Aya, conseillère culinaire-Par I.Saburo-Doki - Editions Bamboo

2 juillet 2007 3
  • Dans le manga, tout est bon ? Certes non, mais avec cette nouvelle série, Sabûro nous invite à déguster les aventures savoureuses de Aya, la conseillère culinaire.

Conseillère culinaire pour la société Food Project, Aya Kisaragi est chargée de redresser des restaurants en perdition. Pour parvenir à ses fins, pas de gadget électronique, ni d’outil sophistiqué mais un sens du goût exceptionnel et un caractère bien trempé ! On pourrait craindre l’ennui ou le livre de recettes ennuyeuses (rassurez-vous le livre en contient quelques unes réservées aux ...papas !) mais le principal intérêt de cette série réside plutôt dans l’originalité des intrigues et de leur traitement narratif.

Au fur et à mesure de ses mésaventures gastronomiques notre charmante conseillère cherche par exemple, à convaincre un cuisinier devenu alcoolique de renouer avec son métier et…sa famille, l’entreprise n’est guère facile et nous vaut quelques portraits sensibles et justes. Dans une autre histoire, Aya doit trouver une remplaçante à une cuisinière fort talentueuse atteinte d’un cancer. Là aussi le talent très particulier de cette femme (en phase terminale) ne va pas l’aider dans cette tâche ingrate et difficile. Une autre fois, elle sera amenée à ruiner la carrière du petit-fils d’un grand chef de renommée internationale, conflit de génération et traditions culinaires s’affrontent avec cruauté.

Ces aventures peu banales inscrites dans le quotidien du monde de la restauration constituent les principaux ingrédients de ce manga arrosé de bons sentiments et saupoudré d’une bonne dose d’humour. En laissant reposer longuement ces intrigues à priori peu spectaculaires l’auteur provoque notre intérêt par l’aspect crédible, profondément humain et assez tendre des rapports humains.

Les récits sont agréablement servis par un graphisme fluide et précis qui rappelle celui de Naoki (Monsters ou 20th Century Boys) et qui permet donc une lisibilité aisée et agréable.

Prévue en cinq volumes, cette série originale séduira peut-être autant les cuisiniers du dimanche (qui en apprécieront les recettes « faciles ») que les amateurs de Manga exigeants.

(par Patrice Gentilhomme)

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3 Messages :
  • Pas convaincu du tout par ce 1er tome. Je l’ai trouvé très froid. Très bien réalisé c’est le fond que je n’ai pas aimé. Les enjeux culinaires sont d’une dureté incroyable (réussis ou crève).
    J’ai été beaucoup plus sensible au coté apaisant et modeste du "gourmet solitaire" de Tanigushi.

    Mais peut-être est-ce que je préfère 10 fois la cuisine à la gastronomie !

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  • « graphisme fluide et précis qui rappelle celui de Naoki (Monsters ou 20th Century Boys) »

    Son nom de famille c’est Urasawa.

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    • Répondu le 2 juillet 2007 à  21:56 :

      Nom de nom !
      Nous ne sommes pas assez intimes pour appeler les mangakas par leur prénom et encore moins Urasawa !
      Faut-il attribuer cette omission à une indigestion de sushis ou un abus de saké ?
      Merci de votre lecture vigilante et attentive !
      P.G.

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