BD JAZZ, l’indispensable rencontre entre le jazz et de la BD

15 janvier 2004 0 commentaire
  • Une idée audacieuse, un pari risqué mais un résultat convaincant. Les intelligents petits volumes de la collection "BD Jazz" parviennent à concilier amour de la BD et amour du jazz. Chacun est une véritable introduction à l'un des plus grands artistes de jazz, avec des biographies dessinées par des auteurs peu connus et une sélection de ses meilleures oeuvres en deux CD. Trois nouveaux titres sont sortis.

On applaudit des deux mains tout en claquant des doigts pour accompagner le swing. Chaque tome de la collection "BD Jazz" introduit l’oeuvre d’un géant du jazz sous la forme de deux CD reprenant des moments musicaux tirés de deux époques de sa carrière ou illustrant deux aspects de son travail.

En soi, dajà, ils sont un magnifique cadeau permettant de s’initier à un genre musical qui, s’il garde ses inconditionnels, est incontestablement - et malheureusement - oublié des medias radio et TV. On peut ainsi y découvrir les fabuleuses interprétations de Nat king Cole, Louis Armstrong, Sidney Bechet, Dizzy Gillespie, Ella Fitzgerald, Erroll Garner et bien d’autres. Au total, 18 titres sont déjà parus. Tous indispensables.

BD JAZZ, l'indispensable rencontre entre le jazz et de la BD A ces deux CD d’initiation, s’ajoute un livret reprenant la biographie de l’artiste et un cahier BD. Dans celui-ci, un auteur de bande dessinée raconte en 16 pages la carrière du musicien ou quelques anecdotes impressionnistes à propos de celui-ci. L’originalité de la collection est que ce travail est confié à des auteurs peu connus ou encore inconnus.

Trois nouveaux tomes sont parus.

Le premier, consacré à Duke Ellington, est illustré sobrement par l’Allemand Tim Bastian, qui raconte sa vie en noir et blanc, calquant sa technique de dessin sur celle de la linogravure. Trente-neuf morceaux offrent un aperçu de la musique endiablée du Duke pendant ses très créatives années 40.

Le second est dédié à l’immense Count Basie, dont le premier CD rassemble quelques-uns des succès universels, le second se consacrant plutôt à une facette moins connue de son art, le piano. C’est le Breton Michel Conversin, auteur de plusieurs récits pour Milan et pour le Psikopat, qui signe les diverses anecdotes sélectionnées pour résumer les principales étapes de sa carrière. Une très sympathique évocation d’un des musiciens de jazz les plus talentueux.

Enfin, c’est le virtuose Art Tatum qui est évoqué de manière beaucoup plus personnelle et intimiste par Frédérik Salsedo. C’est la première publication de ce jeune auteur de 25 ans, qui raconte son improbable rencontre avec le musicien. Improbable puisqu’au moment de la naissance du dessinateur, Art Tatum était mort... depuis 23 ans ! Les morceaux choisis couvrent la quasi-totalité de la carrière de ce pianiste admiré, disparu prématurément à l’âge de 47 ans.

(par Patrick Albray)

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