Auteurs et critiques de bande dessinée : un moment de crispation

21 janvier 2008 28 commentaires
  • Les relations entre les critiques et les auteurs de bande dessinée peuvent être parfois houleuses. Elles s’expliquent par une dureté quelquefois injustifiée et blessante de la part des uns et, dans certains cas, d’un refus de tout regard critique, même léger, chez les autres. Récemment, nous avons été les témoins de surprenantes crispations, voire de dérives…

Un exemple de crispation nous est arrivé récemment sur ActuaBD. Dans un article sur Joann Sfar, à la fin d’une longue chronique globalement positive, nous exprimions notre consternation devant une attaque pas très subtile de cet auteur contre les critiques de BD. Pas que nous nous sentions visés (au physique, Critixman de Larcenet ressemble plutôt à Jean-Louis Gauthey, l’éditeur de Cornélius), mais parce que Sfar nous avait habitué à des réflexions un peu plus élevées.

À la suite de quoi, je reçois dans ma boîte mail, un message d’un certain M. Nicolas Lebedel qui me dit, sans décliner sa qualité, qu’il s’étonne que l’on ne lui ai pas demandé l’autorisation préalable de publier ce dessin dans notre article et nous demande de le retirer.

Auteurs et critiques de bande dessinée : un moment de crispation
Le dessin de la discorde
(c) Joann Sfar / Les Rêveurs

Au début, je pense à un gag : comment ce gars peut-il me demander de retirer de notre site un dessin qui appartient à Joann Sfar ? Je lui demande par conséquent qui il est et s’il a le mandat de Joann Sfar pour appuyer sa demande. Il me répond qu’il n’a pas l’autorisation de Joann Sfar mais qu’il est le représentant d’une structure nommée Les Rêveurs qui a publié le livre de M. Larcenet. Il revient à la charge : pourquoi n’avons-nous pas demandé d’autorisation ?

Je ne sais toujours pas en quelle qualité il représente Les Rêveurs : en est-il le gérant dûment mandaté ? L’avocat ? Je le lui demande. Et j’ajoute, en mettant Joann Sfar en copie de mes réponses, que cet auteur avec qui je suis régulièrement en correspondance ne m’avait pas fait part d’une demande pour retirer ce dessin. Je lui demande s’il a l’autorisation de M. Sfar pour disposer ainsi de ses droits, notamment en ce qui concerne leur utilisation pour le Net.

Je précise qu’il n’est pas d’usage de demander l’autorisation préalable aux ayants droits pour la reproduction d’une image dans un article qui est un commentaire de l’actualité (en l’occurrence, ici, l’actualité éditoriale de Joann Sfar), que nous existons depuis 11 ans et que nous n’avons jamais fait cela, même pour des ayants droits aussi revendicatifs que Moulinsart (comme par exemple, dans notre récent article sur le tabac), que ni Dargaud, ni Gallimard, également reproduits dans l’article incriminé, n’ont fait cette démarche qui s’apparente à de la censure. Par conséquent, on ne retire rien.

« Saillie dégueulasse »

Entre-temps, Manu Larcenet se déchaîne sur son blog (18 janvier 2008), traitant l’article de « saillie dégueulasse contre Sfar » et qualifiant au passage son auteur de «  roquet moralisateur  ». Que notre article soit une longue suite de louanges en faveur de l’auteur du Chat du rabbin (totalement justifiées, là n’est pas la question), Larcenet n’en a rien à secouer. Il ne s’intéresse qu’aux dix lignes qui le concernent. Normal, il suffit de lire ses posts sur son blog, égotistes au possible, pour comprendre que Larcenet ne roule que pour lui : ce n’est pas Sfar qui l’intéresse dans cette affaire, c’est lui. Il a d’ailleurs adressé lui-même (ce que j’ignorais alors que je répondais à M. Lebedel) un mail à notre directeur de publication dans lequel il exige de « retirer immédiatement l’image prise sans avoir demandé d’autorisation dans "Critixman", édité par les Rêveurs  ». On se trouve donc dans la situation incroyable d’un auteur demandant de censurer un dessin qui ne lui appartient pas !
Sur son blog, il nous fait passer pour des voleurs, des malhonnêtes, bref des critiques de bande dessinée ! Or, il faut le rappeler, la loi fait une exception au droit d’auteur, précisément dans le cadre de son usage par la critique, tel que précisé dans le Code de la propriété intellectuelle :

«  1. Code de la Propriété intellectuelle
A rt. L. 122-5. Lorsque l’œuvre a été divulguée, l’auteur ne peut interdire :
[...]
3° Sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l’auteur et la source :
a) Les analyses et courtes citations […] justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées ;
b) Les revues de presse
 »

Il n’y a pas, à notre connaissance, de jurisprudence qui condamne une chronique de bande dessinée qui utiliserait une image dans ce cas.
Monsieur Lebedel est donc bien peu professionnel pour ne pas connaître ces usages. Nous n’avons pas manqué de le renvoyer vers M. Gilles Ratier, secrétaire de l’Association des Critiques et Journalistes de Bande Dessinée (ACBD) qui pourra l’éclairer sur ces sujets. Depuis onze ans, ActuaBD publie des vignettes de la plupart des grands auteurs de bande dessinée sans que nous ayons eu à demander une quelconque autorisation préalable. Manu Larcenet ne se contente pas d’être grossier, il émet des contrevérités et, comble de la bouffonnerie pas drôle (on pourrait croire que c’est de l’humour, mais non) prétend que les Rêveurs ne nous poursuivront pas parce que ce sont des pauvres petits éditeurs sans le sou. Pleurnicheries hypocrites : il en est lui-même le co-fondateur !

Les relations entre les auteurs et les critiques de BD ressemblent de plus en plus aux aventures de "Krazy Kat" de George Herriman
Nous remercions les ayants droits américains de nous concéder ce "fair use". (c) Fantagraphics

Le mot de la fin revient à Joann Sfar, évidemment, mis au courant de cette histoire. Dans un mail adressé aux protagonistes, il écrit :

« Je ne peux pas interdire à ActuaBD de faire figurer un de mes dessins sur leur site internet. Des tas de gens parlent de mes livres sur internet, soit pour en dire du bien, soit pour dire que c’est de la merde.[…] Mes idées dans ce domaine se résument en une phrase : tant qu’un type s’en prend à mes livres, même pour dire des choses pas gentilles, il reste dans son rôle de critique et il ne m’appartient pas de l’empêcher de travailler. Les seuls moments où je me permets d’intervenir, c’est quand ça devient de la diffamation, quand on s’en prend à ma personne, à mon honnêteté ou à ma famille. En France, la critique littéraire est libre, la diffamation, en revanche, ainsi que le mensonge, sont punies par la loi.[…] je ne vais pas commencer à m’en prendre à Didier quand il trouve que j’ai été con de me moquer des critiques bd. Je connais Didier depuis quinze ans et je crois qu’il sait que je l’aime bien. Il a sa façon bien à lui de nous piquer au vif, c’est parfois salutaire et parfois très énervant. Mais c’est le jeu et je ne partirai pas en guerre contre lui pour ça. […] Je préfère quitter le terrain légal et dire les choses plus simplement : parfois, certaines critiques peuvent vraiment nous blesser, nous faire du mal. Nous ne sommes pas des vedettes de Hollywood inaccessibles, nous croisons très souvent les gens qui écrivent sur nous. Dans l’intérêt des uns et des autres, on devrait peut-être apprendre à se ménager un peu plus.  »

Nous avons aimé cette réponse élégante et nous en resterons là, pour notre part.

Dérives

On peut comprendre l’accablement qui frappe parfois certains auteurs lorsqu’on lit le dernier article de Romain Brethes dans Le Point de cette semaine (N°1844, du jeudi 17 janvier 2008). Publié à l’occasion du « Festival d’Angoulême », il est titré « La nouvelle mafia de la BD ». Il s’en prend notamment à Marjane Satrapi et à Joann Sfar (décidément) : « Intouchables, omniprésents, ils sont devenus les « parrains » du neuvième art » mentionne le chapeau.

Mafia ? Parrain ? Qu’est-ce à dire ? La bande dessinée couvrirait-elle des activités illégales ? Non, il s’agit de deux grands auteurs à forte notoriété qui, « sortis de nulle part au début des années 90  », se seraient selon Romain Brethes constitué des réseaux : «  À la manière des rappeurs américains qui interviennent en invités spéciaux sur les albums de leurs amis, ils ont créé une sorte de clan qui s’échange des bons plans et ringardise joyeusement la vieille bande dessinée franco-belge ». Jamais, avant eux, des auteurs de BD n’avaient pareillement reçu les honneurs de la presse branchée, « plutôt de gauche et bobo bon teint ». Parce que leurs propos sont libres et décalés, parce qu’ils ont reçu l’adoubement de leurs aînés Cestac et Moebius, parce qu’ils se plongent « avec délice sous les lumières du glamour », fréquentent des groupes musicaux, parce qu’ils sont invités à Cannes et sélectionnés aux Oscars… Ils sont « cultivés, incisifs, volontiers provocateurs »… Mais voilà : «  la qualité de leurs œuvres s’en est lourdement ressentie… »

« Sfar academy »

Le journaliste Romain Brethes (à dr.)
Photo : D. Pasamonik

Romain Brethes ajoute : « Autre caractéristique de cette génération : faire école ». Il parle de « Sfar academy », mentionne les cooptations supposées de son « épigone » Riad Sattouf, l’auteur de Pascal Brutal deux fois nominé dans le palmarès 2008 d’Angoulême, ou encore Hubert et Kerascoët, les auteurs de Miss Pas Touche, la préface que Sfar signe pour le dernier ouvrage d’Aurelia Aurita aux Impressions nouvelles, Fraise et Chocolat… « Ce goût pour les réseaux et les ors des médias, écrit Romain Brethes parlant de Sfar, l’ont établi en parrain à la fois moqué et redouté, à la manière d’un Philippe Sollers [1] distribuant des bons et mauvais points littéraires  » Il accuse ces « révolutionnaires » d’avoir jeté dans l’ombre des auteurs « plus discrets et parfois plus talentueux qu’eux  » (il mentionne en l’occurrence David B, lequel aurait « inspiré plusieurs planches du premier Persépolis »). «  Ils sont devenus ambitieux et individualistes, et quelque peu désenchantés. En attendant la prochaine vague, qui les balaiera à leur tour…  »

Le réquisitoire est cinglant. Le titre de l’article en particulier est choquant : « La nouvelle mafia… ». En l’occurrence, si l’on suit bien le déroulé de l’article, Joann Sfar en serait le Parrain. Un Marlon Brando des bulles. Sfar a dû apprécier...

À quoi est due cette radicalisation dans le propos ? « … Pas de radicalisation particulière, nous répond Romain Brethes. J’avais déjà fait il y a quelques temps un papier assez critique dans un Beaux-Arts Magazine hors-série sur la culture et la bande dessinée. J’ai essayé de faire un papier nuancé, dont le titre (qui n’est pas de moi) est sans doute excessif (j’aurais préféré les nouveaux parrains de la bd). Les 3/4 du papier reconnaissent l’apport incontestable et décisif de cette génération, dont celui de Sfar lui-même, mais en soulignent les dérives et les excès, sans doute inhérents à ce type de mouvement. Mais je crois qu’il n’y a là rien de bien scandaleux. Après, comme dirait Montaigne, "un suffisant lecteur descouvre souvant ès escrits d’autruy des perfections autres que celles que l’autheur y a mises et apperceües" » Et de préciser ce point important : « L’idée future est d’essayer de montrer que derrière ces têtes d’affiche, il y a des auteurs de premier plan totalement oubliés du grand public (David B., donc, Blutch, voire de Crécy)  ».

"La nouvelle mafia de la BD" titre "Le Point"
Photo : D. Pasamonik pour l’AgenceBD

On passe sur les erreurs de l’article : Sattouf et Sfar ne sont pas brouillés, ils se voient quasiment tous les jours, les Kesrascouet n’ont pas été introduits par Sfar chez Dargaud, Grand Vampire, un film sur lequel travaillerait Sfar est enterré depuis 4 ans (il travaille au contraire sur son long métrage du Chat du Rabbin et sur un autre consacré à Gainsbourg)… pour ne retenir que l’approche qui me semble être une dérive : cette espèce de théorie du complot (« mafia », « réseau »…) qui semble entacher l’analyse.
Outre qu’il me paraît normal qu’une génération se coopte (Jijé coopte Franquin, Eisner coopte Jack Kirby ou Jules Feiffer, Laudy coopte Jacobs, Gotlib coopte Binet ou Goossens,… qui s’en est plaindrait !), il me semble vain de chercher à promouvoir David B ou Blutch (qui le méritent) au détriment de quiconque. Cette façon de faire est un peu pernicieuse. Pourquoi chercher à faire à la place de Sfar, ce qu’on lui reproche précisément : distribuer des bons et des mauvais points ?

La théorie du complot pourrait bien s’inverser et s’appliquer aussi au critique. C’est un certain… Romain Brethes qui, avec Julien Bastide, Vincent Bernière, et Benoit Mouchart, avait signé en 2003 une tribune dans la rubrique « Rebonds » de Libération pour exhorter la BD à « sortir du ghetto ». Or, ce quarteron de critiques est devenu lui aussi très influent. Bernière était il y a encore peu éditeur au Seuil et est l’actuel rédacteur en chef des numéros spéciaux BD de Beaux-Arts Magazine où Romain Brethes, comme il nous l’a expliqué, a déjà signé une première charge contre ces auteurs. Julien Bastide, comme Romain Brethes ont collaboré à l’organisation du Festival de la bande dessinée d’Angoulême sous la houlette de leur puissant ami Benoit Mouchart qui en est devenu le directeur artistique. Julien Bastide est membre du jury de présélection du Festival. Nous n’irons pas jusqu’à voir là « une mafia », mais il est clair que cet article pourrait paraître pour un non-initié, sous cet éclairage, comme le résultat d’une sorte de « guerre des gangs »...

Revenons à la conclusion de Sfar dans l’affaire Critixman : « Dans l’intérêt des uns et des autres, on devrait peut-être apprendre à se ménager un peu plus.  ». On commence quand ?

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon, le "parrain" de la "nouvelle mafia" (sic).

[1Influent membre du comité de lecture des éditions Gallimard, coqueluche des émissions littéraires. NDLR.

 
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28 Messages :
  • N’ayez pas trop peu d’amis
    22 janvier 2008 02:16, par Fred Boot

    Il y a une réalité, je ne la nierais pas, dans cette suite de petits évênements. Mais... Quel est exactement l’information envoyée au public au travers de ces tribunes et ces articles ? Manu n’est pas copain avec Didier qui est un bon pote de Johann, qui connaît bien Romain dont le réseau s’étend à Julien qui a bossé avec l’ami d’Aurelia qui connaît bien Johann (etc, ad vitam aeternam) ? Quel est le sens de ce genre d’article ? Quel est le sens d’un affichage de réseaux, d’amitiés déclarées et de connivences sous-entendues ou non ? Où est l’information pertinente pour les lecteurs d’ActuaBD, du blog de Larcenet, du Point, et j’en passe ? Mes questions sont certainement stupides et naïves, mais j’en suis au point où les raisons "basiques" de tout cela me semblent enfouies dans la frénésie de l’info pour l’info, de la polémique d’un microcosme de quelques dizaines de personnes, etc...

    Nonobstant, je comprends pourquoi vous avez répondu à une attaque publique par cet article publique. Mais certains détails, et le theme même de la seconde partie de l’article, me font réagir. N’y voyez, pour le coups, aucune attaque personnelle.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 22 janvier 2008 à  09:19 :

      Mais... Quel est exactement l’information envoyée au public au travers de ces tribunes et ces articles ?

      Je pense qu’il y a une meilleure compréhension des tenants et des aboutissants de ce métier. La publication d’un pamphlet comme Critixman -un opuscule sans intérêt, en dehors de la préface- n’est pas anodine : elle montre un état d’esprit, de crispation entre certains auteurs et les journalistes. Ce qui explique qu’un journaliste puisse qualifier un groupe d’auteurs de "mafia" et un auteur de "parrain". Les mots ont un sens et nous sommes attachés à le mettre en cause. C’est le propre d’un organe d’information.

      Mes questions sont certainement stupides et naïves, mais j’en suis au point où les raisons "basiques" de tout cela me semblent enfouies dans la frénésie de l’info pour l’info, de la polémique d’un microcosme de quelques dizaines de personnes, etc...

      1/ Vous êtes libre de "zapper", nous sommes en démocratie. Si vous venez sur ce site, c’est que vous y trouvez de quoi vous satisfaire. Un microcosme qui concerne 40 millions d’albums par an en France et qui rassemble à Angoulême près de 200.000 personnes, est-ce assez large pour vous ?

      2/ Est-ce que parce que les gens sont en petit groupe qu’ils sont inintéressants ? Le "microcosme" est un terme politiquement utilisé par Raymond Barre, maître à penser bien connu de Jean-Christophe Menu qui a repris ce terme dans "Plates-Bandes", avant que je ne l’utilise -par dérision- dans Suprême Dimension. Moi, j’aime le microcosme.

      Nonobstant, je comprends pourquoi vous avez répondu à une attaque publique par cet article publique. Mais certains détails, et le theme même de la seconde partie de l’article, me font réagir. N’y voyez, pour le coups, aucune attaque personnelle.

      Je suis habitué aux coups bas. Je n’y réponds que quand il y a une pédagogie à retirer de l’exercice. Dans l’affaire Critixman, il est question de liberté d’expression et du droit ou non de citer une image, de l’interventionnisme parfois abusif des ayant-droits. Dans l’affaire "Mafia de la BD", je dénonce l’irresponsabilité d’un critique qui dénigre non seulement un auteur ou un groupe d’auteurs, mais aussi la profession toute entière. Il fallait réagir contre cette mauvaise action.

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      • Répondu par Fred Boot le 22 janvier 2008 à  11:56 :

        Concernant le point "1", avouez que cette affaire tourne autour d’un cercle d’auteurs et de journalistes que l’on peut facilement définir (pour ne pas dire "lister", ce verbe ne serait pas très élégant). Le lecteur est doublement exclu du débat (d’abord parce qu’il est lecteur et non "professionnel de la profession", ensuite parce qu’il n’appartient pas au groupe qui se dessine sous ses yeux). Libre à lui de lire ou de ne pas lire, certes. Mais libre à lui de porter à son tour un regard critique sur la pertinence de certaines infos (je pense surtout au Point, je ne vois décidemment pas à qui s’adresse ce genre de papier).

        Cordiallement

        F.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 22 janvier 2008 à  15:47 :

          avouez que cette affaire tourne autour d’un cercle d’auteurs et de journalistes que l’on peut facilement définir

          Je connais peu d’activité humaine (culture, politique, industrie, etc) qui ne soit faite par un cercle restreint d’individus en dépit du fait qu’elle s’adresse au plus grand nombre. Si on prend l’industrie automobile, elle est faite par un nombre restreint d’acteurs.

          Quand on utilise le mot microcosme, je constate que l’on est très souvent dans un discours de mépris.

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          • Répondu par Sébastien Célimon le 22 janvier 2008 à  17:32 :

            Bonjour,

            Un artiste qui est capable de se constituer un réseau qui lui soit bénéfique, est-ce condamnable en soit ? Je veux dire, chacun à son niveau, le fait, non ? Si un artiste quel qu’il soit se voit brandir un micro parce que, pour une durée plus ou moins longue, son avis compte, devrait-il se priver ? N’est-ce pas la pertinence de ce qu’il dit plutôt que la légitimation à pouvoir le faire qui compte ?

            Comment se comporteront tous ceux qui se retrouvent un jour dans une position similaire à celle de Joann Sfar (ou celle qu’on lui prête, qu’en dit-il, lui ?) ?

            N’y aurait-il pas comme un sentiment primaire de jalousie ici, finalement ?

            Je suis volontairement réducteur, mais n’y aurait-il pas moyen que tous ceux qui sont mentionnés dans cet article se retrouvent autour d’une bière (et en bonus je veux bien en être), se tapent sur l’épaule en confessant que tous, un jour, ils ont voulu jouer dans Star Wars, dessiner comme Manara, embrasser une mannequin italienne, gagner un Alph’Art ou dire en face "Je t’emmerde gros con" à celui-là même qui leur fout une pétoche de tous les diables ?

            Je ne suis pas sûr que ça fera avancer le schmilblick, mais c’est, je crois, une bonne méthode qu’employait la bande à Franquin (encore un réseau !) quand une querelle divisait ses membres... Et moi, Franquin, respect quoi :)

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          • Répondu par Fred Boot le 23 janvier 2008 à  00:40 :

            Aucun mépris de ma part et vous avez raison ce mot est certainement trop péjoratif.

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            • Répondu par Matthias Wivel le 25 janvier 2008 à  00:57 :

              Merci pour le commentaire, M . Pasamonik !

              Je trouve que ces incidents sont symptomatiques de certaines tendances dans le monde, ou bien le "microcosme", de la bande dessinée. Voir le lien pour mon commentaire.

              Voir en ligne : The French “Comics Mafia” and other Follies

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              • Répondu par Marc Bourgne le 25 janvier 2008 à  11:23 :

                Je fais partie des "prolos" de la BD classique franco-belge, dont la GRANDE MAJORITE pense exactement la même chose que Romain Brethes, le journaliste du "Point", mais n’avait aucune tribune pour s’exprimer. La lecture de cet article fort juste a donc été un vrai plaisir : merci Didier de nous l’avoir signalé !

                Brethes commence son article en soulignant le talent des auteurs de "la nouvelle BD". Il a raison. J’ai dans ma bibliothèque plusieurs albums de Sfar, Trondheim, Guibert ou Blain, bien que je sache pertinemment qu’ils n’ont aucun des miens (à un journaliste de France Inter, qui nous avait invités Christophe Blain et moi-même, l’auteur de "Isaac le pirate" a déclaré : "je n’ai pas lu l’album de Bourgne, je ne lis que ceux de mes copains !"). Brethes souligne aussi que le caractère pléthorique de la production de Sfar ou Trondheim a nui à la qualité de leur travail. Il a également raison. Essayez donc de lire le dernier "Chat du rabbin"...

                Ceci dit, le terme de "maffia" est effectivement inapproprié, sinon injurieux. Par contre, celui de "parrain", si on le débarrasse de sa connotation maffieuse, me paraît judicieux. Après tout, Jijé et Hergé, en fondant les "écoles" de Charleroi et de Bruxelles, ont parrainé nombre de futurs géants de la BD. Sfar ne devrait donc pas avoir honte de s’inscrire dans cette tradition (sauf si, comme le sous-entend Brethes, sa vocation de pygmalion est "intéressée"). Mais il est vrai qu’il se trouve meilleur qu’Hergé...

                Une source bien informée m’a appris que les auteurs concernés par l’article du "Point", vexés, harcelaient Claude de Saint-Vincent de coups de téléphone pour lui demander de réagir : "M’sieur ! Y’a un journaliste qui m’embête !". A mon avis, le PDG de Media Participation a autre chose à faire que de s’occuper de la susceptibilité des "victimes" de Romain Brethes.

                Voilà des années que Sfar, Trondheim et leur bande (je n’ai pas écrit "gang" !) critiquent voire insultent la grande masse de leurs confrères. La moindre des choses serait qu’ils fassent preuve de fair-play et acceptent de temps en temps une petite remarque désagréable.

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  • Bonjour Didier,

    Plusieurs choses.
    1. Je trouve ta relecture de l’article du point très incorrecte. En effet, tu ne commentes que un tiers de l’article, le dernier. Les deux premiers tiers de l’article du Point s’étaient quand même attachés à un éloge des artistes. Occulter les deux tiers d’un article pour en faire le commentaire est particulièrement trompeur qu’en à sa teneur, son ton, ses nuances. Mais, surtout, dans les faits, ton commentaire amplifie énormément les critiques par un savant exercice de coupe/remontage, ou par des interprétations très personnelles. L’article du Point n’est en rien, mais absolument en rien, comparable à ce que tu écris : C’est une critique, mais tellement moins agressive que celle que tu en fais.

    2. Il y a des erreurs dans ton article. R.B n’a jamais rien organisé à Angoulême, il officie comme modérateur sur des plateaux déjà préparés à l’avance, tel un pigiste ou vacataire. De même, il ne figure aucunement au jury de présélection du festival d’Angoulême. V. Bernière n’est, quant à lui, pas rédacteur en chef de Beaux Art Magazine, mais simplement des trois Hors Série sur la bande dessinée.

    3. Cette volonté d’amplifier au delà du raisonnable les responsabilités et les pouvoirs du journaliste peut paraître malhonnête, lorsqu’on en vient à la conclusion de ton article. En effet, je me demande comment tu peux mettre dans le même sac quatre personnes sous le prétexte qu’un d’entre-eux dit quelque chose. C’est dingue, je ne me vois pas incriminer la totalité des auteurs d’Actua BD pour un article que tu aurais écris tout seul dans un autre journal. Drôle de politique du "Tous coupables".

    Bref,tu tronques les proportions de l’article, remontes ses propositions pour appuyer ta lecture, réécris en plus virulent et excessif le reste (un exemple "Riad sattouff s’est ainsi senti un peu étouffé par l’ombre envahissante de son aîné et a décidé de prendre ses distances" devient sous ta plume une dispute ou une brouille). D’autant que cela débouche sur l’accusation de personnes absolument pas liées à cet article, personnes dont tu dresses un portrait plein d’approximations (approximations qui te permettent de mettre en place un "éclairage". Ça fait beaucoup, et laisse le sentiment d’un sérieux refus de déontologie au profit du sensationnel.

    Certes, je connais ces personnes et non, je ne partage pas forcément leurs avis sur tout au point de les défendre. L’article du point n’est en effet pas ma tasse de thé, car d’une manière générale, je me fiche totalement de ce qui se passe derrière les livres. Mon intervention est plutôt motivé par une petite insomnie et un désaccord profond sur la teneur de l’article. J’ai essayé d’être aimable et posé, comme le moins ambigu possible.
    Cordialement

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 22 janvier 2008 à  08:58 :

      1. Je trouve ta relecture de l’article du point très incorrecte. En effet, tu ne commentes que un tiers de l’article, le dernier. Les deux premiers tiers de l’article du Point s’étaient quand même attachés à un éloge des artistes. Occulter les deux tiers d’un article pour en faire le commentaire est particulièrement trompeur qu’en à sa teneur, son ton, ses nuances.Mais, surtout, dans les faits, ton commentaire amplifie énormément les critiques par un savant exercice de coupe/remontage, ou par des interprétations très personnelles. L’article du Point n’est en rien, mais absolument en rien, comparable à ce que tu écris : C’est une critique, mais tellement moins agressive que celle que tu en fais.

      L’argument est facile : je n’aurais retenu que les mauvais traits, pas les bons. 1/ C’est le propre d’un commentaire que de ne retenir que des extraits significatifs d’un article dument référencé et d’ailleurs encore disponible en kiosque. La thèse de l’article est qu’il y a un réseau "mafieux" qui occulte sinon étouffe les vrais talents. Je ne pense pas l’avoir dénaturée. Je viens de m’apercevoir que l’article du Point est en ligne.
      Nos lecteurs pourront donc apprécier les "nuances". 2/ Si tu trouves que cette thèse et son titre "La nouvelle mafia de la BD" ne sont pas suffisamment agressifs, je ne sais pas ce qu’il te faut. Je trouve même qu’il y a là un grave dérapage.

      Tant qu’on y est dans les manifestations d’honnêteté, tu aurais pu signaler à nos lecteurs que tu es toi même journaliste pour des feuilles spécialisées comme dBD.

      2. Il y a des erreurs dans ton article. R.B n’a jamais rien organisé à Angoulême, il officie comme modérateur sur des plateaux déjà préparés à l’avance, tel un pigiste ou vacataire.

      Donc, comme modérateur de débat, il collabore au festival d’Angoulême. Je te remercie néanmoins pour cette précision.

      De même, il ne figure aucunement au jury de présélection du festival d’Angoulême.

      Il n’y a jamais même figuré ? Comme ce jury n’est pas signalé, je n’ai pas pu recouper. Mais j’ai comme un doute.

      V. Bernière n’est, quant à lui, pas rédacteur en chef de Beaux Art Magazine, mais simplement des trois Hors Série sur la bande dessinée.

      Bernière n’est pas rédacteur en chef mais il est rédacteur en chef quand même... Des numéros spéciaux de BD. Merci pour cette précision.

      3. Cette volonté d’amplifier au delà du raisonnable les responsabilités et les pouvoirs du journaliste peut paraître malhonnête, lorsqu’on en vient à la conclusion de ton article. En effet, je me demande comment tu peux mettre dans le même sac quatre personnes sous le prétexte qu’un d’entre-eux dit quelque chose.

      Je n’ai fait que pousser jusqu’à l’absurde la "théorie du complot" qui justifie son article. Une théorie dangereuse, pernicieuse et dégradante pour l’ensemble de la bande dessinée. J’ai voulu aussi montrer que M. Brethes n’est pas n’importe qui, que le "manifeste" de 2003 est le fait d’une bande de jeunes critiques qui, elle aussi, a "pris le pouvoir". Contrairement à Romain Brethes, je ne suis pas choqué par la logique de réseau. Toute organisation fonctionne comme cela : syndicats, partis politiques... C’est l’exercice de la démocratie. La solidarité n’est pas la "mafia".

      C’est dingue, je ne me vois pas incriminer la totalité des auteurs d’Actua BD pour un article que tu aurais écris tout seul dans un autre journal. Drôle de politique du "Tous coupables".

      Et l’irresponsabilité qui consiste à dénoncer des "mafias" dans la bande dessinée dans un magazine de référence comme Le Point ? Et on dit que j’amplifie !

      Bref,tu tronques les proportions de l’article, remontes ses propositions pour appuyer ta lecture, réécris en plus virulent et excessif le reste (un exemple "Riad sattouff s’est ainsi senti un peu étouffé par l’ombre envahissante de son aîné et a décidé de prendre ses distances" devient sous ta plume une dispute ou une brouille).

      Ce résumé de ta pensée est dégueulasse. Je n’ai rien tronqué du tout (d’ailleurs, je cite ici, car j’en ai le droit, la quasi totalité de on intervention qui a été passée intégralement sur ce site, et qui peut être lue sans être tronquée). L’article de Romain Brethes, dûment référencé je le rappelle, et maintenant lisible en ligne, est suffisamment excessif dans sa formulation pour que je n’ai pas à en rajouter. Le fond de ta pensée est que tu es dérangé par le scandale. Il est en effet important.

      D’autant que cela débouche sur l’accusation de personnes absolument pas liées à cet article, personnes dont tu dresses un portrait plein d’approximations (approximations qui te permettent de mettre en place un "éclairage". Ça fait beaucoup, et laisse le sentiment d’un sérieux refus de déontologie au profit du sensationnel.

      Je m’attendais à ce que mon article qui se veut polémique fasse réagir. J’ai voulu montrer que les excès des auteurs avaient leur pendant journalistique. Que l’on peut comprendre que les auteurs soient parfois choqués. Car enfin, Marjane Satrapi, Riad Sattouf,... ne sont pas impliqués dans l’article de Romain Brethes ? Brethes n’était pas associé à l’article de Libération ? Ceci illustre bien la dangerosité des théories du complot. Je n’ai fait que dire que Brethes était associé à ces gens. Je ne les ai pas mis en cause.

      Certes, je connais ces personnes et non, je ne partage pas forcément leurs avis sur tout au point de les défendre. L’article du point n’est en effet pas ma tasse de thé, car d’une manière générale, je me fiche totalement de ce qui se passe derrière les livres.

      J’ai des doutes, quand même. Une analyse d’un livre qui se passerait d’une connaissance de son auteur et du contexte de sa création serait à mon avis amoindrie.

      ActuaBD est un magazine d’actualité. Que Le Point sorte un tel article justifie qu’on en parle. Que notre point de vue soit critique, c’est notre ligne éditoriale, et c’est bien normal quand on en arrive à de telles extrémités.

      Mon intervention est plutôt motivé par une petite insomnie et un désaccord profond sur la teneur de l’article. J’ai essayé d’être aimable et posé, comme le moins ambigu possible.

      J’accepte ton désaccord. Je récuse en revanche que mon article ait pu être malhonnête.

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      • Répondu par S. Beaujean le 22 janvier 2008 à  10:42 :

        Effectivement, Didier, ce n’est pas facile car tu n’as effectivement retenu que les mauvais cotés, et que nous n’avons pas la même définition du mots "commentaire". De même que nous n’avons pas le même tempérament, puisque je recoupe mes sources (ce qui évite les doutes inutiles et les approximations accusatrices), et ne dénonce pas une quelconque infamie en écrivant à dessein autre chose de tout aussi infâme pour donner la leçon. Comme je te l’ai dit, l’article du point ne m’intéresse pas. Je suis un barthien ou deleuzien convaincu, comme tu voudras, pour moi ce ne sont pas les auteurs qui font les livres, mais les livres qui font les auteurs. Débat philosophique dans lequel tous le monde a tord ou raison, et dont il est peu utile de parler ici puisque c’est la petite affaire privée de chacun. Si je le précise, c’est uniquement pour pour me dégager de toutes problématiques thématiques. Car non, le scandale ne me choque pas. Mais je n’ai pas envie d’être pris contre mon grès dans la spirale de ta polémique volontaire alors que je souhaite juste porter un commentaire sur la forme que tu as choisie et des correctifs sur les erreurs de l’article.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 22 janvier 2008 à  16:34 :

          ce n’est pas facile car tu n’as effectivement retenu que les mauvais cotés, et que nous n’avons pas la même définition du mots "commentaire".

          Faux. J’ai exposé tous les arguments de l’article, et je donne ensuite mon opinion.

          De même que nous n’avons pas le même tempérament, puisque je recoupe mes sources (ce qui évite les doutes inutiles et les approximations accusatrices), et ne dénonce pas une quelconque infamie en écrivant à dessein autre chose de tout aussi infâme pour donner la leçon.

          Ça, c’est de la franche crapulerie. Je peux citer plusieurs de tes articles qui mériteraient de sévères corrections, si c’en avait de l’intérêt. C’est facile de faire dans l’argument gratuit sans que le lecteur puisse vérifier. Je ne te savais pas aussi malhonnête.

          Comme je te l’ai dit, l’article du point ne m’intéresse pas.

          Bien sûr, et comme cela ne t’intéresse pas, les autres ne doivent rien en savoir... Une vision très particulière du monde.

          Je suis un barthien ou deleuzien convaincu, comme tu voudras, pour moi ce ne sont pas les auteurs qui font les livres, mais les livres qui font les auteurs.

          Ce n’est pas la thèse que je retiens quand je lis ces deux auteurs. Tu as du les lire de travers.

          Débat philosophique dans lequel tous le monde a tord ou raison, et dont il est peu utile de parler ici puisque c’est la petite affaire privée de chacun.

          Tout ça, c’est d’une bêtise ! Nous sommes dans un débat public, et un débat critique qui plus est. Rien de privé. C’est incroyable d’écrire ça. Et tu es journaliste ? Ah bon.

          Si je le précise, c’est uniquement pour pour me dégager de toutes problématiques thématiques. Car non, le scandale ne me choque pas. Mais je n’ai pas envie d’être pris contre mon grès dans la spirale de ta polémique volontaire alors que je souhaite juste porter un commentaire sur la forme que tu as choisie et des correctifs sur les erreurs de l’article.

          J’accepte volontiers que l’on me fasse remarquer mes erreurs et je les corrige tout aussi volontiers. Je ne rechigne pas à répondre quand on conteste mon point de vue, car je suis pour le débat. Mais à ce niveau, c’est trop bas pour moi. Avec l’âge, on a du mal à se baisser, alors désolé, mais j’arrête là le débat avec toi.

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    • Répondu par Pierre DJ le 22 janvier 2008 à  11:00 :

      La tactique du gendarme : plutôt que de répondre à une critique sur le fond, la disqualifier et prétendre qu’elle est mensongère, extrêmiste, exagérée, stalinienne, insultante, fasciste, intéressée, etc, etc (biffer les mentions inutiles). Je suis allé lire l’article du Point et je trouve qu’il a été ici très bien résumé. Et que c’est un article complètement idiot.

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    • Répondu par Sergio Salma le 22 janvier 2008 à  12:20 :

      Et vlan ! c’est reparti.
      C’est même pas le journaliste qui a écrit l’article incriminé qui réagit( il va peut-être intervenir, attendons...)ce sont d’autres personnes qui montent au créneau pour dire que l’un n’a pas dit ce qui est écrit, n’a pas fait ce qu’il a dit et que Truc n’est pas ci ,n’ pas fait ça mais que c’est çui qui dit qui est. C’est franchement drôle.

      Je trouve qu’ActuBD aurait vraiment dû changer d’angle d’attaque quant à l’article du Point.
      ActuBD se devait évidemment de réagir mais ce que ce journaliste a écrit est tellement idiot qu’on aurait dû éclater de rire.

      On pourrait reprendre mot par mot son texte pour intervenir . On ne va pas le faire mais sans blague , c’est une leçon. Une leçon qui n’est même pas seulement critiquable au niveau de la déontologie ( il doit savoir où il met les pieds) ; c’est une pure leçon de zizanie.

      Incroyable.
      Un vrai fouteur de merde. En même temps, en cette période de festival d’Angoulême, ça le fait.
      Si l’article s’adresse à des non-initiés ,se rend-il compte ce monsieur du mal qu’il dit et qu’il fait ?!
      S’il s’adresse à des gens qui connaissent un peu les protagonistes et le milieu, se rend-il compte, ce triste journaliste ,de l’ineptie de ses propos ?!

      Déjà les mots "mafia", "parrain"...mais il est malade ! On devrait tous rigoler devant une telle comparaison.
      Un parrain c’est un homme qui a un pouvoir de vie ou de mort sur d’autres hommes ! C’est un homme qui peut influer sur le destin de subalternes, qui a des ennemis qui eux aussi sont prêts à le tuer pour conquérir du territoire.
      La mafia c’est un milieu pas si secret que ça qui gère les affaires d’une région, d’un pays et qui utilise tous les moyens, violence en premier , pour asseoir sa force.

      Nom de Dieu ! Comment peut-on impliquer un auteur dans de telles cogitations débiles ?

      Si Sfar a un pouvoir c’est celui de raconter, comme un fou. S’il a conquis un territoire c’est parce qu’il a à chaque fois convaincu des éditeurs de s’associer avec lui le temps de la publication d’un livre. Boulimique ne veut pas dire carnassier. S’il a avec toute une bande d’artistes conquis le pouvoir c’est à chaque fois un cas particulier, un parcours. Et si une certaine partie de ces auteurs sont très médiatisés , c’est pas leur "faute" si faute il doit y avoir. Vous pensez que ces gens ont un agent qui appelle toutes les rédactions pour leur quémander une présence dans leurs pages culturelles ?

      Marjane Satrapi a écrit une bande dessinée. Celle-ci a eu du succès , a intéressé d’autres gens d’un autre milieu. Elle a réussi l’adaptation de son travail et donc fait encore plus parler d’elle. C’est secondaire. Absolument secondaire. S’ils occupent les médias et les rayons des librairies c’est aussi parce qu’ils intéressent un public. Ce que ce journaliste ficheur de bisbille leur reproche en gros c’est d’occuper le terrain.

      L’argument qui consiste à défendre un autre auteur qui devrait avoir plus de succès est encore plus idiot. Si David B. a inspiré ou même guidé quelqu’un d’autre, en quoi le succès de cette dernière personne est-il attaquable ?
      Vous êtes non seulement en train , Monsieur le journaliste méchant et approximatif, de faire du mal à Marjane Satrapi, à David B. et surtout au public que vous traitez entre les lignes d’ignares puisque vous lui dites en substance" vous vous trompez, regardez, ça c’est mieux et je m’y connais !"

      Joan Sfar a une forte personnalité. Il fait école. Il y a comme ça dans la bande dessinée, cher journaliste imprécis et pas sympa, plein d’auteurs qui font école. Pour plein de raisons.
      Il y a des dessinateurs qui , impressionnés ou fragiles à leurs débuts, sont influencés par d’autres dessinateurs. Loisel, Tardi,Giraud, Munoz, Tarquin font ainsi quantité d’émules. Voilà encore une série d’inquiétants parrains. Franquin et Peyo ont fait naître bien des vocations et aujourd’hui on ne compte plus les nouveaux artistes qui incluent dans la panoplie de leurs influences le manga, les comics. Quand Tarantino ou les frères Coen citent leurs références c’est de la culture ; en bande dessinée c’est du pompage, du plagiat. Soupçonneux, va !

      Passons.

      De quoi Sfar est-il coupable aux yeux du journaliste indélicat et pas très précis ?
      Ben, de réussir tout simplement. Il est aussi éditeur !? Et alors ?! Il y a des dizaines d’écrivains qui font aussi partie de comités de lecture ! ça s’appelle l’amour d’un métier et la passion de le pratiquer à tous les niveaux. Sfar, savez-vous, fait ses couleurs lui-même ? Otant par là-même le pain de la bouche d’un ou d’une coloriste. Cet homme est un monstre.

      Le plus moche dans l’article de ce journaliste acerbe et pas rigolo c’est cette impression de destruction. Non pas qu’il mette tout et tous dans le même sac puisqu’ il parle de ceux qu’il a envie de défendre(ouah chouchou ! hé ! )Le plus moche n’est pas ce relent de théorie du complot. C’est encore plus grave.
      (Parce qu’un complot c’est l’action de mauvaises personnes qu’il suffirait de débusquer.)

      C’est encore plus profond . Et tellement bête qu’on devrait lui pardonner à ce journaliste bretteur qui s’escrime à faire péter les bulles . Il est juste de mauvaise humeur. Un matin, il s’est levé, il s’est dit "mais comment je vais tourner mon article ? Allez oui, ils m’énervent, là, tous, ceux-là. Télérama les aime c’est louche, boum, je vais pourfendre, ça va gicler. Pourquoi ce concert permanent de louanges ? Je vais faire dans l’incisif. "

      Alors il a écrit son texte. Et puis sachant que ça aller polémiquer sévère a décidé de tempérer en faisant l’apologie d’un mal-aimé qui après cette publication va voir ses ventes exploser.

      Poussant l’investigation très loin ce journaliste cuculturel et vachement impliqué va jusqu’à citer des chiffres accusateurs. Un million, 100 000. Ils marchent, hou ! c’est donc qu’ils sont malhonnêtes.CQFBD

      Il lit du Simenon ce type. Et il écoute du Mozart, voit des John Ford .
      Tous ces artistes qui en leur temps ont tout dévoré, étaient productifs,généreux,boulimiques, omniprésents.

      Mais ne nous inquiétons pas, après Angoulême il va parler d’autre chose et tout le monde aura oublié son caca nerveux.

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  • Auteurs et critiques de bande dessinée : un moment de crispation
    22 janvier 2008 09:58, par Marie-noËlle Bas

    Ce mail pour corriger une inexactitude : Romain Brethes n’est pas et n’a jamais été membre du comité de sélection du festival international de la bande dessinée d’Angoulême.
    MARIE-NOËLLE BAS
    Responsable de la communication du FIBD

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 22 janvier 2008 à  10:32 :

      Dont acte. Nous avons corrigé cette erreur dans le corps de l’article.

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  • Auteurs et critiques de bande dessinée : un moment de crispation
    22 janvier 2008 11:59, par Personne et tout le monde

    Et patati, et patata... décidément, le milieu de la BD souffre comme celui qui arrive essoufflé de sa course et s’écroule devant la ligne d’arrivée, laissant tout le monde lui passer dessus...
    Trêve de querelles intestines dignes d’une cour de récréation niveau CE2 !

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  • juste une chose : Manu Larcenet et les Rèveurs sont deux choses différentes, leurs comptes en banque aussi... évitons les amalgames contre productif. mais bon on est plus à une approximation près n’est-ce pas ?!

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  • Bonjour. Quelques erreurs dans votre article : "les Kesrascouet" et "qui s’en est plaindrait". Bonne journée.

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  • Auteurs et critiques de bande dessinée : un moment de crispation
    22 janvier 2008 16:38, par Hervé Loiselet

    Je ne devrais peut être pas, parce que je connais Didier depuis la période Betty / rue de Paradis (vous savez, dans le prolongement de la rue de la Fidélité du côté de gare de l’est) quand BoDoï habitait (déjà) avec Story ;-) et depuis c’est devenu à la fois un collaborateur précieux et un ami ... alors c’est mon réseau à moi !!!! pour paraphraser Sfar même quand il pique ou tape fort, si on écoute bien on s’en remet et en plus on apprend - presque toujours - quelque chose. Des fois il se trompe, oui, et alors ? Pas souvent, et faut se lever tôt. Quant au reste que celui qui n’a jamais péché etc. Ce torrent de boue n’a aucune justification. Dans les 2 sujets attaqués (je veux croire qu’on attaque que les sujets...) il y a un tas d’infos qui passent sur le droit d’auteur, la relation auteur/journaliste, le fonctionnement du métier (et c’est ni une surprise ni contraire à la morale, en revanche c’est souvent ignoré délibérément et béatement)... c’est ça l’angle des sujets, rien d’autre, c’est là dessus qu’on nous invite à réfléchir et à débattre. Pourquoi ces hurlements ? Qu’est ce que c’est que ce déchainement de rage ? Qui croient défendre certains intervenants, quelle cause ? Didier pèse sur le débat parce que les autres font de la broderie, pire, détournent les yeux ou cueillent le gui en attendant qu’il tombe. Didier, lâche pas, Sfar encore s’il le permet : un peu de calme, un peu de paix de sérénité et d’écoute réciproque. RDV au Mercure ;-)

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  • J’ai lu l’article du "POINT" ... bah rien de bien grand méchant ... ils aiment la BD au POINT.
    Et puis voilà. L’article parle de la longue durée de la bande Sfar-Trondheim-Blain-Sartrapi(normal qu’on la cite, déjà un elle est belle, et deux son film est un succès).
    Et puis oui, ces albums fleurent bon être dans la bibliotheque de ceux qui n’achètent jamais de BD. Qui ne savent pas qui est Gotlib par exemple.Mais on va lire Tardi parcequ’il a fait un truc avec Vautrin etc... Sans plus. Bon peut-être le mot "Mafia" va bien à Sfar au vu des origines Niçoise ... hein ! C’est tout. Ne cherchez pas plus loin.

    Et non je ne couche pas Joann Sfar, mais avec Marjanne je veux bien.(ça c’est perso)

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    • Répondu par Alex le 23 janvier 2008 à  07:58 :

      Lorsque ActuaBd choisit -à raison- de ne pas publier les messages à caractère discriminatoire ou raciste je suis un peu étonné de voir un message comme celui de l’intervenant " Julien Alles " trouver place dans ce débat. Trouvez-vous que ses remarques sexistes à l’encontre de Satrapi doivent être prises comme des compliments ?

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 23 janvier 2008 à  08:20 :

        Le propos de M. Alles est non seulement sexiste mais il laisse entendre que les Niçois sont tous des mafieux.

        Il faut parfois laisser s’exprimer la connerie pour (faire) savoir qu’elle existe.

        Notre ligne est assez claire en terme de modération. On laisse s’exprimer tous les points de vue, même les moins délicats, sauf lorsqu’ils enfreignent la loi, quand il y a une attaque ad hominem, ou une récurrence de posts sans justification autre que le dénigrement des intervenants.

        Mais on laisse passer parfois les mails stupides (comme celui-ci) parce qu’ils reflètent une partie de l’opinion des internautes qui nous lisent. Les supprimer complètement nous empêcherait de comprendre certains phénomènes médiatiques.

        En l’occurence, ceux qui croient qu’un article comme celui du Point est anodin ont ici la démonstration qu’il y a toute une frange de ses lecteurs qui est prête à en accepter les travers les plus caricaturaux.

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  • En même temps, avez vous jeter un oeil sur les inrock ?
    Je l’achète toutes les semaines et je fais le même constat que ce journalisme.
    Il y a une sur-médiatisation sur Sfar et ses protégés qui en devient détestable. On oublie peut-être qu’il y a d’autres livres intéressants que ce groupuscule.
    En même temps, je ne pense pas que Sfar en soit responsable.
    C’est un auteur prolifique et talentueux qui a une culture incroyable. C’est la sacralisation qui pue et qui fait naitre ce genre d’excès.

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  • Bonjour,
    pourquoi le commentaire que j’ai déposé dimanche soir n’apparaît toujours par sur votre site ?
    merci
    Dimitri

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    • Répondu par La rédaction d’ActuaBD le 29 janvier 2008 à  17:55 :

      Parce que votre post était une longue attaque ad hominem contre MM. Brethes et Christophe Ono-Dit-Biot, qu’il s’y trouvait des assertions invérifiables dont nous ne pouvions assumer la responsabilité pénale (je vous rappelle que le directeur de la publication du site est pénalement et personnellement responsable des propos qui sont tenus ici) et parce que nous voulions modérer les propos pour que cela ne dérive pas vers des sujets qui n’intéressent pas nos lecteurs.

      Vous êtes d’ailleurs préalablement prévenu qu’il s’agit d’un forum modéré a priori.

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      • Répondu par Dimitri le 30 janvier 2008 à  10:06 :

        Je suis fort étonné : il ne s’agissait nullement d’attaques ad hominem envers MM.Brethes et Ono-dit-Biot, ou bien nous n’avons pas la même définition de ce terme. Il s’agissait de considérations diverses exprimées très calmement, sur un ton absolument posé et exempt de toute virulence coutumière à ce type de forum, dénué de toute insulte, sur la qualité du travail de ces emssieurs, ainsi que de commentaires sur leur vision du métier de journaliste et de critique.
        Je suis obligé de constater qu’il est plus facile ici d’insulter des auteurs que de contester la qualité de certains "journalistes", qui exerce pourtant puissamment une certaine capacité de nuisance. Et n’hésitent pas, eux, à flirter avec la loi _ l’article de M.Brethes ne relève ni du pamphlet ni du billet d’humeur, mais bien de la diffamation, et comme vous le soulignez, sa rédaction en chef en est responsable.
        Quant à votre modération, elle est à géométrie variable : l’un des intervenant traite Romain Brethes de "malade" et de "fouteur de merde", ce qui ne me dérange guère, mais si il ne s’agit pas là d’attaques ad hominem, je veux bien qu’on m’explique.
        D’autre part, quand je dis que Romain Brethes n’est pas journaliste, c’est une assertion vérifiable : ce monsieur n’en a ni la formation, ni la carte professionnelle. et ça ne’st aps une insulte que de dire de quelqu’un qu’il ne’st aps jorunaliste.
        Quand je dis qu’il n’a pas travaillé, c’est une assertion tout aussi vérifiable : s’il avait fait son job correctement, il n’aurait pas semé son article son article d’erreurs - ceci aussi est vérifiable.
        Je suis très marri de cet exercice inattendu de censure de votre part. Je vous croyais plus libre d’esprit.

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        • Répondu par La rédaction d’ActuaBD le 30 janvier 2008 à  10:40 :

          Quant à votre modération, elle est à géométrie variable : l’un des intervenant traite Romain Brethes de "malade" et de "fouteur de merde", ce qui ne me dérange guère, mais si il ne s’agit pas là d’attaques ad hominem, je veux bien qu’on m’explique.

          Ce sont des écarts de langage qui relèvent du commentaire. Pas de la diffamation, à notre sens. A nous d’apprécier, à nos propres risques et périls, quelle responsabilité nous voulons prendre.

          D’autre part, quand je dis que Romain Brethes n’est pas journaliste, c’est une assertion vérifiable

          Vous pensez bien que l’on ne va pas vérifier les assertions de n’importe quel anonyme. Et c’est à nous d’apprécier la qualification juridique puisque cela relève de notre responsabilité et non de la vôtre.

          Je suis très marri de cet exercice inattendu de censure de votre part. Je vous croyais plus libre d’esprit.

          L’esprit n’est pas libre quand il enfreint la loi. Et quand vous dénoncez une "censure", vous vous réfugiez dans une position hypocrite puisque vous intervenez sous pseudonyme pour NOUS faire supporter toute la responsabilité de vos propos.

          Si l’article de Brethes est diffamatoire -ce qui est une qualification légale très précise, les personnes concernées feront certainement un procès à son auteur et à son journal.

          En ce qui nous concerne, nous l’avons dénoncé en temps utiles et nous sommes les seuls à l’avoir fait. Nous traiter de censeurs est donc juste une affirmation hypocrite, et lâche qui plus est.

          Notre modération est en aucun cas un acte de censure puisque nous ouvrons nos colonnes à cet échange.

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