Avec Dreamwall, Dupuis et la RTBF créent un pôle de compétitivité wallon

20 août 2007 1 commentaire
  • L'aventure des studios de dessin animé Belvision qui avaient produit dans les années soixante rien moins que {Tintin, Astérix} et {Les Schtroumpfs} n'avait plus eu d'équivalent depuis plusieurs décennies. Avec la création des studios Dreamwall, une première étape vient d'être franchie pour un retour de la Belgique dans la course, avec Dupuis et la RTBF en fer de lance.

Avec Dreamwall, Dupuis et la RTBF créent un pôle de compétitivité wallonNous vous avions annoncé le 17 novembre dernier, l’accord de joint-venture que les éditions Dupuis avaient signé avec la Radio télévision belge francophone (RTBF). Cet accord se concrétise : Le studio graphique et d’animation DreamWall vient d’ouvrir ses portes, et a été provisoirement implanté dans les locaux de la RTBF à Charleroi.

Léon Perahia (Dupuis), Vincent Montagne (PDG Média-Participations) et Jean-Paul Philippot (RTBF), le 17 novembre dernier
Photo : Nicolas Anspach

Lors de la soirée donnée à l’occasion de son vingtième anniversaire, la holding franco-belge Média-Participations, propriétaire des éditions Dupuis, annonçait la création d’un studio dont il posséderait 51% du capital (un million d’euros), la RTBF finançant le reste. Dreamwall a pour vocation d’accomplir des travaux infographiques 2D et 3D pour les sociétés du groupe Média-Participations et de la RTBF.

Le studio Dreamwall travaille actuellement sur les épisodes de la troisième saison du dessin animé Cédric ou encore sur Merci Gudule pour Ellipsanime [1]. Elle développe aussi de la prestation de service, comme les décors en 3D de la série italienne Banda Volante. La RTBF utilisera ce studio graphique pour l’habillage télévisuel de certaines émissions télévisées, telles que Blabla par exemple.

Des avantages économiques

Le site internet de cette nouvelle entité mentionne que : « la localisation du studio rend [Dreamwall] non seulement éligible au programme de soutien belge « Tax Shelter » [2], mais également l’inscription de projets dans le cadre du système d’aide sélective de Wallimage [3]. « Cela nous permet aux éditions Dupuis, et au groupe Média-Participations de financer plus aisément leurs productions, nous confie Thibault Baras, le directeur de Dreamwall. En plus de l’intérêt purement économique, la localisation de ce studio à Charleroi permet de contrôler plus facilement les prestations. Auparavant, celles-ci étaient sous-traitées en Asie. C’est une véritable valeur ajoutée. ».

La création de la plupart des dessins animés restera en France pour des raisons de crédit d’impôt et d’aide à la création. Mais les prestations réalisées en Asie se feront donc chez Dreamwall à Charleroi. « Excepté pour l’animation traditionnelle, souligne Thibault Baras. Nous nous ne pourrons jamais avoir des prix qui concurrencent les intervallistes asiatiques. Mais l’assemblage de l’image finale se fera chez Dreamwall. La distance entre Paris et Charleroi permettra aux réalisateurs de mieux surveiller les productions. On gagnera ainsi dans la qualité du dessin animé. D’ailleurs, nous avons calculé que le coût des ‘retakes’ (les retouches dues à des erreurs ou à des changements artistiques) avoisinera 3% au lieu de 30% ! Ce n’est pas négligeable ! »

Blabla, un habillage pour la RTBF
(c) RTBF

Une alliance profitable aux deux parties

La naissance de ce studio correspond au troisième point de l’accord-cadre entre les éditions Dupuis, le groupe Média-Participations (le plus gros catalogue de dessins animés d’Europe) et la RTBF (Dupuis et la RTBF travaillaient déjà ensemble, avant même cet accord, depuis 1991). « Le premier de ceux-ci consiste dans la possibilité, pour la RTBF, d’acheter en priorité (et de coproduire) les productions du catalogue de Média-Participations, souligne Thibault Baras. Pas seulement celles de Dupuis Audiovisuel, donc. Mais de l’ensemble des sociétés audiovisuelles de la holding Média-Participations ». Le deuxième point de l’accord-cadre mentionne que la RTBF peut utiliser les personnages du catalogue de Dupuis, de Dargaud et du Lombard dans ses émissions jeunesse. Avec en ligne de mire, l’espoir de créer une offre de programme "en bloc", comme sur Disney Channel par exemple.

Dans une logique de dépassement des supports actuels, et notamment pour adapter l’offre aux nouvelles plateformes de diffusion de médias telles que la BD interactive sur DVD ou sur Internet, les webtoons sur internet (un partenariat avait été développé avec Allociné cet été), des BD animées pour GSM, DreamWall s’apprête à développer des produits pour ces supports de même que des mini-capsules animées pour Palm ou Ipod ou au format Podcast.

Merci Gudule, une série d’Ellipsanime (Groupe Média-Participations).
(c) Ellipsanime

Le studio Dreamwall, qui emploie actuellement 25 personnes, s’installera d’ici quelques mois dans les locaux des éditions Dupuis, à Marcinelle. A terme, il devrait compter une quarantaine de personnes.

Cette alliance place Media-Participations dans le groupe très restreint des éditeurs de bande dessinée capables de développer ses univers sur l’écran comme sur le papier. L’un de ses centres de gravité se situe à Charleroi en Belgique. Qui donc avait affirmé que le rachat de Dupuis par Média-Participations se ferait au détriment de la métropole wallonne ?

(par Nicolas Anspach)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Cédric de Laudec et Cauvin publié par Dupuis. L’un des fleurons de Dreamwall. (C) Dupuis.

[1Un pôle de production de dessin animé, appartement à Média-Participations. On leur doit les adaptations de Tintin, Babar, Corto Maltese par exemple.

[2Nous écrivions en juillet 2005 : « Le ‘tax Shelter’ est un incitant fiscal destiné à soutenir la production et la création d’œuvres audiovisuelles belges. L’investisseur peut récupérer jusqu’à la moitié de sa mise sous la forme d’économie d’impôt. 150% de la somme investie, sous la forme de cet incitant, doit être dépensée en Belgique, et ce, dans les dix-huit mois suivants la date de signature de la convention-cadre. L’État Belge récupère ainsi une partie de cette aide grâce aux différentes taxes (TVA, Impôt des sociétés, etc). [...] Les éditions Dupuis ont développé un service de conseil aux entreprises cinématographiques désireuses de bénéficier de ces avantages »

[3Le pôle régional wallon de l’audiovisuel, sous tutelle du gouvernement wallon.

 
Participez à la discussion
1 Message :