Avec "Les Trois Fantômes de Tesla", le Steampunk devient... magnétique !

24 août 2016 2 commentaires
  • Vous connaissiez le Steampunk ? Avec cette nouvelle série, il évolue en "Magneto-vintage", ce qui donne lieu à une nouvelle orientation de la Seconde Guerre mondiale. Un scénario habile porté par un graphisme éblouissant : un des coups de cœur de ce mois d'août !

Rumeurs de débarquement de sous-marins allemands sur la côte est des USA... Mystérieuses apparitions, et disparitions, sur les bords de l’East River... Mise sous tutelle des laboratoires d’Edison par le FBI... Expérimentations de terribles armes secrètes par les forces japonaises dans le Pacifique...

Pour celui qui sait voir au-delà des apparences de calme trompeur, tout démontre que New York sera bientôt plongée au cœur des événements qui ravagent aujourd’hui le reste du monde en cet été 1942.

Avec "Les Trois Fantômes de Tesla", le Steampunk devient... magnétique !

Le public et les autorités sont surtout toujours sans nouvelles de Nikola Tesla, probablement le seul savant dont l’originalité et les inventions géniales sont susceptibles de fournir aux alliés une aide décisive dans cette guerre destructrice !

Au même moment et dans l’ignorance de ce qui se trame dans l’ombre, le jeune Travis emménage avec sa mère dans un hôtel meublé de Manhattan. Son père vient de mourir au combat, et sa mère doit commencer le travail de nuit à l’usine pour les faire vivre. Le jeune Travis ignore pourtant que son énigmatique voisin de palier va l’entraîner dans une aventure aux ramifications scientifiques terribles et galvanisantes...

Le prolifique auteur qu’est Richard Marazano sait renouveler les genres pour mieux nous passionner. Il le prouve une nouvelle fois avec cette trilogie dont il signe le scénario et les couleurs. Remisé le Steampunk, Marazano mise sur le magnétisme, ainsi que le fabuleux et controversé scientifique que fut Nicolas Tesla. Ce dernier est effectivement surtout réputé pour son travail sur l’induction magnétique, dont son nom est devenu l’unité de mesure.

Mais Tesla était plus qu’un ingénieur et un scientifique. Il a collaboré quelques années avec Edison ; ce dernier s’arrachait les cheveux en tentant de canaliser son réseau électrique continu qu’il avait installé à New York et qui provoquait accidents et incendies. Désemparé, Edison proposa 50.000$ au jeune Serbe pour qu’il résolve le problème… ce qu’il parvint à faire en promouvant le courant alternatif.

Le problème fut résolu, l’électricité entra dans tous les maisons « civilisées », mais Edison refusa de payer Tesla ! Ce dernier démissionna, et les deux hommes n’ont eu de cesse de s’affronter jusqu’à leur mort. Marazano utilise très intelligemment tous ces éléments, ainsi les robots télécommandés que Tesla inventa en 1898 et son style de vie très particulier qui fit de lui l’archétype même du « savant fou ».

Après une introduction un peu grandiloquente, il faut pourtant patienter avant de profiter de ces développements. En effet, le scénariste insiste sur le personnage principal du jeune Travis, et fait monter le mystère autour de son étrange voisin de palier, sans vraiment apporter d’éléments complémentaires, ce qui frustre quelque peu la lecture.

Cette petite longueur est heureusement vite évacuée grâce à la dernière partie du récit, qui contient beaucoup d’avancées, de surprises et d’innovations. Marazano a fait le choix de dévoiler des éléments importants au lecteur... Et c’est payant !

Puis, chaque planche profite du très beau graphisme de Guilhem, ce qui permet de compenser cette petite baisse de régime. On se réjouit de retrouver le dessinateur de Space Mounties et de Zarla. Ce dernier a encore évolué en quittant un registre semi-réaliste ou humoristique pour culminer dans cette veine plus réaliste. Il n’a pourtant pas oublié une certaine rondeur dans le dessin, notamment dans les visages, très expressifs, de son jeune héros et de ses héroïnes. En dépit d’une utilisation trop appuyée des contre-plongées, son travail ne manque pas de brio et donne toute sa puissance au récit.

Soulignons enfin le travail de couleurs de Marazano : son implication dans le récit est prolongé par ses choix d’ambiance qui dopent les émotions qu’il avait imaginées à l’écriture. Même s’il force parfois les ombres sur le jeune Travis et même si l’ensemble peut paraître lugubre au premier coup d’œil.

Ces infimes détails n’entachent pas l’excellente impression qui domine à la fin de la lecture de ce premier tome. Les deux auteurs sont à l’unisson pour divertir le lecteur, et tous les éléments qui concluent cet opus nous promettent une série de haut niveau !

(par Charles-Louis Detournay)

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A propos de ces auteurs, lire des interviews précédentes sur ActuaBD.com :
- Jean-Louis Janssens & Guilhem : "Zarla lorgne parfois vers Tex Avery"
- Guilhem : « Zarla alterne des scènes légères et d’autres plus sombres, où l’on traite des blessures personnelles des personnages »
- Richard Marazano : « Sauvegarder la planète, c’est une vraie guerre »

 
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2 Messages :
  • Le dessin semble magnifique !!

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    • Répondu par patydoc le 19 septembre 2016 à  17:10 :

      Certes, le dessin de ce livre est fantastique ; mais que dire des dialogues, d’une platitude consternante ! Sans parler des innombrables fautes de syntaxe et même d’orthographe ! S’il est vrai que l’éditeur a mis le paquet en termes de marketing, il aurait pu au moins se payer un correcteur ! Quant au scénario, ça tourne en vase clos dans une cage d’escalier ... Comme le dessinateur a dû s’ennuyer à mourir pour illustrer ce piètre scénario !

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