Avengers, L’Ère d’Ultron : la phase deux du déploiement de l’univers Marvel

18 avril 2015 6 commentaires
  • La phase 2 de l'univers cinématographique Marvel trouve sa conclusion ce 22 avril 2015 avec la sortie dans nos salles obscures du second film dédié aux Avengers, une réunion de famille super-héroïque toujours orchestrée par Joss Whedon. ActuaBD.com vous livre en avant-première ses impressions sur ce film très attendu, en pointant notamment ce que peuvent attendre les aficionados des Comics Marvel de ce rendez-vous exceptionnel.

Est-ce que L’Ère d’Ultron est un meilleur film qu’Avengers (2012) ?

Eh oui, ne faisons pas de détail et attaquons bille en tête cette épineuse question. En pesant le pour et le contre, les deux films ayant des différences dans leur traitement, on peut être amenés à penser que « oui ». L’effet de surprise n’est plus présent, le sentiment d’être devant un film qui modifiera profondément l’industrie cinématographique par son côté pionnier, non plus. Néanmoins, Joss Whedon a très bien travaillé sa copie ses dernières années et prouve une nouvelle fois qu’il est possible de livrer un divertissement très solide grâce à une adaptation cinématographique de Comics. Il est très probable que les amateurs des films Marvel Studios ou les fans de Marvel en général trouvent leur compte avec ce nouveau film.

Est-ce que Joss Whedon a poursuivi dans son optique d’une adaptation décontractée de l’univers des Avengers ?

Oui, assurément. Avec Whedon, les Avengers continuent d’être un groupe de super-héros décontractés et portés sur les bons mots dès que la situation le permet. Le film n’est ainsi pas avare en répliques amusantes ou en situations comiques qui valent leur pesant de cacahuètes. Une nouvelle fois, Whedon livre une adaptation légère qui peut légitimement coller la banane sur les visages des spectateurs.

Néanmoins, le film se veut aussi parfois plus grave, davantage qu’avec le précédent opus. On n’atteint pas non plus le degrés de gravité ou de sérieux des adaptations par Warner des références DC Comics, nous en sommes loin, mais des enjeux moraux et éthiques plus lourds se font ressentir pour nos héros. Exister en tant qu’équipe et non pas qu’en tant qu’addition de fortes personnalités n’est pas simple, même pour les Avengers. Mais bon, la bonne humeur n’est jamais très loin.

Est-ce que l’intrigue vaut le détour ?

Ah, peut-être touchera t-on ici du doigt la théorie du verre à moitié vide ou à moitié plein selon les ressentis de chacun... La grande majorité de l’intrigue repose sur l’opposition des Avengers avec Ultron, une forme de vie robotique très évoluée créée par Tony Stark (Iron Man) qui veut apporter la paix sur Terre en éradiquant les si belliqueux humains. D’un côté, l’antagoniste est assez crédible pour représenter une menace pour les Avengers et les pousser à une sérieuse remise en question, d’un autre, les surprises viendront davantage de la manière dont est racontée l’intrigue plutôt que de l’intrigue elle même (classique dans le fond). Même si des retournements de situation sont parfois au rendez-vous dans l’intrigue, notamment vers la fin du film, il n’empêche que l’on se retrouve avec une trame plutôt convenue.

Avengers, L'Ère d'Ultron : la phase deux du déploiement de l'univers Marvel
L’ambition d’Ultron va se heurter aux idéaux des Avengers.
© Marvel Studios

Avec tant de nouveaux personnages fondamentaux de l’histoire des Avengers qui rejoignent le casting avec ce nouveau film, est-ce que l’on ressent que nous sommes arrivés à un point où l’univers cinématographique est définitivement lancé ?

La promotion du film a longtemps mis en avant l’introduction de la Sorcière rouge et de Vif-Argent dans l’univers des Avengers, mais les aficionados de cette équipe seront très certainement ravis de voir qu’ils ne sont pas les seuls à faire leur entrée dans le grand bain... En s’appuyant sur les Avengers et sur leurs acolytes de leurs films respectifs (et vous en verrez beaucoup), le film propose une galerie vaste de personnages et on en ressort convaincus que l’univers cinématographique Marvel a désormais sa propre cohérence et son identité propre. Les lignes sont désormais tracées pour que cet univers évolue avec des personnages évocateurs aux yeux du grand public et les personnages encore absents restent à l’esprit des connaisseurs pour une introduction ultérieure. Avec ce film, on ressent véritablement un avant et un après pour la cohérence d’ensemble de l’univers Marvel au cinéma.

Les jumeaux optimisés Wanda et Pietro, ennemis ou alliés ?
© Marvel Studios

Est-ce que les personnages bénéficient d’un traitement valable, malgré la multitude de figures présentes ?

Contrairement à Avengers, L’Ère d’Ultron ne peut se résumer à un show d’Iron Man suivi de manière lointaine des pitreries de ses camarades. Dans ce dernier film, Whedon a pris soin de donner un développement honorable à tous les personnages qui composent l’équipe, notamment les personnages secondaires. Par exemple, les fans lésés par le premier film seront certainement ravis d’apprendre qu’Hawkeye bénéficie enfin d’un digne traitement et qu’il se révèle essentiel dans l’avancée de l’intrigue. Iron Man ne monopolise pas l’écran (moins que la précédente fois, tout en restant dans son registre attractif et efficace) et chaque personnages a son lot de scènes dédiés à son développement. Un équilibre mieux trouvé à ce niveau, en somme.

Hawkeye va avoir du fil à retordre pour faire des Avengers une véritable équipe.
© Marvel Studios

Est-ce que Joss Whedon a répondu à Bryan Singer en lâchant un money-shot mémorable autour de Vif-Argent ?

Les amateurs des X-Men et des Avengers se souviennent très certainement de la polémique qui était née l’an dernier entre le Days of Future Past (2014) de Bryan Singer et le film à venir de Joss Whedon sur l’emploi simultané par les deux productions du personnage de Vif-Argent. Dans le film de Singer, le personnage bénéficiait d’un money-shot très spectaculaire en sauvant Magnéto et Charles Xavier d’une fusillade sur fond de Pink Floyd. On s’attendait à ce que Whedon rende la monnaie de la pièce, mais... Non. Le personnage ne bénéficie pas dans L’Ère d’Ultron d’une scène aussi impressionnante visuellement, et c’est bien dommage. Cela n’empêche toutefois pas Vif-Argent d’avoir ses moments de gloire dans ce dernier film.

Wanda et Pietro... des Inhumains ?

Ah, la crainte naissante chez les fans des X-Men de voir leurs mutants préférés être remplacés sur la tête d’affiche de tous les univers Marvel par les Inhumains, le premier groupe pâtissant potentiellement de la volonté de Marvel de ne pas valoriser par répercussion une licence cinématographique qu’elle ne contrôle pas (la FOX possédant les droits, et développant de son côté elle aussi un univers étendu)... Wanda et Pietro ne sont évidemment pas présenté comme les enfants de Magnéto dans ce film (on nous souffle par ailleurs que dans le récent cross-over Axis de Rick Remender...) et ils ne sont pas présentés comme des mutants. Toutefois, le film n’a pas poussé jusqu’à les présenter comme des Inhumains, mais plutôt comme des « miracles » de la science. Dommage que les jeux des ayant droits sur la question empêchent les amateurs de s’y retrouver totalement sur de telles questions.

Est-ce que la scène post-générique vaut le détour ?

La surprise n’est pas aussi de taille que celle d’Avengers, mais... elle risque de laisser un sourire béat chez les fans. Attention : il n’y a qu’une seule scène post-générique pour ce film, il n’y a pas de scène supplémentaire après la diffusion du générique.

Alors, c’est « l’adaptation parfaite » ?

Si par « adaptation » on entend réaliser un grand film en tant qu’objet de cinéma, la réponse est « non » : la volonté de donner à chaque personnage quelques scènes pour briller à l’écran entraîne invariablement un sentiment de superflus au regard de l’intrigue. Néanmoins, si on entend par « adaptation » le fait de transmettre un état d’esprit défini d’un art à un autre, le film y parvient en développant une œuvre divertissante qui rend hommage aux histoires qui l’ont inspirée. L’Ère d’Ultron est assurément un film qui vaudra le détour à partir de la semaine prochaine dans nos salles obscures, notamment pour les fans de Marvel ou les amateurs du genre héroïque sur grand écran.

Qu’est-ce que propose à l’occasion la sortie du film, l’éditeur Panini, si l’on souhaite poursuivre l’expérience avec les Avengers du côté des Comics ?

Nous reviendrons prochainement sur ActuaBD.com sur le cas de quelques-unes des références qui vont suivre, mais nous profitons de la sortie de ce film pour vous conseiller sur les sorties en librairie qui peuvent vous taper dans l’œil si votre expérience en salle obscure a été concluante.

Vous pouvez ainsi retrouver le crossover éponyme Age of Ultron de Brian Michael Bendis, un crossover en principe ambitieux mais qui se révèle relativement décevant dans son développement, avant de livrer une conclusion aux conséquences lourdes pour l’univers Marvel. Attention : même si le récit de Bendis et le film partage le même titre, les deux histoires ne racontent absolument pas la même intrigue.

L’éditeur Panini propose aussi une anthologie intitulée Nous sommes les Avengers, qui recueille des histoires sélectionnées sur les plus de cinquante ans d’existence de l’équipe, histoire de faire découvrir d’un point de vue patrimonial l’évolution de ces personnages.

Toujours dans le registre patrimonial, le run de Kurt Busiek et de George Pérez sur les Avengers est mis en avant avec un second Marvel Icons qui leur est dédié. Le hasard faisant bien les choses, il s’agit d’un instant dans leur run où la menace d’Ultron est notamment mise en avant.

Enfin, nous soulignerons aussi la sortie de Avengers Assemble, un récit de Bendis où les Avengers doivent faire équipe avec les Gardiens de la Galaxie pour lutter contre des super-vilains manipulés par Thanos. Un avant-goût des futures aventures des Avengers sur grand écran ? C’est bien possible.

(par Romuald LEFEBVRE)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Avengers : L’Ère d’Ultron – Par Joss Whedon – Marvel Studios

En salle à partir du 22 avril 2015.

 
Participez à la discussion
6 Messages :
  • " L’effet de surprise n’est plus présent, le sentiment d’être devant un film qui modifiera profondément l’industrie cinématographique par son côté pionnier non plus."

    ...je crois qu’il faut se restreindre à critiquer des bd plutôt que de s’attaquer au cinosh...

    Répondre à ce message

  • Bande de chanceux ! Vous allez découvrir le film mercredi, tandis que nous, au Québec, devons attendre le 1er mai. Je ne comprends pas d’ailleurs cette différence. L’Europe reçoit un film américain AVANT l’Amérique ? Bizarre, non ?
    À moins que les amerloques veulent démarrer sur leur territoire avec l’auréole du succès déjà entamé en Europe. C’est ma seule explication.

    Répondre à ce message

  • Et pour ceux qui auraient raté le coche du premier opus, M6 diffuse ce soir à 20h55 le premier film !!

    Répondre à ce message

  • J’ai fait l’effort d’aller voir ce film en 3D (attention à vos mirettes), et je dois dire que s’il fera certainement plus d’un milliard de $ au box office mondial, ce qui confortera le cours de bourse de la Disney.corp, je le vois mal remporter des distinctions honorifiques. Les scènes d’action (notamment la première) ressemblent à des séquences de promotion de jeux vidéos de combat, les Avengers sont nombreux et désormais connus, donc le scénario se sert de leurs différences pour faire avancer l’intrigue. Le robot Ultron a un look impressionnant, Black Window joue les allumeuses mais ne passe jamais à l’action (dommage pour une bombe anatomique). J’ai été parfois distrait, mais je trouve que les enchainements sont parfois peu clairs. Seul détail amusant, le Baron Strucker semble faire ses recherches dans un pays communiste d’Europe de l’est, où la misère et la grisaille semblent omniprésents.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Peckart le 24 avril 2015 à  17:18 :

      Faut pas vous forcer, ce n’est peut-être pas de votre âge. Si ce qui vous intéresse ce sont les courbes de la belle Scarlet, je vous conseille Under The Skin de Jonathan Glazer, la belle y est parfois nue.

      Répondre à ce message

  • Article sympa mais...

    c’est jim Croce : Time in a bottle dans cette scène inoubliable de X Men et non Pink Floyd

    Répondre à ce message