Avengers vs X-Men – Par Jason Aaron, Brian Michael Bendis, Ed Brubaker, Matt Fraction & Jonathan Hickman – Éditions Panini

19 novembre 2013 1 commentaire
  • En cette fin d'année 2013, Panini propose une édition reliée de l'évènement Marvel qui a occupé une large partie de ses revues durant l'année écoulée : {Avengers vs X-Men}. Cette confrontation musclée entre les deux plus emblématiques équipes de super-héros de la compagnie a abouti à un changement marqué de sa ligne éditoriale intitulé {Marvel NOW!} fin 2012 aux États-Unis et que nous découvrons ces derniers mois en traduction française.

Avengers vs X-Men est un crossover marquant dans l’histoire de Marvel dans le sens où il donne une impulsion nouvelle aux séries proposées par la compagnie,avec une volonté d’ouverture en direction d’un lectorat nouveau supposément attiré par les adaptations cinématographiques récentes de ces titres. Toutefois, qualitativement, Avengers Vs. X-Men n’est pas aussi abouti et réjouissant que pouvaient l’espérer les lecteurs.

Avengers vs X-Men – Par Jason Aaron, Brian Michael Bendis, Ed Brubaker, Matt Fraction & Jonathan Hickman – Éditions Panini
Avengers vs X-Men - © Marvel, Panini

Cet album touche rapidement du doigt le problème d’une écriture à plusieurs mains : à chaque épisode, le scénariste, et fréquemment le dessinateur, changent. À charge pour chacun de prendre le relais et donc de bonifier les idées apportées par son prédécesseur. Bien que ces scénaristes, appelés les « architectes » par leur rédaction, se soient fréquemment réunis pour donner une direction supposée cohérente à l’œuvre, on ressent tout de même à la lecture des soubresauts malvenus d’un auteur à un autre, voire une absence de rencontre entre les différents points de vues (notamment entre Matt Fraction et ses collègues).

Avengers vs X-Men est aussi une œuvre qui peut décontenancer par sa vision manichéenne des évènements. Contrairement à ce qu’avait pu essayer de mettre en place Mark Millar avec Civil War en 2006, ici, l’opposition entre ces deux groupes de super-héros se solde vite par la mise en place d’un groupe de gentils et d’un groupe de méchants clairement définis : difficile donc pour les amateurs d’avaler la pilule de voir leurs figures positives traditionnelles être traitées avec si peu de ménagement. Pour arriver à un point d’équilibre, les scénaristes ont attendu le retour à leurs séries habituelles et vous ne retrouverez donc pas cette remise en perspective dans le recueil, ce qui est bien dommage.

Ne noircissons toutefois pas le tableau outre mesure : Avengers vs X-Men reste quand même une lecture divertissante qui offre son lot d’actions et de scènes mémorables qui restent à l’esprit du lecteur qui apprécie la compagnie de ces figures héroïques (par exemple, l’avant-dernier épisode de ce recueil justifie presque à lui seul que l’on jette un coup d’œil intéressé au livre).

Tout comme le scénario, le trait de l’œuvre est de qualité bien aléatoire lui aussi, le sublime (le français Olivier Coipel) côtoyant des rendus bien plus décevants, comme celui de John Romita Jr..

Avengers vs X-Men - © Marvel, Panini

Avengers vs X-Men est néanmoins un recueil incontournable si vous souhaitez vous lancer dans la lecture de la production actuelle de l’éditeur Marvel afin de comprendre les rouages de ces univers, mais c’est aussi un recueil à lire si vous souhaitez simplement prendre le pouls de cet éditeur à travers ce qu’il a proposé de plus spectaculaire ces dernières années.

(par Romuald LEFEBVRE)

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