrent assez les succès - et réussites - que constituent Levius ou Jabberwocky.

Atlantid en offre une version pleine de peps, à destination d’un public plus enfantin que les deux titres susmentionnés. Et ça fonctionne plutôt bien, Hidenori Yamaji déployant les codes et jalons obligés du genre pour un début d’aventure rapidement et efficacement introduit.

On découvre ainsi Sully, amnésique surdoué vivant de rapines et dont les origines vont servir de moteur à l’intrigue, une espionne assurant le rôle "d’adjuvante grande sœur", une bande de copains pour animer la vie des personnages et d’inquiétants tueurs aux trousses de tout ce petit monde, cherchant à récupérer un mystérieux anneau au pouvoir bien évidemment colossal.

Pour le moment, la peinture de cette opposition et la caractérisation des vilains intriguent et suscitent l’intérêt. D’ailleurs, ces assassins, entre machines et psychopathes, conjuguant la peur au burlesque, évoquent un autre titre "victorien" du manga, D-Gray Man, une ascendance engageante.

Mais le titre manifeste d’ores et déjà des limites, à commencer par le schématisme des situations et de ses héros, qui peinent à exprimer une véritable originalité. L’autre crainte que l’on peut légitimement avoir concerne le développement de l’intrigue et l’exploration de cet univers présenté comme vaste et riche.

La série est annoncée achevée en trois volumes, or le rythme adopté semble clairement celui d’une série plus longue, tout ce premier tome faisant figure de prologue. Cela pourrait correspondre à une série prématurément arrêtée au Japon, ce qui s’avérerait assez frustrant pour le lecteur. À confirmer, ou infirmer, donc.

(par Aurélien Pigeat)

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Atlantid T1. Par Hinedori Yamaji. Traduction Jean-Benoît Silvestre. Kana, collection shonen. Sortie le 19 février 2016. 176 pages. 5.45 euros (prix de lancement valable jusqu’à fin 2016).

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