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Aux heures impaires - Par Éric Liberge - Futuropolis

  • Après Nicolas de Crécy et Marc-Antoine Mathieu, c’est au tour d’{{Éric Liberge}} d’ancrer un récit dans le Musée du Louvre. {Aux Heures Impaires} est une histoire déroutante, basée sur le postulat qu’une âme habite chacune des œuvres. Bastien, un jeune sourd, se voit confier la tâche de veiller sur celles-ci.

Un lundi de septembre, Bastien, un jeune homme grassouillet mange un sandwich, contenant des frites, sur un banc, à l’intérieur du musée. L’homme se fait directement réprimander par un gardien : On ne mange pas au Louvre ! Bastien ne comprend pas les paroles de son interlocuteur : il est sourd. Il tente de communiquer avec le gardien en écrivant des phrases sur l’emballage de son sandwich.

Il est rattrapé par un Asiatique, Fu Zhi Ha, qui communique avec lui avec le langage des signes. Il est gardien de nuit et propose au jeune homme de l’aider dans sa tâche. Bastien laisse tomber le stage qu’il convoitait et décide de suppléer l’étrange gardien. Il le rejoint un soir. Peu à peu, il est mis dans la confidence, Fu Zhi Ha veille sur les âmes des différentes œuvres. Chaque peinture ou sculpture possède sa propre âme. Celles-ci ont besoin de s’échapper et de se libérer hors de leur cadre pour retrouver une nouvelle énergie. Seul un initié peut les libérer aux heures impaires. Bastien va rapidement devenir l’élève du gardien des heures impaires.

Éric Liberge signe ici une œuvre étrange et déroutante, mais néanmoins intéressante. Il aborde le thème du handicap de la surdité en s’attardant sur la souffrance et le mal-être de son personnage. L’auteur appuie sa narration sur la manière de communiquer de Bastien, sa gestuelle faisant partie intégrante de la narration sans que cela nuise au récit. Les éléments fantastiques, qui se déroulent durant les heures impaires, sont représentés de manière fantasmagorique. Liberge a pris le parti d’être également singulier et audacieux dans la représentation graphique des évènements qui se déroulent dans ces instants cruciaux. Il utilise une technique mixte, dans une mise en page éclatée, mélangeant la photographie, le dessin et effets graphiques numériques déroutants.

Éric Liberge confirme son talent et signe un récit original qui surprendra parfois le lecteur par ses options graphiques et narratives.

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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