Avec "bdnews", les places vont êtres chères dans la presse BD gratuite

9 février 2010 9 Actualité par Patrice Gentilhomme
  • Les festivaliers passant par le chapiteau du Monde des Bulles, place du champ de Mars à Angoulême n’ont pas été sans remarquer l’apparition d’une nouvelle revue distribuée gratuitement.

À l’image de certains de ses illustres concurrents, bdnews, créé par Pascal Le Borgne ancien directeur artistique de CanalBD Magazine pendant près d’une décennie, avait choisi le plus grand rendez-vous bédéphile de l’année pour faire le lancement de son premier numéro.

D’un format généreux et agrémenté d’une maquette claire et lisible, cette nouvelle revue rassemble 44 pages de critiques et d’interviews et tente de dresser un panorama de l’actualité aussi éclectique que possible. bdnews paraîtra tous les 2 mois : le suivant début mars, mai, juillet, septembre, novembre et janvier.

Ce premier numéro fait sa couverture avec Sfar et son Gainsbourg (Tiens donc ?), et se consacre principalement aux « grosses sorties » du moment (Les Passagers du vent, Sisco, Destins...) sans toutefois négliger quelques découvertes comme ( Dômu d’Otomo aux Humanoïdes Associés).

Principaux absents : les Comics et les Mangas , mais peut-être est-ce volontaire ?

Avec "bdnews", les places vont êtres chères dans la presse BD gratuite

Un troisième gratuit d’infos BD en librairie

La revue doit trouver son positionnement entre Canal BD Magazine, la revue du Groupement des libraires de Bandes Dessinées (GLBD) et le magazine Zoo également sur le créneau du gratuit.

Comment cette nouvelle revue qui chasse un peu sur les « mêmes terres » se démarque-t-elle des deux autres ?

Par son réseau de diffusion principalement. CanalBD Magazine n’est diffusé que dans les points de vente adhérents de CanalBD, un réseau qui demande au libraire un coût d’adhésion conséquent, ce qui écarte les autres points de vente spécialisés.
Zoo, quant à lui, est diffusé surtout dans les Virgin et les Leclerc et dans des lieux culturels en plus de certaines librairies spécialisées.
Il y aurait donc un place pour un troisième larron, selon Pascal Le Borgne...

Le principe est approchant de celui de CanalBD Magazine : le libraire acquiert un certain nombre d’exemplaires qu’il se destine à "donner" à ses clients. La couverture mentionne d’ailleurs un prix de 3 euros pour le principe et pour les abonnés auxquels il est adressé gratuitement. Zoo, quant à lui, est gratuit pour le libraire comme pour son client.

Publication de BD inédites

Dans son éditorial, Pascal Le Borgne annonce un second numéro plus dense, plus riche avec de belles surprises… ! C’est que bdnews a l’ambition de devenir un organe de référence assurant également de la publication de BD inédites. Déjà, dans le premier numéro, Bouzard, Alfred et Fred Bernard se sont prêtés au jeu de l’inédit. Avec une qualité de publication qui se démarquerait du gratuit de base, la revue vise une gamme de publication qui se rangerait à côté des dBD. « Mais un dBD qui serait gratuit ! » ne manque pas de souligner l’éditeur lyonnais.

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Le site de bdnews

PS.

Ce Pascal Le Borgne est-il le même que celui qui vient de sortir un excellent SDF (Si Doux Foyer) chez Fluide Glacial ?

"Pas du tout, nous répond le responsable de bdnews, c’est un homonyme. D’ailleurs, si par votre intermédiaire, je peux entrer en contact avec ce dessinateur, cela m’intéresse." Voilà qui est fait.

Ecrivez-nous à infos@actuabd.com.

 
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9 Messages :
  • j’ai arpenté les bulles de long en large pendant quatre jours, on m’a filé plein de trucs sauf ce magazine.
    Comme quoi !

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    • Répondu par chris64 le 10 février 2010 à  10:40 :

      Moi tout pareil, je me demande même où il était !

      Dommage car je suis intéressé pour le découvrir.

      D’autant que pour l’instant sur leur site le numéro n’est pas plus visible qu’à Angoulême.

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  • Avec "bdnews", les places vont êtres chères dans la presse BD gratuite
    10 février 2010 10:18, par Bruno Fermier / Canal BD

    « un réseau qui demande au libraire un coût d’adhésion conséquent », cela tenterait de laisser entendre que les libraires indépendants membres du GLBD (Groupement de Libraires indépendants en Bande Dessinée) et de l’enseigne Canal BD, payent cher le magazine Canal BD. Pour info, ce magazine n’est qu’un des outils mis à disposition des libraires associés, car l’objectif du GLBD c’est d’abord d’aider à pérenniser les entreprises membres et plus largement le métier de libraire indépendant. La communication du réseau passe bien entendu par des supports papiers (comme les deux magazines Canal BD et Manga Mag), mais aussi par des écrans vidéos servant à dynamiser les vitrines, par un site internet (www.canalbd.net - actuellement en refonte), mais aussi par le biais du téléphone mobile via (pour le moment) l’application Canal BD sur i-phone. Et le rôle du Groupement ne s’arrête évidemment pas là, car de nombreux moyens sont mis en place afin de permettre aux libraires d’améliorer régulièrement les résultats de leur entreprise TOUT EN GARDANT LEUR TOTALE INDEPENDANCE. Il est donc peu fondé de passer de tels messages sur le prétendu coût conséquent (l’adhésion au GLBD donc) demandé aux libraires, surtout en laissant croire que Canal BD se résume qu’à un simple magazine.
    Pour revenir d’ailleurs à celui-ci, la grande différence du Canal BD Magazine est de ne pas être « inféodé » aux éditeurs, car en effet les libraires achètent les exemplaires, ce qui assure une véritable distribution de l’ordre de 60/70 000 exemplaires tous les deux mois.
    J’espère que ces quelques rapides explications permettront à chacun de se faire une opinion plus avérée sur le rôle du GLBD/Canal BD qui, pour conclure, a accueilli 8 nouvelles librairies en 2009 et devrait réitérer cela cette année.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 10 février 2010 à  10:49 :

      Cher Bruno,

      Je pense que ce que notre journaliste a clairement voulu dire, c’est que pour recevoir CanalBD Mag, il faut que le libraire soit adhérent à votre réseau de librairies, ce qui exclut ceux qui ne le sont pas.

      Cette adhésion - qui est un coût en soi en échange de nombreux services- s’additionne au coût-même des magazines, outils précieux de communication précieux s’il en est.

      Il est donc objectif de préciser que ce nouveau venu sur le marché vise, au premier chef, les autres spécialisés que le groupement Canal BD (dont les adhérents d’ailleurs -hypothèse peu probable- sont libres d’acquérir cet autre support.)

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      • Répondu par Mario le 10 février 2010 à  20:21 :

        Quoi de plus logique que le mag Canal BD soit distribué dans les magasins affiliés. Personnellement, je préfère cela à des journaux inféodés.
        Le sujet ne parle pas de son financement. S’il est fabriqué, s’il est distribué dans toutes les librairies, qui paie ?
        Est-ce que le système exploite des news parues ailleurs ? ont-ils des journalistes qui créent ? C’est à cela qu’il faut aussi s’attacher. Qui paie ?

        Au delà de tout ça, il y a quand même une question morale :
        Est-ce un bien de rendre tout gratuit ?
        On le voit chaque jour, dans chaque corporation, le travail n’est plus reconnu, Tout doit être moins cher, voire dû.
        Dans le domaine qui nous intéresse, les auteurs sont de moins en moins payés...
        Quel est l’intérêt de faire un mag gratuit ? La BD est le plus gros vendeur dans le monde du livre ; les acheteurs n’ont-ils donc pas les moyens d’acheter une revue 3 ou 4 euros mensuellement ? J’en doute.

        Lorsqu’on est un pro, on a le devoir de voir à long terme, pas de faire un coup médiatique qui risque d’influencer "son monde".

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  • ouais.Une nouvelle "pravda" avec articles payés par les éditeurs, quoi

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    • Répondu par Oncle Francois le 10 février 2010 à  19:30 :

      Mon libraire m’a dit qu’on lui avait proposé BDnews (200 exemplaires à 0,70 centimes d’euro pièce, si ma mémmémoire est bonne) ! S’il les prend , les numéros vont rester sous le comptoir, pour etre glissé avec un grand sourire complice dans le sac des très bons acheteurs.

      Votre article est intéressant, effectivement, BDNews me fait penser à DBD en beaucoup moins cher (papier glâcé de qualité, contenu grand public et gentil pour les éditeurs et les auteurs, uniquement centré sur le francobelge (c’est une remarque et non une accusation, c’est le seul genre que je collectionne !!).

      Mais pour être complet, il aurait fallu citer aussi BD Caf-Mag, autre revue d’infos gratuites sur la BD ! Il y a maintenant plus de revues gratuites sur la BD que de revues payantes, on peut le dire !!

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      • Répondu par Hectorvadair le 11 février 2010 à  08:17 :

        Pour ma part, en tant que lecteur de revues BD, de fanzines et de tout supports gratuits lorsque je peux mettre la main dessus, je n’ai jamais considéré Canal BD comme une revue d’information indépendante.
        Ce nouveau BDnews, rien qu’avec le sommaire qu’il donne à lire sur ce premier n° ne me semble pas aller dans le sens d’une revue "inféodée" comme vous le dite, mais bien affiliée aux grosses ventes d’éditeurs bien en place.
        Gratuit peut-être, pour ceux qui auront donc la chance de mettre la main dessus (et en Province, c’est parfois assez dur), ... mais pour lire quoi ? des inédits ? j’ai déjà du mal à lire déjà tout ce qui paraît, disponible en médiathèque. Et être au courant du "Gainsbourg" de Sfar ? France 2, Arte ou n’importe quel flux RSS d’info, spécialisé ou pas sur le web m’en parle tout autant !
        J’attends beaucoup plus d’une revue BD papier, (gratuite ou pas) et là dessus, DBD reste à mon humble avis très bien placée avec énormément d’infos sur toutes les publications !
        Un lecteur.

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  • En ce qui concerne Zoo, l’article semble laisser à penser que Zoo est surtout présent dans les Virgin et Leclerc, et moins dans les librairies, ce qui est inexact. Pour information, la distribution d’un numéro de Zoo se répartit comme suit :
    - Librairies BD spécialisées : 35 000 à 40 000, selon la période de l’année
    - Virgin et Fnac : 22 000
    - Cafés branchés et littéraires, restaurants, Club Med gym : 9 000
    - Ecoles et universités, bibliothèques et médiathèques : 5 000
    - Festivals de BD : entre 5 000 et 25 000, selon la période de l’année.
    - Leclerc : 2 000
    - Centres d’affaires et salons VIP d’aéroport : 2 000
    - Abonnements et autres : 1 500

    Pour un total qui est entre 85 000 et 100 000, pour près de 1000 points de distribution en France et Belgique. La diffusion est d’ailleurs en augmentation en 2010, compte tenu du succès rencontré par Zoo auprès des dépositaires, y compris les libraires du GLBD.

    Par ailleurs, les chiffres de distribution de Zoo sont audités et certifiés par l’OJD.

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