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Balilla, les enfants du Duce - Par Nathalie Baillot - Des ronds dans l’O

  • Pour son premier roman-graphique, entièrement réalisé en couleur directe, Nathalie Baillot, auteure française installée à Rome, évoque les circonstances douteuses de la mort de Mussolini et revient sur la Balilla, organisation de jeunesse mise en place en 1926 sous le régime fasciste à la gloire du dictateur.

Pour ce faire, l’auteure nous raconte la vie d’Ignazio, un vieux colombophile, ancien médecin légiste, qui possède chez lui le moulage du corps de Mussolini. Il est en effet persuadé que les circonstances de la mort du dictateur ne sont pas celles décrites dans la version officielle. Sur cette intrigue s’ajoute donc celle de la jeunesse du médecin qui, enfant, comme la presque totalité des enfants italiens dès l’âge de six ans, fut embrigadé dans les mouvements de jeunesse fasciste intégrés à l’école. Ces mouvements de jeunesse fasciste se composaient ainsi : On entrait à 6 ans chez les "Fils de la louve" puis on passait dans la "Balilla" à 8 ans, avant d’être intégré dans les "Avant-gardes" de 14 à 18 ans.

Très bien raconté (on lit les 129 planches d’une traite), le récit est captivant (il s’y passe bien d’autres péripéties !) tout en étant instructif. On apprend en effet beaucoup de choses sur cette période de l’Histoire pas si lointaine (aujourd’hui encore la société italienne garde des traces de ce passé fasciste avec notamment la présence de néo-fascistes), moins connue que ce qui suivit en Allemagne avec Hitler...

Balilla, les enfants du Duce - Par Nathalie Baillot - Des ronds dans l'O
© Des ronds dans l’O

Quant à la remise en cause de la version officielle sur les circonstances de la mort de Mussolini, Nathalie Baillot s’appuie sur les révélations troublantes du Docteur Aldo Alessiani qui fut l’un des premiers à remettre en question la version officielle dès les années cinquante. L’historien Renzo de Felice avait relancé le débat en 1995 dans un essai qui fit du bruit en Italie.
Dans une courte préface au livre, Nathalie Baillot explique qu’elle a eu l’occasion de rencontrer ce fameux médecin et d’avoir eu connaissance du contexte de vie particulier de celui-ci avant sa mort en 1999 (il partageait effectivement son appartement avec le corps en plâtre de Mussolini).
Le livre se termine par deux photos familiales de l’époque montrant des enfants en uniforme militaire...

Une bande dessinée relativement marquante qui nous apprend des choses et nous pousse à creuser davantage.

Lire une interview de l’auteure

(par François Boudet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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