Au cœur de la remise de diplômes de la première promotion de l’Académie Brassart Delcourt

28 juin 2017 0 Actualité par Fabrice FADIGA
Éditeur : Delcourt
  • Le vendredi 23 juin 2017 dernier, près de deux semaines avant la publication des résultats du baccalauréat, une remise de diplômes dans le 11e arrondissement parisien allait potentiellement changer la destinée d'un groupe de jeunes gens. Cette cérémonie, placée sous le signe de l'intimité et de la discrétion, signait l'aboutissement des trois années de formation de la première promotion de l'Académie Brassart Delcourt (ABD). Nous y étions, pour couvrir l'événement et poser quelques questions à son directeur Monsieur Éric "Turalo" Dérian.

En 2014, l’annonce de la création d’une école dédiée à la formation d’auteurs de bandes dessinées sous l’égide des éditions Delcourt et de l’école de design Brassart avait marqué l’actualité du 9e art.

Un éditeur s’impliquant dans la formation de nouvelles plumes, cela pouvait sonner un peu comme la création d’une pépinière destinée à alimenter son catalogue dans le futur. Nous avons donc naturellement posé la question à son directeur Éric "Turalo" Dérian en pleine signature de diplômes avec son assistant Sébastien Grignon.

Au cœur de la remise de diplômes de la première promotion de l'Académie Brassart Delcourt

Le chevronné auteur de bandes dessinées nous explique que la volonté de former différemment les jeunes auteurs de bande dessinée lui était venue très vite, à force d’expériences personnelles. Il avait en effet tenté une formation alors qu’il souhaitait se lancer dans la bande dessinée et avait été vraiment déçu par l’absence de professionnalisation et d’aspects concrets : pour Turalo, il est en effet important d’apprendre aussi bien à conter une histoire qu’à faire ses comptes et à lire un contrat quand on est un jeune auteur.

Après 25 années passées à faire de la bande dessinée et à accueillir des stagiaires dans son atelier, l’auteur a saisi l’occasion de la création de l’Académie Brassart Delcourt pour troquer sa casquette artistique contre celle, plus administrative et formelle, de directeur. Mais attention, le directeur Turalo (remarquez que la contraction donne "dirlo") s’apparente plus à un Charles Xavier découvreur de jeunes surdoués, qu’à un responsable d’établissement traditionnel.

Loin de lui l’envie de créer une armée de dessinateurs formatés, l’objectif de l’ABD est de fournir aux étudiants les fondamentaux (voire même un peu plus) pour se jeter dans le grand bain.

Philippe "Zep" Chappuis , parrain de la première promotion le confirme d’ailleurs durant le discours de remise des diplômes : "l’Académie est là pour former et non déformer les dessinateurs qui y entrent", leur permettant de progresser tout en gardant ce qui les rend uniques. Cela passe par des cours d’expression corporelle avec de la danse et du yoga, notamment pour apprendre à tenir son dos (le mangaka Yoshihiro Togashi n’en connait que trop bien l’importance) ainsi que par des cours d’expression anglaise permettant d’assimiler la grammaire des comics, assurés par le scénariste trilingue Miceal Beausang-O’Griafa. Encore plus concret, un partenariat a été mis en place avec le journal Le Monde autour du dessin de presse, leur permettant de se confronter aux critiques et commentaires, sur le blog hébergé Case Départ.

S’il est encore trop tôt pour présumer des futures carrières des six jeunes diplômés, leur maturité nous a été confirmée lors de discussions avec ces derniers. Plusieurs des projets de fin d’études semblent même être sur la bonne voie pour être édités – en plus de celui d’ores et déjà sélectionné par les éditions Delcourt – et il ne serait pas étonnant qu’ils fassent parler d’eux prochainement. À noter d’ailleurs que, si Delcourt a la priorité logique de regard sur les projets,
les étudiants ont bien entendu le droit de les proposer à d’autres éditeurs. Aucune chasse-gardée sur cette pépinière de jeunes artistes, donc.

Les photos des lauréats :

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(par Fabrice FADIGA)

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