BD Guide - Encyclopédie de la BD internationale

20 juin 2003 0 commentaire
  • Le pavé est impressionnant. Plus de 1500 pages écrites en tout petits caractères pour nous retracer l'histoire de la bande dessinée, nous dresser le portrait des auteurs, des héros et des journaux qui leur ont permis d'exister... et de nous raconter au jour le jour quelques années du festival d'Angoulême. Ce qui est nettement moins intéressant...

Claude Moliterni, Philippe Mellot, Laurent Turpin, Michel Denni, Nathalie Michel-Szelechowska, pour certains co-auteurs du fameux "B.D.M.", le guide de référence de tous les collectionneurs pour connaître la "cote" de n’importe quel livre de bande dessinée, ont réuni leurs notes pour concurrencer le magistral "Dictionnaire de la bande dessinée" de Patrick Gaumer paru chez Larousse.

Et le résultat est impressionnant ! Un historique de la bande dessinée pour les principaux pays où cet art a joué un rôle important dans la culture. Une biographie/bibliographie des principaux auteurs, tous pays confondus. Une encyclopédie exhaustive des héros et séries qui ont marqué l’Histoire de la BD. Et l’historique des journaux et magazines qui leur ont permis d’exister. L’érudition est incontestable. On sent le travail de fourmi derrière tout cela. Les fiches écrites et complétées d’année en année. Sur tout.

Et c’est peut-être ce qui cloche dans cette impressionnante compilation. C’est qu’on a très vite l’impression qu’on y a compilé tout ce qui était disponible, pour faire du volume, sans vraiment faire le tri. On y trouve donc des auteurs mineurs, des séries sans intérêt, un historique de la BD bordélique, et même, sur près d’une centaine de pages, le détail d’une dizaine d’années de festival d’Angoulême et de contenus de revues publiées ces années-là. Ce qui ne présente vraiment aucun intérêt.

Cet aspect accumulatif ne doit pas remettre en question le travail effectué par ces cinq fourmis de la BD, mais il manque à ce projet un véritable regard éditorial, quelqu’un qui aurait mis de l’ordre dans leurs milliers de fiches accumulées, pour en retirer l’essentiel et en éjecter le superficiel. On reste donc à la fois noyé sous la quantité de matière et sur sa faim en ce qui concerne le réel contenu, d’autant plus que des fiches ont été insérées sans véritable mise à jour (on y lit, par exemple, que Jacques Martin, a choisi de publier Alix et Lefrancq chez Dargaud en 1998, alors qu’il n’est resté chez cet éditeur que quelques mois avant de revenir chez Casterman et y poursuivre sa carrière). Le travail de filtrage, qui fait la qualité du travail de Patrick Gaumer pour son "Larousse" de la BD, n’a pas été effectué ici. Et, vu la quantité de matière accumulée, on ne peut que le regretter.

(par Patrick Albray)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?